{"id":204,"date":"2020-03-28T14:46:39","date_gmt":"2020-03-28T13:46:39","guid":{"rendered":"http:\/\/rue-de-seine.com\/?p=204"},"modified":"2021-08-03T20:05:36","modified_gmt":"2021-08-03T18:05:36","slug":"le-34-rue-de-seine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/2020\/03\/28\/le-34-rue-de-seine\/","title":{"rendered":"Le 34 rue de Seine"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"347\" height=\"439\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Le-34W.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-217\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Le-34W.jpg 347w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Le-34W-237x300.jpg 237w\" sizes=\"(max-width: 347px) 100vw, 347px\" \/><figcaption>Le 34 rue de Seine<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Le 34 rue de Seine se pr\u00e9sente d\u2019une fa\u00e7on fort \u00e9l\u00e9gante. Il d\u00e9gage sa personnalit\u00e9 \u00e0 travers son haut portail perc\u00e9 dans un corps de logis d\u2019un \u00e9tage seulement que surmonte une belle toiture en ardoise refaite r\u00e9cemment. L\u2019inscription qu\u2019on d\u00e9chiffre p\u00e9niblement sur son fronton \u00e9voque la R\u00e9volution. L\u2019ouverture du portail, trop rare \u00e0 notre go\u00fbt, laisse d\u00e9couvrir au fond d\u2019une cour pav\u00e9e un bel immeuble \u00e0 perron dont la face arri\u00e8re donne sur un grand jardin.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Son histoire qui balaye plus de 450 ans fut difficile \u00e0 reconstituer \u00e0 cause de d\u00e9membrements et remembrements successifs mais elle t\u00e9moigne de l\u2019esprit de corps du Parlement sous l\u2019Ancien R\u00e9gime et des bouleversements sociologiques provoqu\u00e9s par la R\u00e9volution.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant plus de deux si\u00e8cles, des procureurs, des conseillers et des pr\u00e9sidents au Parlement en firent leur r\u00e9sidence ou une maison de rapport. La p\u00e9riode post-r\u00e9volutionnaire vit les personnages les plus h\u00e9t\u00e9roclites traverser son histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, depuis 1540 il y eut une permanence dans l\u2019architecture et la topographie des lieux.&nbsp;&nbsp;Le b\u00e2timent sur rue a toujours comport\u00e9 un seul \u00e9tage, il y eut de tout temps une grande porte coch\u00e8re donnant sur une cour pav\u00e9e bord\u00e9e de remises et un grand corps de logis montrant fi\u00e8rement son perron a constamment s\u00e9par\u00e9 la cour du&nbsp;&nbsp;grand jardin qui est derri\u00e8re.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Aller \u00e0 la d\u00e9couverte d\u2019une maison, c\u2019est peu \u00e0 peu remonter le temps&nbsp;&nbsp;en fouinant dans les calepins des propri\u00e9t\u00e9s b\u00e2ties et les sommiers des Archives de Paris pour arriver finalement aux cueillerets, terriers&nbsp;&nbsp;et actes notari\u00e9s des Archives Nationales pour arriver enfin au XVIe si\u00e8cle.&nbsp;&nbsp;C\u2019est aussi cheminer en compagnie de personnages dont on partage peu \u00e0 peu les \u00e9motions, les joies et les peines. C\u2019est enfin se promener dans les m\u00e9andres de notre histoire de France.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Toutes ces recherches furent source de plaisirs et d\u2019exitations. Permettez-moi d\u2019essayer de vous les faire partager en levant le voile sur l\u2019histoire de cet immeuble du 34 rue de Seine.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"background-color:#f5ba83;font-size:22px\" class=\"has-background\">Au temps de ma\u00eetre Palerne<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but du XVIe si\u00e8cle, le quartier de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s ne faisait pas encore partie de la capitale. S\u00e9par\u00e9 de Paris par les murailles des fortifications de Philippe-Auguste, le bourg Saint-Germain-des-Pr\u00e9s d\u00e9pendait de la juridiction de l\u2019abbaye du m\u00eame nom. La rue de Seine n\u2019\u00e9tait alors qu\u2019un chemin de terre bord\u00e9 par quelques tuileries et des champs qui jouxtaient \u00e0 quelques m\u00e8tres vers l\u2019ouest le c\u00e9l\u00e8bre&nbsp;&nbsp;petit Pr\u00e9 aux Clercs o\u00f9 s\u2019\u00e9battaient \u2013 et se battaient- les \u00e9tudiants.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9ouverture de la porte de Bussy vers 1530 facilita l\u2019acc\u00e8s au bourg Saint Germain dont on vantait le calme, le bon air et les distractions offertes par la foire qui s\u2019y tenait tous les ans en f\u00e9vrier. Des bourgeois de Paris, des nobles, des parlementaires commenc\u00e8rent \u00e0 s\u2019installer dans ces lieux si hospitaliers.<\/p>\n\n\n\n<p>Les bons moines de l\u2019abbaye flairant la bonne affaire se mirent alors \u00e0 lotir la rive orientale de la rue de Seine. D\u00e8s 1530, son abb\u00e9 commandataire, le r\u00e9v\u00e9rendissime cardinal de Tournon, qui savait allier au spirituel des pr\u00e9occupations fort temporelles, accorda \u00ab&nbsp;moult baux \u00e0 cens et \u00e0 rente&nbsp;\u00bb sur les lots de la rive orientale de la rue, sous r\u00e9serve que chaque preneur y fasse \u00a0\u00bb&nbsp;bastir maisons manables\u00a0\u00bb <sup id=\"rf1-204\"><a href=\"#fn1-204\" title=\"Manables=Habitables\" rel=\"footnote\">1<\/a><\/sup><\/p>\n\n\n\n<p>Cette op\u00e9ration immobili\u00e8re avant l\u2019heure connut tant de succ\u00e8s que l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la rue ne tarda point \u00e0 suivre ce bel exemple.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire de la maison qui nous occupe commence donc \u00e0 cette \u00e9poque, exactement le jeudi 12 mai 1541<sup id=\"rf2-204\"><a href=\"#fn2-204\" title=\"De nombreux documents des Archives Nationales (A.N) attestent de cette acquisition : MC\/ VIII\/69 dont on trouvera le texte dans les pi\u00e8ces justificatives,,&nbsp;&nbsp;LL1124, (comptes de l\u2019abbaye) K794 pi\u00e8ce 12, S3055 (censier)&nbsp;\" rel=\"footnote\">2<\/a><\/sup>. Ce jour-l\u00e0, le fr\u00e8re Pierre Gouscon, vicaire g\u00e9n\u00e9ral du cardinal de Tournon, abb\u00e9 comandataire de l\u2019abbaye, bailla \u00e0 titre de cens et rente fonci\u00e8re, \u00e0 Arnault Palerne, procureur en la cour du Parlement, un demi-arpent de terre, c\u2019est-\u00e0-dire environ 1700 m2 .<sup id=\"rf3-204\"><a href=\"#fn3-204\" title=\"L\u2019immeuble&nbsp;(n\u00b034 uniquement) s\u2019\u00e9tend&nbsp;&nbsp;sur 996,25 m2 selon un plan dress\u00e9&nbsp;&nbsp;en 1822 par M. Brunton, expert\" rel=\"footnote\">3<\/a><\/sup>. Le terrain, plus grand que celui de la maison actuelle, englobait au moins les 32, 34, 36 et 38 de la rue et s\u2019\u00e9tendait plus profond\u00e9ment que maintenant vers l\u2019ouest, jusqu\u2019au 22 de la rue Jacob. Il jouxtait au nord celui de Gilles Lemaistre, avocat au Parlement et au sud celui de Jehan Vallet, \u00e9cuyer. Il aboutissait d\u2019un bout \u00e0 la rue de Seine et de l\u2019autre au petit Pr\u00e9 aux Clercs qui appartenait \u00e0 l\u2019Universit\u00e9. Ce bail \u00e9tait fait au prix de 10 livres parisis \u00ab&nbsp;pour arpent&nbsp;de rente annuelle et perp\u00e9tuelle et 3 sols de cens. Arnault Palerne s\u2019engageait donc \u00e0 verser \u00e0 l\u2019abbaye, pour son demi-arpent, 100 deniers de rente fonci\u00e8re dont la moiti\u00e9 \u00e9tait rachetable au sol la livre et 18 deniers parisis de cens, le tout&nbsp;&nbsp;payable chaque ann\u00e9e \u00e0 la Saint-R\u00e9my, \u00ab&nbsp;chef d\u2019octobre&nbsp;\u00bb. Il devait aussi clore son terrain \u00ab&nbsp;dedans ung an&nbsp;\u00bb et y \u00ab&nbsp;faire bastir et \u00e9diffier maison manable dedans deux ans&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les 24 mois qui suivirent, ma\u00eetre Arnault Palerne remplit son contrat et mourut.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"335\" height=\"347\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Palerne-LL1124W.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-221\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Palerne-LL1124W.jpg 335w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Palerne-LL1124W-290x300.jpg 290w\" sizes=\"(max-width: 335px) 100vw, 335px\" \/><figcaption><em>D\u00e9claration de ma\u00eetre Palerne \u00e0 l&rsquo;abbaye<\/em><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><em>De maistre Arnault Palerne, procureur en la court de Parlement pour [un] demy arpent de terre en une pi\u00e8ce scitu\u00e9 et assis audict terroir de Sainct Germain des Prez derri\u00e8re ladite abbaye tenant d&rsquo;une part \u00e0 maistre Gilles Le Maistre \u00e0 pr\u00e9sent avocat du Roy notre sire en ladicte court de Parlement&nbsp;&nbsp;d&rsquo;autre part \u00e0 Jehan de Vallet essuyer aboutissant d&rsquo;un bout \u00e0 la rue de Seyne et d&rsquo;autre &#8230;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Sa veuve, Jehanne Deschamps, eut la garde de ses enfants. En femme de t\u00eate, elle d\u00e9cida d\u2019agrandir sa propri\u00e9t\u00e9. Le 1<sup>er<\/sup>&nbsp;mars 1543, les moines de l\u2019abbaye lui baillaient \u00e0 cens et \u00e0 rente \u00ab&nbsp;<em>quinze perches de terre<\/em><a><sup> <\/sup><\/a><sup id=\"rf4-204\"><a href=\"#fn4-204\" title=\"Environ 510m2\" rel=\"footnote\">4<\/a><\/sup><em>&nbsp;en une pi\u00e8ce scitu\u00e9e et assize au terroir dudict Sainct Germain tenant d\u2019une part \u00e0 lad vefve et \u00e0 sesdictz enfans et d\u2019autre part \u00e0 messire Philippe Le Compte, procureur en la Chambre des&nbsp;&nbsp;Comptes \u00e0 Paris, aboutissant d\u2019ung bout \u00e0 la rue de Seyne et d\u2019autre bout au petit Pr\u00e9 aux Clercs<\/em>&nbsp;\u00bb. Ce terrain englobait, on le verra par la suite, l\u2019actuel 40 rue de Seine. Par le m\u00eame acte, elle prenait aussi l\u2019engagement d\u2019enclore son terrain et d\u2019y b\u00e2tir une maison. Cette acquisition lui co\u00fbtait le m\u00eame prix de 10 livres parisis de rente fonci\u00e8re par arpent, par contre le cens avait consid\u00e9rablement augment\u00e9&nbsp;: c\u2019\u00e9tait maintenant 10 sols par arpent qu\u2019il lui fallait acquitter chaque ann\u00e9e au jour de la Saint-R\u00e9mi. Cependant le r\u00e9sultat \u00e9tait l\u00e0&nbsp;: Jeanne disposait maintenant d\u2019un domaine de plus de 2200 m2. Qui plus est, il prit de la valeur puisque la rue de Seine fut pav\u00e9e entre 1545 et 1546. Le destin de Jeanne Deschamps ne laissa pas beaucoup de traces dans les archives qui r\u00e9v\u00e8lent toutefois qu\u2019elle se remaria assez rapidement avec ma\u00eetre Pierre Th\u00e9dot, aussi procureur au Parlement, et qu\u2019en 1573 elle \u00e9tait de nouveau veuve.&nbsp;Elle avait vendu une partie situ\u00e9e au sud de son domaine \u00e0 un certain H\u00e9lie de La Faye dont elle recevait une rente fonci\u00e8re de 83 livres par an<sup id=\"rf5-204\"><a href=\"#fn5-204\" title=\"Arch. nat. ,Min. cent., VII\/103, 5 mars 1574, titre nouvel par Jehan Petit. Ce terrain se r\u00e9v\u00e9lera situ\u00e9e sur l&#8217;emprise du 40 rue de Seine\" rel=\"footnote\">5<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p style=\"background-color:#f5ba83;font-size:22px\" class=\"has-background\">O\u00f9 Pierre Boulioud prend la rel\u00e8ve<\/p>\n\n\n\n<p>En 1548, la maison avait chang\u00e9 de main. Malheureusement, les circonstances de cette mutation restent obscures<sup id=\"rf6-204\"><a href=\"#fn6-204\" title=\"Arch. nat.,&nbsp;:&nbsp;&nbsp;LL 1125 f\u00b0388 v\u00b0\" rel=\"footnote\">6<\/a><\/sup>.&nbsp;Nous savons seulement que&nbsp;&nbsp;le nouveau propri\u00e9taire venait en lieu et place de Nicolas Th\u00e9dot et de sa femme mais aussi de plusieurs autres et en particulier d&rsquo;un certain Pierre Boutin qui \u00e9tait un voisin d&rsquo;Arnault Palerne.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"700\" height=\"262\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Dec-BoulioudW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-210\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Dec-BoulioudW.jpg 700w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Dec-BoulioudW-300x112.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><figcaption>D\u00e9claration \u00e0 l&rsquo;abbaye de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s par Me Boulioud\n<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;De maistre Pierre Boulioud, greffier de Thurin comme estant au lieu de maistre Pierre Thedot procureur en parlement et sa femme auparavant femme de feu maistre Arnault Palerne en son vivant procureur en parlement et aussi au lieu de Pierre Boutin (A.N., LL1125)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le nouveau propri\u00e9taire \u00e9tait ma\u00eetre Pierre Bolioud qui exer\u00e7ait tout \u00e0 la fois les charges de secr\u00e9taire du Roy, de notaire et greffier au Parlement de Turin. Il recevait pour cette fonction 400 livres par an. On notera que Fran\u00e7ois Ier avait pris la peine de lui en verser une avance de 300 livres en 1539, lors de la constitution de ce Parlement<a><sup>[2]<\/sup><\/a>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pierre Bolioud \u00e9tait avide de poss\u00e9der des grands horizons, aussi avait-il acquis les biens de Pierre Boutin, de maistre Georges Sinadat et Nicolas Coppin et y avait construit \u00a0\u00bb&nbsp;une grande maison couverte d\u2019ardoise&nbsp;et aultres \u00e9difices, court, jardin et lieux<sup id=\"rf7-204\"><a href=\"#fn7-204\" title=\"A. N. ; J 962. Dons et pensions par Fran\u00e7ois Ier\u00a0\u00bb . Il s\u2019\u00e9tait constitu\u00e9 une belle propri\u00e9t\u00e9 qui s\u2019\u00e9tendait du petit Pr\u00e9 aux Clercs \u00e0 l\u2019ouest, \u00e0 la rue de Seine \u00e0 l\u2019est&nbsp;; des terrains de Gilles Le Maistre, avocat du roi, au nord \u00e0 ceux de Jehan de Vallet, \u00e9cuyer, au sud.&lt;\/p&gt;\n\n\n\n&lt;p&gt;Le plan dit de B\u00e2le ci-dessous illustre sans doute assez bien la topographie des lieux.&nbsp;&lt;\/p&gt;\n\n\n\n&lt;figure class=&quot;wp-block-image size-large&quot;&gt;&lt;img src=&quot;https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Plan-de-B\u00e2leW.jpg&quot; alt=&quot;&quot; class=&quot;wp-image-234&quot;\/&gt;&lt;\/figure&gt;\n\n\n\n&lt;p style=&quot;background-color:#f5ba83;font-size:22px&quot; class=&quot;has-background&quot;&gt;Gabriel Montaigne prend la rel\u00e8ve&lt;\/p&gt;\n\n\n\n&lt;p style=&quot;font-size:-1px&quot;&gt;Ma\u00eetre Bolioud avait une fille, Genevi\u00e8ve, qui avait \u00e9pous\u00e9 ma\u00eetre Gabriel Montaigne. Le couple vint habiter \u00e0 Saint-Germain-des-Pr\u00e9s, rue de Seine dans la maison qui nous occupe. Il se trouve que le jardin avait une forme bizarre parce que&nbsp;&nbsp;le petit Pr\u00e9 aux Clercs y faisait une enclave. Aussi lorsque l\u2019occasion fut donn\u00e9e \u00e0 Gabriel Montaigne d\u2019y rem\u00e9dier, il sauta sur l\u2019occasion et acquit le 7 septembre 1549 d\u2019un certain Nicolas Beaujouen, ma\u00eetre brodeur, une pi\u00e8ce de terre qui mesurait 24 toises et demie ((Arch. nat.,&nbsp;S6188\" rel=\"footnote\">7<\/a><\/sup><\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons repr\u00e9sent\u00e9 en jaune la propri\u00e9t\u00e9 de Gabriel Montaigne \u00e0 partir d&rsquo;un plan du XVIII \u00e8 si\u00e8cle :<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"510\" height=\"448\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Propri\u00e9t\u00e9-de-Montaigne-en-jauneW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-238\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Propri\u00e9t\u00e9-de-Montaigne-en-jauneW.jpg 510w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Propri\u00e9t\u00e9-de-Montaigne-en-jauneW-300x264.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 510px) 100vw, 510px\" \/><figcaption><i> <\/i><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Il signa devant le notaire Desnetz&nbsp;&nbsp;le contrat d\u2019acquisition de ce lopin de terre. Il promettait de verser \u00e0 l\u2019Universit\u00e9, chaque&nbsp;&nbsp;ann\u00e9e \u00ab&nbsp;au jour de la Saint-R\u00e9my&nbsp;\u00bb, un denier parisis de cens et 2 sols tournois de rente fonci\u00e8re. <\/p>\n\n\n\n<p>Nous n\u2019avons pas pu d\u00e9terminer \u00e0 quelle date ma\u00eetre Boulioud mourut. Nous savons seulement qu\u2019il \u00e9tait encore vivant en 1546&nbsp;&nbsp;puisque cette ann\u00e9e-l\u00e0 il se porta garant de son gendre dans la signature d\u2019un bail de sous-traitance des fermes du cardinal de Tournon et qu\u2019en 1549 que Gabriel Montaigne \u00e9tait devenu \u00e0 cette \u00e9poque propri\u00e9taire de la maison qu\u2019il habitait lors de son acquisition \u00e0 Baujouen.<\/p>\n\n\n\n<p>De son mariage avec Genevi\u00e8ve Bolioud, Gabriel Montaigne eut de nombreux enfants&nbsp; qui form\u00e8rent une famille soud\u00e9e dont chacun des membres venait au secours des autres&nbsp;&nbsp;quand&nbsp;&nbsp;besoin \u00e9tait. Un premier gar\u00e7on, Fran\u00e7ois, fut secr\u00e9taire ordinaire de la reine, m\u00e8re du roi, qui le combla de bienfaits. Par exemple en 1584, \u00ab&nbsp;ayant esgard et consid\u00e9ration aux bons et agr\u00e9ables services&nbsp;\u00bb prodigu\u00e9s par Fran\u00e7ois Montaigne et sa femme, Elisabeth Du Val, l\u2019une de ses femmes de chambre, elle leur donna un terrain rue de Grenelle, pr\u00e8s de son propre h\u00f4tel dit d\u2019Orl\u00e9ans<a><sup> <\/sup><\/a>&nbsp;<sup id=\"rf8-204\"><a href=\"#fn8-204\" title=\"Arch. nat.,&nbsp;: Y 129 f\u00b0433, f\u00e9vrier 1584&nbsp;\" rel=\"footnote\">8<\/a><\/sup>. G\u00e9n\u00e9reux, Fran\u00e7ois vint en aide \u00e0 sa s\u0153ur Marie ainsi qu\u2019\u00e0&nbsp;&nbsp;\u00e0 son p\u00e8re en leur versant \u00e0 chacun une rente de 16 \u00e9cus soleil<sup id=\"rf9-204\"><a href=\"#fn9-204\" title=\"Arch. nat.,&nbsp;Min cent., XXXIII\/213, 28 juillet 1579&nbsp;\" rel=\"footnote\">9<\/a><\/sup>. Antoine, un deuxi\u00e8me fils, fut novice en l\u2019abbaye de Seyrouge et fit don \u00e0 son fr\u00e8re Barth\u00e9lemy de tous les biens meubles et immeubles qui lui \u00e9taient venus&nbsp;&nbsp;de la succession de ses p\u00e8re et m\u00e8re et de son a\u00efeul Boulioud<sup id=\"rf10-204\"><a href=\"#fn10-204\" title=\"Arch. nat.,&nbsp; Min. cent., LXVIII\/48, 29 d\u00e9cembre 1583&nbsp;\" rel=\"footnote\">10<\/a><\/sup>. Son fr\u00e8re Barth\u00e9lemy \u00e9tait avocat en la cour du Parlement de Paris et pr\u00e9cepteur des pages de la grande \u00e9curie du roi. Quant \u00e0 Gabriel, le cinqui\u00e8me fils, il \u00e9tait archer des gardes de la reine et re\u00e7ut de son fr\u00e8re Fran\u00e7ois une rente de 100 \u00e9cus soleil en 1583<sup id=\"rf11-204\"><a href=\"#fn11-204\" title=\"Arch. nat.,&nbsp;: Y 125,&nbsp;&nbsp;29 d\u00e9cembre 1583\" rel=\"footnote\">11<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Marie, la fille unique du couple Montaigne, \u00e9pousa Pierre Barbier qui \u00e9tait, comme il se doit, procureur en la cour du Parlement. \u00c0 la mort de ses parents, elle devint propri\u00e9taire avec son fr\u00e8re Hugues&nbsp;&nbsp;de la moiti\u00e9 indivise de la maison qui est maintenant le 32 rue de Seine.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour subvenir aux besoins de cette nombreuse famille, Gabriel Montaigne d\u00e9ploya toute sa vie une \u00e9nergie sans borne qui le conduisit \u00e0 exercer de multiples charges. En 1546, il \u00e9tait huissier des requ\u00eates du Palais. Cela ne suffisait sans doute pas pour \u00e9lever ses enfants puisqu\u2019il signa avec le fermier et receveur du cardinal de Tournon un bail<sup id=\"rf12-204\"><a href=\"#fn12-204\" title=\"Arch. nat., Min. cent., VIII\/75 le 21 janvier 1542\" rel=\"footnote\">12<\/a><\/sup>&nbsp;de sous-traitance des fermes pour 200L par an. Il s\u2019agissait de g\u00e9rer ses terres et seigneuries de Villeneuve-Saint-Georges, Valenton et Challandray. \u00c0 la m\u00eame \u00e9poque, il fut l\u2019\u00e9missaire du roi Henri II aupr\u00e8s du Bureau de la Ville dans l\u2019affaire bien embrouill\u00e9e de \u00ab&nbsp;la closture des faulxbourgs de l\u2019Universit\u00e9&nbsp;\u00bb. On le retrouve en 1553 pr\u00e9v\u00f4t de \u00ab&nbsp;Chastillon&nbsp;\u00bb&nbsp;; en 1561, il \u00e9tait un procureur fiscal de l\u2019abbaye de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s fort appr\u00e9ci\u00e9 puisque le cardinal de Tournon, abb\u00e9 de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s et de Ferri\u00e8re, le r\u00e9compensa en lui c\u00e9dant ses droits sur la succession Jean Maillet, religieux professe en l\u2019abbaye de Ferri\u00e8re. En 1569, le Bureau de la Ville, qui mettait en place la garde de la porte de Buci, le choisit comme garant de sa bonne fermeture. Cette porte, on va le voir, joua un r\u00f4le&nbsp;&nbsp;important&nbsp;&nbsp;lors de la Saint-Barth\u00e9lemy.<\/p>\n\n\n\n<p>Peu de temps apr\u00e8s, en la sinistre nuit du 24 ao\u00fbt 1572, le massacre des huguenots fut perp\u00e9tu\u00e9. Alors que Paris \u00e9tait dans la liesse du mariage d\u2019Henri de Navarre&nbsp;avec Marguerite de Valois et que ses amis protestants \u00e9taient venus l\u2019accompagner \u00e0 Paris pour la f\u00eate de ses noces, la cloche de l\u2019\u00e9glise Saint Germain l\u2019Auxerrois, toute proche du Louvre, retentit vers minuit. Elle \u00e9tait le signal du carnage commandit\u00e9, dit-on, par la reine m\u00e8re Catherine de M\u00e9dicis et le roi Charles IX. L\u2019amiral de Coligny fut assassin\u00e9 dans son h\u00f4tel rue de B\u00e9thisy. Un attentat perp\u00e9tu\u00e9 contre lui deux jours avant ne l\u2019avait que bless\u00e9, il fallait bien l\u2019achever&nbsp;!&nbsp;&nbsp;Le duc de Guise vint en personne s\u2019assurer que le travail avait \u00e9t\u00e9 bien ex\u00e9cut\u00e9. On jeta par la fen\u00eatre le corps du malheureux qui tomba \u00e0 ses pieds. La tuerie continua par les h\u00f4tes huguenots du Louvre. Tous, gentilshommes, pages, valets furent rabattus dans la cour du Louvre et ce fut l\u2019hallali. Cependant le jeune \u00e9poux, le futur bon roi Henri, fut \u00e9pargn\u00e9. Mais la proscription n\u2019\u00e9tait point achev\u00e9e. Le peuple de Paris suivit le duc de Guise et se mit \u00e0 tuer. Les rues n\u2019\u00e9taient plus que sang et cadavres.<\/p>\n\n\n\n<p>Il \u00e9tait un lieu au faubourg Saint Germain qu\u2019on appelait \u00ab&nbsp;la petite Gen\u00e8ve\u00a0\u00bb&nbsp;parce que de nombreux huguenots y habitaient. Il s\u2019agissait de la rue des Marais et de ses entours (maintenant la rue Visconti) Le duc de Guise, le duc d\u2019Aumale et le b\u00e2tard d\u2019Angoul\u00eame s\u2019y pr\u00e9cipit\u00e8rent par la rue Saint Andr\u00e9 des Arts. Arriv\u00e9s devant la porte de Buci ils trouv\u00e8rent porte close&nbsp;&nbsp;\u2013 Gabriel Montaigne en \u00e9tait, on le sait, l\u2019un des garants &#8211; mais peu importe, Guise en avait la cl\u00e9. Le malheur (ou plut\u00f4t le bonheur) fut que ce n\u2019\u00e9tait pas la bonne. Il fallut envoyer chercher le bon s\u00e9same. Les protestants, alert\u00e9s par les cris tout proche des massacreurs, se rassembl\u00e8rent et comprirent instantan\u00e9ment que la situation \u00e9tait grave. Montgomery cria \u00ab&nbsp;Vite au Pr\u00e9 aux Clercs&nbsp;!&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u00e0, au milieu de ce film tragique, que se situe un \u00e9pisode qui refl\u00e8te la cruaut\u00e9 des faits. Il fut relat\u00e9 par un des rescap\u00e9s. Le duc de La Force et ses deux fils logeaient au faubourg Saint Germain. Le p\u00e8re \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 sorti de sa maison, il avait encore le temps de se sauver, mais voyant que ses enfants ne venaient point, il retourna les chercher. \u00c0 peine \u00e9tait-il rentr\u00e9 chez lui que les assassins arriv\u00e8rent&nbsp;: un nomm\u00e9 Martin \u00e0 leur t\u00eate, entra dans la chambre, le d\u00e9sarma, lui et ses deux enfants, et lui dit qu\u2019il fallait mourir. La Force proposa une ran\u00e7on de 2000 \u00e9cus que Martin accepta aussit\u00f4t. Apr\u00e8s avoir tout&nbsp;&nbsp;pill\u00e9 dans la maison, il demanda \u00e0 La Force et \u00e0 ses enfants de mettre leurs mouchoirs en croix sur leurs chapeaux, et leur fit retrousser leur manche droite sur l\u2018\u00e9paule&nbsp;; c\u2019\u00e9tait la marque des massacreurs. En cet \u00e9tat, il leur fit passer la Seine qui \u00e9tait couverte de morts. La Force et ses enfants abord\u00e8rent devant le Louvre. En ce lieu, ils virent \u00e9gorger plusieurs de leurs amis. Finalement on les emmena prisonniers dans la maison du capitaine Martin. Une tante du prisonnier donna bien les 2000 \u00e9cus mais ils se firent \u00e9gorger sauf le plus jeune fils de 13 ans qui surv\u00e9cut \u00e0 ses blessures et fut cach\u00e9 par un marqueur de jeu de paume nomm\u00e9 du Verdelet puis chez le mar\u00e9chal de Biron \u00e0 l\u2019Arsenal. C\u2019est lui qui fit ce r\u00e9cit qui est parvenu jusqu\u2019\u00e0 nous.<\/p>\n\n\n\n<p>Ceux qui s\u2019\u00e9taient rassembl\u00e9s au Pr\u00e9 aux Clercs purent r\u00e9unir leurs chevaux et galoper \u00e0 travers champs vers le sud-ouest, la troupe guisarde \u00e0 leurs trousses. Comme ils avaient trop d\u2019avance, Henri de Guise et ses compagnons rebrouss\u00e8rent piteusement chemin \u00e0 Montfort-l\u2019Amaury.Les habitants de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s rest\u00e9s sur place eurent l\u2019horrible spectacle de la Seine rougie par les corps nus qu&rsquo;elle charriait et des rues jonch\u00e9es de corps.<\/p>\n\n\n\n<p><br><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"323\" height=\"279\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Barth\u00e9lemyW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-207\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Barth\u00e9lemyW.jpg 323w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Barth\u00e9lemyW-300x259.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 323px) 100vw, 323px\" \/><figcaption><em>Les massacres de la Saint-Barth\u00e9l\u00e9my<\/em><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Quelques ann\u00e9es apr\u00e8s cet horrible carnage, trouvant peut-\u00eatre leur domaine un peu trop grand maintenant que les enfants \u00e9taient adultes, Gabriel Montaigne et sa femme d\u00e9cid\u00e8rent de c\u00e9der une partie de leurs biens en \u00e9change d\u2019une rente. Le 7 octobre 1578, le contrat fut sign\u00e9 devant Me Denetz<sup id=\"rf13-204\"><a href=\"#fn13-204\" title=\"Arch. nat.,&nbsp;:&nbsp;&nbsp;S 6188. Ce carton contient une copie de l\u2019acte de vente\" rel=\"footnote\">13<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"background-color:#f5ba83;font-size:25px\" class=\"has-background\">Claude du Refuge (1578-1600)<\/p>\n\n\n\n<p>Le couple vendait \u00e0 Claude de La Ro\u00eb, veuve de Jean du Refuge, baron de Couesmes et du Fossez, \u00ab&nbsp;une grande maison scize \u00e0 Sainct Germain des Prez lez Paris, rue de Seine, \u00e0 ladicte Bolioud appartenant \u00e0 cause de la succession de feu noble homme maistre Pierre Bolioud, son p\u00e8re en son vivant notaire et secr\u00e9taire du Roy et greffier en son Parlement de Thurin&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Fort heureusement, on trouve dans le contrat de vente une description d\u00e9taill\u00e9e de la maison.<\/p>\n\n\n\n<p>On y entrait par une grande porte centrale perc\u00e9e dans un petit corps d\u2019h\u00f4tel donnant sur la rue qui comportait d\u2019un c\u00f4t\u00e9 deux pi\u00e8ces dont l\u2019une servait \u00ab&nbsp;\u00e0 p\u00e9n\u00e9trer&nbsp;\u00bb. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, on trouvait aussi deux pi\u00e8ces, \u00ab&nbsp;l\u2019une pour tenir le cocher \u00e0 couvert&nbsp;\u00bb, l\u2019autre \u00ab&nbsp;pour servir d\u2019entr\u00e9e&nbsp;\u00bb, plus deux cabinets ou offices. Au-dessus, et tout le long de la fa\u00e7ade sur rue, on avait am\u00e9nag\u00e9 des chambres, leur garde-robes et leur cabinet que surmontaient \u00ab&nbsp;un petit grenier et un serre-fruits&nbsp;\u00bb. Le tout \u00e9tait couvert d\u2019ardoise.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 s\u2019\u00e9tendait la grande cour \u00ab&nbsp;d\u2019un cost\u00e9 de laquelle y a[vait] un grand puys moytoyen servant \u00e0 ladicte maison et \u00e0 celle d\u2019aupr\u00e8s&nbsp;\u00bb qui appartenait \u00e0 ma\u00eetre Jacques Guesrin, \u00ab&nbsp;huissier des Requestes au Palais&nbsp;\u00bb. L\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la cour comportait une cuisine, un four et des d\u00e9pendances avec des chambres au premier \u00e9tage. Aux deux bouts de ce petit b\u00e2timent, deux petites cours desservaient l\u2019une les caves de la cuisine et l\u2019autre l\u2019\u00e9curie, l\u2019\u00e9table et le poulailler avec une grange au-dessus \u00e0 laquelle on montait par un petit escalier ext\u00e9rieur couvert d\u2019ardoise.<\/p>\n\n\n\n<p>Au fond de cette cour, tr\u00f4nait le grand corps d\u2019h\u00f4tel avec ses six berceaux de caves. On y acc\u00e9dait par un perron qui menait \u00e0 un grand vestibule et, au-del\u00e0, \u00e0 un deuxi\u00e8me perron \u00ab&nbsp;pour descendre au grand jardin&nbsp;\u00bb.&nbsp;&nbsp;D\u2019un c\u00f4t\u00e9, on trouvait le salon d\u2019\u00e9t\u00e9 et de l\u2019autre celui d\u2019hiver ainsi que la cuisine et ses d\u00e9pendances. Deux \u00e9tages abritant chambres avec chemin\u00e9es, garde-robe et galerie surmontaient le rez-de-chauss\u00e9e. Le grenier au-dessus \u00e9tait couvert d\u2019ardoise. Les \u00e9tages \u00e9taient desservis par un grand escalier qui partait du vestibule.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Derri\u00e8re, un grand jardin \u00e9tait \u00ab&nbsp;tout plant\u00e9 d\u2019arbres fruictiers et de treille&nbsp;\u00bb dans lequel le puits servait aussi bien au jardin qu\u2019au sieur Guesrin, le voisin. Il \u00e9tait orn\u00e9 d\u2019une grande table de pierre et d\u2019un si\u00e8ge \u00e9galement en pierre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0, un autre jardin en pointe \u00e9tait plant\u00e9 aussi de treilles, d\u2019arbres fruitiers et abritait, au fond, le logis du jardinier.&nbsp;Les corps de logis et le jardin jouxtaient au nord le nouveau logis de Gabriel Montaigne et de sa femme et&nbsp;&nbsp;au sud le sieur Guesrin. Le petit jardin du fond&nbsp;&nbsp;\u00e9tait mitoyen d\u2019un c\u00f4t\u00e9 \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 de la veuve Lamy, de l\u2019autre \u00e0 celle de Juste d\u2019Alligre et sur sa pointe au jardin de feu le sieur Leclerc.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Sur les 12 deniers de cens dont \u00e9tait charg\u00e9e envers l\u2019abbaye la totalit\u00e9 de l\u2019ancienne propri\u00e9t\u00e9 de Gabriel Montaigne,&nbsp;la maison vendue et ses d\u00e9pendances en devait la moiti\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire 6 deniers, le sieur Guesrin et les Montaigne en&nbsp;&nbsp;versaient respectivement 4 et 2 deniers. Quant aux 24 toises 1\/2, elles \u00e9taient charg\u00e9es de 2 deniers de cens envers l\u2019Universit\u00e9, somme qui semble \u00e9lev\u00e9e par rapport au cens demand\u00e9 pour le reste de la propri\u00e9t\u00e9. Les Montaigne s\u2019installaient dans leur nouveau logis des&nbsp;<em>Trois Pens\u00e9es<a><sup><strong> <\/strong><\/sup><\/a><\/em>C\u2019est maintenant le 32 rue de Seine.))&nbsp;qui jouxtait \u00e0 droite la maison acquise par la dame de Refuge.<\/p>\n\n\n\n<p>La vente \u00e9tait faite moyennant une rente annuelle et perp\u00e9tuelle de 283 \u00e9cus 1\/3, ce qui ne para\u00eet pas beaucoup puisqu\u2019en la comptant au denier 20, elle donnerait un capital de 5667 \u00e9cus. Les Montaigne s\u2019engageaient aussi envers la dame de La Ro\u00eb \u00e0 boucher les fen\u00eatres qui donnaient sur son domaine et \u00e0 r\u00e9partir les \u00e9gouts entre les deux propri\u00e9t\u00e9s.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Claude de La Ro\u00eb, notre acheteuse, \u00e9tait protestante, comme son mari. Elle avait \u00e9pous\u00e9 bien des d\u00e9cennies auparavant, Jean du Refuge dont la famille, cit\u00e9e d\u00e8s le XIVe si\u00e8cle, remontait \u00e0 un ma\u00eetre des Comptes et comptait un pr\u00e9sident aux Enqu\u00eates.&nbsp;&nbsp;Il \u00e9tait lui-m\u00eame au moment de sa mort, baron de Gallardon, \u00e9chanson du Dauphin et gentilhomme ordinaire d\u2019Henri II. Elle lui avait apport\u00e9 en dot la seigneurie&nbsp;&nbsp;de Couesmes situ\u00e9e en Bretagne.&nbsp;&nbsp;C\u2019est lors du si\u00e8ge de Saint Quentin, en 1552&nbsp;&nbsp;qu\u2019elle avait perdu&nbsp;&nbsp;son mari dont elle avait eu deux enfants.&nbsp;&nbsp;Une&nbsp;&nbsp;fille Anne \u00e9tait mari\u00e9e depuis deux ans,&nbsp;&nbsp;en 1578, avec Jean de Rochefort, seigneur d\u2019Armilly. Un fils, Jean, \u00e9tait comte de Couesmes, seigneur de Gallardon et chambellan du duc d\u2019Alen\u00e7on. Il avait \u00e9pous\u00e9 Claude de Montgomery, fille cadette de Claude de Montgomery, celui qui avait tu\u00e9 en joutes le roi Henri II, qui emmena ses amis hors d\u2019atteinte du duc de Guise lors de la nuit de la Saint Barth\u00e9lemy et qui fut d\u00e9capit\u00e9 en 1574.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Peu de temps apr\u00e8s la signature de l\u2019acte d\u2019acquisition, Claude de La Ro\u00eb perdit son fils dans des tragiques circonstances.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le dimanche 15 mai 1579, elle rendait visite avec son fils \u00e0 la comtesse de Suze dont la fille avait r\u00e9cemment \u00e9pous\u00e9 Jacques de Montgomery.&nbsp;&nbsp;On \u00e9tait donc en famille. Jean du Refuge jouait tranquillement du luth en compagnie de sa belle-s\u0153ur lorsque se pr\u00e9senta Fran\u00e7ois de La Primaudaye, seigneur de la Barr\u00e9e, un gentilhomme de ses amis. Jean du Refuge \u00e9tait de fort m\u00e9chante humeur ce jour-l\u00e0. Il n\u2019\u00f4ta point son chapeau lorsque le seigneur de La Barr\u00e9e vint le saluer. Quelques instants plus tard alors que toute la compagnie soupait, une querelle survint entre eux&nbsp;&nbsp;pour&nbsp;&nbsp;des motifs futiles, une&nbsp;&nbsp;affaire de comp\u00e9tence au jeu de paume. Ils en arriv\u00e8rent aux mains, se bouscul\u00e8rent.&nbsp;&nbsp;Un coup de dague fut m\u00eame port\u00e9 par Jean du Refuge au seigneur de la Barr\u00e9e. On peut imaginer la fureur de ce dernier qui quitta son h\u00f4tesse et envoya un de ses amis provoquer son agresseur en duel au Pr\u00e9 aux Clercs pour le soir m\u00eame. Il l\u2019y attendit jusqu\u2019\u00e0 huit heures et demie, en vain (on apprit par la suite que la commission n\u2019avait point \u00e9t\u00e9 faite) puis d\u00e9cida de rentrer \u00e0 Paris par la porte de Buci car elle fermait \u00e0 neuf heures pr\u00e9cises. Tandis qu\u2019il remontait la rue Saint Andr\u00e9 des Art avec ses serviteurs, \u00e0 la hauteur du couvent des Augustins, il vit venir \u00e0 lui le seigneur du Refuge qui descendait la m\u00eame rue avec ses gens. Que se passa-t-il alors&nbsp;? On ne le sait pas exactement, mais on retrouva le seigneur du Refuge le corps travers\u00e9 par une \u00e9p\u00e9e. Il expirait. Le seigneur de La Primaudaye avait disparu. La famille de Gallardon mit tout en oeuvre pour le retrouver et y parvint. On le d\u00e9busqua le 4 juin suivant dans une auberge \u00e0 Saint-Martin-le-Beau, entre Tours et Amboise.&nbsp;&nbsp;Le pr\u00e9venu fut \u00e9crou\u00e9 \u00e0 la Conciergerie. D\u00e8s le d\u00e9but du proc\u00e8s qui commen\u00e7a le 20 juin devant le Parlement, les choses s\u2019annonc\u00e8rent bien mal pour le seigneur de La Barr\u00e9e. Il se d\u00e9fendait fort maladroitement en changeant sans cesse sa version. De plus, cette agression faisait suite \u00e0 de multiples attentats&nbsp;&nbsp;commis tous les jours dans Paris que la cour voulait s\u00e9v\u00e8rement punir. La sentence tomba le 5 ao\u00fbt suivant&nbsp;: La Primaudaye \u00e9tait condamn\u00e9 \u00ab&nbsp;\u00e0 estre d\u00e9capit\u00e9 au pilori des Halles, son corps port\u00e9 ensuite et pendu au gibet de Montfaucon, et sa teste mise et attach\u00e9e \u00e0 un posteau dress\u00e9 devant l\u2019entr\u00e9e du couvent des Augustins&nbsp;\u00bb. Le duc d\u2019Anjou, un de ses amis, vint demander sa gr\u00e2ce au roi son fr\u00e8re qui ne la lui accorda point disant&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019aimais Du Refuge , et s\u2019il n\u2019e\u00fbt point \u00e9t\u00e9 si sot que d\u2019\u00eatre huguenot, je l\u2019eusse fait grand&nbsp;\u00bb<sup id=\"rf14-204\"><a href=\"#fn14-204\" title=\"&lt;em&gt;Journal de L\u2019ESTOILE&lt;\/em&gt;,Gallimard, 1943, p.221\" rel=\"footnote\">14<\/a><\/sup>. Le m\u00eame jour, 5 ao\u00fbt 1579, le meurtrier fut conduit au supplice <sup id=\"rf15-204\"><a href=\"#fn15-204\" title=\"L\u2019ensemble de ce r\u00e9cit est tir\u00e9 d\u2019un article de Pierre de Vaissi\u00e8re publi\u00e9 dans&nbsp;&lt;em&gt;\u00ab&nbsp;Biblioth\u00e8que de l\u2019\u00e9cole des Chartes&lt;\/em&gt;, ann\u00e9e 1913\" rel=\"footnote\">15<\/a><\/sup>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Jean du Refuge laissait quatre enfants&nbsp;: Jean II, baron de Couesmes, Suzanne et Marguerite mineures, et Ysabel qui vivait avec son mari en Angleterre o\u00f9 elle s\u2019\u00e9tait vraisemblablement exil\u00e9e \u00e0 la suite de la Saint Barth\u00e9lemy.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"333\" height=\"477\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Extrait-acte-venteW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-246\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Extrait-acte-venteW.jpg 333w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Extrait-acte-venteW-209x300.jpg 209w\" sizes=\"(max-width: 333px) 100vw, 333px\" \/><figcaption><em>Extrait de l&rsquo;acte de vente Montaigne\/La Ro\u00eb<\/em><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Claude de La Ro\u00eb mourut, semble-t-il, en 1584<sup id=\"rf16-204\"><a href=\"#fn16-204\" title=\"&nbsp;Elle signait encore un acte le 16 septembre 1583 , Arch. nat., Min.cent., LXVIII\/48\" rel=\"footnote\">16<\/a><\/sup>, donc \u00e0 peu pr\u00e8s en m\u00eame temps son voisin, Gabriel Montaigne.<\/p>\n\n\n\n<p>Seize ann\u00e9es pass\u00e8rent, difficiles pour les habitants de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s qui connurent les ravages des guerres de La Ligue et le si\u00e8ge de Paris par le futur Henri IV. 1589 et 1590 leur furent particuli\u00e8rement n\u00e9fastes. En juillet 1589, le Bureau de la Ville<a><sup> <\/sup><\/a><em><sup id=\"rf17-204\"><a href=\"#fn17-204\" title=\"Registres des d\u00e9lib\u00e9rations du Bureau de l\u2019Hotel de Ville&lt;\/em&gt;&nbsp;par F.Bonnardot\" rel=\"footnote\">17<\/a><\/sup>&nbsp;&nbsp;donna l\u2019ordre aux sergents et aux archers de Paris de rassembler 2000 futailles prises chez les marchands de vin pour servir aux barricades des tranch\u00e9es des faubourgs Saint Germain, Saint Jacques et Saint Marcel. Trois mois apr\u00e8s, un d\u00e9tachement compos\u00e9 de suisses et de huguenots command\u00e9 par La Noue et Chatillon passa au fil de l\u2019\u00e9p\u00e9e un nombre consid\u00e9rable de ligueurs. En juin 1590, les \u00e9v\u00e9nements se pr\u00e9cipit\u00e8rent. Les habitants de Saint Germain d\u00e9sert\u00e8rent leurs maisons (qui d\u2019ailleurs \u00e9taient ruin\u00e9es) pour se r\u00e9fugier dans la basse-cour de l\u2019abbaye. On r\u00e9quisitionna les cloches pour faire des boulets. Le mois suivant, le mar\u00e9chal d\u2019Aumont et Fran\u00e7ois de Coligny install\u00e8rent des pieux et des barricades. En septembre, les d\u00e9fenseurs de Paris avaient r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9loigner l\u2019ennemi. Ils demand\u00e8rent de faire garder les maisons qui restaient debout \u00e0 Saint-Germain et de d\u00e9molir celles qui \u00e9taient pr\u00e8s du mur de Philippe-Auguste.&nbsp;&nbsp;Elles pouvaient pr\u00e9senter un danger en cas de si\u00e8ge de l\u2019ennemi. Le quartier ne retrouva une v\u00e9ritable paix qu\u2019\u00e0 l\u2019entr\u00e9e de Henri IV dans Paris.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1600, les h\u00e9ritiers de la dame de Refuge d\u00e9cid\u00e8rent de vendre leurs biens immobiliers de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p style=\"background-color:#f5ba83;font-size:22px\" class=\"has-background\">O\u00f9 un pr\u00e9sident au Parlement (Robert Th\u00e9vin) entre en sc\u00e8ne<\/p>\n\n\n\n<p>La vente eut lieu&nbsp;&nbsp;le 14 mai 1600<sup id=\"rf18-204\"><a href=\"#fn18-204\" title=\"Arch. nat.,&nbsp; Min. cent.,&nbsp;&nbsp;XLIX\/236, 14 mai 1600, Vente \u00e0 Robert Th\u00e9vin\" rel=\"footnote\">18<\/a><\/sup>, devant le notaire Bernard Cl\u00e9ment. Anne du Refuge, h\u00e9riti\u00e8re de sa m\u00e8re Claude de La Ro\u00eb et veuve de Montgomery, vint de son ch\u00e2teau d\u2019Armilly en Touraine pour la signature. Jean III du Refuge, comte de \u00ab&nbsp;Couesme, pays de Bretaigne&nbsp;\u00bb&nbsp;&nbsp;\u00e9tait aussi l\u00e0 pour lui et pour ses deux s\u0153urs mineures, Suzanne et Marguerite ainsi que pour son beau-fr\u00e8re Henry Thime, \u00e9poux de sa s\u0153ur Ysabel qui demeurait \u00ab&nbsp;au pays d\u2019Angleterre&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019acheteur, Robert Th\u00e9vin<a><sup> <\/sup><\/a><sup id=\"rf19-204\"><a href=\"#fn19-204\" title=\"Alias Th\u00e9nin, m\u00eame sa signature ne permet pas de lever le doute\" rel=\"footnote\">19<\/a><\/sup>, \u00e9tait conseiller du roi et pr\u00e9sident des Enqu\u00eates&nbsp;&nbsp;en la cour du Parlement.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019acte de vente apporte peu de pr\u00e9cisons sur les lieux vendus. La maison comportait plusieurs b\u00e2timents, deux jardins et un appentis \u00ab&nbsp;\u00e0 pr\u00e9sent ruyn\u00e9&nbsp;\u00bb. Elle avait pour voisins les h\u00e9ritiers Montaigne, ceux de Jehan de Laistre, ceux de Loys Bernard et ceux de Fr\u00e9vigny, marchand drapier, la demoiselle de Vill\u00e8le, les jardins d\u2019Aligre et enfin J\u00e9rosme Lambert. La transaction se faisait pour 2 500 \u00e9cus soleil dont ma\u00eetre Th\u00e9vin ne versa que 200 \u00e9cus le jour de la transaction. En effet, les h\u00e9ritiers de Refuge devaient encore 400 \u00e9cus aux h\u00e9ritiers de Montaigne sur la vente&nbsp;&nbsp;pr\u00e9c\u00e9dente. Th\u00e9vin verserait les 1 900 \u00e9cus restants apr\u00e8s le d\u00e9cret de la maison<a><sup> <\/sup><\/a> <sup id=\"rf20-204\"><a href=\"#fn20-204\" title=\"Le d\u00e9cret \u00e9tait une formalit\u00e9 pour purger les hypoth\u00e8ques, droits et servitude qu\u2019un tiers pouvait pr\u00e9tendre.\" rel=\"footnote\">20<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p> Cependant, il obtint l\u2019autorisation de faire r\u00e9parer la maison d\u00e8s le jour de la signature du contrat de vente. Le cens \u00e0 verser \u00e0 l\u2019abbaye Saint-Germain-des-Pr\u00e9s s\u2019\u00e9levait \u00e0 6 deniers de cens qui faisait moiti\u00e9 des 12 dus pour l\u2019ensemble des propri\u00e9t\u00e9s des h\u00e9ritiers Montaigne et du sieur Th\u00e9vin.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce dernier \u00e9tait n\u00e9 \u00e0 Angers en 1544. Il \u00e9tait fils de Jacques Th\u00e9vin, seigneur de la Marsaulaye et de la Chotardi\u00e8re, avocat \u00e0 Angers puis lieutenant des Eaux et For\u00eats de cette ville. Robert Th\u00e9vin commen\u00e7a sa carri\u00e8re comme conseiller au Parlement de Bretagne&nbsp;&nbsp;puis en celui de Paris. En juin 1591, il pr\u00e9senta une demande au Parlement de Paris pour \u00eatre re\u00e7u pr\u00e9sident des Enqu\u00eates. La cour \u00ab&nbsp;apr\u00e8s en avoir ou\u00ff les r\u00e9signant et r\u00e9signataire&nbsp;\u00bb ordonna de recueillir une information \u00e0 Angers sur son \u00e2ge, sa vie, ses m\u0153urs et m\u00eame, si on le pouvait, de poursuivre l\u2019enqu\u00eate \u00e0 Tours.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"289\" height=\"475\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Premi\u00e8re-pageW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-249\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Premi\u00e8re-pageW.jpg 289w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Premi\u00e8re-pageW-183x300.jpg 183w\" sizes=\"(max-width: 289px) 100vw, 289px\" \/><figcaption><em>Premi\u00e8re page du serment de Th\u00e9vin. Architecte. Nat. U 227<\/em><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Les renseignements furent sans doute conformes aux attentes des membres de cette \u00e9minente cour puisqu\u2019il fut re\u00e7u pr\u00e9sident aux Enqu\u00eates le 24 juin 1591. Le roi l\u2019autorisa \u00e0 cumuler les deux charges \u00e0 Rennes et \u00e0 Paris pendant un an, \u00e0 condition de pr\u00e9senter pendant ce temps un successeur pour l\u2019une d\u2019elles. Th\u00e9vin ne put r\u00e9aliser cette condition et obtint une prolongation d\u2019un an. Avant l\u2019expiration du d\u00e9lai de gr\u00e2ce, il vendit son office de Bretagne.<\/p>\n\n\n\n<p>Il fut ensuite \u00e9lev\u00e9 \u00e0 la dignit\u00e9 de conseiller du Roi en ses conseils d\u2019Etat et priv\u00e9. Toutes ces charges firent de lui un homme fort important et l\u2019anoblirent, d\u00e9tail qui n\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre pas accessoire \u00e0 ses yeux&nbsp;: il \u00e9tait seigneur de la Romanye et autres lieux. Lorsqu\u2019il acheta la maison de la rue de Seine, il avait \u00e9pous\u00e9&nbsp;&nbsp;Gillette de Commaille dont il avait eu deux enfants, Fran\u00e7ois et Guillaume. Ils s\u2019install\u00e8rent vraisemblablement en la maison de la rue de Seine d\u00e8s 1600, en tout cas ils l\u2019habitaient en 1606&nbsp;&nbsp;et le pr\u00e9sident Th\u00e9vin y mourut 27 ans plus tard.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019\u00e9tait un p\u00e8re combl\u00e9 qui pouvait \u00eatre fier de ses enfants. Son fils a\u00een\u00e9 Fran\u00e7ois, qui habitait rue Dauphine acheta le 7 juillet 1600 l\u2019office de son p\u00e8re. Il fut ma\u00eetre des Requ\u00eates en 1613. Le roi Louis XIII, qui appr\u00e9ciait ses qualit\u00e9s, le d\u00e9puta comme commissaire pour les \u00e9dits d\u2019\u00e9rection du Parlement et de la Chambre des Comptes de Navarre qu\u2019il installa en 1625. Plus tard il fut charg\u00e9 de mission dans la ville de Marans et \u00e0 l\u2019\u00eele de R\u00e9. Il d\u00e9c\u00e9da en juin 1637 et f\u00fbt&nbsp;&nbsp;inhum\u00e9 en l\u2019abbaye de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s le 23 du m\u00eame mois dans un caveau de la chapelle Saint Cl\u00e9ment. Il avait obtenu cette autorisation assez inhabituelle en promettant d\u2019entretenir la chapelle et en versant \u00e0 l\u2019abbaye une rente perp\u00e9tuelle de 25 livres<a><sup> <\/sup><\/a><sup id=\"rf21-204\"><a href=\"#fn21-204\" title=\"Sa fille Ren\u00e9e \u00e9pousa de Charles de La Rochefoucauld\" rel=\"footnote\">21<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Son deuxi\u00e8me fils, Guillaume, seigneur de La Rue, \u00e9tait conseiller au Parlement de Bretagne. Il avait \u00e9pous\u00e9, en 1609, Guyonne Bouriau dont il avait eu deux filles Judith et Charlotte. Il d\u00e9c\u00e9da avant son p\u00e8re en 1613, sa femme se remaria alors avec un certain Mathieu Fourch\u00e9, ma\u00eetre en la cour du Parlement de Bretagne.&nbsp;De ce second mariage na\u00eetra Louise qui \u00e9pousera&nbsp;&nbsp;\u00e0 Nantes en 1640 le futur surintendant Fouquet&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>En janvier 1596, le pr\u00e9sident eut le malheur de perdre sa femme. L\u2019Estoile \u00e9crit dans ses M\u00e9moires-Journaux \u00ab&nbsp;La nuict de ce jour [dimanche 21 janvier 1596] mourust&nbsp;&nbsp;\u00e0 Paris la pr\u00e9sidente T\u00e9vin, \u00e0 laquelle Dieu en l\u2019ostant de ce monde, fist un grand bien, maugr\u00e9 qu\u2019elle en eust&nbsp;\u2019&nbsp;\u00bb&nbsp;.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques mois plus tard,  Robert Th\u00e9vin \u00e9pousa Jeanne Davy, dame de la Mazure et veuve du sieur d\u2019Aubigny<sup id=\"rf22-204\"><a href=\"#fn22-204\" title=\"&nbsp;Le contrat de mariage fut pass\u00e9 devant Dicille, notaire \u00e0 Angers,&nbsp;le 16 novembre 1596 et le mariage fut c\u00e9l\u00e9br\u00e9 le 18 en l\u2019\u00e9glise Sainte Maurille \u00e0 Angers.\" rel=\"footnote\">22<\/a><\/sup>. Le 16 mai 1600, ils achet\u00e8rent par adjudication la maison qui nous occupe<sup id=\"rf23-204\"><a href=\"#fn23-204\" title=\"Selon Berty et Tisserand, l\u2019achat est de 1595 mais cette date est contredite dans l\u2019inventaire apr\u00e8s d\u00e9c\u00e8s de la dame Davy et surtout par l\u2019original de l\u2019acte d\u2019achat qui est dat\u00e9 du 16 mai 1600.\" rel=\"footnote\">23<\/a><\/sup>. Ils y habit\u00e8rent jusqu\u2019au d\u00e9c\u00e8s du pr\u00e9sident Th\u00e9vin qui rendit son \u00e2me \u00e0 Dieu le 25 ao\u00fbt 1622, en leur maison de la rue de Seine. Sa femme fit mettre des tentures de deuil dans sa chambre et l\u2019on proc\u00e9da au service fun\u00e8bre en l\u2019\u00e9glise Saint Sulpice qui \u00e9tait sa paroisse<sup id=\"rf24-204\"><a href=\"#fn24-204\" title=\"&nbsp;&nbsp;D\u2019apr\u00e8s&nbsp;&lt;em&gt;L\u2019\u00c9pitaphier du Vieux&nbsp;&nbsp;Paris&lt;\/em&gt;.Ce tombeau n\u2019existe malheureusement plus\" rel=\"footnote\">24<\/a><\/sup>. Il fallut ensuite faire l\u2019inventaire des biens du pr\u00e9sident car ils laissaient pour h\u00e9riti\u00e8res ses deux petites-filles mineures. Ce fut fait par le notaire de Troyes, assist\u00e9 de son coll\u00e8gue Martin de la Croix&nbsp;&nbsp;le 17 septembre 1622. Le pr\u00e9sident \u00e9tait un homme riche qui laissait beaucoup de terres en Anjou et quelques rentes confortables. Nous \u00e9tions entre gens de bonne compagnie qui connaissaient les arcanes du droit, aussi le partage se fit-il fort correctement entre les h\u00e9ritiers et la belle-m\u00e8re. Avant de passer devant notaire, ils organis\u00e8rent entre eux la r\u00e9partition des biens du pr\u00e9sident. On laissa \u00e0 la dame Davy, les meubles de sa chambre et ses bijoux, comme le stipulait son contrat de mariage, les biens acquis apr\u00e8s le mariage furent, comme il se devait, partag\u00e9s par moiti\u00e9. On tint un compte honn\u00eate de ce que la dame Davy avait apport\u00e9 lors de son mariage et du douaire que son mari lui avait consenti. La maison, qui \u00e9tait qualifi\u00e9e de grande maison avec un jardin de belle taille, fut \u00e9valu\u00e9e \u00e0 24 000 livres, somme qui semble d\u00e9risoire par rapport \u00e0 la vente qui en sera faite ult\u00e9rieurement, mais peu importe \u2026 On la lui donna&nbsp;&nbsp;en compensation des biens qui lui revenaient ainsi que quelques rentes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Seule maintenant dans sa grande maison, notre dame de la Mazure devait se sentir alors&nbsp;&nbsp;bien isol\u00e9e puisqu\u2019elle en loua une partie. Elle choisit, comme par hasard, un conseiller du Roy en sa cour du Parlement, Pierre Bizet, seigneur de La Barou\u00e8re. Elle lui octroya<a><sup>  <\/sup><\/a><sup id=\"rf25-204\"><a href=\"#fn25-204\" title=\"Elle avait sign\u00e9 un premier bail, mais c\u2019est \u00e0 travers son renouvellement, sign\u00e9 le 16\/09\/1636 devant de Troyes, que l\u2019on a connaissance du pr\u00e9c\u00e9dent. Pour plus de renseignement sur le sieur Bizet, voir l\u2019histoire du 47 rue de Seine.\" rel=\"footnote\">25<\/a><\/sup> <em>une partie du b\u00e2timent principal auquel on acc\u00e9dait par \u00ab&nbsp;un grand degr\u00e9, une &nbsp;grande petite salle basse [sic]&nbsp; qui \u00e9tait \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019escalier ainsi que les deux chambres haultes au dessus d\u2019icelle petitte salle&nbsp;, les deux chambres haultes et cabinet estant en galletas, une garderobbe au bout de l\u2019une d\u2019icelle\u00bb. Elle y ajoutait la moiti\u00e9 de ses caves \u00ab&nbsp;\u00e0 prendre du cost\u00e9 du jardin&nbsp;\u00bb<\/em>, la communaut\u00e9 de la grande cour et de l\u2019escalier. Enfin elle pr\u00e9cisait que \u00ab&nbsp;aura &nbsp;led sieur preneur, une clef de la porte du grand jardin&nbsp;&nbsp;pour dans iceluy grand jardin y planter et semer tulypes et aultres fleurs dans le parterre d\u2019icelluy, ainsy que bon lui semblera&nbsp;&nbsp;et qui luy appartiendront, sans que iceluy seigneur preneur puisse prendre aucunement les fruitz des arbres fruitiers et vignes,&nbsp;&nbsp;ny autres choses d\u2019icelluy sy bon ne semble \u00e0 ladicte dame bailleresse&nbsp;\u00bb. L\u2019affaire \u00e9tait trait\u00e9e pour 850 livres par an, qui donne pour un rapport au denier 20, habituel \u00e0 cette \u00e9poque, une valeur propri\u00e9taire de 17 000 livres. Compar\u00e9e \u00e0 la totalit\u00e9 des lieux, la somme para\u00eet \u00e9lev\u00e9e par rapport \u00e0 l\u2019\u00e9valuation faite en 1622&nbsp;.&nbsp;&nbsp;<br><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>Lorsqu\u2019elle revint devant de Troyes le 16 septembre 1636&nbsp;<sup id=\"rf26-204\"><a href=\"#fn26-204\" title=\"Arch. Nat.&nbsp;:M.C. CXXII\/439 Bail du 16 septembre 1636 \u00e0 Bizet de la Barou\u00e8re\" rel=\"footnote\">26<\/a><\/sup> pour renouveler le bail, elle ne put signer \u00ab&nbsp;attendu la d\u00e9bilit\u00e9 sur le bras gauche et \u00e0 la main dextre depuis cinq mois&nbsp;\u00bb. En effet, notre dame de la Mazure n\u2019\u00e9tait pas en bonne sant\u00e9. Sentant qu\u2019elle \u00e9tait au bout de sa vie, elle avait d\u00e9pos\u00e9 quelques jours avant entre les mains de son notaire le testament qu\u2019elle avait r\u00e9dig\u00e9 de sa main le 16 septembre 1627<a><sup>  <\/sup><\/a><sup id=\"rf27-204\"><a href=\"#fn27-204\" title=\"Arch. Nat.&nbsp;:M.C. CXXII\/439, inventaire des biens de Jeanne Davy du 25 mai 1637\" rel=\"footnote\">27<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle mourut en effet le 18 mai 1637. Ses gens prirent le deuil et re\u00e7urent quelques dons&nbsp;: \u00e0 son homme de confiance et \u00e0 son \u00e9pouse qui \u00e9tait aussi \u00e0 son service 1 200 francs, \u00e0 sa dame de compagnie 800 francs et \u00e0 sa femme de chambre 15 \u00e9cus. Aux Augustins R\u00e9form\u00e9s de la reine Marguerite, elle l\u00e9guait 100 francs ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019h\u00f4pital de la Charit\u00e9. Elle ne mentionnait aucunement ses beaux-enfants car ils \u00e9taient tous morts. Par contre, elle donnait \u00e0 son neveu du Plessis sa terre de la Mazure, avec toutes ses appartenances et d\u00e9pendances et \u00e0 sa ni\u00e8ce, Ren\u00e9e Simon, dame de la Roche Bardoul, sa maison de la rue de Seine, \u00e0 la charge pour cette derni\u00e8re de payer ses fun\u00e9railles.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"508\" height=\"355\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Testa-DavyW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-255\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Testa-DavyW.jpg 508w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Testa-DavyW-300x210.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 508px) 100vw, 508px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>C\u2019est ainsi que la dame de la Roche Bardoul, \u00e9pouse de Fran\u00e7ois de l\u2019Esperonni\u00e8re devint la nouvelle propri\u00e9taire de la maison.<\/p>\n\n\n\n<p>Un inventaire&nbsp;<sup id=\"rf28-204\"><a href=\"#fn28-204\" title=\"Arch. nat.,&nbsp;&nbsp;Min. cent., CXXXII\/439, 25\/05\/1637\" rel=\"footnote\">28<\/a><\/sup> des biens de la dame de la Mazure fut fait apr\u00e8s son d\u00e9c\u00e8s \u00e0 la requ\u00eate de&nbsp;&nbsp;\u00ab&nbsp;Me Michel Pousteau, procureur en Parlement, demeurant au faulxbourg Sainct Germain des Prez, rue du Colombier<sup id=\"rf29-204\"><a href=\"#fn29-204\" title=\"&nbsp;Rue Jacob maintenant\" rel=\"footnote\">29<\/a><\/sup><a><sup> <\/sup><\/a>, au nom et comme ex\u00e9cuteur du testament et ordonnances des derni\u00e8res volont\u00e9s de deffuncte dame Janne (sic)&nbsp;Davy&nbsp;\u00bb. Il nous renseigne sur la partie de la maison qu\u2019elle occupait. Elle s\u2019\u00e9tait r\u00e9serv\u00e9 un logement fort modeste puisqu\u2019il \u00e9tait compos\u00e9 de sa chambre, une petite chambre \u00e0 c\u00f4t\u00e9, une \u00ab&nbsp;sallette&nbsp;\u00bb et une cuisine, une chambre pour le cocher au-dessus de l\u2019\u00e9curie ainsi que plusieurs greniers o\u00f9 elle avait sans doute entrepos\u00e9 moult meubles qui ne trouvaient plus leur place dans ce modeste appartement.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">&nbsp;<\/h3>\n\n\n\n<p style=\"background-color:#f5ba83;font-size:22px\" class=\"has-background\">Les L\u2019Esperonni\u00e8re en interm\u00e8de<\/p>\n\n\n\n<p>La nouvelle propri\u00e9taire de la maison \u00e9tait donc Ren\u00e9e Simon, dame de La Roche&nbsp;&nbsp;Bardoul, qui avait \u00e9pous\u00e9 Fran\u00e7ois de L\u2019Esperonni\u00e8re&nbsp;&nbsp;issu d\u2019une tr\u00e8s ancienne famille noble de l\u2019Anjou o\u00f9 ils habitaient ordinairement en leur ch\u00e2teau du Pendan, pr\u00e8s de Thouarc\u00e9. Ils avaient eu deux fils, Antoine sieur de la Saulaye et Fran\u00e7ois, baron de Vris, conseiller et chambellan de son Altesse Royale et une fille Ren\u00e9e.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les L\u2019Esperonni\u00e8re furent des propri\u00e9taires avis\u00e9s. Ils firent de la maison une source de revenus en la louant, moyennant quoi ils l\u2019entretinrent soigneusement.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi le 17 mars 1640, ils demand\u00e8rent au sieur Le Filz \u00ab&nbsp;maistre couvreur de maisons \u00e0 Paris&nbsp;\u00bb, &nbsp;de faire les r\u00e9parations aux couvertures aussi bien de tuile que d\u2019ardoise, tout en excluant celles du hangar \u00e0 carrosses<sup id=\"rf30-204\"><a href=\"#fn30-204\" title=\"Arch. nat.,&nbsp;&nbsp;Min. cent., CXXII\/1633, march\u00e9 de travaux, 17 mars 1640.\" rel=\"footnote\">30<\/a><\/sup>. Il leur en co\u00fbtait 130 livres tournois payables en trois fois, la premi\u00e8re de 80 livres en fin de travaux et les 50 autres livres en deux versements intervenant un an et deux ans apr\u00e8s. Pour la s\u00fbret\u00e9 d\u2019une bonne ex\u00e9cution, toutes ces conditions furent sign\u00e9es devant notaire<\/p>\n\n\n\n<p>.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 22 juin 1644, ils donn\u00e8rent procuration \u00e0 leur fils Antoine pour signer devant Me Saint Vaast un renouvellement de&nbsp;&nbsp;bail&nbsp;au sieur&nbsp;&nbsp;Dulac, seigneur de&nbsp;&nbsp;&nbsp;Villacoublay,&nbsp;&nbsp;<sup id=\"rf31-204\"><a href=\"#fn31-204\" title=\"Il y avait eu un premier bail sign\u00e9 trois ans plus t\u00f4t devant Boucot et Levesque qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9.\" rel=\"footnote\">31<\/a><\/sup>&nbsp;pour 2 200 livres plus les nombreuses taxes sur les boues, les lanternes, les chandelles, les pauvres.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques ann\u00e9es pass\u00e8rent, puis le sieur de L\u2019Esperonni\u00e8re et son \u00e9pouse, d\u00e9cid\u00e8rent de vendre la maison. Ils se rendirent cette fois-ci en personne \u00e0 Paris et log\u00e8rent rue de Seine dans une maison \u00e0 l\u2019enseigne du&nbsp;<em>Point du jour<\/em>&nbsp;qui se trouvait&nbsp;&nbsp;un peu plus loin vers la Seine. Ils sign\u00e8rent l\u2019acte de vente le 4 mai 1645<a><sup> <\/sup><\/a>&nbsp;<sup id=\"rf32-204\"><a href=\"#fn32-204\" title=\"Arch. nat.,&nbsp;&nbsp;Min. cent., CXV\/89,&nbsp;&nbsp;vente 5 mai 1645\" rel=\"footnote\">32<\/a><\/sup> \u00e0 messire Mac\u00e9 Le Boulanger pour la somme de 74 500 livres. C\u2019\u00e9tait beaucoup, compte tenu de l\u2019\u00e9valuation faite en 1622.. La dame de La Rochebardoul \u00e9tait une femme fort sage puisque le m\u00eame jour et devant le notaire, ma\u00eetre Marion, en pr\u00e9sence de son mari et\u00ab&nbsp;de luy suffisament authoris\u00e9e&nbsp;\u00bb&nbsp;&nbsp;elle pr\u00e9voyait d\u2019utiliser 63 000 livres sur le produit de la vente (qui n\u2019\u00e9tait point encore sign\u00e9e), &nbsp;\u00ab&nbsp;en achapt d\u2019aultres h\u00e9ritages ou rentes&nbsp;\u00bb .&nbsp; L\u2019acte pr\u00e9voyait aussi qu\u2019apr\u00e8s son d\u00e9c\u00e8s, ses biens seraient partag\u00e9s entre son a\u00een\u00e9, Anthoine qui recevrait deux parts,et son pu\u00een\u00e9 Fran\u00e7ois une part, \u00e0 charge pour l\u2019a\u00een\u00e9 de g\u00e9rer une de ses deux parts au nom de sa s\u0153ur, Ren\u00e9e de L\u2019Esperonni\u00e8re, \u00e9pouse du sieur du Coudray-Monbault<\/p>\n\n\n\n<p>Le contrat indiquait que la maison \u00e9tait grande. On y entrait par une porte coch\u00e8re. Elle comportait &nbsp;plusieurs corps d\u2019h\u00f4tel, l\u2019un sur le devant face \u00e0 la rue de Seine, l\u2019autre sur le derri\u00e8re &nbsp;qui \u00e9tait \u00ab&nbsp;<em>le grand corps d\u2019hostel entre la grande court et le jardin, et en ayle du cost\u00e9 droict une grande cour o\u00f9 y a plusieurs remises de carosses et du cost\u00e9 de main droite en entrant en ladicte maison une petite cour, une courelle ou passage, quelques \u00e9difices et escuries, un grand jardin carr\u00e9 qui se raporte audict grand corps d\u2019hostel, un aultre petit jardin au-del\u00e0 du mur dudit grand jardin, auquel mur est l\u2019entr\u00e9e dud petit jardin qui est en&nbsp;&nbsp;esquerre, et au fond dudict petit jardin y a un petit apenty <\/em>\u00ab&nbsp;.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Comme on peut le constater, la disposition des lieux ressemble fort \u00e0 celle qui existe actuellement, sachant qu\u2019une partie des jardins (comportant la portion en \u00e9querre donc en forme de triangle et environ la moiti\u00e9 du reste du terrain) sera c\u00e9d\u00e9e le si\u00e8cle suivant \u00e0 un&nbsp;&nbsp;propri\u00e9taire de la rue Jacob.<br><\/p>\n\n\n\n<p style=\"background-color:#f5ba83;font-size:22px\" class=\"has-background\">1645-&nbsp;1783&nbsp;La famille Le Boulanger-Camus<\/p>\n\n\n\n<p>Le nouveau propri\u00e9taire, Mac\u00e9 Le Boulanger, \u00e9tait issu d\u2019une famille de bourgeois de Paris. Feu son p\u00e8re, Eustache Le Boulanger, avait exerc\u00e9 la profession de marchand mercier-grossier et la fonction d\u2019\u00e9chevin. Sa m\u00e8re, Marie Target, \u00e9tait fille d\u2019un marchand, bourgeois de Paris. On dit que cette famille prit ce nom parce que, pendant une grande famine, un de ses anc\u00eatres fit distribuer une si grande quantit\u00e9 de pain que le public changea son surnom de Montigny en celui de Le Boulanger<sup id=\"rf33-204\"><a href=\"#fn33-204\" title=\"&lt;em&gt;Dictionnaire des inventions et d\u00e9couvertes anciennes et modernes&nbsp;&lt;\/em&gt;publi\u00e9 par l\u2019abb\u00e9 MIGNE\" rel=\"footnote\">33<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Les nombreux enfants du couple avaient largement utilis\u00e9 les charges anoblissantes de la robe pour entamer une&nbsp;&nbsp;ascension fort prometteuse. Lorsque Mac\u00e9 \u00e9pousa en 1606 Claude Flamant, la signature du contrat de mariage<a><sup> <\/sup><\/a><sup id=\"rf34-204\"><a href=\"#fn34-204\" title=\"Arch. nat., Min. cent. XXIV\/105, 18 juin 1606, contrat de mariage.\" rel=\"footnote\">34<\/a><\/sup> r\u00e9unit trois de ses trois fr\u00e8res&nbsp;: Eustache qui \u00e9tait \u00e0 l\u2019\u00e9poque notaire et conseiller secr\u00e9taire du roi&nbsp; ; Charles, seigneur de la Sablonni\u00e8re, qui sera re\u00e7u conseiller secr\u00e9taire du roi en 1610&nbsp;;&nbsp;&nbsp;Mac\u00e9-Charles qui \u00e9tait bourgeois de Paris comme son p\u00e8re. Ses beaux-fr\u00e8res, Pierre de Hodicq et Nicolas Leclerc de Lesseville ne d\u00e9paraient pas l\u2019assistance, ils \u00e9taient tous deux conseillers du roi et auditeurs des comptes.&nbsp;&nbsp;L\u2019ambition qui menait la famille pointait \u00e0 travers la qualit\u00e9 des amis invit\u00e9s au mariage. Deux \u00e9taient conseillers du roi en ses conseils d\u2019\u00c9tat et priv\u00e9 et pr\u00e9sidents en sa cour de Parlement, deux autres premiers pr\u00e9sidents en la cour des Aides, sans compter quelques ma\u00eetres des Requ\u00eates. Quant \u00e0 Mac\u00e9 Le Boulanger, il exer\u00e7ait la fonction de conseiller en la cour des Aides, mais l\u2019ascenseur social allait bient\u00f4t lui permettre d\u2019\u00eatre re\u00e7u au Parlement de Paris en la 4<sup>e<\/sup>&nbsp;chambre des Enqu\u00eates, le 1er juin 1611. Il sera pr\u00e9sident en la m\u00eame chambre le 6 mars 1624.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Au jour de la signature du contrat d\u2019acquisition de la maison de la rue de Seine, le 5 mai 1645, le pr\u00e9sident Le Boulanger \u00e9tait un homme heureux et p\u00e8re d\u2019un enfant de 13 ans: sa femme avait accouch\u00e9, apr\u00e8s quelques 25 ans de st\u00e9rilit\u00e9, d\u2019un fils qu\u2019il avait pr\u00e9nomm\u00e9 modestement Auguste-Mac\u00e9. Il \u00e9tait aussi pr\u00e9v\u00f4t des marchands de Paris<sup id=\"rf35-204\"><a href=\"#fn35-204\" title=\"&lt;em&gt;Dictionnaire des inventions et d\u00e9couvertes anciennes et modernes&nbsp;&lt;\/em&gt;publi\u00e9 par l\u2019abb\u00e9 MIGNE\" rel=\"footnote\">35<\/a><\/sup>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, le 22 avril 1641 vit l\u2019\u00e9lection du pr\u00e9sident Le Boulanger \u00e0 cette haute fonction. Les deux personnages qui l\u2019avaient pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e9taient morts sans avoir eu le temps d\u2019exercer leur charge, funeste pr\u00e9sage qui ne le fit pas reculer. D\u2019ailleurs le pouvait-il puisque le roi lui-m\u00eame choisissait l\u2019heureux \u00e9lu&nbsp;? Le 16 avril de cette ann\u00e9e-l\u00e0, les quatre \u00e9chevins, les seize conseillers et les onze quarteniers de la ville se r\u00e9unirent en la grande salle de l\u2019H\u00f4tel de Ville pour lire la lettre de cachet du roi qui d\u00e9signait le pr\u00e9sident Le Boulanger comme futur pr\u00e9v\u00f4t des marchands et leur demandait de pr\u00e9parer \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9lection&nbsp;\u00bb. Tous les cinquanteniers et huit notables de la ville, furent alors convoqu\u00e9s pour le 22 du m\u00eame mois \u00e0 8 heures. Il en f\u00fbt fait de m\u00eame pour quarante archers qui devaient se munir de leurs arquebuses et hallebardes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le fameux 22 avril donc, les \u00e9chevins et le greffier, v\u00eatus de leur robe mi-parties, accompagn\u00e9s des quarteniers et des conseillers, se rendirent en l\u2019\u00e9glise du Saint-Esprit o\u00f9 une messe solennelle fut c\u00e9l\u00e9br\u00e9e. Ensuite, chacun prit place dans la grande salle de l\u2019H\u00f4tel de Ville. Monsieur de La Tour, premier \u00e9chevin, expliqua \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e que le roi d\u00e9sirait qu\u2019on proc\u00e9da \u00e0 l\u2019\u00e9lection d\u2019un pr\u00e9v\u00f4t des marchands pour le temps qui restait de la pr\u00e9c\u00e9dente pr\u00e9v\u00f4t\u00e9<a><sup> <\/sup><\/a><sup id=\"rf36-204\"><a href=\"#fn36-204\" title=\"&nbsp;C\u2019est-\u00e0-dire presque deux ans.\" rel=\"footnote\">36<\/a><\/sup>&nbsp;et pour les deux ann\u00e9es suivantes. On \u00e9lut alors quatre scrutateurs. Ceci fait, un \u00e9trange ballet commen\u00e7a&nbsp;: les \u00e9chevins se lev\u00e8rent et prirent place sur les bancs qui \u00e9taient derri\u00e8re tandis que les scrutateurs vinrent occuper leur place. Le pr\u00e9sident de Novion avait en main le tableau juratoire et le sieur de Santeuil tenait le chapeau mi-partie pour recevoir les voix. On se mit alors \u00e0 faire le simulacre de vote. Le r\u00e9sultat qui fut enregistr\u00e9 par le greffier ne surprit personne.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-media-text alignwide\"><figure class=\"wp-block-media-text__media\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"300\" height=\"276\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Prev\u00f4t-echevinsW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-260\"\/><\/figure><div class=\"wp-block-media-text__content\">\n<p class=\"has-normal-font-size\">Il fallait maintenant pr\u00e9senter le nouveau pr\u00e9v\u00f4t des marchands au roi. On pr\u00e9vint donc notre pr\u00e9sident Le Boulanger de se trouver \u00e0 6 heures du matin \u00e0 l\u2019H\u00f4tel de Ville. Il partit avec Le Boulanger et quantit\u00e9 de personnes de condition qui remplissaient huit carrosses et l\u2019on se rendit de concert \u00e0 Saint-Germain-en-Laye. Tout ce petit monde monta le grand escalier et fut introduit dans le cabinet du roi. <\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>Tr\u00e8s \u00e9mus, ils virent Sa Majest\u00e9 assis en sa chair et entour\u00e9e de gentilshommes. Monsieur de La Tour, premier \u00e9chevin, s\u2019agenouilla et fit son petit discours destin\u00e9 \u00e0 pr\u00e9senter le r\u00e9sultat du scrutin. L\u2019\u00e9motion du pr\u00e9sident Le Boulanger arriva \u00e0 son plus haut lorsque le roi l\u2019invita \u00e0 s\u2019approcher et lui dit \u00ab&nbsp;Vous avez toujours vescu en homme de bien et d\u2019honneur et suis grandement satisfait de vostre service, aussy vous ay-je choisy pour exercer cette charge de prevost des marchan esp\u00e9rant que vous prendrez soin&nbsp;&nbsp;de mes affaires et aurez celuy du publicq en recommandation<sup id=\"rf37-204\"><a href=\"#fn37-204\" title=\"A.N.&nbsp;: H\/1806\/A. registres du bureau de l\u2019H\u00f4tel de Ville.\" rel=\"footnote\">37<\/a><\/sup>&nbsp;\u00bb. Le Boulanger pr\u00eata serment au roi. Enfin toute la compagnie remonta en carrosses pour se rendre \u00e0 Rueil afin&nbsp;de saluer la reine et les enfants de France.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir de son \u00e9lection, sa vie fut rythm\u00e9e par les c\u00e9r\u00e9monies, les processions et les Te Deum comme celui qui fut c\u00e9l\u00e9br\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion de la victoire de Rocroi \u00ab&nbsp;par le duc d\u2019Angeuin&nbsp; (sic) \u00ab&nbsp;, le 27 mai 1643<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"567\" height=\"556\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Pr\u00e9sBouW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-225\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Pr\u00e9sBouW.jpg 567w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Pr\u00e9sBouW-300x294.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 567px) 100vw, 567px\" \/><figcaption><em>Pr\u00e9sentation du pr\u00e9v\u00f4t des marchands et des \u00e9chevins \u00e0 Louis XIV et la r\u00e9gente Anne d\u2019Autriche. Par C.laude Mellan (1644)<\/em><br>Le Boulanger est le personnage pr\u00e8s de Louis XIV \u00e0 gauche<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Cependant tous les honneurs que les six ann\u00e9es de pr\u00e9v\u00f4t\u00e9 lui donn\u00e8rent ne firent pas perdre de vue au pr\u00e9sident ses int\u00e9r\u00eats.<\/p>\n\n\n\n<p>Il loua en 1648 pour neuf ans \u00e0 Pierre de Vesnes, sieur du Plessis, \u00e9cuyer de la grande \u00e9curie du roi, et \u00e0 son \u00e9pouse, la maison de la rue de Seine o\u00f9 demeurait encore la dame Dulac. La location comprenait<strong>&nbsp;&nbsp;<\/strong>le corps de logis sur la rue, la grande cour, la grande maison sur le jardin, le jardin et le petit sur le derri\u00e8re&nbsp;\u00bb. Notre pr\u00e9sident avait le sens des affaires. Il convint avec les preneurs qu\u2019ils pouvaient faire construire \u00e0 leur frais des \u00e9curies au fond du jardin. Afin d\u2019en permettre l\u2019acc\u00e8s, il les autorisa \u00e0 construire un&nbsp;&nbsp;passage sous la maison, du c\u00f4t\u00e9 gauche<a><sup> <\/sup><\/a><sup id=\"rf38-204\"><a href=\"#fn38-204\" title=\"Cette construction est celle de la fameuse longuerelle qui subsistera un si\u00e8cle et demi.\" rel=\"footnote\">38<\/a><\/sup>, toujours \u00e0 leurs frais, bien entendu.&nbsp;&nbsp;Et comme il n\u2019y avait pas de petits profits, il demanda aux preneurs que les arbres coup\u00e9s pour faire place aux constructions soient port\u00e9s chez lui et que les murs des voisins soient renforc\u00e9s. La bail \u00e9tait fait moyennant la somme de 2400 livres par an, non compris les taxes pour les pauvres, les boues, les chandelles et les lanternes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le pr\u00e9sident avait la r\u00e9putation d\u2019\u00eatre immens\u00e9ment riche, cette r\u00e9putation n\u2019\u00e9tait point usurp\u00e9e puisqu\u2019il avait accumul\u00e9 un nombre ph\u00e9nom\u00e9nal de rentes et de biens immobiliers. Tallement des R\u00e9aux disait de lui qu\u2019il \u00e9tait un illustre avaricieux et qu\u2019il racontait \u00e0 qui voulait bien l\u2019entendre:&nbsp;&nbsp;\u00ab&nbsp;<em>J\u2019ay quatre-vingt mille livres de rentes&nbsp;; je creveray ou j\u2019en auray cent&nbsp;<\/em>\u00bb Il en eut cent et en creva&nbsp;\u00bb, ajoutait-il.&nbsp;<br><\/p>\n\n\n\n<p>En effet, il mourut peu de temps apr\u00e8s, non d\u2019avarice mais d\u2019apoplexie. Voici les d\u00e9tails de cette affaire&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Le jeudi 16 juillet 1648, il y avait s\u00e9ance au Parlement, toutes ses chambres rassembl\u00e9es en la grande salle Saint Louis, en la pr\u00e9sence du duc d\u2019Orl\u00e9ans. La r\u00e9volte y grondait depuis qu\u2019Anne d\u2019Autriche avait tenu un lit de justice afin de forcer l\u2019enregistrement d\u2019\u00e9dits fiscaux que, d\u2019ailleurs, le Parlement s\u2019\u00e9tait empress\u00e9 d\u2019annuler. Depuis les cours souveraines avaient rendu&nbsp;&nbsp;\u00ab&nbsp;arr\u00eat d\u2019union&nbsp;\u00bb afin de se rassembler pour faire front. On avait pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 la r\u00e9gente&nbsp;&nbsp;un programme de r\u00e9formes qui voulaient diminuer du quart les tailles, supprimer les intendants des Finances dans les provinces, instituer au Parlement le droit de voter librement les \u00e9dits et de d\u00e9fendre de lever des impositions sans la v\u00e9rification du Parlement. Le duc d\u2019Orl\u00e9ans faisait le lien avec la r\u00e9gente afin d\u2019apaiser les conflits.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce jour de juillet, comme les pr\u00e9c\u00e9dents, le duc \u00e9tait venu en compagnie de Montbazon, Joyeuse, Elbeuf, Brissac et&nbsp;&nbsp;Retz. Ils s\u2019\u00e9taient install\u00e9s en la Sainte Chapelle. Le premier pr\u00e9sident les firent chercher en grande pompe par deux pr\u00e9sidents et deux conseillers de la Grand-Chambre. Son Altesse Royale arriva en grande pomp entour\u00e9 des deux pr\u00e9sidents et pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 par les huissiers et les Suisses avec la hallebarde, et ensuite les gardes. Monsieur alla \u00e0 sa place, les ducs s\u2019install\u00e8rent \u00e0 son c\u00f4t\u00e9. Les choses \u00e9taient calmes. On d\u00e9lib\u00e9ra sur la n\u00e9cessit\u00e9 de la v\u00e9rification par les chambres des impositions. Les jours pr\u00e9c\u00e9dents, les d\u00e9bats sur ce sujet avaient d\u00e9j\u00e0 soulev\u00e9 grande houle. La chaleur monta lorsque chacun fut invit\u00e9 \u00e0 opiner.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le tour de Mac\u00e9 Le Boulanger vint tr\u00e8s vite&nbsp;: il fut le troisi\u00e8me apr\u00e8s le doyen et le conseiller Broussel. Avec beaucoup de fougue, il prit parti, mais \u00ab&nbsp;son grand \u00e2ge ne luy permettant pas une belle expression&nbsp;\u00bb, il \u00e9tait fort peu \u00e9cout\u00e9. Le pr\u00e9sident Potier lui ayant dit qu\u2019il fallait \u00e9viter toute occasion de discordance avec la Cour des aides, Le Boulanger r\u00e9partit avec v\u00e9h\u00e9mence<a><sup> <\/sup><\/a><sup id=\"rf39-204\"><a href=\"#fn39-204\" title=\"Arch. nat.&nbsp;:X1a 8817\" rel=\"footnote\">39<\/a><\/sup>&nbsp; car il \u00e9tait tout pris par son sujet. Il s\u2019\u00e9tendit ensuite sur le z\u00e8le de la Compagnie, toute au service du roi, et pour se justifier cita un passage de Cic\u00e9ron o\u00f9 il est dit \u00ab&nbsp;qu\u2019il faut orner l\u2019Italie avant de penser \u00e0 orner nos maisons&nbsp;\u00bb. Un mouvement de moquerie traversa l\u2019assembl\u00e9e qui avait li\u00e9 ces propos aux biens que le cardinal Mazarin accumulait pour lui en France. M\u00eame le duc d\u2019Orl\u00e9ans se mit avec les rieurs. Notre bon vieillard \u00e9mu plus que de raison par l\u2019incompr\u00e9hension dont il \u00e9tait l\u2019objet, s\u2019emporta, ses yeux se r\u00e9vuls\u00e8rent, une p\u00e2leur envahit son visage, il tomba \u00e0 genoux et mourut fort proprement. Monsieur Hilerin qui si\u00e9geait \u00e0 son c\u00f4t\u00e9 lui donna l\u2019absolution.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"507\" height=\"510\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/ExtrPtW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-215\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/ExtrPtW.jpg 507w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/ExtrPtW-298x300.jpg 298w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/ExtrPtW-150x150.jpg 150w\" sizes=\"(max-width: 507px) 100vw, 507px\" \/><figcaption><em>Extrait des registres du Parlement (Archiv Nat,  X1A 8817)<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Sa mort fit grand bruit dans Paris. Il fut inhum\u00e9 en la chapelle Saint-Claude du couvent des Augustins R\u00e9form\u00e9s qu\u2019il avait fond\u00e9e en 1628 avec son fr\u00e8re et sa s\u0153ur pour \u00ab y faire commod\u00e9ment et sans distraction&nbsp;&nbsp;ses d\u00e9votions \u00bb et y avoir sa s\u00e9pulture<sup id=\"rf40-204\"><a href=\"#fn40-204\" title=\"AN :CXV\/55 , 8 f\u00e9vrier 1628, contrat de fondation\" rel=\"footnote\">40<\/a><\/sup><\/p>\n\n\n\n<p>On proc\u00e9da \u00e0 l\u2019inventaire de ses biens<sup id=\"rf41-204\"><a href=\"#fn41-204\" title=\"AN : CV\/85, 5 ao\u00fbt 1648, inventaire\" rel=\"footnote\">41<\/a><\/sup>. Ce que Tallement des R\u00e9aux disait de lui se r\u00e9v\u00e9la vrai, il avait accumul\u00e9 une v\u00e9ritable fortune et&nbsp;&nbsp;laissait \u00e0 son d\u00e9c\u00e8s sept maisons qui rapportaient 10 800 livres par an, sa maison Petite rue de Seine<sup id=\"rf42-204\"><a href=\"#fn42-204\" title=\"Maintenant rue Bonaparte.\" rel=\"footnote\">42<\/a><\/sup> qu\u2019il avait achet\u00e9e 48 000 livres en 1637, la seigneurie de Viarmes acquise pour 108 000 livres en 1642, des terres \u00e0 Longjumeau, Suresnes, Puteaux, Lagny, Torcy, Montrouge, un fief \u00e0 Villiers le Bel et&nbsp;&nbsp;plus de 55 000 livres de rentes diverses, sans compter les revenus tr\u00e8s fructueux de ses nombreuses terres .<\/p>\n\n\n\n<p>Son fils Auguste-Mac\u00e9 h\u00e9rita et sa m\u00e8re fut nomm\u00e9e sa tutrice. Ils continu\u00e8rent \u00e0 habiter leur h\u00f4tel de la Petite rue de Seine&nbsp;&nbsp;qui \u00e9tait devenue rue des Petits Augustins . Le fils, voulant suivre l\u2019exemple de son p\u00e8re, pr\u00e9senta en 1650 une demande de dispense d\u2019\u00e2ge au Parlement pour y entrer comme conseiller, elle lui fut refus\u00e9e<sup id=\"rf43-204\"><a href=\"#fn43-204\" title=\"&nbsp;&lt;em&gt;D\u00e9bats du parlement de Paris&lt;\/em&gt;&nbsp;p 194\" rel=\"footnote\">43<\/a><\/sup>. Il r\u00e9it\u00e9ra le 3 mars 1651 mais n\u2019obtint toujours pas satisfaction. On l\u2019accepta enfin le 18 ao\u00fbt de la m\u00eame ann\u00e9e malgr\u00e9 un doute sur lequel on jeta un voile pudique : le registre de son p\u00e8re le tenait pour \u00eatre dans sa 22e ann\u00e9e alors qu\u2019on pensait qu\u2019il n\u2019avait que 19 ou 20 ans<sup id=\"rf44-204\"><a href=\"#fn44-204\" title=\"Il est mort le 16 avril 1712 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 81 ans, ce qui lui donne une naissance en 1631, donc 20 ans en 1651\" rel=\"footnote\">44<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Il commen\u00e7a sa carri\u00e8re comme conseiller au Parlement le 7 f\u00e9vrier 1652, devint ma\u00eetre des requ\u00eates en 1658, conseiller d\u2019Etat l\u2019ann\u00e9e suivante.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant sa m\u00e8re devenait \u00e2g\u00e9e. Sentant qu\u2019elle allait bient\u00f4t quitter cette terre, elle fit venir son notaire le 12 novembre 1660 en son h\u00f4tel de la Petite rue de Seine. Elle \u00e9tait gisante sur un lit dans sa chambre du second \u00e9tage qui avait vue sur la cour et le jardin. Elle dicta ses derni\u00e8res volont\u00e9s<sup id=\"rf45-204\"><a href=\"#fn45-204\" title=\"Arch. nat., Min. cent. VI\/515, 12 novembre 1660, testament de Claude le Flamant\" rel=\"footnote\">45<\/a><\/sup> et mourut.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1666, Auguste Mac\u00e9 Le Boulanger \u00e9pousa la gente damoiselle Anne de La Forest, \u00ab\u00a0usante et jouissante de ses biens\u00a0\u00bb, ce qui l\u2019excluait de la cat\u00e9gorie des tendrons, mais supposait une certaine fortune. Contrairement \u00e0 l\u2019usage du temps, le contrat qui fut sign\u00e9 le 30 octobre 1666<sup id=\"rf46-204\"><a href=\"#fn46-204\" title=\"AN ; MC : CV\/774, 30\/10\/1666\" rel=\"footnote\">46<\/a><\/sup> r\u00e9unit une assembl\u00e9e fort modeste si on pense \u00e0 la position sociale du pr\u00e9sident Le Boulanger. Seuls, le fr\u00e8re du mari\u00e9 et un ami vinrent signer au contrat de mariage. Quant \u00e0 la parent\u00e9 d\u2019Anne, elle se r\u00e9duisait \u00e0 sa soeur et \u00e0 sa m\u00e8re. Nous \u00e9tions loin du ban et de l\u2019arri\u00e8re-ban du mariage de son p\u00e8re. Le couple adoptait le r\u00e9gime de la communaut\u00e9 de biens. Il lui promettait encore 30 000 livres s\u2019il d\u00e9c\u00e9dait avant elle. On ne saurait \u00eatre plus galant \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Ils se mari\u00e8rent le 3 novembre suivant et n\u2019eurent qu\u2019une seule fille qui naquit le 23 septembre 1670. Ils la pr\u00e9nomm\u00e8rent Marie-Anne-Claude-Auguste, tout simplement.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 22 avril 1690, Auguste-Mac\u00e9 Le Boulanger devint pr\u00e9sident au Grand Conseil. Ce dernier office lui co\u00fbta la somme fabuleuse de 160 000 livres qu\u2019il paya le 16 avril 1690 entre les mains du tr\u00e9sorier des parties casuelles, le sieur Berthin. Pour r\u00e9gler ce montant, il d\u00fbt emprunta 24 000 livres \u00e0 un conseiller au Parlement de Metz, 10 000 livres \u00e0 une dame Berthelot et 15 000 livres \u00e0 dame Marie Amelot.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, sa fille unique grandissait et \u00e9tait la prunelle de ses yeux pour l\u2019heureux p\u00e8re qu\u2019il \u00e9tait. Sans doute prit-il grand soin de son \u00e9ducation (sans grand succ\u00e8s en ce qui concerne l\u2019orthographe, si on se base sur la lecture de son testament). Il chercha, le temps venu un mari.&nbsp;&nbsp;L\u2019\u00e9poux \u00e9lu par Le Boulanger fut Nicolas Pierre Camus, fils de Nicolas Camus, seigneur de Pontcarr\u00e9. On trouve dans ses anc\u00eatres des premiers pr\u00e9sidents au Parlement de Bordeaux, d\u2019Aix, un \u00e9chevin de Lyon. Son p\u00e8re \u00e9tait conseiller d\u2019honneur au Parlement de Paris et dans tous les parlements du royaume<sup id=\"rf47-204\"><a href=\"#fn47-204\" title=\"&lt;em&gt;Prosographie des gens du Parlement de Paris&lt;\/em&gt;&nbsp;de M. Popoff\" rel=\"footnote\">47<\/a><\/sup>. \u00c0 l\u2019\u00e9poque du mariage, Nicolas Pierre Camus \u00e9tait chevalier, conseiller du Roy en tous ses conseils, ma\u00eetre des requ\u00eates en son h\u00f4tel.<\/p>\n\n\n\n<p>La signature du contrat de mariage prit les couleurs d\u2019une audience de rentr\u00e9e du Parlement tant les membres de cette haute assembl\u00e9e \u00e9taient venus nombreux signer au contrat. L\u2019\u00e9v\u00e9nement eut lieu le 28 avril 1695, chez le notaire de Clersin<sup id=\"rf48-204\"><a href=\"#fn48-204\" title=\"AN, MC : VI\/601, le 28\/04\/1695. Mariage Le Boulanger-Camus de Pontcarr\u00e9\" rel=\"footnote\">48<\/a><\/sup>. Son p\u00e8re avait choisi minutieusement ses invit\u00e9s. On comptait parmi eux Achille du Harlay, premier pr\u00e9sident de la cour du Parlement, l\u2019abb\u00e9 de Thou, la veuve de Fran\u00e7ois Le Boutillier de Senlis, le marquis de Moussy, tous alli\u00e9s aux Pontcarr\u00e9. Du c\u00f4t\u00e9 Le Boulanger, la veuve de Michel Le Tellier, ancien ministre d\u2019\u00c9tat et celle de Fran\u00e7ois Michel Le Tellier, marquis de Louvois, cousine, Nicolas Leclerc de Lesseville, pr\u00e9sident de la 5e chambre des enqu\u00eates de la cour du Parlement, cousin issu de germain sign\u00e8rent aussi. Les futurs adoptaient le r\u00e9gime de la communaut\u00e9 de tous les biens. En faveur du mariage le pr\u00e9sident Le Boulanger ne l\u00e9sina point. Il donna en dot \u00e0 sa fille l\u2019\u00e9norme somme de 250 000 livres qui produisait une rente de 10 000 livres par an.<\/p>\n\n\n\n<p>Auguste Mac\u00e9 Le Boulanger continua \u00e0 g\u00e9rer les maisons qu&rsquo;il avait donn\u00e9es \u00e0 sa fille en faveur de son mariage. Le 17 septembre 1696 il signa un bail<sup id=\"rf49-204\"><a href=\"#fn49-204\" title=\"AN, MC : VI\/604 le 17 \/09\/1696\" rel=\"footnote\">49<\/a><\/sup> \u00e0 Louis de Saint Omer, tenancier de chambres garnies, et \u00e0 Catherine Parastre sa femme auxquels il loua pour 6 ans et moyennant 1800 livres par an la grande maison la cour de devant avec ses \u00e9curies et ses remises, un petit b\u00e2timent \u00e0 droite de la cour et sa petite courelle, plus la porte coch\u00e8re et la boutique de droite avec les chambres au dessus. Le tout \u00e9tait baptis\u00e9&nbsp;<em>L&rsquo;Acad\u00e9mie<\/em>.&nbsp;&nbsp;<sup id=\"rf50-204\"><a href=\"#fn50-204\" title=\"C\u2019est la premi\u00e8re fois que ce nom lui est donn\u00e9. Elle le gardera pendant plus d\u2019un si\u00e8cle.&lt;em&gt;\" rel=\"footnote\">50<\/a><\/sup>.&nbsp;<\/em>Puis le<em>&nbsp;<\/em>19 d\u00e9cembre de la m\u00eame ann\u00e9e il donna \u00e0 bail \u00e0 J\u00e9r\u00e9mie Lecomte et sa femme une longuerelle qui passait sous une porte coch\u00e8re, longeait la grande cour, passait sous le corps de logis principal continuait dans le jardin et aboutissait \u00e0 un man\u00e8ge pour un loyer annuel de 50 livres. Curieusement les lieux portaient le m\u00eame nom de&nbsp;<em>L&rsquo;Acad\u00e9mie<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Afin d\u2019obtenir un meilleur rapport des lieux, le pr\u00e9sident les avait donc partag\u00e9en deux parties. L&rsquo;une se composait de la grande maison et les b\u00e2timents de devant ainsi que la cour , l&rsquo;autre de la partie arri\u00e8re desservie par la longuerelle et une deuxi\u00e8me porte coch\u00e8re sur la rue de Seine.<\/p>\n\n\n\n<p>Mari\u00e9s, les jeunes \u00e9poux vinrent habiter le nid somptueux que le pr\u00e9sident Le Boulanger leur avait pr\u00e9par\u00e9 dans son h\u00f4tel de la rue des Petits Augustins. Le couple coulait dans ces lieux des jours heureux et avait d\u00e9j\u00e0 en cette ann\u00e9e 1702 deux gar\u00e7ons, Nicolas-Auguste et Geffroy ainsi qu\u2019une une fille Marie-Fran\u00e7oise. Au printemps de 1702, la dame accoucha d\u2019un troisi\u00e8me gar\u00e7on : Jean-Baptiste-Elie qui naquit le 20 mars.&nbsp;&nbsp;Soudain ce fut le drame. La m\u00e8re mourut le 27 mars 1702, donc une semaine apr\u00e8s la naissance de son dernier fils. On imagine ais\u00e9ment combien la perte cruelle de sa fille ador\u00e9e fit le d\u00e9sespoir de son p\u00e8re. L\u2019office fun\u00e8bre fut c\u00e9l\u00e9br\u00e9 en l&rsquo;\u00e9glise Saint-Sulpice, leur paroisse, puis elle fut inhum\u00e9e en la chapelle Saint-Claude des Petits Augustins. \u00c9trangement, le mari ne d\u00e9couvrit le testament de sa femme qu\u2019au mois d\u2019ao\u00fbt 1703, donc plus d\u2019un an apr\u00e8s sa disparition . Elle l\u2019avait r\u00e9dig\u00e9 \u00e0 Maffliers cinq ans auparavant. Elle y recommandait bien entendu son \u00e2me \u00e0 Dieu et demandait aux Petits Augustins de c\u00e9l\u00e9brer mille messes \u2013ce qui n\u2019\u00e9tait pas rien ! &#8211; pour le repos de son \u00e2me ainsi qu\u2019une messe annuelle. Elle voulait \u00eatre inhum\u00e9e dans la \u00ab cave \u00bb de son p\u00e8re aux Petits Augustins. Elle l\u00e9guait \u00e0 sa ch\u00e8re tante, mademoiselle de La Forest, deux mille livres de rente annelle plus son linge et sa garde-robe. Elle ajoutait en prime ses \u00ab petite bougles daureille de diaman \u00bb et ses \u00ab quatre bouton de diaman \u00bb. \u00c0 son p\u00e8re, elle donnait la bague qu\u2019il lui avait offerte quelques temps auparavant et \u00e0 sa gouvernante quatre cents livres de rente annuelle. \u00c0 diff\u00e9rentes personnes de son entourage, elle l\u00e9guait force diamants et petites rentes. Enfin elle nommait son mari ex\u00e9cuteur testamentaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Il l\u00e9gua \u00e0 son petit-fils a\u00een\u00e9, Geffroy-Mac\u00e9 sa baronnie de Mafliers et ses ch\u00e2tellenies de Moussoult et B\u00e9themont. \u00c0 Jean-Baptiste-Elie, son petit-fils cadet, revint les ch\u00e2tellenies de Viarmes avec les haute et moyenne justices et celles de Seugy et de Belloy, \u00e0 charge pour lui de verser \u00e0 son a\u00een\u00e9 30 000 livres pour compenser la diff\u00e9rence de valeur. Son homme de confiance et secr\u00e9taire, le sieur Cyvadat, devint tuteur on\u00e9raire des deux enfants tandis que leur p\u00e8re, Pierre Nicolas Camus de Pontcarr\u00e9 \u00e9tait leur tuteur honoraire.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019inventaire r\u00e9v\u00e9la que Mac\u00e9 Le Boulanger avait joui d\u2019une immense fortune dont il avait, il est vrai, h\u00e9rit\u00e9 une partie de son p\u00e8re. Il poss\u00e9dait dans Paris plusieurs maisons de rapport et hors Paris des propri\u00e9t\u00e9s importantes comme celle de Viarmes, Maffliers et Quincampoix. On apprit aussi qu\u2019il avait vers\u00e9 la somme de 130 000 livres pour sa charge de pr\u00e9sident au Parlement.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"background-color:#f5ba83;font-size:22px\" class=\"has-background\">1712-1769. Les Camus de Pontcarr\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p><br><\/p>\n\n\n\n<p>Les deux fr\u00e8res suivirent tout naturellement des carri\u00e8res au Parlement. L\u2019a\u00een\u00e9, Geffoy-Mac\u00e9 y fut re\u00e7u conseiller dans l\u2019ann\u00e9e de ses vingt ans, en 1718, puis ma\u00eetre des Requ\u00eates trois ans apr\u00e8s et premier pr\u00e9sident au Parlement de Rouen en 1726. Entre-temps il avait \u00e9pous\u00e9 Marie Anne Madeleine de Jassaud qui mourra, elle aussi, en couches \u00e0 23 ans, lui laissant deux filles.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 Jean-Baptiste-Elie, il continua la tradition en \u00e9tant re\u00e7u conseiller au Parlement le 21 f\u00e9vrier 1721 avec une dispense d\u2019age puisqu\u2019il avait 19 ans. Il devint ma\u00eetre des requ\u00eates en 1726 et \u00e9pousa Genevi\u00e8ve Paulmier de La Bucaille, fille d\u2019un conseiller au Parlement.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque le cadet atteignit sa majorit\u00e9, en 1726, le tuteur lui pr\u00e9senta ses comptes de tutelle qui donn\u00e8rent lieu \u00e0 quelques contestations. Geffroy-Mac\u00e9 estimait que certaines d\u00e9penses qu\u2019on lui imputait ne devaient pas y figurer et que par contre certaines recettes devaient y \u00eatre augment\u00e9es en sa faveur. Aignan Cyvadat le prit de tr\u00e8s haut et voulut se pourvoir en justice mais la mort l\u2019atteignit.<\/p>\n\n\n\n<p>Finalement, les h\u00e9ritiers ne voulant pas s\u2019engager dans des proc\u00e8s trop consid\u00e9rables d\u00e9cid\u00e8rent en 1732 de transiger. On fit deux \u00e9tats s\u00e9par\u00e9s, l\u2019un pour le seigneur de Pontcarr\u00e9, Geffroy-Mac\u00e9, et l\u2019autre pour le seigneur de Viarmes, Jean-Baptiste-Elie. Apr\u00e8s avoir encore corrig\u00e9 quelques erreurs et refait les calculs, on s\u2019aper\u00e7ut que la recette (en 12 chapitres) de l\u2019a\u00een\u00e9 montait \u00e0 quelques 741 900 livres alors que les d\u00e9penses (en 16 chapitres) atteignaient le modeste chiffre de 722 700 livres. Il y avait donc un exc\u00e9dent, ce qui n\u2019\u00e9tait pas le cas pour le plus jeune. Le seigneur de Viarmes avait d\u00e9pens\u00e9 495 600 livres contre une recette de 463 600. Le seigneur de Pontcarr\u00e9 devait donc \u00e0 son fr\u00e8re 19 200 livres. G\u00e9n\u00e9reusement, il lui versa imm\u00e9diatement la somme de 1 200 livres en promettant de lui bailler le restant le premier janvier suivant. Il en garantit le payement sur le produit d\u2019une coupe de bois<sup id=\"rf51-204\"><a href=\"#fn51-204\" title=\"A.N. M.C. LXXXI\/263 28\/10\/1732, comptes de tutelle.\" rel=\"footnote\">51<\/a><\/sup> .<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir r\u00e9gl\u00e9 leur diff\u00e9rend, les deux fr\u00e8res firent estimer par deux experts jur\u00e9s du roi les biens immobiliers de la succession de leur a\u00efeul qui \u00e9taient si importants que l\u2019expertise dura un an et trois mois, de novembre 1732 \u00e0 f\u00e9vrier 1734. Elle nous permet d\u2019avoir une description d\u00e9taill\u00e9e de la maison de la rue de Seine<sup id=\"rf52-204\"><a href=\"#fn52-204\" title=\"A.N. Z1j\/734 8 novembre 1732 au 1er f\u00e9vrier 1734. Proc\u00e8s-verbal d\u2019estimation.\" rel=\"footnote\">52<\/a><\/sup> .<\/p>\n\n\n\n<p>Le pr\u00e9sident Le Boulanger avait, on l\u2019a vu plus haut, divis\u00e9 les lieux en plusieurs parties afin d\u2019en obtenir un meilleur rapport. Ils comportaient donc sur la rue deux portes coch\u00e8res, l\u2019une desservait le b\u00e2timent sur rue, le b\u00e2timent en aile \u00e0 droite de la cour et le grand corps de logis entre cour et jardin, l\u2019autre permettait d\u2019acc\u00e9der par un long passage \u00e0 une grande cour et \u00e0 des constructions qui servaient autrefois de man\u00e8ge .<\/p>\n\n\n\n<p>Le b\u00e2timent sur rue qui s\u2019\u00e9tendait \u00e0 gauche jusqu\u2019au-dessus de l\u2019entr\u00e9e de la longuerelle, n\u2019avait qu\u2019un seul \u00e9tage. Au rez-de-chauss\u00e9e, la porte coch\u00e8re \u00e9tait encadr\u00e9e d\u2019un c\u00f4t\u00e9 par une boutique et de l\u2019autre par une salle qui avait servi autrefois de boutique. Le premier \u00e9tage comportait deux grandes pi\u00e8ces \u00e0 chemin\u00e9e avec chacune une crois\u00e9e sur la rue, celle de gauche s\u2019\u00e9tendait au-dessus de la seconde porte coch\u00e8re. Un \u00ab donjon\u00bb<sup id=\"rf53-204\"><a href=\"#fn53-204\" title=\"Dans les b\u00e2timents particuliers, un donjon \u00e9tait un petit pavillon \u00e9lev\u00e9 au comble d\u2019une maison.\" rel=\"footnote\">53<\/a><\/sup> , auquel on acc\u00e9dait \u00e0 partir du premier \u00e9tage par cinq marches, surmontait le passage cocher, il \u00e9tait couvert d\u2019ardoise, le reste de la toiture \u00e9tant en tuile. On avait adjoint \u00e0 ce b\u00e2timent sur rue un petit \u00e9difice d\u2019un \u00e9tage, en excroissance sur la cour, \u00e0 droite de la porte coch\u00e8re. Curieusement, au bout \u00e0 droite, on avait construit un deuxi\u00e8me petit \u00ab donjon \u00ab qui \u00e9tait plus \u00e9lev\u00e9 que le pr\u00e9c\u00e9dent parce qu\u2019il faisait suite au b\u00e2timent en aile \u00e0 droite de la cour qui comportait deux \u00e9tages au-dessus du rez-de-chauss\u00e9e. Il existait donc sur la rue un petit troisi\u00e8me \u00e9tage en pavillon \u00e9lev\u00e9 au-dessus du comble. Celui-ci \u00e9tait couvert d\u2019ardoise.<\/p>\n\n\n\n<p>Au fond de la cour s\u2019\u00e9levait un corps de logis entre cour et jardin qui comportait maintenant deux \u00e9tages. On entrait par un perron de sept marches encadr\u00e9 de deux rampes. Un grand vestibule conduisait au jardin. \u00c0 sa gauche partait un escalier dont, cela est bien pr\u00e9cis\u00e9, les marches des premier et troisi\u00e8me \u00e9tages \u00e9taient en pierre et celles du deuxi\u00e8me, en bois, permettait d\u2019acc\u00e9der aux \u00e9tages. \u00c0 droite de ce vestibule, une antichambre \u00e9clair\u00e9e sur la cour desservait un corridor qui avait aussi fen\u00eatres sur cour. Ce dernier conduisait \u00e0 une grande chambre \u00e0 chemin\u00e9e \u00e9clair\u00e9e par deux crois\u00e9es sur le jardin apr\u00e8s laquelle une garde-robe y avait aussi son d\u00e9gagement. Le tout \u00e9tait carrel\u00e9. Une autre chambre parquet\u00e9e lui succ\u00e9dait dont une porte ouvrait sur un petit \u00e9difice en angle sur le jardin \u00e9lev\u00e9 d\u2019un \u00e9tage carr\u00e9 au-dessus du rez-de-chauss\u00e9e, couvert de tuile en appentis. On pouvait aussi y acc\u00e9der du jardin par un perron de six marches. Au bout du corridor, il fallait descendre trois marches pour parvenir \u00e0 une salle de bain. \u00c9clair\u00e9e d\u2019une crois\u00e9e sur une petite cour, cette pi\u00e8ce avait une petite chambre \u00e0 chemin\u00e9e au-dessus. En montant le grand escalier, on arrivait \u00e0 un palier qui desservait une chambre en entresol au-dessus de la longuerelle dont les deux fen\u00eatres donnaient sur le jardin et sur la cour. Le premier \u00e9tage au-dessus de l\u2019entresol contenait une grande chambre divis\u00e9e en trois parties formant antichambre, chambre et garde-robe. \u00c0 droite du palier, les lieux \u00e9taient distribu\u00e9s comme au rez-de-chauss\u00e9e, \u00e0 savoir antichambre menant \u00e0 un corridor qui desservait une garde-robe et une grande chambre \u00e0 chemin\u00e9e, le tout carrel\u00e9e de carreaux de terre cuite, puis \u00e0 une autre grande chambre \u00e0 chemin\u00e9e et parquet\u00e9e et \u00e0 un cabinet en aile sur la cour.<\/p>\n\n\n\n<p>Au second \u00e9tage, on trouvait \u00e0 gauche une grande pi\u00e8ce \u00e0 chemin\u00e9e, une garde-robe et antichambre. \u00c0 droite les lieux \u00e9taient identiques \u00e0 ceux du dessous sauf la deuxi\u00e8me chambre qui \u00e9tait aussi carrel\u00e9e. Au bout du corridor, une porte permettait d\u2019entrer dans le grenier du b\u00e2timent en aile. Au-dessus du second \u00e9tage, on avait am\u00e9nag\u00e9 un grenier dans la partie droite du principal corps de logis et une chambre lambriss\u00e9e dans celle de gauche. Le toit \u00e9tait en partie couvert de tuile, en partie d\u2019ardoise avec un fa\u00eetage de plomb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir de l\u00e0, la description des lieux devient un peu plus confuse : il semble qu\u2019au rez-de-chauss\u00e9e \u00e0 droite et dans ce corps de logis se trouvait une cuisine avec un fourneau potager, une pierre d\u2019\u00e9vier, une chemin\u00e9e avec plaque de fonte et une barre de feu au-devant du contrecoeur. On y acc\u00e9dait par quatre marches. Apr\u00e8s cette cuisine, on acc\u00e9dait \u00e0 deux \u00e9curies simples auxquelles on pouvait aussi arriver par un passage am\u00e9nag\u00e9 sous le b\u00e2timent en aile sur la cour. Sous la totalit\u00e9 de ce principal corps de b\u00e2timent on d\u00e9couvrait six berceaux de caves.<\/p>\n\n\n\n<p>Le b\u00e2timent en aile sur la cour comportait en son extr\u00e9mit\u00e9 vers la rue un escalier \u00e0 vis qui servait \u00e0 communiquer aussi bien au premier \u00e9tage du b\u00e2timent en aile qu\u2019\u00e0 celui du corps de logis sur la rue. En parcourant cette aile vers le fond de la cour, on trouvait ensuite une deuxi\u00e8me cuisine et une salle \u00e0 chemin\u00e9e puis des remises et enfin au bout, vers le principal corps de logis, le passage qui permettait d\u2019acc\u00e9der \u00e0 une petite cour, au bout \u00e0 gauche de laquelle un escalier desservait les deux b\u00e2timents, le principal et celui qui \u00e9tait en aile. Cet escalier servait \u00e0 acc\u00e9der \u00e0 deux cabinets aux premier et second \u00e9tages et \u00e0 un si\u00e8ge d\u2019aisance am\u00e9nag\u00e9 dans le grenier ainsi qu\u2019\u00e0 deux chambres l\u2019une sur l\u2019autre au-dessus de la salle de bain et \u00e9clair\u00e9es sur la petite cour. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du passage il y avait un autre cabinet d\u2019aisance et une plus grande cour dans laquelle le sieur Robert, perruquier avait am\u00e9nag\u00e9 \u00e0 ses frais un \u00e9difice de charpente servant \u00e0 mettre \u00e0 couvert un r\u00e9servoir de plomb pour la salle de bain. Au premier \u00e9tage de ce b\u00e2timent, on trouvait au bout, vers la rue, un passage avec deux garde-robes en saillie, puis dans l\u2019ordre en allant vers le fond de la grande cour, une salle, une chambre \u00e0 chemin\u00e9e avec au bout une porte donnant sur l\u2019escalier commun entre le corps de logis en aile et la maison principale. Le deuxi\u00e8me \u00e9tage avait \u00e0 peu pr\u00e8s la m\u00eame configuration. Le grenier au-dessus \u00e9tait en appentis et couvert de tuile.<\/p>\n\n\n\n<p>Derri\u00e8re la grande maison se trouvait un grand jardin d\u00e9cor\u00e9 d\u2019all\u00e9es et de plates-bandes bord\u00e9es de buis entourant un tapis de gazon. On avait install\u00e9 au bout du jardin une figure en pierre de Saint-Leu pos\u00e9e sur \u00ab un pied d\u2019Estal(sic) \u00bb .<\/p>\n\n\n\n<p>Toute les cours \u00e9taient pav\u00e9es de gr\u00e8s. On avait construit \u00e0 gauche de la grande cour, en saillie et contre la longuerelle, une remise.<\/p>\n\n\n\n<p>Une deuxi\u00e8me porte coch\u00e8re sur la rue permettait d\u2019acc\u00e9der \u00e0 un long passage qui comportait un puit commun avec la maison voisine \u00e0 gauche, habit\u00e9e par le sieur Dauvillier, et la maison qui nous occupe. La longuerelle passait ensuite sous la grande maison et conduisait \u00e0 une cour. Au fond de cette cour, on avait construit un \u00e9difice qui comportait au rez-de-chauss\u00e9e, \u00e0 gauche en entrant, une cuisine et une petite salle, un couloir conduisant \u00e0 un escalier. Au premier \u00e9tage, deux petites chambres lambriss\u00e9es \u00e9taient am\u00e9nag\u00e9es au dessus de la cuisine et la salle. Il y avait ensuite deux remises et un passage menant \u00e0 un grand hangar. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 du passage se trouvait une \u00e9curie. \u00c0 gauche en aile de la cour, on avait construit une deuxi\u00e8me \u00e9curie couverte de tuile en appentis, au bout de laquelle vers le jardin du sieur Robert, il y avait un si\u00e8ge d\u2019aisance et encore une autre \u00e9curie, aussi couverte de tuile en appentis \u00e0 \u00e9gout sur la cour.<\/p>\n\n\n\n<p>Au moment de l\u2019expertise, la grande maison \u00e9tait lou\u00e9e au sieur Robert qui \u00e9tait perruquier. Le sieur Guillotin, sellier et carrossier, avait sign\u00e9 un bail pour la longuerelle, la cour au fond, le hangar ainsi que les diff\u00e9rents petits \u00e9difices pour la somme de 1100 livres. Par contre la boutique \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la porte coch\u00e8re ainsi que la chambre, le cabinet et le grenier au-dessus et la cave au-dessous du passage ne faisaient pas partie du bail.<\/p>\n\n\n\n<p>La maison fut estim\u00e9e \u00e0 63 680 livres et l\u2019ensemble des biens immobiliers \u00e0 la somme de 415 555 livres. M\u00eame divis\u00e9e en deux, la succession \u00e9tait une promesse de richesse.<\/p>\n\n\n\n<p>On proc\u00e9da ensuite au partage<sup id=\"rf54-204\"><a href=\"#fn54-204\" title=\"Arch. Min.Cent., XV\/583. 7 mai 1735. Partage\" rel=\"footnote\">54<\/a><\/sup> et au tirage au sort qui attribua la maison&nbsp;&nbsp;de la rue de Seine \u00e0 Jean Baptiste Elie.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"background-color:#f5ba83;font-size:22px\" class=\"has-background\">1735-1769 . Jean Baptiste Elie Camus de Pontcarr\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>Le nouveau propri\u00e9taire bien que tr\u00e8s jeune, il n\u2019avait que 33 ans au moment du partage, \u00e9tait intendant de Bretagne. Ses attributions \u00e9taient illimit\u00e9es dans tous les domaines aussi bien des finances et en particulier des imp\u00f4ts, que de l\u2019agriculture, l\u2019industrie, les ponts et chauss\u00e9es, les arts et m\u00e9tiers, le commerce, les march\u00e9s, la police , les approvisionnements, l\u2019ordre public, le recrutement des troupes, les fournitures des troupes, les affaires eccl\u00e9siastiques, les coll\u00e8ges, la librairie, l\u2019administration des municipalit\u00e9s \u2026 Cette longue \u00e9num\u00e9ration, d\u2019ailleurs incompl\u00e8te, donne la mesure de son r\u00f4le dans l\u2019administration de la Bretagne.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis un an, il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 veuf de Genevi\u00e8ve Paulmier de La Bucaille qui venait de d\u00e9c\u00e9der \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente \u00e0 22 ans. Elle lui avait laiss\u00e9 deux enfants Nicolas-Elie-Pierre et Jeanne-Genevi\u00e8ve. Sans doute son r\u00f4le d\u2019intendant de Bretagne fut aussi pour lui l\u2019occasion de rencontrer celle qui deviendra sa seconde femme puisqu\u2019il se remaria \u00e0 Rennes, en 1738, avec Fran\u00e7oise-Louise Raoul de La Guibourg\u00e8re. Elle \u00e9tait la fille unique d\u2019un conseiller au Parlement de Bretagne et h\u00e9rita de son p\u00e8re la seigneurie de La Guibourg\u00e8re dont, plus tard, certains de ses descendants prendront le nom avec e patronyme de Camus de La Guibourg\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, malgr\u00e9 toutes ces occupations fort importantes, il continuait \u00e0 g\u00e9rer ses biens. En 1737, il renouvela au sieur Guillotin, loueur de carrosses, son bail de la partie arri\u00e8re de la maison qui se nommait toujours&nbsp;<em>l\u2019Acad\u00e9mie&nbsp;<\/em><sup id=\"rf55-204\"><a href=\"#fn55-204\" title=\"Arch. nat., Min. cent., LXXVIII\/672, 13 novembre 1737, bail\" rel=\"footnote\">55<\/a><\/sup>. Il en co\u00fbtait au preneur 1 100 livres.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 11 avril 1742, il accepta le transport de bail&nbsp;&nbsp;<sup id=\"rf56-204\"><a href=\"#fn56-204\" title=\"A.N. ;M.C. ;LXXVIII\/689\" rel=\"footnote\">56<\/a><\/sup> que le sieur Robert avait fait au profit du sieur Claude Le Li\u00e8vre, \u00e9cuyer, apothicaire distillateur du roi . Il lui en fit un nouveau commen\u00e7ant le 1er octobre 1743. On trouvait dans le journal \u00ab\u00a0Annonces, affiches et avis divers\u00a0\u00bb du 23 mars 1753 cette petite annonce que faisait ins\u00e9rer le sieur Le Li\u00e8vre :<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"652\" height=\"69\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Pub-Le-Li\u00e8vreW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-226\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Pub-Le-Li\u00e8vreW.jpg 652w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Pub-Le-Li\u00e8vreW-300x32.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 652px) 100vw, 652px\" \/><figcaption>Publicit\u00e9 pour le distillateur Le Li\u00e8vre<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Lorsque notre parfumeur mourut en 1753, sa femme reprit d\u2019une main de ma\u00eetre l\u2019affaire. Elle avait certainement un grand sens du commerce puisqu\u2019entre 1763 jusqu\u2019\u00e0 sa mort qui intervint en 1772, elle acquit trois immeubles (un situ\u00e9 rue Dauphine, et deux \u00e0 Montrouge).<\/p>\n\n\n\n<p>En 1769, elle maria sa fille \u00e0 un libraire-\u00e9diteur c\u00e9l\u00e8bre, Jean Thomas H\u00e9rissant. Il apportait en dot 400 000 livres (il est vrai qu\u2019il en devait 110 000 \u00e0 son p\u00e8re). La jeune \u00e9pouse re\u00e7ut de sa m\u00e8re 56 000 livres, ce qui n\u2019\u00e9tait pas si mal pour une veuve qui avait quatre enfants \u00e0 charge. Jean-Baptiste-Elie de Pontcarr\u00e9 signa le contrat de mariage ainsi que l\u2019archev\u00eaque de Paris et le ministre Louis Phellipeaux<sup id=\"rf57-204\"><a href=\"#fn57-204\" title=\"AN. ; M.C. ; II\/638, contrat de mariage entre Anne Leli\u00e8vre et Jean Thomas H\u00e9rissant\" rel=\"footnote\">57<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Trouvant sans doute l&rsquo;h\u00f4tel qu&rsquo;ils habitaient rue de Grenelle trop modeste, les \u00e9poux Camus de Pontcarr\u00e9 d\u00e9cid\u00e8rent d\u2019acheter une demeure digne de la position \u00e9minente qu\u2019occupait le mari. Leur choix se dirigea sur le bel h\u00f4tel que Claude Louise Gagnat de Longny, marquise de Louvois, poss\u00e9dait en indivis avec sa s\u0153ur rue de Bourbon. Certes, la demeure \u00e9tait fort belle, mais le prix \u00e9tait \u00e0 la hauteur de sa somptuosit\u00e9. Il leur fallait d\u00e9bourser 1a somme de 130 000 livres plus 4 800 livres pot-de-vin pour s\u2019en rendre propri\u00e9taires. Or, les \u00e9poux de Pontcarr\u00e9 ne les poss\u00e9daient point, ils pass\u00e8rent cependant outre ce d\u00e9tail, peut-\u00eatre oiseux \u00e0 leurs yeux, et sign\u00e8rent l\u2019acte d\u2019acquisition le 30 d\u00e9cembre 1765 devant Me Blacque. Pour acc\u00e9der \u00e0 leur r\u00eave, ils emprunt\u00e8rent 50 000 livres au seigneur de Montmorency-Laval et \u00e0 sa s\u0153ur, par l\u2019interm\u00e9diaire de leur tuteur on\u00e9raire car ils \u00e9taient mineurs. L\u2019emprunt fut sign\u00e9 le jour de la signature du contrat de vente. Ils en revers\u00e8rent aussit\u00f4t 44 800 aux h\u00e9riti\u00e8res Gagnat de Longny, mais ils leur devaient encore 90 000 livres. Ils constitu\u00e8rent donc \u00e0 la marquise de Louvois et \u00e0 la demoiselle de Longny, \u00e0 chacune par moiti\u00e9, 4 500 livres de rente annuelle et&nbsp;&nbsp;perp\u00e9tuelle en \u00e9change de 90 000 livres . La dette \u00e9tait \u00e9norme,&nbsp;&nbsp;les \u00e9pouxd\u00e9cid\u00e8rent donc de vendre une partie de leurs biens fonciers.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"background-color:#f5ba83;font-size:22px\" class=\"has-background\">1769- An XII. Le temps de la division<\/p>\n\n\n\n<p>Le 15 avril 1769, le couple Camus de Pontcarr\u00e9 vendit&nbsp;&nbsp;une partie de la maison \u00e0 ma\u00eetre Claude-Marie-Pie Horque de Cerville qui \u00e9tait un notaire fort connu habitant rue de Seine. La portion qu\u2019il vendait \u00e9tait celle qu\u2019occupait le sieur Guillotin, c\u2019est-\u00e0-dire la place qui servait autrefois de man\u00e8ge, le hangar \u00e0 carrosses, le petit b\u00e2timent comportant quatre chambres et la grande cour dans laquelle l\u2019\u00e9curie faisait s\u00e9paration avec les lieux occup\u00e9s par Madame Le Li\u00e8vre et la longue all\u00e9e passant sous le grand corps de logis et menant \u00e0 la rue de Seine. Le tout repr\u00e9sentait une superficie de 214 toises (812 m2). Cet achat \u00e9tait fort int\u00e9ressant pour notre notaire car il poss\u00e9dait depuis peu<sup id=\"rf58-204\"><a href=\"#fn58-204\" title=\"A.N. ; M.C. ; LXV\/353 . Vente par Jeanne Pracos, veuve Le Lion \u00e0 Horque de Cerville\" rel=\"footnote\">58<\/a><\/sup> une maison rue du Colombier et pouvait ainsi compl\u00e9ter son jardin de la rue du Colombier et jouir d\u2019une double entr\u00e9e, l\u2019une rue de Seine et l\u2019autre rue du Colombier.<\/p>\n\n\n\n<p>Il restait donc 250 toises (950 m2) dont la dame Le Li\u00e8vre \u00e9tait locataire. Si les surfaces occup\u00e9es par une partie de la longuerelle et la porte coch\u00e8re revinrent plus tard dans le giron du 34, le reste ne fut jamais r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 et vint agrandir le jardin d\u2019un immeuble de la rue du Colombier (aujourd\u2019hui 20 rue Jacob).<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"566\" height=\"373\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/DomaineHorque.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-212\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/DomaineHorque.jpg 566w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/DomaineHorque-300x198.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/><figcaption>Reconstitution : en rose le domaine du sieur de Pontcarr\u00e9 et en vert celui  de Horque de Cerville<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>C\u2019est \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 ouest de ce terrain que le \u00ab\u00a0temple de l\u2019Amiti\u00e9\u00a0\u00bb du 22 rue Jacob fut construit beaucoup plus tard \u00e0 la place d\u2019un appentis<strong>.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La vente rapporta au couple Camus de Pontcarr\u00e9 la somme de 30 000 livres qu\u2019ils vers\u00e8rent aussit\u00f4t \u00e0 leurs cr\u00e9anciers. L\u2019acheteur avait le droit de faire murer une petite porte qui ouvrait \u00e0 la fois sur la longuerelle et sur le jardin de la veuve Le Li\u00e8vre. Les vendeurs et cette dame ne pouvaient en aucun cas utiliser \u00e0 l\u2019avenir la porte coch\u00e8re des lieux vendus. Le seigneur de Pontcarr\u00e9 s\u2019engageait \u00e0 ne pas sur\u00e9lever les constructions existantes sur le passage et \u00e0 n\u2019en point b\u00e2tir d\u2019autres.<\/p>\n\n\n\n<p>La signature de la vente marqua la s\u00e9paration de la grande maison et ses d\u00e9pendances d\u2019avec l\u2019ancien man\u00e8ge. Afin de mieux comprendre ce qui se passa \u00e0 partir de cette date, nous \u00e9tudierons s\u00e9par\u00e9ment leur histoire.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"background-color:#f5ba83;font-size:22px\" class=\"has-background\">Histoire de la maison principale<\/p>\n\n\n\n<p>Jean Baptiste Elie Camus de Pontcarr\u00e9 continua de g\u00e9rer les biens qui lui restaient. En f\u00e9vrier 1770, il fit ex\u00e9cuter des travaux de menuiserie et de charpenterie dans la corps de logis en aile dans le jardin et dans la remise \u00e0 droite afin d\u2019y installer des chemin\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Marie Catherine Cl\u00e9ret, veuve Le Li\u00e8vre d\u00e9c\u00e9da en mai 1772 laissant pour h\u00e9ritiers son fils Louis Elie, distillateur du roi comme son p\u00e8re ainsi que Claude Hugues et Edm\u00e9 Louis Dominique, mineurs \u00e9mancip\u00e9s d\u2019\u00e2ge. Le sieur Camus de Pontcarr\u00e9 reloua la maison le 17 juillet 1774 au sieur Berte, sous-fermier des domaines du roi en doublant quasiment le loyer&nbsp;&nbsp;qui s\u2019\u00e9leva alors \u00e0 4 000 livres.<\/p>\n\n\n\n<p>Le seigneur de Viarmes mourut l\u2019ann\u00e9e suivante, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 68 ans. Il laissait pour h\u00e9ritiers trois enfants : Louis Jean N\u00e9pomuc\u00e8ne Marie Fran\u00e7ois, Louis Fran\u00e7ois Elie et Jeanne Genevi\u00e8ve. Ces deux derniers renonc\u00e8rent imm\u00e9diatement \u00e0 la succession consid\u00e9rant qu\u2019elle ne leur apporterait aucun bienfait. C\u2019est ainsi que l\u2019a\u00een\u00e9 e\u00fbt en h\u00e9ritage la maison de la rue de Seine. Il devint aussi seigneur de la Guibourg\u00e8re et se fit appeler Camus de La Guibourg\u00e8re<sup id=\"rf59-204\"><a href=\"#fn59-204\" title=\"A.N. ; M.C. ; LXXIII\/966 , 27 septembre 1775. Renonciation \u00e0 succession\" rel=\"footnote\">59<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 29 mars 1782, Fran\u00e7ois Camus de La Guibourg\u00e8re qui \u00e9tait alors chevalier et conseiller au Parlement vendit l\u2019Acad\u00e9mie pour des raisons qui restent obscures . L\u2019acheteur, un certain Jacques Moulin dit Dumoulin, ancien officier du roi, paya la coquette somme de 72 000 livres pour en devenir propri\u00e9taire. L\u2019acte de vente, sign\u00e9 devant ma\u00eetre Lesacher, nous apprend qu\u2019elle comportait des \u00ab b\u00e2timents en aile des deux c\u00f4t\u00e9s de la cour \u00bb. Il y avait donc une nouvelle construction \u00e0 gauche en entrant.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"539\" height=\"317\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/ExtraitDumoulinW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-365\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/ExtraitDumoulinW.jpg 539w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/ExtraitDumoulinW-300x176.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 539px) 100vw, 539px\" \/><figcaption>Extrait de l&rsquo;acte de vente \u00e0 Dumoulin<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Cet acte scellait d\u00e9finitivement le d\u00e9part de la rue de Seine de la famille Le Boulanger-Camus de Pontcarr\u00e9. Elle en fut propri\u00e9taire pendant pr\u00e8s de 140 ans (1645-1782), sur cinq g\u00e9n\u00e9rations.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, nous ne pouvons quitter ses derniers membres sans nous int\u00e9resser au sort qu\u2019ils connurent pendant la R\u00e9volution.<\/p>\n\n\n\n<p>Louis Jean N\u00e9pomuc\u00e8ne Marie Fran\u00e7ois fut arr\u00eat\u00e9 et emprisonn\u00e9 \u00e0 Saint-Lazare le 30 niv\u00f4se de l\u2019an II (19 janvier 1794) puis traduit devant le tribunal r\u00e9volutionnaire le premier flor\u00e9al (20 avril) en compagnie de Lepelletier de Rozambo, pr\u00e9sident \u00e0 mortier du Parlement de Paris et de 23 autres conseillers. Ils \u00e9taient tous accus\u00e9s d\u2019avoir \u00ab sign\u00e9 ou adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 des protestations tendant \u00e0 m\u00e9conna\u00eetre la libert\u00e9 et la souverainet\u00e9 du peuple, \u00e0 calomnier la repr\u00e9sentation nationale et \u00e0 ramener le r\u00e8gne de la tyrannie \u00bb. Il confirma bravement devant ses accusateurs la signature qu\u2019il avait donn\u00e9e et fut imm\u00e9diatement condamn\u00e9 \u00e0 mort, ex\u00e9cut\u00e9. Louis Fran\u00e7ois Elie, son fr\u00e8re qui \u00e9tait premier pr\u00e9sident de la cour du Parlement de Rouen, \u00e9migra \u00e0 Londres avec sa femme, Marie-Paule de Vienne, o\u00f9 ils v\u00e9curent dans la mis\u00e8re. On dit qu\u2019on le voyait souvent venir dans un atelier de broderie des plus r\u00e9put\u00e9s de la Cit\u00e9 demander gravement s\u2019il y avait de l\u2019ouvrage pour madame la Pr\u00e9sidente. C\u2019\u00e9taient les seules ressources dont le couple disposait<sup id=\"rf60-204\"><a href=\"#fn60-204\" title=\"Histoire du Parlement de Normandie par Amable Floquet, p.683 &amp; 684\" rel=\"footnote\">60<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"background-color:#f5ba83;font-size:22px\" class=\"has-background\">1782 &#8211; An VII. Jacques Moulin dit Dumoulin<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9volution ne r\u00e9ussit pas bien non plus au nouvel acheteur, le citoyen Moulin dit Dumoulin, mais pas pour les m\u00eames raisons.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019un caract\u00e8re g\u00e9n\u00e9reux, il aimait \u00e0 voler au secours de tous, en particulier de ceux qui \u00e9taient proches du th\u00e9\u00e2tre. Sa femme, Jeanne-Fran\u00e7oise Boyer et lui \u00e9taient des amis intimes de Charles-Barnab\u00e9 Sageret, administrateur de trois th\u00e9\u00e2tres&nbsp;&nbsp;: la R\u00e9publique, l\u2019Od\u00e9on et le Feydeau., . Une premi\u00e8re fois, le 9 niv\u00f4se de l\u2019an VII, Dumoulin emprunta&nbsp;&nbsp;la somme de 13 000 F avec Sageret et deux autres amis, Honor\u00e9 Bourdon-Neuville et Marguerite Brunet-Montansier, une vieille actrice. Pour son malheur, il donna la maison de la rue de Seine en garantie.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques mois plus tard, Sageret se d\u00e9battait au milieu des difficult\u00e9s financi\u00e8res et des intrigues pour faire fonctionner ses th\u00e9\u00e2tres et y accueillir des acteurs et des chanteurs de prestige comme Talma. Le 2 messidor an VII, le couple vendit alors la maison<sup id=\"rf61-204\"><a href=\"#fn61-204\" title=\"A.N. ;M.C. ; LXXXII\/696, 2 messidor an VII. Vente\" rel=\"footnote\">61<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;acheteur \u00e9tait une femme : Marie Suzanne Doucet, veuve d\u2019un certain Etienne Cyprien Renouard de Bussi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Marie Suzanne Doucet<\/p>\n\n\n\n<p>La maison qui portait alors le n\u00b01377&nbsp;&nbsp;ne s\u2019appelait plus l\u2019Acad\u00e9mie. On signalait dans l\u2019acte qu\u2019elle comportait plusieurs b\u00e2timents construits autour de deux des trois murs qui cernaient la grande maison.&nbsp;&nbsp;\u00c9taient comprises dans la vente les 25 glaces qui ornaient la maison. Marie Suzanne Doucet s\u2019engageait \u00e0 verser en num\u00e9raires m\u00e9talliques et non en monnaie de papier les 45 000 F qui repr\u00e9sentaient le prix de la transaction<sup id=\"rf62-204\"><a href=\"#fn62-204\" title=\"A.N. ;M.C. ; LXXXII\/696, 2 messidor an VII. Vente\" rel=\"footnote\">62<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette derni\u00e8re attendit cinq ans avant de r\u00e9aliser une autre op\u00e9ration immobili\u00e8re qui lui tenait \u00e0 c\u0153ur parce que sa soeur, Marie Louise Doucet,et son beau-fr\u00e8re Nicolas Simon Delamarche&nbsp;&nbsp;\u00e9taient propri\u00e9taires.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"background-color:#f5ba83;font-size:22px\" class=\"has-background\">Histoire de la longuerelle et du jardin&nbsp;&nbsp;derri\u00e8re<\/p>\n\n\n\n<p>Claude Marie Pie Horque de Cerville avait repris en 1760 l\u2019\u00e9tude de ma\u00eetre Lecointe, install\u00e9e rue du Colombier (rue Jacob). La m\u00eame ann\u00e9e, il avait \u00e9pous\u00e9 Denise Elisabeth Ponson, veuve (sans enfant) d\u2019Adam Jean Baptiste de Lusseux, ancien chef des gobelets du Roy<sup id=\"rf63-204\"><a href=\"#fn63-204\" title=\"Celui qui sert \u00e0 boire au roi\" rel=\"footnote\">63<\/a><\/sup>. En 1766, il avait acquis la maison de la rue du Colombier appel\u00e9e&nbsp;<em>h\u00f4tel de Hollande<\/em>, dans laquelle il s\u2019empressa de s\u2019installer. La maison qui se dressait entre cour et jardin \u00e9tait assez vaste pour abriter le couple, quatre clercs, deux domestiques et son \u00e9tude.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 20 juillet 1770, il signa un bail de l\u2019ancien man\u00e8ge et de la longuerelle au sieur Antoine Collet, loueur de carrosse et \u00e0 Jeanne Noury sa femme pour une somme de 800 livres par an<sup id=\"rf64-204\"><a href=\"#fn64-204\" title=\"A.N. ;&nbsp;&nbsp;M.C. ; LXV\/368, bail du 20 juillet 1770\" rel=\"footnote\">64<\/a><\/sup><\/p>\n\n\n\n<p>Ma\u00eetre Horque de Cerville d\u00e9c\u00e9da brutalement le 8 juillet 1779 alors que son coffre contenaient l\u2019\u00e9norme somme de 171 382 livres qu\u2019il n\u2019avait pas eu le temps de mettre \u00e0 l\u2019abri<sup id=\"rf65-204\"><a href=\"#fn65-204\" title=\"A.N. ; M.C. ; LXXXVI\/805 ; inventaire apr\u00e8s d\u00e9c\u00e8s de Me Horque de Cerville du 17 juillet 1779\" rel=\"footnote\">65<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Sa femme continua \u00e0 louer l\u2019ancien man\u00e8ge de la rue de Seine jusqu\u2019\u00e0 sa mort qui survint en l\u2019an VII . Entre-temps elle avait \u00e9pous\u00e9 Jean Alexandre Pauquet. N\u2019ayant pas eu d\u2019enfants, ce sont des parents \u00e9loign\u00e9s qui h\u00e9rit\u00e8rent. Ils \u00e9taient au nombre de 44 ! et se pr\u00e9sent\u00e8rent peu \u00e0 peu \u2026jusqu\u2019en l\u2019an VIII !<\/p>\n\n\n\n<p>Bien entendu, les h\u00e9ritiers ne gard\u00e8rent pas les lieux, ils les vendirent par adjudication, \u00e0 l\u2019audience des cri\u00e9es du tribunal civil du d\u00e9partement de la Seine le 19 niv\u00f4se an VII. Les adjudicataires furent le sieur Debreuil, inspecteur de la r\u00e9gie des domaines et de l\u2019enregistrement de la Seine et sa femme Louise Ad\u00e9la\u00efde Tavernier, Joseph Bannefoy, sans profession pr\u00e9cis\u00e9e, et Cl\u00e9mence Fran\u00e7oise Clavier, son \u00e9pouse.<\/p>\n\n\n\n<p>De l\u2019an VII \u00e0 l\u2019an XII, les nouveaux propri\u00e9taires firent des lieux une exploitation de brasserie et y install\u00e8rent tous les instruments n\u00e9cessaires \u00e0 ce genre de production : chaudi\u00e8res, moulins, pompes, r\u00e9servoirs etc. La longuerelle portait le n\u00b0 1376 et appartenait \u00e0 la division de l\u2019Unit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les deux couples avaient des dettes, ils revendirent tr\u00e8s rapidement les lieux pour la modique somme de 21 450 F, plus 1 450 F pour des objets mobiliers qu\u2019ils laissaient.<\/p>\n\n\n\n<p>Les acheteurs \u00e9taient Nicolas Simon Delamarche (qui avait pour \u00e9pouse Marie-Louise Doucet) et Marie-Suzanne Doucet, veuve d\u2019Etienne Cyprien Renouard de Bussi\u00e8re. Les deux acheteurs avaient fait alliance entre eux pour une raison fort simple : M. Delamarche qui s\u2019annon\u00e7ait propri\u00e9taire dans l\u2019acte de vente avait acquis et habitait rue du Colombier en l&rsquo;actuel n\u00b020 de la rue Jacob. Sa maison \u00e9tait donc en partie contigu\u00eb au terrain vendu. La dame Renouard de Bussi\u00e8re, sa cousine, \u00e9tait propri\u00e9taire du n\u00b01377 (c.\u00e0.d du n\u00b0 34) rue de Seine qui jouxtait la fameuse longuerelle<sup id=\"rf66-204\"><a href=\"#fn66-204\" title=\"A.N.; M.C. ; LXV\/580. Vente du 21 pluviose an XII\" rel=\"footnote\">66<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019acte de vente, ils convenaient entre eux que le sieur Delamarche prenait partie&nbsp;&nbsp;teinte en rose et la dame Renouard de Bussi\u00e8re la partie teinte en jaune-vert sur le plan ci-dessous :<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"488\" height=\"132\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/LonguerelleW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-218\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/LonguerelleW.jpg 488w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/LonguerelleW-300x81.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 488px) 100vw, 488px\" \/><figcaption>Plan de la Longuerelle (collection, particuli\u00e8re)<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Ainsi, le sieur Delamarche et sa femme propri\u00e9taire d\u2019un domaine plus grand que celui qui existait deux si\u00e8cles auparavant.<\/p>\n\n\n\n<p>M. Delamarche d\u00e9c\u00e9da le 28 f\u00e9vrier 1813<\/p>\n\n\n\n<p style=\"background-color:#f5ba83;font-size:22px\" class=\"has-background\">1819-1826. Madame Rebut de La Rho\u00ebllerie<\/p>\n\n\n\n<p>La valse des propri\u00e9taires continua. Le veuve Delamarche vendit la maison le 7 mars 1819 \u00e0 M. et Mad. Rebut de La Rho\u00ebllerie dont l\u2019\u00e9poux \u00e9tait directeur du personnel au minist\u00e8re la justice. La vente se faisait moyennant le prix de 5300 F de rente perp\u00e9tuelle 5% consolid\u00e9s sur le Grand Livre de la dette publique<sup id=\"rf67-204\"><a href=\"#fn67-204\" title=\"A.N. ; M.C. ;LXIX\/930, vente du 7 mars 1819\" rel=\"footnote\">67<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"738\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Plan34de1822W-738x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-222\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Plan34de1822W-738x1024.jpg 738w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Plan34de1822W-216x300.jpg 216w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Plan34de1822W.jpg 765w\" sizes=\"(max-width: 738px) 100vw, 738px\" \/><figcaption>Plan du 34 en 1822 (\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque l&rsquo;immeuble portait le n\u00b030)<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Malheureusement, l\u2019acheteuse contracta plusieurs obligations : la premi\u00e8re en mars 1825 d\u2019un montant de 31 000F remboursable en mars 1829, \u00e0 5% d\u2019int\u00e9r\u00eats; la seconde, en juillet 1825, de 19 000 F remboursables \u00e0 la m\u00eame date que la premi\u00e8re et au m\u00eame taux.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 10 f\u00e9vrier 1826, ces obligations n\u2019\u00e9taient pas rembours\u00e9es. Pour s\u2019en d\u00e9gager, le couple vendit la maison \u00e0 Louis R\u00e9my Magin et Antoinette Louise Sandri\u00e9 de Jouy, sa femme pour la somme de 130 000 F. En d\u00e9duction du prix, les acheteurs r\u00e9glaient directement aux cr\u00e9anciers la somme de 50 000 F et le solde de 80 000 F au couple Rebut de La Rho\u00ebllerie<sup id=\"rf68-204\"><a href=\"#fn68-204\" title=\"A.N. ; M.C. ; LXXVII\/569, vente du 10 f\u00e9vrier 1826\" rel=\"footnote\">68<\/a><\/sup><\/p>\n\n\n\n<p>La maison portait alors le n\u00b030 et comportait un corps de logis \u00e0 porte coch\u00e8re sur le devant, cour, b\u00e2timents en ailes \u00e0 droite et \u00e0 gauche en entrant, petite cour derri\u00e8re le b\u00e2timent sur la droite. Au fond de la grande cour, on trouvait, en face de la porte coch\u00e8re, un grand corps de logis compos\u00e9 d\u2019un rez-de-chauss\u00e9e sur perron, premier et second \u00e9tages au-dessus, plusieurs chambres dans les combles. Un jardin \u00e9tait derri\u00e8re ce dernier corps de logis avec plusieurs petits b\u00e2timents en aile au bout du jardin ainsi qu\u2019\u00e9curie, une remise, et un puits avec pompe.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque Louis Remy Magin avait \u00e9pous\u00e9 en l\u2019an 13 Antoinette Louise Sandri\u00e9 de Jouy, il n\u2019avait pas une haute situation puisqu\u2019il \u00e9tait facteur \u00e0 la vente en gros des farines sur le carreau de la halle \u00e0 Paris. Il apportait 3 000 F en meubles, linge et bijoux. La future montrait d\u00e9j\u00e0 ses qualit\u00e9s d\u2019\u00e9pargnante puisqu\u2019elle \u00e9tait riche d\u2019une somme de 12 000 F provenant de ses gains et \u00e9pargne.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1826, ils habitaient rue Mazarine et lou\u00e8rent la maison de la rue de Seine \u00e0 plusieurs locataires d\u2019horizons fort diff\u00e9rents : au couple vendeur qui resta jusqu\u2019en 1829 au moins, \u00e0 Chapron relieur, au notaire Depuille qui \u00e9tait voisin de la veuve Piquet, herboriste<\/p>\n\n\n\n<p>En 1847, un bail fut sign\u00e9 avec David Certain qui \u00e9tait commis chez Vilmorin et dont l\u2019\u00e9pouse avait une patente d\u2019herboriste. Ils louaient pour 810 F annuels une boutique et une chambre sur la rue ainsi qu\u2019une autre pi\u00e8ce qui s\u2019ouvrait sur la cour, plus une cave dont l\u2019entr\u00e9e \u00e9tait \u00e0 gauche du perron de la grande maison.<\/p>\n\n\n\n<p>M. Magin mourut \u00e0 Versailles le 30 octobre 1854. Une fille Alphonse \u00e9tait \u00e9pouse de Ren\u00e9 C\u00e9sar Pommier Portefaix, ancien n\u00e9gociant qui demeurait \u00e0 Paris tandis qu\u2019elle demeurait \u00e0 Dammemarie dans la Meuse. Ils \u00e9taient s\u00e9par\u00e9s judiciairement de biens et dans les faits et officieusement de corps. Une seconde fille, Ad\u00e9la\u00efde, \u00e9pouse de Th\u00e9odore \u00c9loi Vivaux demeurait \u00e0 Versailles avec son mari. Elles \u00e9taient toutes h\u00e9riti\u00e8res de leur p\u00e8re tandis que la veuve, leur m\u00e8re,&nbsp;&nbsp;\u00e9tait donataire en toute propri\u00e9t\u00e9 d\u2019un quart des biens et de l\u2019usufruit d\u2019un autre quart. Les biens immobiliers du d\u00e9funt consistaient en une maison situ\u00e9e rue de la Barillerie qui rapportait bon an mal an 4800 F par an et de la maison de la rue de Seine dont le revenu s\u2019\u00e9levait \u00e0 10 820 F annuels. L\u2019administration qui continuait \u00e0 estimer au denier les revenus d\u2019un capital immobilier estima donc le total \u00e0 312 400 F.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"836\" height=\"512\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/MutationMaginW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-364\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/MutationMaginW.jpg 836w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/MutationMaginW-300x184.jpg 300w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/MutationMaginW-768x470.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 836px) 100vw, 836px\" \/><figcaption>Mutation<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Les deux s\u0153urs laiss\u00e8rent en indivision la maison de la rue de Seine jusqu\u2019\u00e0 la mort de Mad. Pommier Portefaix le 19 d\u00e9cembre1886.<\/p>\n\n\n\n<p>Ses h\u00e9ritiers \u00e9taient ses petits-enfants : Alphonse Paul Th\u00e9tard , Claire Hortense Alphonsine Descamps, \u00e9pouse d\u2019Henry Delcroix, n\u00e9gociant \u00e0 Lille, et enfin Marguerite Rosine Henriette Louise Descamps, \u00e9pouse de Charles Marie Joseph Verlay,&nbsp;industriel aussi \u00e0 Lille. Le premier \u00e9tait h\u00e9ritier pour moiti\u00e9 car sa m\u00e8re n\u2019avait eu que lui comme enfant. Ses deux cousines h\u00e9ritaient chacune pour un quart.<\/p>\n\n\n\n<p>La masse des biens \u00e0 partager s\u2019\u00e9levait \u00e0 459 260 F dont 229 630 F revenait \u00e0 Th\u00e9tard.<\/p>\n\n\n\n<p>Le partage fut fait le 27 janvier 1887<sup id=\"rf69-204\"><a href=\"#fn69-204\" title=\"Arch. d\u00e9part. de la Meuse 39 Ep 310\" rel=\"footnote\">69<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le premier lot, celui d\u2019Alphone Paul Th\u00e9tard,&nbsp;&nbsp;figurait la maison qui nous occupe, pris\u00e9e \u00e0 260 00 F . On la d\u00e9crivait de la fa\u00e7on suivante :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Une maison sise \u00e0 Paris, rue de Seine n\u00b034, comprenant<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab 1\u00b0 B\u00e2timent sur rue, \u00e9lev\u00e9 d\u2019un rez-de-chauss\u00e9e formant deux boutiques et deux \u00ab&nbsp;&nbsp;entresols<\/p>\n\n\n\n<p>2\u00b0 B\u00e2timent en aile \u00e0 gauche formant l\u2019arri\u00e8re-boutique et magasin de la \u00ab boutique, grenier au-dessus<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;&nbsp;3\u00b0 B\u00e2timent en aile \u00e0 droite, compos\u00e9 de rez-de-chauss\u00e9e formant \u00e9curie et remise, actuellement converti en magasin<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;&nbsp;Entresol, premier \u00e9tage et deuxi\u00e8me \u00e9tage mansard\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;&nbsp;4\u00b0 Maison principale entre cour et jardin compos\u00e9 de caves, rez-de-chauss\u00e9e, entresol, trois \u00e9tages carr\u00e9s<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab 5\u00b0 Jardin avec petit b\u00e2timent en aile \u00e0 droite<\/p>\n\n\n\n<p>Le nouveau propri\u00e9taire, Alphonse Paul Th\u00e9tard, \u00e9tait n\u00e9 en 1853 de Jean Baptiste Th\u00e9tard, ing\u00e9nieur, et de Louise Suzanne Portefaix. <\/p>\n\n\n\n<ul><li><\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>\u00c0 19 ans, il s\u2019engagea \u00e0 l\u2019\u00c9cole Sp\u00e9ciale de Saint Cyr et y fit l\u2019\u00e9cole de cavalerie, discipline qui le mettait en valeur car c\u2019\u00e9tait un fort bel homme. Grand (1m76), brun, il \u00e9tait tr\u00e8s vigoureux et excellent cavalier. Tr\u00e8s instruit et tr\u00e8s intelligent, il avait un esprit fin et cultiv\u00e9. D\u2019un caract\u00e8re calme, ferme et bienveillant, son temp\u00e9rament r\u00eaveur le faisait go\u00fbter particuli\u00e8rement la musique. Toutes ces belles qualit\u00e9s plurent certainement beaucoup \u00e0 sa future femme, Armelle Ch\u00e9ron. Il demanda \u00e0 ses sup\u00e9rieurs l\u2019autorisation de l\u2019\u00e9pouser. L\u2019enqu\u00eate qui fut faite \u00e0 son sujet \u00e9tait satisfaisante :elle apportait50 000F de dot et 3 000F en linge, harde, trousseau et bijoux et 31 350F en rente sur l\u2019\u00c9tat. De plus la future \u00e9tait \u00ab de tr\u00e8s bonne moralit\u00e9 et jouissait d\u2019une tr\u00e8s bonne consid\u00e9ration \u00bb. On lui permit de convoler. Il prit un cong\u00e9 de 40 jours et&nbsp;&nbsp;&nbsp;l\u2019\u00e9pousa. Elle lui donna quatre enfants. Il lui offrit plusieurs m\u00e9dailles dont celles d\u2019officier de la L\u00e9gion d\u2019Honneur et de &#8230; Saint Stanislas de Russie.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9trangement, il prit en 1883 un cong\u00e9 de 3 mois pendant lequel il visita l&rsquo;Egypte, la Syrie, la Turquie, l&rsquo;Autriche et l&rsquo;Allemagne. C\u2019\u00e9tait pour le moins des visites \u00ab\u00a0\u00e9clairs\u00a0\u00bb. Il en fit un rapport au minist\u00e8re de la Guerre. On l\u2019en f\u00e9licita. Il r\u00e9it\u00e9ra cet exploit en 1886 mais en se bornant \u00e0 la Syrie et \u00e0 l\u2019\u00c9gypte. Il termina sa carri\u00e8re comme g\u00e9n\u00e9ral de brigade \u00e0 Bordeaux en 1912. La guerre de 14-18 le vit adjoint au g\u00e9n\u00e9ral commandant de la 10e r\u00e9gion militaire puis il fut relev\u00e9 de ses fonctions \u00ab pour raison d&rsquo;\u00e9conomie \u00bb en octobre1915 avec une pension de 7625 F annuels<sup id=\"rf70-204\"><a href=\"#fn70-204\" title=\"S.H.A.T. Dossier du g\u00e9n\u00e9ral Th\u00e9tard\" rel=\"footnote\">70<\/a><\/sup><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Th\u00e9tardW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-230\" width=\"319\" height=\"312\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Th\u00e9tardW.jpg 425w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Th\u00e9tardW-300x294.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 319px) 100vw, 319px\" \/><figcaption>Alphonse Paul Th\u00e9tard<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Le 1er avril 1894 le g\u00e9n\u00e9ral Th\u00e9tard acquit pour le prix de 270 000 F et par adjudication l\u2019autre moiti\u00e9 de la maison qui \u00e9tait rest\u00e9e en indivision.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin il se porta acqu\u00e9reur de la maison du 32 rue de Seine qui lui fut adjug\u00e9 pour 50 100 F le 26 janvier 1886.<\/p>\n\n\n\n<p>Il mourut le 3 d\u00e9cembre 1948.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi se termine cette longue et passionnante \u00e9tude qui a permis de redonner vie \u00e0 des personnages illustres ou inconnus ayant eu un rapport quelconque avec ces quelques m\u00e8tres carr\u00e9s parisiens. Nous esp\u00e9rons que vous l&rsquo;avez suivie avec plaisir !<\/p>\n\n\n\n<p><em>MONIQUE ETIVANT<\/em><\/p>\n<hr class=\"footnotes\"><ol class=\"footnotes\" style=\"list-style-type:decimal\"><li id=\"fn1-204\"><p >Manables=Habitables&nbsp;<a href=\"#rf1-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 1.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn2-204\"><p >De nombreux documents des Archives Nationales (A.N) attestent de cette acquisition : MC\/ VIII\/69 dont on trouvera le texte dans les pi\u00e8ces justificatives,,&nbsp;&nbsp;LL1124, (comptes de l\u2019abbaye) K794 pi\u00e8ce 12, S3055 (censier)&nbsp;&nbsp;<a href=\"#rf2-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 2.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn3-204\"><p >L\u2019immeuble&nbsp;(n\u00b034 uniquement) s\u2019\u00e9tend&nbsp;&nbsp;sur 996,25 m2 selon un plan dress\u00e9&nbsp;&nbsp;en 1822 par M. Brunton, expert&nbsp;<a href=\"#rf3-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 3.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn4-204\"><p >Environ 510m2&nbsp;<a href=\"#rf4-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 4.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn5-204\"><p >Arch. nat. ,Min. cent., VII\/103, 5 mars 1574, titre nouvel par Jehan Petit. Ce terrain se r\u00e9v\u00e9lera situ\u00e9e sur l&#8217;emprise du 40 rue de Seine&nbsp;<a href=\"#rf5-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 5.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn6-204\"><p >Arch. nat.,&nbsp;:&nbsp;&nbsp;LL 1125 f\u00b0388 v\u00b0&nbsp;<a href=\"#rf6-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 6.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn7-204\"><p >A. N. ; J 962. Dons et pensions par Fran\u00e7ois Ier\u00a0\u00bb . Il s\u2019\u00e9tait constitu\u00e9 une belle propri\u00e9t\u00e9 qui s\u2019\u00e9tendait du petit Pr\u00e9 aux Clercs \u00e0 l\u2019ouest, \u00e0 la rue de Seine \u00e0 l\u2019est&nbsp;; des terrains de Gilles Le Maistre, avocat du roi, au nord \u00e0 ceux de Jehan de Vallet, \u00e9cuyer, au sud.<\/p>\n\n\n\n<p>Le plan dit de B\u00e2le ci-dessous illustre sans doute assez bien la topographie des lieux.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"616\" height=\"320\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Plan-de-B\u00e2leW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-234\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Plan-de-B\u00e2leW.jpg 616w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Plan-de-B\u00e2leW-300x156.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 616px) 100vw, 616px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p style=\"background-color:#f5ba83;font-size:22px\" class=\"has-background\">Gabriel Montaigne prend la rel\u00e8ve<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:-1px\">Ma\u00eetre Bolioud avait une fille, Genevi\u00e8ve, qui avait \u00e9pous\u00e9 ma\u00eetre Gabriel Montaigne. Le couple vint habiter \u00e0 Saint-Germain-des-Pr\u00e9s, rue de Seine dans la maison qui nous occupe. Il se trouve que le jardin avait une forme bizarre parce que&nbsp;&nbsp;le petit Pr\u00e9 aux Clercs y faisait une enclave. Aussi lorsque l\u2019occasion fut donn\u00e9e \u00e0 Gabriel Montaigne d\u2019y rem\u00e9dier, il sauta sur l\u2019occasion et acquit le 7 septembre 1549 d\u2019un certain Nicolas Beaujouen, ma\u00eetre brodeur, une pi\u00e8ce de terre qui mesurait 24 toises et demie ((Arch. nat.,&nbsp;S6188&nbsp;<a href=\"#rf7-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 7.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn8-204\"><p >Arch. nat.,&nbsp;: Y 129 f\u00b0433, f\u00e9vrier 1584&nbsp;&nbsp;<a href=\"#rf8-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 8.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn9-204\"><p >Arch. nat.,&nbsp;Min cent., XXXIII\/213, 28 juillet 1579&nbsp;&nbsp;<a href=\"#rf9-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 9.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn10-204\"><p >Arch. nat.,&nbsp; Min. cent., LXVIII\/48, 29 d\u00e9cembre 1583&nbsp;&nbsp;<a href=\"#rf10-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 10.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn11-204\"><p >Arch. nat.,&nbsp;: Y 125,&nbsp;&nbsp;29 d\u00e9cembre 1583&nbsp;<a href=\"#rf11-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 11.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn12-204\"><p >Arch. nat., Min. cent., VIII\/75 le 21 janvier 1542&nbsp;<a href=\"#rf12-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 12.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn13-204\"><p >Arch. nat.,&nbsp;:&nbsp;&nbsp;S 6188. Ce carton contient une copie de l\u2019acte de vente&nbsp;<a href=\"#rf13-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 13.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn14-204\"><p ><em>Journal de L\u2019ESTOILE<\/em>,Gallimard, 1943, p.221&nbsp;<a href=\"#rf14-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 14.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn15-204\"><p >L\u2019ensemble de ce r\u00e9cit est tir\u00e9 d\u2019un article de Pierre de Vaissi\u00e8re publi\u00e9 dans&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Biblioth\u00e8que de l\u2019\u00e9cole des Chartes<\/em>, ann\u00e9e 1913&nbsp;<a href=\"#rf15-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 15.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn16-204\"><p >&nbsp;Elle signait encore un acte le 16 septembre 1583 , Arch. nat., Min.cent., LXVIII\/48&nbsp;<a href=\"#rf16-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 16.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn17-204\"><p >Registres des d\u00e9lib\u00e9rations du Bureau de l\u2019Hotel de Ville<\/em>&nbsp;par F.Bonnardot&nbsp;<a href=\"#rf17-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 17.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn18-204\"><p >Arch. nat.,&nbsp; Min. cent.,&nbsp;&nbsp;XLIX\/236, 14 mai 1600, Vente \u00e0 Robert Th\u00e9vin&nbsp;<a href=\"#rf18-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 18.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn19-204\"><p >Alias Th\u00e9nin, m\u00eame sa signature ne permet pas de lever le doute&nbsp;<a href=\"#rf19-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 19.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn20-204\"><p >Le d\u00e9cret \u00e9tait une formalit\u00e9 pour purger les hypoth\u00e8ques, droits et servitude qu\u2019un tiers pouvait pr\u00e9tendre.&nbsp;<a href=\"#rf20-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 20.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn21-204\"><p >Sa fille Ren\u00e9e \u00e9pousa de Charles de La Rochefoucauld&nbsp;<a href=\"#rf21-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 21.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn22-204\"><p >&nbsp;Le contrat de mariage fut pass\u00e9 devant Dicille, notaire \u00e0 Angers,&nbsp;le 16 novembre 1596 et le mariage fut c\u00e9l\u00e9br\u00e9 le 18 en l\u2019\u00e9glise Sainte Maurille \u00e0 Angers.&nbsp;<a href=\"#rf22-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 22.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn23-204\"><p >Selon Berty et Tisserand, l\u2019achat est de 1595 mais cette date est contredite dans l\u2019inventaire apr\u00e8s d\u00e9c\u00e8s de la dame Davy et surtout par l\u2019original de l\u2019acte d\u2019achat qui est dat\u00e9 du 16 mai 1600.&nbsp;<a href=\"#rf23-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 23.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn24-204\"><p >&nbsp;&nbsp;D\u2019apr\u00e8s&nbsp;<em>L\u2019\u00c9pitaphier du Vieux&nbsp;&nbsp;Paris<\/em>.Ce tombeau n\u2019existe malheureusement plus&nbsp;<a href=\"#rf24-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 24.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn25-204\"><p >Elle avait sign\u00e9 un premier bail, mais c\u2019est \u00e0 travers son renouvellement, sign\u00e9 le 16\/09\/1636 devant de Troyes, que l\u2019on a connaissance du pr\u00e9c\u00e9dent. Pour plus de renseignement sur le sieur Bizet, voir l\u2019histoire du 47 rue de Seine.&nbsp;<a href=\"#rf25-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 25.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn26-204\"><p >Arch. Nat.&nbsp;:M.C. CXXII\/439 Bail du 16 septembre 1636 \u00e0 Bizet de la Barou\u00e8re&nbsp;<a href=\"#rf26-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 26.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn27-204\"><p >Arch. Nat.&nbsp;:M.C. CXXII\/439, inventaire des biens de Jeanne Davy du 25 mai 1637&nbsp;<a href=\"#rf27-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 27.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn28-204\"><p >Arch. nat.,&nbsp;&nbsp;Min. cent., CXXXII\/439, 25\/05\/1637&nbsp;<a href=\"#rf28-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 28.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn29-204\"><p >&nbsp;Rue Jacob maintenant&nbsp;<a href=\"#rf29-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 29.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn30-204\"><p >Arch. nat.,&nbsp;&nbsp;Min. cent., CXXII\/1633, march\u00e9 de travaux, 17 mars 1640.&nbsp;<a href=\"#rf30-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 30.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn31-204\"><p >Il y avait eu un premier bail sign\u00e9 trois ans plus t\u00f4t devant Boucot et Levesque qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9.&nbsp;<a href=\"#rf31-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 31.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn32-204\"><p >Arch. nat.,&nbsp;&nbsp;Min. cent., CXV\/89,&nbsp;&nbsp;vente 5 mai 1645&nbsp;<a href=\"#rf32-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 32.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn33-204\"><p ><em>Dictionnaire des inventions et d\u00e9couvertes anciennes et modernes&nbsp;<\/em>publi\u00e9 par l\u2019abb\u00e9 MIGNE&nbsp;<a href=\"#rf33-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 33.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn34-204\"><p >Arch. nat., Min. cent. XXIV\/105, 18 juin 1606, contrat de mariage.&nbsp;<a href=\"#rf34-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 34.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn35-204\"><p ><em>Dictionnaire des inventions et d\u00e9couvertes anciennes et modernes&nbsp;<\/em>publi\u00e9 par l\u2019abb\u00e9 MIGNE&nbsp;<a href=\"#rf35-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 35.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn36-204\"><p >&nbsp;C\u2019est-\u00e0-dire presque deux ans.&nbsp;<a href=\"#rf36-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 36.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn37-204\"><p >A.N.&nbsp;: H\/1806\/A. registres du bureau de l\u2019H\u00f4tel de Ville.&nbsp;<a href=\"#rf37-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 37.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn38-204\"><p >Cette construction est celle de la fameuse longuerelle qui subsistera un si\u00e8cle et demi.&nbsp;<a href=\"#rf38-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 38.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn39-204\"><p >Arch. nat.&nbsp;:X1a 8817&nbsp;<a href=\"#rf39-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 39.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn40-204\"><p >AN :CXV\/55 , 8 f\u00e9vrier 1628, contrat de fondation&nbsp;<a href=\"#rf40-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 40.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn41-204\"><p >AN : CV\/85, 5 ao\u00fbt 1648, inventaire&nbsp;<a href=\"#rf41-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 41.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn42-204\"><p >Maintenant rue Bonaparte.&nbsp;<a href=\"#rf42-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 42.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn43-204\"><p >&nbsp;<em>D\u00e9bats du parlement de Paris<\/em>&nbsp;p 194&nbsp;<a href=\"#rf43-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 43.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn44-204\"><p >Il est mort le 16 avril 1712 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 81 ans, ce qui lui donne une naissance en 1631, donc 20 ans en 1651&nbsp;<a href=\"#rf44-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 44.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn45-204\"><p >Arch. nat., Min. cent. VI\/515, 12 novembre 1660, testament de Claude le Flamant&nbsp;<a href=\"#rf45-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 45.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn46-204\"><p >AN ; MC : CV\/774, 30\/10\/1666&nbsp;<a href=\"#rf46-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 46.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn47-204\"><p ><em>Prosographie des gens du Parlement de Paris<\/em>&nbsp;de M. Popoff&nbsp;<a href=\"#rf47-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 47.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn48-204\"><p >AN, MC : VI\/601, le 28\/04\/1695. Mariage Le Boulanger-Camus de Pontcarr\u00e9&nbsp;<a href=\"#rf48-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 48.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn49-204\"><p >AN, MC : VI\/604 le 17 \/09\/1696&nbsp;<a href=\"#rf49-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 49.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn50-204\"><p >C\u2019est la premi\u00e8re fois que ce nom lui est donn\u00e9. Elle le gardera pendant plus d\u2019un si\u00e8cle.<em>&nbsp;<a href=\"#rf50-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 50.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn51-204\"><p >A.N. M.C. LXXXI\/263 28\/10\/1732, comptes de tutelle.&nbsp;<a href=\"#rf51-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 51.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn52-204\"><p >A.N. Z1j\/734 8 novembre 1732 au 1er f\u00e9vrier 1734. Proc\u00e8s-verbal d\u2019estimation.&nbsp;<a href=\"#rf52-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 52.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn53-204\"><p >Dans les b\u00e2timents particuliers, un donjon \u00e9tait un petit pavillon \u00e9lev\u00e9 au comble d\u2019une maison.&nbsp;<a href=\"#rf53-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 53.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn54-204\"><p >Arch. Min.Cent., XV\/583. 7 mai 1735. Partage&nbsp;<a href=\"#rf54-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 54.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn55-204\"><p >Arch. nat., Min. cent., LXXVIII\/672, 13 novembre 1737, bail&nbsp;<a href=\"#rf55-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 55.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn56-204\"><p >A.N. ;M.C. ;LXXVIII\/689&nbsp;<a href=\"#rf56-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 56.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn57-204\"><p >AN. ; M.C. ; II\/638, contrat de mariage entre Anne Leli\u00e8vre et Jean Thomas H\u00e9rissant&nbsp;<a href=\"#rf57-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 57.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn58-204\"><p >A.N. ; M.C. ; LXV\/353 . Vente par Jeanne Pracos, veuve Le Lion \u00e0 Horque de Cerville&nbsp;<a href=\"#rf58-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 58.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn59-204\"><p >A.N. ; M.C. ; LXXIII\/966 , 27 septembre 1775. Renonciation \u00e0 succession&nbsp;<a href=\"#rf59-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 59.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn60-204\"><p >Histoire du Parlement de Normandie par Amable Floquet, p.683 &amp; 684&nbsp;<a href=\"#rf60-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 60.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn61-204\"><p >A.N. ;M.C. ; LXXXII\/696, 2 messidor an VII. Vente&nbsp;<a href=\"#rf61-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 61.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn62-204\"><p >A.N. ;M.C. ; LXXXII\/696, 2 messidor an VII. Vente&nbsp;<a href=\"#rf62-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 62.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn63-204\"><p >Celui qui sert \u00e0 boire au roi&nbsp;<a href=\"#rf63-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 63.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn64-204\"><p >A.N. ;&nbsp;&nbsp;M.C. ; LXV\/368, bail du 20 juillet 1770&nbsp;<a href=\"#rf64-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 64.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn65-204\"><p >A.N. ; M.C. ; LXXXVI\/805 ; inventaire apr\u00e8s d\u00e9c\u00e8s de Me Horque de Cerville du 17 juillet 1779&nbsp;<a href=\"#rf65-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 65.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn66-204\"><p >A.N.; M.C. ; LXV\/580. Vente du 21 pluviose an XII&nbsp;<a href=\"#rf66-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 66.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn67-204\"><p >A.N. ; M.C. ;LXIX\/930, vente du 7 mars 1819&nbsp;<a href=\"#rf67-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 67.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn68-204\"><p >A.N. ; M.C. ; LXXVII\/569, vente du 10 f\u00e9vrier 1826&nbsp;<a href=\"#rf68-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 68.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn69-204\"><p >Arch. d\u00e9part. de la Meuse 39 Ep 310&nbsp;<a href=\"#rf69-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 69.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn70-204\"><p >S.H.A.T. Dossier du g\u00e9n\u00e9ral Th\u00e9tard&nbsp;<a href=\"#rf70-204\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 70.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><\/ol>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 34 rue de Seine se pr\u00e9sente d\u2019une fa\u00e7on fort \u00e9l\u00e9gante. Il d\u00e9gage sa personnalit\u00e9 \u00e0 travers son haut portail perc\u00e9 dans un corps de logis d\u2019un \u00e9tage seulement que surmonte une belle toiture en ardoise refaite r\u00e9cemment. 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