{"id":263,"date":"2020-04-08T09:25:07","date_gmt":"2020-04-08T07:25:07","guid":{"rendered":"http:\/\/rue-de-seine.com\/?p=263"},"modified":"2025-02-04T17:03:45","modified_gmt":"2025-02-04T16:03:45","slug":"le-51-rue-de-seine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/2020\/04\/08\/le-51-rue-de-seine\/","title":{"rendered":"Le 51 rue de Seine"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"766\" height=\"523\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le_51etJardinW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-277\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le_51etJardinW.jpg 766w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le_51etJardinW-300x205.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 766px) 100vw, 766px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Le 51 rue de Seine et son jardin<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:26px\">Au temps des Valois<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-media-text alignwide\"><figure class=\"wp-block-media-text__media\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"394\" height=\"545\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/EnluminureW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-292 size-full\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/EnluminureW.jpg 394w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/EnluminureW-217x300.jpg 217w\" sizes=\"(max-width: 394px) 100vw, 394px\" \/><\/figure><div class=\"wp-block-media-text__content\">\n<p class=\"has-normal-font-size\">Depuis des temps imm\u00e9moriaux, les terres situ\u00e9es entre la rue de Seine et&nbsp;&nbsp;l\u2019actuelle rue Mazarine d\u2019une part, la rue de Buci&nbsp;&nbsp;et les quais de Seine d\u2019autre part, \u00e9taient dans la censive de l\u2019abbaye de Saint Germain des Pr\u00e9s et consacr\u00e9es \u00e0 la&nbsp;culture.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\">Ci-contre : <em>Enluminure de Jean Pichore<\/em><\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>En 1510, monseigneur Guillaume, abb\u00e9 de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s, bailla moyennant redevance le lot situ\u00e9 entre les rues de Seine et Mazarine d\u2019une part et le 53 rue de Seine et les quais d\u2019autre part qui mesurait cinq arpents et un quartier L\u2019heureux \u00e9lu \u00e9tait l&rsquo;enlumineur et miniaturiste de Louis XII, Jean Pichore.  Dix neuf ans plus tard, il voulut c\u00e9der ses droits aux fr\u00e8res de l\u2019H\u00f4tel-Dieu, mais l\u2019abbaye refusa ne voulant pas que ses terrains  soient acens\u00e9s \u00e0 un \u00e9tablissement de mainmorte.<\/p>\n\n\n\n<p> Ils s\u2019empress\u00e8rent de porter l\u2019affaire au Parlement et en 1531 un arr\u00eat obligea les fr\u00e8res de l\u2019H\u00f4tel-Dieu \u00e0 c\u00e9der leur terrain dans les trois mois.<\/p>\n\n\n\n<p>Gilles Le Maistre, avocat au Parlement, en fit l\u2019acquisition.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"425\" height=\"394\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/BailPichoreW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-296\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/BailPichoreW.jpg 425w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/BailPichoreW-300x278.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 425px) 100vw, 425px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>1519-Contrat du bail \u00e0 Pichore<\/em><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p>&nbsp;<br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:25px\">1531-1543&nbsp; Gilles Le Maistre<\/p>\n\n\n\n<p>Sa candidature remporta les suffrages de l\u2019abb\u00e9 de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s parce que sa famille avait une excellente r\u00e9putation. Elle comptait un avocat g\u00e9n\u00e9ral du roi (son grand-p\u00e8re), juge et garde de la pr\u00e9v\u00f4t\u00e9 de Montlh\u00e9ry et un avocat au Ch\u00e2telet (son p\u00e8re). Mari\u00e9 depuis 1525 \u00e0 Marie Sapin, fille d\u2019un receveur g\u00e9n\u00e9ral des finances en Languedoc, il avait cinq enfants et lui-m\u00eame \u00e9tait promis \u00e0 un brillant avenir. Pass\u00e9 du barreau \u00e0 la magistrature  c&rsquo;\u00e9tait un orateur hors pair qui savait d\u00e9fendre avec brio les affaires royales.\u00a0\u00a0Sa r\u00e9putation de bon catholique, en ces temps o\u00f9 la R\u00e9forme progressait, \u00e9tait aussi un excellent atout.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019achat fut donc conclu entre l\u2019abbaye et Gilles Le Maistre moyennant une redevance annuelle de 4 sols parisis de cens.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant cet homme int\u00e8gre \u00e9tait rude en affaire et savait magnifiquement d\u00e9fendre ses droits en cas de malversations. Quand il constata que ses 5 arpents et un quartier de terre r\u00e9tr\u00e9cissaient comme une peau de chagrin, il porta l\u2019affaire aux requ\u00eates du Palais. En effet,le cardinal de Tournon,\u2019abb\u00e9 de Saint-Germain  avait bel et bien fait \u00e9largir \u00e0 son d\u00e9triment le chemin des foss\u00e9s de la ville<a><sup> <\/sup><\/a><sup id=\"rf1-263\"><a href=\"#fn1-263\" title=\" La future rue Mazarine, aussi appelle \u00ab\u00a0chemin des buttes\u00a0\u00bb\" rel=\"footnote\">1<\/a><\/sup>. Il avait aussi baill\u00e9 une portion de sa terre \u00e0 un certain Nicolas Grandval. Ces Messieurs des requ\u00eates jug\u00e8rent qu\u2019\u00e9largir le chemin des Foss\u00e9s paraissait justifi\u00e9 au Parlement puisque c\u2019\u00e9tait pour le bien public mais ils d\u00e9cr\u00e9t\u00e8rent aussi que Gilles Le Maistre devait recevoir une juste compensation. Le cardinal finit par lui donner, \u00e0 regret, un arpent et demi de terrain en bordure de la rue de Seine pr\u00e8s du petit Pr\u00e9 aux Clercs, c\u2019est-\u00e0-dire du c\u00f4t\u00e9 ouest de la rue. L\u2019accord fut sign\u00e9 le 25 septembre 1538 devant les notaires Bastonneau et Maup\u00e9ou<a><sup> <\/sup><\/a><sup id=\"rf2-263\"><a href=\"#fn2-263\" title=\"\u00a0A.N.\u00a0: S 2974\" rel=\"footnote\">2<\/a><\/sup><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019affaire enfin r\u00e9gl\u00e9e, Gilles Le Maistre d\u00e9coupa son terrain en longues bandes parall\u00e8les et vendit les lots \u00e0 plusieurs particuliers moyennant rente fonci\u00e8re annuelle et perp\u00e9tuelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Celle qui nous int\u00e9resse fut baill\u00e9e \u00e0 rente par Gilles Le Maistre \u00e0 Philippe de Trepigny, marchand bonnetier. Le contrat fut sign\u00e9 le 25 septembre 1543 devant Me Bastonneau et Maup\u00e9ou, ses notaires habituels<sup id=\"rf3-263\"><a href=\"#fn3-263\" title=\"A.N. ; M.C.\u00a0: VIII\/290 25\/09\/1543\" rel=\"footnote\">3<\/a><\/sup><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"267\" height=\"334\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/TombeauLeMaistreW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-291\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/TombeauLeMaistreW.jpg 267w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/TombeauLeMaistreW-240x300.jpg 240w\" sizes=\"(max-width: 267px) 100vw, 267px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Tombeau de Gilles Le Maistre et sa femme aux Cordeliers<\/em><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:26px\">1543- 1544. Philippe de Tr\u00e9pigny<\/p>\n\n\n\n<p>Philippe de Trepigny<a><sup> <\/sup><\/a><sup id=\"rf4-263\"><a href=\"#fn4-263\" title=\"alias Trepigne ou Terpigne\" rel=\"footnote\">4<\/a><\/sup> connaissait bien Gilles Le Maistre, parce qu\u2019il lui avait d\u00e9j\u00e0 achet\u00e9 plusieurs pi\u00e8ces de terre. Le terrain du 51 qu\u2019il acquit en septembre 1543 avait une superficie de 140 toises et aboutissait d\u2019un bout,  \u00e0 l&rsquo;est, \u00e0 un certain Thomas Hardy et de l\u2019autre sur la rue de Seine. Il s\u2019engageait \u00e0 rembourser la moiti\u00e9 des murailles que ses voisins Claude Andr\u00e9, L\u00e9on de Marzelay et Thomas Hardy avaient d\u00e9j\u00e0 construites. En outre, il promettait d\u2019y \u00e9difier dans un d\u00e9lai de deux ans une maison \u00ab\u00a0manable\u00a0\u00bb (habitable)\u00a0en y employant au moins 200L tournois et de la maintenir en si bon \u00e9tat de valeur et de r\u00e9parations que Gilles Le Maistre ou ses hoirs pourraient ais\u00e9ment r\u00e9cup\u00e9rer leur argent en cas de d\u00e9faillance de sa part. Il devait lui verser chaque ann\u00e9e, une rente annuelle de 21 livres tournois et en outre il s\u2019engageait \u00e0 verser \u00e0 l\u2019abbaye de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s le cens qui se montait \u00e0 14 deniers.\u00a0L\u2019achat de la pi\u00e8ce de terre n\u2019\u00e9tait pour Philippe de Trepigny qu\u2019un investissement foncier pour r\u00e9aliser une bonne affaire. M\u00eame s\u2019il \u00e9tait fort riche puisqu\u2019il faisait partie des Six Corps<sup id=\"rf5-263\"><a href=\"#fn5-263\" title=\"La corporation des bonnetiers faisait partie d\u2019une sorte d\u2019aristocratie industrielle et d\u00e9filait en 5e position depuis l\u2019entr\u00e9e de la reine Marie d\u2019Angleterre \u00e0 Paris en 1514\" rel=\"footnote\">5<\/a><\/sup>, il ne n\u00e9gligeait point les petits profits : l\u2019ann\u00e9e suivante, avant d\u2019\u00eatre oblig\u00e9 de b\u00e2tir une maison, il vendit le terrain \u00e0 un certain Jean Milles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:27px\">Jean Milles<\/p>\n\n\n\n<p>Nous n\u2019avons pas retrouv\u00e9 l\u2019acte de vente de Philippe de Tr\u00e9pigny \u00e0 Jean Milles, mais les comptes de l\u2019abbaye de 1548<sup id=\"rf6-263\"><a href=\"#fn6-263\" title=\"A.N. ; LL1125\" rel=\"footnote\">6<\/a><\/sup><a><sup> <\/sup><\/a>&nbsp;indiquent que le propri\u00e9taire est Jehan Milles \u00ab&nbsp;au lieu de Philippe de Trepigny pour sa maison couverte d\u2019ardoise, jardin et lieux&nbsp;\u00bb. Il versait lui aussi 14 deniers oboles de cens \u00e0 l\u2019abbaye de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s et les 21L de rente fonci\u00e8re \u00e0 Gilles Le Maistre. Ses voisins \u00e9taient encore L\u00e9on de Marzelay (\u00e0 droite) et Claude Andr\u00e9 (\u00e0 gauche).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Devenu propri\u00e9taire, il ne tarda point \u00e0 construire une maison. D\u00e8s le 11 mai 1545, il signa avec Claude Lemoyne, ma\u00eetre serrurier, un march\u00e9<a><sup> <\/sup><\/a><sup id=\"rf7-263\"><a href=\"#fn7-263\" title=\"A.N. ; M.C. ; VIII\/213\" rel=\"footnote\">7<\/a><\/sup>&nbsp;pour y poser des fen\u00eatres, des ch\u00e2ssis dormants et des ferrures \u00ab&nbsp;pour sa maison \u00e0 Saint-Germain-des-Pr\u00e9s, b\u00e2tie de neuf&nbsp;\u00bb. Il lui en co\u00fbtait 100 sols tournois par crois\u00e9e et 5o sols tournois par demie crois\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean Milles<a><sup> <\/sup><\/a><sup id=\"rf8-263\"><a href=\"#fn8-263\" title=\"Les renseignements biographiques sur Jean Milles sont largement tir\u00e9s du Bulletin de la Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019\u00e9mulation du d\u00e9partement de l\u2019Allier (5) \" rel=\"footnote\">8<\/a><\/sup> \u00e9tait n\u00e9 \u00e0 la fin du XVe si\u00e8cle \u00e0 Souvigny dans le Bourbonnais ainsi qu\u2019il le rappelait dans le titre de chacun de ses ouvrages\u00a0de droit :<em>\u00a0Joannes Millaeus, Boius Silvignacus.<\/em> Il fit probablement ses \u00e9tudes de droit et ses premiers pas d\u2019avocat \u00e0 Toulouse. Il \u00e9crivait en effet dans un de ses ouvrages : \u00ab\u00a0<em>C\u2019est ainsi que j\u2019ai vu pratiquer \u00e0 Toulouse par le lieutenant de M. Bertrand, pr\u00e9v\u00f4t du roi qui, le jour m\u00eame de P\u00e2ques, fit battre de verges un larron qui avait coup\u00e9 une bourse et le condamna \u00e0 l\u2019exil\u00a0; j\u2019y exer\u00e7ais alors\u00a0la profession\u00a0d\u2019avocat\u00a0<\/em>\u00bb.\u00a0On le retrouve en 1529 \u00e0 Paris, avocat au Parlement\u00a0de Paris : \u00ab\u00a0Jean Berquin, t\u00e9moigne-t-il, qui \u00e9tait accus\u00e9 d\u2019h\u00e9r\u00e9sie, fut condamn\u00e9 par arr\u00eat du Parlement \u00e0 faire amende honorable sur la pierre de marbre des degr\u00e9s du Palais, et n\u2019ayant pas voulu ex\u00e9cuter l\u2019arr\u00eat, il fut renvoy\u00e9 en prison et condamn\u00e9 par un autre arr\u00eat \u00e0 \u00eatre br\u00fbl\u00e9. Et moi-m\u00eame, ajoute-t-il, \u00e9tant alors\u00a0avocat au Parlement de Paris,\u00a0j\u2019ai vu ex\u00e9cuter cette sentence devant la maison commune, l\u2019an 1529, le 17 avril\u00a0\u00bb.En 1535, il \u00e9tait pr\u00e9v\u00f4t, \u00e0 ce titre il rendait des sentences jusqu\u2019\u00e0 la mort et les faisait ex\u00e9cuter. <\/p>\n\n\n\n<p>En 1537, il d\u00e9livra une sentence par laquelle il condamnait un certain Thomas Lafontaine, blasph\u00e9mateur, \u00e0 \u00eatre attach\u00e9 au poteau de la premi\u00e8re \u00e0 la neuvi\u00e8me heure pour y \u00eatre expos\u00e9 \u00e0 l\u2019insulte des passants, et y recevoir la boue, les ordures et m\u00eame les pierres qu\u2019ils trouveront \u00e0 propos de lui jeter. En 1538, il porta et fit ex\u00e9cuter une sentence de mort contre un sacril\u00e8ge du nom de \u2026&nbsp;<em>Saint Vincent&nbsp;<\/em>!<\/p>\n\n\n\n<p>Le 17 janvier 1538 <sup id=\"rf9-263\"><a href=\"#fn9-263\" title=\"A.N.\u00a0: Z\/1e\/323 fol.213\" rel=\"footnote\">9<\/a><\/sup> il re\u00e7ut l\u2019office de lieutenant particulier en la cour des Eaux et for\u00eats, au si\u00e8ge de la Table de marbre \u00e0 Paris. Il exer\u00e7a cette fonction avec une grande rigueur et une extr\u00eame s\u00e9v\u00e9rit\u00e9, on peut m\u00eame dire une extr\u00eame cruaut\u00e9. \u00ab\u00a0Le condamn\u00e9, dit-il, doit avoir les jambes, les cuisses et les reins cass\u00e9s et rompus, il doit \u00eatre expos\u00e9 sur une roue \u00e9lev\u00e9e, jusqu\u2019\u00e0 ce que sa vie s\u2019\u00e9chappe dans la douleur\u00a0\u00bb.\u00a0Pendant qu\u2019\u00e0 Paris il occupait la charge de pr\u00e9v\u00f4t, il rencontra la duchesse de Nemours, comtesse douairi\u00e8re de Genevois, Charlotte d\u2019Orl\u00e9ans qui lui confia la charge de premier pr\u00e9sident au parlement de Savoie, \u00e0 Annecy. Durant deux ans, il remplit cette fonction avec un si grand z\u00e8le qu\u2019il se fit beaucoup d\u2019ennemis et en particulier d\u2019un certain Floquet qui organisa un complot contre lui et le d\u00e9non\u00e7a pour corruption. Entre-temps, la duchesse qui \u00e9tait sa protectrice mourut. Il perdait une alli\u00e9e de poids et fut suspendu. Cependant il se d\u00e9battit comme un beau diable et obtint une \u00e9clatante r\u00e9paration\u00a0: le calomniateur fut condamn\u00e9 \u00e0 deux ans d\u2019exil, \u00e0 une forte amende envers le fisc. En outre, il d\u00fbt verser des dommages et int\u00e9r\u00eats et contraint de fl\u00e9chir le genou, la t\u00eate d\u00e9couverte, devant Jean Milles et \u00e0 lui demander pardon.\u00a0\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Mais des difficult\u00e9s impr\u00e9vues l\u2019attendaient et sa qualit\u00e9 de Fran\u00e7ais, donc d\u2019\u00e9tranger, le fit renvoyer de sa charge. Il en con\u00e7ut une grande amertume et revint \u00e0 Paris o\u00f9 il reprit sa profession d\u2019avocat au Parlement. Remarqu\u00e9 par le duc de Guise, il fut nomm\u00e9 lieutenant g\u00e9n\u00e9ral pour le roi au baillage de Bugey et Val Romey. On sait que Fran\u00e7ois Ier avait d\u00e9pouill\u00e9 de ses \u00e9tats le prince Charles de Savoie, et par cons\u00e9quent le Bugey et le Val-Romey, qui en faisaient partie, se trouvaient administr\u00e9s au nom du roi de France. Ce qui explique comment Jean Milles fut envoy\u00e9 \u00e0 Annecy par la duchesse et dans le Bugey par le roi.<\/p>\n\n\n\n<p>On le retrouve ensuite en 1551. Le 7 janvier de cette ann\u00e9e<sup id=\"rf10-263\"><a href=\"#fn10-263\" title=\"&lt;a&gt;&lt;sup&gt; &lt;\/sup&gt;&lt;\/a&gt;A.N.&nbsp;: Y 98 fol. 207. Insinuation du mariage\" rel=\"footnote\">10<\/a><\/sup>, il signa devant Me Mayeul Auclerc le contrat de mariage de sa fille Claude avec Jean de Vigne. Par ce contrat, Geffroy de Vigne, licenci\u00e9 en lois, lieutenant g\u00e9n\u00e9ral pour le roi du ch\u00e2teau de Souvigny, seigneur de Chery et de la Vivert, et Claude Chamelet, sa femme, p\u00e8re et m\u00e8re de Jean de Vigne, \u00e9cuyer, donnaient \u00e0 leur fils les ch\u00e2teau, terre et seigneurie de Chery et plusieurs m\u00e9tairies en la paroisse de Souvigny, avec le b\u00e9tail et le mobilier qui s\u2019y trouvaient. De leur c\u00f4t\u00e9, Jean Milles, lieutenant g\u00e9n\u00e9ral pour le roi du bailli de Bugey, \u00e0 Belley en Savoie, seigneur de la Petite-Matr\u00e9e, pr\u00e8s Souvigny, et Marie Cardon, sa femme, montr\u00e8rent toute l\u2019affection qu\u2019ils portaient \u00e0 leurs filles. Ils donnaient \u00e0 Claude la terre de la Petite Matr\u00e9e lez Souvigny, avec le b\u00e9tail et le bl\u00e9 qui s&nbsp;\u2018y trouvaient, et divers pr\u00e9s et \u00e9tangs en d\u00e9pendant. Ils promettaient aussi de payer aux futurs \u00e9poux, dans le d\u00e9lai de quatre mois, une somme de 400 \u00e9cus d\u2019or. En outre, Marie Cardon lui donnait Claude, ainsi qu\u2019\u00e0 sa s\u0153ur Jeanne,&nbsp;&nbsp;une maison \u00e0 Paris, pr\u00e8s le Petit Pont, au coin de la rue de la Huchette, lou\u00e9e 190 livres tournois par an. Elle y ajoutait 20 livres de beurre, et le tiers d\u2019une ferme et d\u2019un domaine appel\u00e9s l\u2019h\u00f4tel de Bonni\u00e8res, \u00e0 Massy. Il \u00e9tait convenu que Geffroy de Vigne et sa femme entretiendraient les futurs \u00e9poux avec leurs gens.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 21 septembre 1551<sup id=\"rf11-263\"><a href=\"#fn11-263\" title=\"&nbsp;A.N., M.C.&nbsp;:VIII\/213 , 21\/09\/1551\" rel=\"footnote\">11<\/a><\/sup> , Jean Milles louait la maison de la rue de Seine \u00e0 Jean Forest, avocat au Parlement, et \u00e0 Edme de Vigne, protonotaire au Saint Si\u00e8ge. \u00c0 cette occasion, il prit Jean de Vigne, son gendre, comme procureur. On apprend par l\u2019acte que la maison consistait en deux corps d\u2019h\u00f4tel, une cour et un jardin. Ses voisins \u00e9taient toujours les in\u00e9vitables L\u00e9on de Marzelay et Claude Andr\u00e9, tous deux toujours procureurs en Parlement.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 18 octobre 1557<a><sup> <\/sup><\/a><sup id=\"rf12-263\"><a href=\"#fn12-263\" title=\"A.N., M.C.&nbsp;: XLIX\/280 18\/10\/1557\" rel=\"footnote\">12<\/a><\/sup> Gilles Le Maistre et sa femme Marie Sapin d\u00e9cid\u00e8rent de pr\u00e9parer le salut de leur \u00e2me. Jean Milles y joua indirectement et involontairement un r\u00f4le. En effet, pour s\u2019assurer les pri\u00e8res salvatrices, le pr\u00e9sident et sa femme rencontr\u00e8rent les marguilliers de l\u2019\u00e9glise Saint-C\u00f4me et Saint-Damien, leur paroisse, pour fonder en cette \u00e9glise quatre obits annuels et perp\u00e9tuels de vigiles \u00e0 9 psaumes et 9 laudes, plus 3 messes hautes avec diacre et sous-diacres, la premi\u00e8re d\u00e9di\u00e9e au Saint-Esprit, la seconde \u00e0 Notre-Dame et la troisi\u00e8me aux tr\u00e9pass\u00e9s.&nbsp;Bien entendu, ces messes n\u2019\u00e9taient pas dites sans une juste r\u00e9tribution. Ils donn\u00e8rent donc \u00e0 la fabrique de l\u2019\u00e9glise Saint-C\u00f4me et Saint-Damien les 21L \u00ab&nbsp;de rente fonci\u00e8re de bail d\u2019h\u00e9ritage \u00e0 eux appartenant [\u2026]&nbsp;&nbsp;\u00e0 prendre sur une maison, jardin et lieux qui alors appartenait \u00e0 Jehan Milles&nbsp;[\u2026] dont les droits lui avaient \u00e9t\u00e9 transport\u00e9s par Philippe de Tr\u00e9pigny\u00bb. L\u2019acte pr\u00e9cise qu\u2019une maison avait \u00e9t\u00e9 b\u00e2tie et que le contrat de bail d\u2019h\u00e9ritage sign\u00e9 entre Le Maistre et Tr\u00e9pigny datait bien du 25 septembre 1543&nbsp;. Il n\u2019y a donc aucun doute&nbsp;: le terrain fut vendu par Philippe de Tr\u00e9pigny \u00e0 Jean Milles.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette rente nous rendra encore de pr\u00e9cieux service puisque elle nous permettra de conna\u00eetre le propri\u00e9taire suivant de la maison.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:26px\">La famille Lhuillier<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un certain&nbsp;&nbsp;Jean Lhuillier, banquier exp\u00e9ditionnaire en cour de Rome, qui racheta la maison et donc continua \u00e0 verser aux marguilliers les 21 livres annuelles. Il y habita au moins quelques temps comme en t\u00e9moigne un acte sign\u00e9 en 1580 devant son notaire Lenain.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Jean Lhuillier qui \u00e9tait sans doute las d\u2019avoir \u00e0 payer tous les trimestres la rente fonci\u00e8re \u00e0 l\u2019\u00e9glise Saint-C\u00f4me et Saint-Damien, d\u00e9cida d\u2019en racheter les deux tiers, comme il en avait le droit. Le 29 mars 1577<a><sup> <\/sup><\/a><sup id=\"rf13-263\"><a href=\"#fn13-263\" title=\", il rencontra \u00e0 nouveau Me Lenain et Scipion de Frontig\u00e8res, marguillier de cette \u00e9glise et signa l\u2019acte qui reconnaissait qu\u2019il avait vers\u00e9 285 livres 5 sols&nbsp;&nbsp;pour le rachat des 2\/3 de la rente de 21L, \u00e0 savoir 280 livres tournois&lt;a&gt;&lt;sup&gt;[2]&lt;\/sup&gt;&lt;\/a&gt;&nbsp;pour le \u00ab&nbsp;sort principal&nbsp;\u00bb de la rente et le reste pour les frais. Il \u00e9tait pr\u00e9cis\u00e9 que la fabrique de l\u2019\u00e9glise devait remployer la somme vers\u00e9e afin de continuer la fondation qu\u2019avait faite Gilles Le Maistre et sa femme.&lt;\/p&gt;\n\n\n\n&lt;p&gt;Nous savons peu de choses sur ce banquier en cour de Rome qui habita rue de La Harpe puis rue de Seine comme en t\u00e9moigne un acte qu\u2019il signe en 1580&nbsp;:&lt;\/p&gt;\n\n\n&lt;div class=&quot;wp-block-image&quot;&gt;\n&lt;figure class=&quot;aligncenter size-large&quot;&gt;&lt;img src=&quot;https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/LhuillierW.jpg&quot; alt=&quot;&quot; class=&quot;wp-image-300&quot;\/&gt;&lt;\/figure&gt;&lt;\/div&gt;\n\n\n&lt;p&gt;et dont voici la transcription&nbsp;: &lt;em&gt;Fut pr\u00e9sent en sa personne noble homme Me Jehan Lhuillier, banquier, bourgeois de Paris demeurant \u00e0 St Germain des Pr\u00e9s en la rue de Seyne .&lt;\/em&gt;&lt;\/p&gt;\n\n\n\n&lt;p&gt;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Lorsqu\u2019il mourut le 5 juin 1580, il fit de son neveu Gabriel Lhuillier son l\u00e9gataire universel.&nbsp;&lt;\/p&gt;\n\n\n\n&lt;p&gt;Gabriel Lhuillier \u00e9tait avocat au Parlement et banquier exp\u00e9ditionnaire en cour de Rome. Il s\u2019aper\u00e7ut assez vite que les marguilliers de Saint-C\u00f4me et Saint-Damien n\u2019avaient pas fait de remploi de la somme vers\u00e9e par son oncle pour le rachat de la rente. Il leur demanda une indemnit\u00e9 qui lui fut vers\u00e9e sous la forme de 80 \u00e9cus d\u2019or soleil.&lt;\/p&gt;\n\n\n\n&lt;p&gt;Gabriel Lhuillier mourut le 14 juin 1611. Par son testament qu\u2019il avait r\u00e9dig\u00e9 le 2 avril 1611, il demandait \u00ab&nbsp;qu\u2019en raison de la d\u00e9votion et la bonne affection&nbsp;&nbsp;envers l\u2019abbaye de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s&nbsp;\u00bb, il voulait y \u00eatre inhum\u00e9. Dans ce but, il lui l\u00e9guait 50 livres tournois de rente annuelle et perp\u00e9tuelle&nbsp;\u00e0 la charge de dire et c\u00e9l\u00e9brer par les religieux et leurs successeurs trois services par an, le premier le jour du d\u00e9c\u00e8s de feu Me Jean Lhuillier son oncle mort le 5 juin 1580, l\u2019autre le jour du d\u00e9c\u00e8s de son propre d\u00e9c\u00e8s et le 3&lt;sup&gt;e&lt;\/sup&gt;&nbsp;le lendemain ou autre jours suivants apr\u00e8s le jour des morts, le tout \u00e0 l\u2019intention de prier Dieu pour son \u00e2me , celle de ses p\u00e8re et m\u00e8re , son oncle et tous ses autres parents.&nbsp;&lt;\/p&gt;\n\n\n\n&lt;p&gt;La clause du testament fut ex\u00e9cut\u00e9e par Claude Lhuillier, banquier exp\u00e9ditionnaire en cour de Rome et Gaspard Lhuillier qui \u00e9tait \u00e9tudiant en droit \u00e0 l\u2019universit\u00e9 d\u2019Orl\u00e9ans&lt;a&gt;&lt;sup&gt;[3]&lt;\/sup&gt;&lt;\/a&gt;. Cette rente \u00e9tait \u00e0 prendre sur une maison une maison situ\u00e9e rue de La Harpe dans laquelle avait habit\u00e9 Gabriel Lhuillier.&nbsp;&lt;\/p&gt;\n\n\n\n&lt;p&gt;On vit d\u2019ann\u00e9e en ann\u00e9e Claude Lhuillier s\u2019acquitter de cette somme. Par son testament, il donna \u00e0 l\u2019abbaye 6000 livres, \u00e0 charge qu\u2019on ferait c\u00e9l\u00e9brer tous les jours et \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 une messe. Il fit de plus faire un caveau pour lui, son oncle et son grand-oncle \u00ab&nbsp;en la troisi\u00e8me chapelle \u00e0 main droite \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du ch\u0153ur joignant celle du comte Douglas&lt;a&gt;&lt;sup&gt;[4]&lt;\/sup&gt;&lt;\/a&gt;&nbsp;\u00bb Les clauses du contrat furent sign\u00e9es devant Le Gay et Saint Leu, mais il ne put signer \u00ab&nbsp;\u00e0 cause d\u2019une indisposition qu\u2019il avait au bras et \u00e0 la main&nbsp;\u00bb\u2026&lt;\/p&gt;\n\n\n\n&lt;p&gt;&lt;strong&gt;O\u00f9 une rente revient sur la sc\u00e8ne :&lt;\/strong&gt;&lt;\/p&gt;\n\n\n\n&lt;p&gt;C\u2019est probablement vers 1580, \u00e0 la mort de Jean Lhuillier, que la maison changea \u00e0 nouveau de propri\u00e9taire. La France connaissait alors une p\u00e9riode fort troubl\u00e9e puisque nous \u00e9tions en pleine lutte entre les protestants et catholiques. Le quartier de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s abritait de nombreux habitants de la religion r\u00e9form\u00e9e&lt;a&gt;&lt;sup&gt; &lt;\/sup&gt;&lt;\/a&gt;&nbsp;((On disait de ce quartier que c\u2019\u00e9tait la petite Gen\u00e8ve.\" rel=\"footnote\">13<\/a><\/sup> et les luttes entre les deux camps \u00e9taient f\u00e9roces. Lorsque Henri IV fit le si\u00e8ge de Paris presque toutes les maisons situ\u00e9es rue de Seine et rue Mazarine furent d\u00e9truites soit lors d\u2019assauts, soit volontairement afin d\u2019\u00e9viter que les assi\u00e9geants puissent jouir d\u2019une position haute sur Paris. Dans ces conditions, on comprend que les abb\u00e9s de Saint-Germain n\u2019aient pas bien tenu leurs censiers, cueillerets et comptes ou les aient perdus.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Cependant le cueilleret de 1595 fait mention d\u2019un nouveau propri\u00e9taire&nbsp;:&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;De Monsieur de Peyrat, thr\u00e9sorier g\u00e9n\u00e9ral de la maison de Monsieur de Montpensier au lieu des ayans cause de feu Me Jehan Lhuillier, banquier, pour une grande maison couverte d\u2019ardoise assise en la rue de Seyne, tenant d\u2019une part audict de Villars, advocat, d\u2019autre part aux h\u00e9ritiers de feu Claude Andr\u00e9, aboutissant d\u2019un bout par devant sur ladicte rue de Seyne et par derri\u00e8re \u00e0 ________ qui doibt de cens chacun an ledict jour sainct Remy 15 solz&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Mais nous savons, gr\u00e2ce \u00e0 la rente souscrite par Gilles Le Maistre qu\u2019un autre propri\u00e9taire s\u2019est intercal\u00e9 entre Lhuillier et M. de Peyrat. Il s\u2019agit de Mathieu Martin, valet de chambre du roi de Navarre, seigneur de Malissis et de L\u00e9glantier. Il \u00e9tait l\u2019\u00e9poux de Madeleine de Lamanny qui \u00e9tait gouvernante des enfants de la reine.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il \u00e9tait aussi gouverneur de la Capelle et soutenait Henri IV contre la ligue. Lorsque les espagnols vinrent faire le si\u00e8ge du fort, seul, sans le secours des arm\u00e9es du roi qui ne put le joindre,&nbsp;&nbsp;il d\u00fbt se rendre\u2026 La forteresse resta aux mains des ennemis jusqu\u2019en 1598 mais il ne vit pas cette victoire puisqu\u2019il mourut de la peste \u00e0 Paris le 21 juin 1596 <sup id=\"rf14-263\"><a href=\"#fn14-263\" title=\"&nbsp;Pierre de L\u2019Estoile, M\u00e9moires-Journaux TomeVII page 65\" rel=\"footnote\">14<\/a><\/sup>. Sa veuve devint gouvernante du dauphin Louis XIII<a><sup> <\/sup><\/a>&nbsp;<sup id=\"rf15-263\"><a href=\"#fn15-263\" title=\"&nbsp;Ibid. TomeVII page 164. \u00ab&nbsp;Le 29 juin 1604, M. le Dauphin passa par Paris pour aller \u00e0 Fontainebleau, o\u00f9 le roy l\u2019avoit mand\u00e9. Il estoit dans une liti\u00e8re d\u00e9couverte, o\u00f9&nbsp;Madame de Malissis, sa Gouvernante, le tenoit, et il y eut force vivat cri\u00e9s par la peuple \u00e0 son arriv\u00e9e&nbsp;\u00bb.\" rel=\"footnote\">15<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils avaient eu au moins deux enfants. Le premier qui s\u2019appelait Mathieu eut une courte et belle carri\u00e8re militaire. Le deuxi\u00e8me \u00e9tait une fille, Anne, qui \u00e9pousa&nbsp;&nbsp;\u00ab&nbsp;noble homme et sage messire Fran\u00e7ois Tardieu, seigneur de Melleville, conseiller du Roy et g\u00e9n\u00e9ral en sa court des aydes&nbsp;\u00bb. \u00c9taient pr\u00e9sents \u00e0 la signature du contrat qui fut sign\u00e9 chez Mahieu et Mahieu le 26 novembre 1598<a><sup> <\/sup><\/a>&nbsp;<sup id=\"rf16-263\"><a href=\"#fn16-263\" title=\"A.N., M.C.&nbsp;: CV\/79&nbsp;&nbsp;le 26\/11\/1598\" rel=\"footnote\">16<\/a><\/sup> du c\u00f4t\u00e9 du futur Marguerite de Bonguete, veuve du baron de Helemps, sa cousine germaine, Nicolas Thuillier, avocat en Parlement<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, la maison de la rue de Seine avec ses deux corps d\u2019h\u00f4tel \u00e9tait compl\u00e8tement ruin\u00e9e par les guerres de religion. La dame de Malissis ne payait plus la rente aux marguilliers de Saint-C\u00f4me et Saint-Damien qui \u00e9taient alors Omer Talon, avocat au parlement, et&nbsp;&nbsp;Baptiste Hullon, procureur en la m\u00eame cour. Ils demand\u00e8rent la saisie et la mise aux cri\u00e9es \u00ab&nbsp;une masure ou maison en ruyne size aud lieu de la rue de Seyne qui consistoit en ung corps de logis contenant salle, cuisine, chambres haultes, grenier, puis, autre corps de logis sur le devant consistant en estable, bucher, chambre haulte, gallerye, court au millieu des deux, jardin derri\u00e8re et maintenant en masure seullement et ruynes de fondz en comble&nbsp;\u00bb<sup id=\"rf17-263\"><a href=\"#fn17-263\" title=\"On est frapp\u00e9s par la similitude de la topographie des lieux avec celle qui existe actuellement : un b\u00e2timent sur rue, un b\u00e2timent derri\u00e8re avec une cour au milieu et un jardin derri\u00e8re\" rel=\"footnote\">17<\/a><\/sup>. Les voisins \u00e9taient maintenant \u00e0 droite les h\u00e9ritiers de Christofle Lamonyeux<a><sup> <\/sup><\/a><sup id=\"rf18-263\"><a href=\"#fn18-263\" title=\"Lui-m\u00eame h\u00e9ritier de Claude Andr\u00e9\" rel=\"footnote\">18<\/a><\/sup> et \u00e0 gauche la veuve de&nbsp;&nbsp;Pierre Lecourt. La maison fut adjug\u00e9e le 7 mai 1603 \u00e0 Fran\u00e7ois Peyrat.<br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:26px\">1603-1658. La Famille Peyrat<\/p>\n\n\n\n<p>La paix enfin revenue, de nouveaux habitants vinrent s\u2019installer \u00e0 Saint-Germain et commenc\u00e8rent \u00e0 construire.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;C\u2019est en effet exactement le 7 mai 1603 que Fran\u00e7ois de Peyrat acquit, pour la somme modeste de 2500 livres et par adjudication au Ch\u00e2telet, le terrain qui ne contenait alors qu\u2019une ruine. Fran\u00e7ois Peyrat suivit si bien l\u2019exemple de ses compatriotes que son terrain contenait en 1628&nbsp;<sup id=\"rf19-263\"><a href=\"#fn19-263\" title=\"&nbsp;A.N. (Archives nationales), S 3059\" rel=\"footnote\">19<\/a><\/sup> quatre maisons&nbsp;: l\u2019une donnait directement sur la rue de Seine par une porte coch\u00e8re, la seconde, plus grande, se situait entre cour et jardin et&nbsp;&nbsp;enfin les deux autres \u00e9taient derri\u00e8re et avaient leurs entr\u00e9es rue Mazarine<a><sup> <\/sup><\/a>&nbsp;<sup id=\"rf20-263\"><a href=\"#fn20-263\" title=\"A.N.&nbsp;: S3058, terrier de 1628.\" rel=\"footnote\">20<\/a><\/sup> qui s\u2019appelait \u00e0 cette \u00e9poque rue des foss\u00e9s d\u2019entre les portes de Nesle et de Bussy.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"519\" height=\"263\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Cueilleret_Peyrat_1595W.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-269\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Cueilleret_Peyrat_1595W.jpg 519w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Cueilleret_Peyrat_1595W-300x152.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 519px) 100vw, 519px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>D\u00e9claration Peyrat<\/em><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Fran\u00e7ois Peyrat<sup id=\"rf21-263\"><a href=\"#fn21-263\" title=\"alias Fran\u00e7ois de Peyrat\" rel=\"footnote\">21<\/a><\/sup>, dont la famille \u00e9tait originaire de Pezenas, avait \u00e9pous\u00e9 en 1595<a><sup> <\/sup><\/a>&nbsp;<sup id=\"rf22-263\"><a href=\"#fn22-263\" title=\"Le contrat de mariage fut sign\u00e9 devant le notaire Claude de Troyes le 22 juillet 1595. Malheureusement son \u00e9tat de conservation ne permet pas sa consultation.\" rel=\"footnote\">22<\/a><\/sup> Philippe Le Ragois, fille de B\u00e9nigne Le Ragois, en son vivant notaire et secr\u00e9taire du roi et de Marie Saulcier. Elle \u00e9tait aussi la s\u0153ur du c\u00e9l\u00e8bre Claude Le Ragois, seigneur de Bretonvilliers.<\/p>\n\n\n\n<p>Le couple vint habiter rue de Seine, apr\u00e8s, \u00e9videmment, fit reconstruire les lieux. Malheureusement, nous n\u2019avons pas pu retrouver les march\u00e9s de construction qu\u2019il a pu signer. Mais nous verrons plus loin comment se pr\u00e9sentaient les lieux.<\/p>\n\n\n\n<p>De leur mariage naquirent six enfants&nbsp;: Charlotte qui \u00e9pousa en 1614 \u00ab&nbsp;noble homme Christian Yoland&nbsp;\u00bb, Ren\u00e9, \u00e9cuyer et seigneur de Sallange, Jacques,&nbsp;conseiller du roi et contr\u00f4leur g\u00e9n\u00e9ral des rentes de la ville de Paris qui \u00e9pousa Charlotte Petit dont il eut une fille, Ang\u00e9lique, Claude, seigneur de La Boullaye, et contr\u00f4leur des rentes, Madeleine qui s\u2019unira \u00e0 Jacques M\u00e9rieult, seigneur des Parquets et Jean, seigneur et baron de La Redorte.<\/p>\n\n\n\n<p>Fran\u00e7ois de Peyrat exer\u00e7ait la fonction \u00e0 la fois consid\u00e9rable et lucrative de tr\u00e9sorier g\u00e9n\u00e9ral du duc de Montpensier, cousin du roi Henri IV et de surcro\u00eet un des hommes les plus fortun\u00e9s de France.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En 1604<a><sup> <\/sup><\/a><sup id=\"rf23-263\"><a href=\"#fn23-263\" title=\"A.N., M.C. I\/60 Contrat de constitution \u00e0 Nicolas Vedeau par Fran\u00e7ois Peyrat du 10 juin 1604.\" rel=\"footnote\">23<\/a><\/sup>,  Fran\u00e7ois Peyrat constitue une rente de 500L pour la somme de 8000L \u00e0 Nicolas Vedeau contr\u00f4leur g\u00e9n\u00e9ral des gabelles et finances en Languedoc. Cette rente est assign\u00e9e sur une grande maison sise rue de Seine contenant deux corps d\u2019h\u00f4tel et tenant d\u2019une part aux h\u00e9ritiers de feu M. Le Court et d\u2019autre \u00e0 M. Lusson docteur en m\u00e9decine.&nbsp;&nbsp;Etait-ce pour en payer les frais de construction&nbsp;? Probablement, puisque de la masure achet\u00e9e le 7 mai 1603, on trouve en juin 1604 une grande maison en deux corps d\u2019h\u00f4tel. Deux ans apr\u00e8s, jours pour jours, il racheta la rente, montrant ainsi que la fonction qu\u2019il exer\u00e7ait aupr\u00e8s du duc de Montpensier \u00e9tait fort lucrative \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;L\u2019ann\u00e9e 1612 le verra faire une acquisition beaucoup plus importante. Il s\u2019agissait du magnifique ch\u00e2teau de Boumois situ\u00e9 \u00e0 Saint-Martin-de\u2013la-Place pr\u00e8s de Saumur avec la ch\u00e2tellenie, les fiefs, terres et d\u00e9pendances. La vente fut sign\u00e9e le 30 juin 1607 devant&nbsp;&nbsp;deux tabellions de Tours<sup id=\"rf24-263\"><a href=\"#fn24-263\" title=\"L\u2019acte n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9. Ces assertions sont bas\u00e9es sur le contrat de revente.\" rel=\"footnote\">24<\/a><\/sup>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-media-text alignwide\"><figure class=\"wp-block-media-text__media\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"377\" height=\"280\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/BoumoisW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-267 size-full\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/BoumoisW.jpg 377w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/BoumoisW-300x223.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 377px) 100vw, 377px\" \/><\/figure><div class=\"wp-block-media-text__content\">\n<p style=\"font-size:17px\">Les vendeurs \u00e9taient Charles de Thory et Suzanne de Contour. Ren\u00e9 de Thory, a\u00efeul de Charles, l\u2019avait fait construire \u00e0 500m du ch\u00e2teau fort primitif. Vers 150-1570, les propri\u00e9taires avaient renforc\u00e9 les d\u00e9fenses \u00e0 cause des guerres de religion.&nbsp;Prudent, Fran\u00e7ois de Peyrat en avait fait l\u2019acquisition avec \u00ab&nbsp;possibilit\u00e9 de rendre pour 9 ans&nbsp;\u00bb et moyennant la somme de 30403 livres 6 sols tournois dont une partie \u00e9taient vers\u00e9e sous forme de rente.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n\n\n\n\n<p>En ce d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 1608, la tristesse se r\u00e9pandit \u00e0 la Cour parce qu\u2019on d\u00e9sesp\u00e9rait de la vie de Henri de Bourbon, duc de Montpensier. Les m\u00e9decins n\u2019arrivaient pas \u00e0 bout de la blessure qu\u2019il avait re\u00e7ue au si\u00e8ge de Dreux. Devenu squelettique, il se nourrissait exclusivement de lait de femme. Sa femme, Henriette-Catherine de Joyeuse, lui avait donn\u00e9 une fille unique qui avait maintenant deux ans. C\u2019\u00e9tait une riche h\u00e9riti\u00e8re que le roi voulait marier au duc d\u2019Orl\u00e9ans qui n\u2019avait d\u2019ailleurs qu\u2019un an.&nbsp;&nbsp;Sentant qu\u2019il vivait ses derniers jours, Henri IV voulut assurer le mariage par un contrat qu\u2019il fit signer par le duc le 14 janvier. Le roi, la reine, le duc et la duchesse de Montpensier, Marguerite de Valois, les Princes de sang et plusieurs seigneurs assist\u00e8rent \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Un mois apr\u00e8s le duc de Montpensier fit son testament par lequel, si la Princesse mourrait sans enfants, il donnait le dauphin\u00e9 d\u2019Auvergne, le duch\u00e9 de Montpensier et les Combrailles \u00e0 sa femme&nbsp;; les Dombes et le Beaujolais et le duch\u00e9 de Saint-Fargeau au duc d\u2019Orl\u00e9ans ainsi que tous ses autres biens \u00e0 l\u2019exception de ceux donn\u00e9s \u00e0 sa femme. Ayant ainsi mis de l\u2019ordre dans ses affaires, il mourut quelques jours apr\u00e8s, le 27 f\u00e9vrier, assist\u00e9 par le duc de Joyeuse, son beau-p\u00e8re qui s\u2019\u00e9tait fait capucin sur la fin de sa vie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ce fut un grand chagrin \u00e0 la Cour car c\u2019\u00e9tait un homme tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9. Les fun\u00e9railles eurent lieu le 21 mars \u00e0 Notre-Dame<sup id=\"rf25-263\"><a href=\"#fn25-263\" title=\"A.N.&nbsp;: K998\" rel=\"footnote\">25<\/a><\/sup>.&nbsp;&nbsp;Henri IV les voulut magnifiques qui avait \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement tapiss\u00e9e de drap noir avec des lais de velours par dessus garnis d\u2019\u00e9cussons aux armes du duc. Il avait fait placer des chaises hautes dans le ch\u0153ur tendues de drap noir et d\u2019\u00e9cussons. Une chapelle ardente \u00e9tait dress\u00e9e et la bi\u00e8re couverte d\u2019un riche drap d\u2019or crois\u00e9 de satin blanc et un bord d\u2019hermine. Un coussin recueillait les colliers de l\u2019ordre de chevalerie avec une couronne ducale en or. Un peu avant midi, messieurs du Parlement prirent place sur les chaises hautes \u00e0 main droite, les membres des la cour des Aides, le pr\u00e9v\u00f4t s\u2019install\u00e8rent \u00e0 gauche sur les chaises hautes tandis que le greffier et las quarteniers de la Ville assirent leurs s\u00e9ants sur des chaises basses. L\u2019\u00e9v\u00eaque de Paris \u00e9tait \u00e0 l\u2019autel. On fit alors ouvrir grand les portes et le cort\u00e8ge du deuil entra. 120 pauvres v\u00eatus de noir tenaient des torches allum\u00e9es, suivaient les valets de pied et pages du duc, tous ses officiers, intendants et gentilshommes de sa maison, parmi lesquels \u00e9tait Fran\u00e7ois Peyrat qui, sans doute \u00e9prouvait une grande tristesse, sentiment m\u00e9lang\u00e9 \u00e0 l\u2019inqui\u00e9tude pour son avenir.<\/p>\n\n\n\n<p>Il fut assez vite rassur\u00e9 sur ce dernier point puisque le 7 juin 1608, il recevait une lettre de jussion de Henri IV qui le nommait&nbsp;&nbsp;tuteur on\u00e9raire de Marie de Bourbon, fille unique du duc de Montpensier. Les lettres furent ent\u00e9rin\u00e9es au Parlement le 10 juin suivant.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"965\" height=\"156\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Jussion_MontpensierW_K539.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-276\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Jussion_MontpensierW_K539.jpg 965w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Jussion_MontpensierW_K539-300x48.jpg 300w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Jussion_MontpensierW_K539-768x124.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 965px) 100vw, 965px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Jussion Montpensier<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>La vie reprit son cours. Le 27 mars 1610, il fit l&rsquo;achat d\u2019une maison situ\u00e9e sur les foss\u00e9s d\u2019entre les portes de Buci et de Nesle qui appartenait \u00e0 Roland Le Duc, ma\u00eetre couvreur de maison et Guillemette Landormy, sa femme. Ces derniers l\u2019avaient acquises le 7 d\u00e9cembre 1599 pour 70 \u00e9cus soleil de Jean du Tillet et Marie de Lavergne<sup id=\"rf26-263\"><a href=\"#fn26-263\" title=\"Genevi\u00e8ve Le Maistre, fille de Gilles Le Maistre et Marie Sapin avait \u00e9pous\u00e9 Jacques de et eurent pour fille Marie de Lavergne qui \u00e9pousa Jean du Tilllet. C\u2019\u00e9tait donc la petite-fille de Gilles Le Maistre.\" rel=\"footnote\">26<\/a><\/sup>&nbsp;sa femme, descendante de Gilles Le Maistre.&nbsp;&nbsp;En ruines \u00e0 cause des guerres de religion, ce qui restait debout de cette&nbsp;&nbsp;construction avait pour voisins de gauche les h\u00e9ritiers de Claude Andr\u00e9 et de droite ceux de Thomas Hardy. Roland Le Duc l\u2019avait reconstruite et couverte d\u2019ardoises. Maintenant elle comportait un corps d\u2019h\u00f4tel \u00e0 deux \u00e9tages auxquels on acc\u00e9dait par une mont\u00e9e \u00ab&nbsp;dans \u0153uvre&nbsp;\u00bb. On trouvait au premier, deux chambres avec leur garde-robe et petit cabinet&nbsp;; au second, une seule chambre, lambriss\u00e9e,&nbsp;&nbsp;avec sa garde-robe et son cabinet. Au-dessus se trouvait un donjon auquel on montait par un escalier \u00e0 vis et un grenier \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Le rez-de-chauss\u00e9e comprenait une salle avec petite cuisine s\u00e9par\u00e9e de la maison. Une \u00e9curie dans la cour et un petit garde-manger, un jardin avec quelques arbres et treilles compl\u00e9taient les lieux.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Philippe Peyrat acheta cette maison situ\u00e9e derri\u00e8re son jardin parce qu\u2019il poss\u00e9dait aussi la maison joignante, on va le &nbsp;d\u00e9couvrir&nbsp;&nbsp;gr\u00e2ce \u00e0 un acte sign\u00e9 la m\u00eame ann\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, le 15 juin 1610, il loua une maison qui \u00e9tait situ\u00e9e sur les foss\u00e9s d\u2019entre les portes de Buci et de Nesle<a><sup> <\/sup><\/a>(Il s\u2019agit du 50 rue Mazarine)). Le preneur \u00e9tait Philippe Durant qui exer\u00e7ait le m\u00e9tier de ma\u00eetre \u00e9crivain. Elle comportait un corps d\u2019h\u00f4tel, deux petites cours, une \u00ab&nbsp;estable \u00e0 chevaulx&nbsp;\u00bb, aisances et appartenances. Le bail fut sign\u00e9 pour la somme de 300L par an plus les taxes des boues, chandelles, lanternes et \u00e0 l\u2019entretien du pav\u00e9 devant la maison. En outre, il devait cotiser aux fortifications.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\"><strong>La triste mort de Fran\u00e7ois Peyrat<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En octobre 1612, Fran\u00e7ois Peyrat et son \u00e9pouse se rendirent en leur ch\u00e2teau de Boumois. Il y s\u00e9journa juqu\u2019au dimanche 21 octobre. Ce jour-l\u00e0, beaucoup de monde \u00e9taient au ch\u00e2teau et le cur\u00e9 de Saint-Martin-de \u2013la Place qui ne connaissait pas&nbsp;&nbsp;encore M. Peyrat vint lui rendre visite apr\u00e8s v\u00eapres. Les nouveaux ch\u00e2telains lui firent fort bonne impression et le lendemain il&nbsp;&nbsp;leur fit envoyer par un de ses \u00e9coliers des citrons et des oranges qui en revint en b\u00e9gayant d\u2019\u00e9motion tant\u00f4t disant qu\u2019il avait vu M. Peyrat malade au lit, tant\u00f4t disant qu\u2019il \u00e9tait mort. Affol\u00e9, le bon cur\u00e9 se rendit \u00e0 Boumois o\u00f9 on lui raconta qu\u2019apr\u00e8s avoir fort bien soup\u00e9 la veille, le sieur de Boumois s\u2019\u00e9tait couch\u00e9. Le lendemain son serviteur chauffa longuement sa chemise espr\u00e9rant que son ma\u00eetre se r\u00e9veillerai t\u00f4t le matin comme il l\u2019avait averti. \u00c0 9 heures pass\u00e9, la dame de Boumois se d\u00e9cida \u00e0 rentrer dans la chambre de son mari et, tirant les rideaux, elle le vit si bl\u00eame qu\u2019elle en fut toute tremblante. Sortant de la chambre comme elle pouvait, elle fit qu\u00e9rir Me de&nbsp;Petitboys , avocat \u00e0 Saumur et s\u00e9n\u00e9chal du lieu. Ilconstata qu\u2019il avait expir\u00e9 au grand d\u00e9sespoir de sa femme. Le lendemain, donc le lundi, on envoya chercher des m\u00e9decins et des chirurgiens de la ville qui ne voulurent ouvrir le corps que le lendemain, jour o\u00f9 ils ne trouv\u00e8rent rien d\u2019anormal&nbsp;: \u00ab&nbsp;il \u00e9toit d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en dormant, sans avoir go\u00fbt\u00e9 la mort, ce qui \u00e9tait fort \u00e9trange pour un homme aussi fort et en bonne sant\u00e9&nbsp;\u00bb. Le corps du d\u00e9funt fut embaum\u00e9&nbsp;et mis en un cercueil tandis que ses entrailles \u00e9taient plac\u00e9es dans une fosse de la chapelle du ch\u00e2teau. Le samedi suivant arriva B\u00e9nigne Le Ragois, sieur de Bourneuf, qui \u00e9tait le fr\u00e8re de la veuve qui envoya qu\u00e9rir m\u00e9decins et chirurgiens \u00e0 Tours pour faire visiter le corps du tr\u00e9pass\u00e9 car il avait le sentiment qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 empoisonn\u00e9. Ils ouvrirent le corps&nbsp;&nbsp;et le trouv\u00e8rent tout putr\u00e9fi\u00e9 et donn\u00e8rent d\u2019autres raisons \u00e0 sa mort<sup id=\"rf27-263\"><a href=\"#fn27-263\" title=\"Le r\u00e9cit de ce passage est tir\u00e9 des registres paroissiaux de Saint-Martin-la -Place. Le cur\u00e9 ne dit pas quelles sont les raisons donn\u00e9es par las m\u00e9decins de Tours.\" rel=\"footnote\">27<\/a><\/sup>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le 9 septembre 1613, alors qu\u2019elle demeurait encore dans la maison de la rue de Seine, elle loua la partie des b\u00e2timents ayant issue sur la rue de Seine <sup id=\"rf28-263\"><a href=\"#fn28-263\" title=\"A.N.&nbsp;: M.C.  CXXII\/1581. Bail du 9 septembre 1613\" rel=\"footnote\">28<\/a><\/sup> \u00ab&nbsp;\u00e0 haulte et puissante princesse madame Marguerite de Lorraine, toute nouvelle veuve de \u00ab&nbsp;hault et puissant prince monseigneur Fran\u00e7ois de Luxembourg, duc de Piney et pair de France<sup id=\"rf29-263\"><a href=\"#fn29-263\" title=\"Marguerite de Lorraine avait \u00e9pous\u00e9 en premi\u00e8res noces Anne de Joyeuse, favori d\u2019Henri III, mort en 1587, lors d\u2019un combat contre Henri de Navarre, futur Henri IV,&nbsp;&nbsp;\u00e0 Coultras. Elle s\u2019unit en secondes noces \u00e0 Fran\u00e7ois de Luxembourg, sa s\u0153ur avait \u00e9pous\u00e9 Henri III\" rel=\"footnote\">29<\/a><\/sup><a><sup> <\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb. Il en co\u00fbtait \u00e0 la princesse&nbsp;&nbsp;la coquette somme de 1200 livres par an. Le bail incluait la maison entre cour et jardin<a><sup> <\/sup><\/a><sup id=\"rf30-263\"><a href=\"#fn30-263\" title=\"B\u00e2timent B actuel\" rel=\"footnote\">30<\/a><\/sup>, l\u2019entr\u00e9e par la porte coch\u00e8re et la jouissance commune du jardin et du puits.&nbsp;&nbsp;Philippe Le Ragois d\u00e9m\u00e9nagea alors pour s\u2019installer dans une des maisons qui avaient son entr\u00e9e sur les foss\u00e9s de la ville. Ce jour-l\u00e0, ce fut Me Jean Drujon, avocat au parlement qui vint signer le bail en se portant fort de la princesse. Le 26 mars 1614, alors qu\u2019elle demeurait en la maison, elle ratifia le contrat. Elle ne resta pas longtemps locataire des lieux&nbsp;&nbsp;puisque Philippe Le Ragois les reloua, le 17 mars 1615, \u00e0 Martin Martineau, baron de Thur\u00e9 et seigneur de Grand Pouill\u00e9 et de la Tour de Pouill\u00e9, conseiller secr\u00e9taire du roi<sup id=\"rf31-263\"><a href=\"#fn31-263\" title=\"Voir l&rsquo;histoire des 14, 16 et 18 rue de Seine\" rel=\"footnote\">31<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"587\" height=\"270\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/SignBailLorraineW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-287\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/SignBailLorraineW.jpg 587w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/SignBailLorraineW-300x138.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 587px) 100vw, 587px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Signature du bail<\/em><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p>En&nbsp;&nbsp;1630, Philippe Le Ragois perdit sa m\u00e8re, Marie Saulcier,&nbsp;&nbsp;veuve de B\u00e9nigne Le Ragois, qui laissait \u00e0 ses cinq enfants une petite fortune et en particulier deux maisons rue de Seine, en face de l\u2019h\u00f4tel de La Rochefoucauld (voir les n\u00b027 et 31 rue de Seine) et rue Mazarine. L\u2019une d\u2019entre elles (le n\u00b027 actuel), qui avait son entr\u00e9e rue de Seine et une issue sur les foss\u00e9s d\u2019entre les portes de Bussy et de Nesle, fut attribu\u00e9e \u00e0 notre veuve dans le partage qui suivit<sup id=\"rf32-263\"><a href=\"#fn32-263\" title=\"A.N., M.C., CXXII\/1622, Partage du 27\/07\/1631\" rel=\"footnote\">32<\/a><\/sup> .<\/p>\n\n\n\n<p>En l&rsquo;ann\u00e9e 1648, la veuve de Fran\u00e7ois Peyrat fit son testament. Au-del\u00e0 des dons habituels que l\u2019on trouve dans ce genre de document, elle y fit deux demandes \u00e9tranges. La premi\u00e8re \u00e9tait qu&rsquo;on fit \u00ab\u00a0une petite charit\u00e9\u00a0\u00bb \u00e0 trois jeunes enfants qui portaient le nom de Le Ragois et qui \u00e9taient les enfants de Claude Le Ragois, \u00abmor an prison\u00bb. La deuxi\u00e8me \u00e9tait&nbsp;&nbsp;qu\u2019on ne touch\u00e2t pas \u00e0 son corps mort pendant 2 jours et qu\u2019ensuite on l\u2019ouvr\u00eet afin de voir de quel mal elle souffrait depuis si longtemps&#8230;<sup id=\"rf33-263\"><a href=\"#fn33-263\" title=\"A.N., M.C.,&nbsp;&nbsp;XCI\/281. Testament de Philippe Le Ragois r\u00e9dig\u00e9 le 23 avril 1648 et d\u00e9pos\u00e9 chez le notaire le 29 mai 1649\" rel=\"footnote\">33<\/a><\/sup><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"718\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/TestaPeyratW-718x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-290\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/TestaPeyratW-718x1024.jpg 718w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/TestaPeyratW-210x300.jpg 210w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/TestaPeyratW-768x1095.jpg 768w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/TestaPeyratW-1078x1536.jpg 1078w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/TestaPeyratW-1437x2048.jpg 1437w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/TestaPeyratW.jpg 1578w\" sizes=\"(max-width: 718px) 100vw, 718px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Extrait du testament de Philippe Le Ragois, \u00e9pouse Fran\u00e7ois du Peyrat<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><a href=\"http:\/\/www.rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/TestamentLe-Ragois.jpg\"><strong><\/strong><strong><\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Extrait du testament de Philippe Le Ragois, \u00e9pouse Fran\u00e7ois du Peyrat<\/p>\n\n\n\n<p>Elle mourut le 15 mars 1649.&nbsp;&nbsp;En 1650, les enfants firent appel \u00e0 un expert pour partager les immeubles des rues de Seine et Mazarine<sup id=\"rf34-263\"><a href=\"#fn34-263\" title=\"A.N., Z1j\/270, expertise des immeubles de Philippe Le Ragois\" rel=\"footnote\">34<\/a><\/sup> . Le proc\u00e8s-verbal tr\u00e8s d\u00e9taill\u00e9 qui fut fait nous permet de visiter les immeubles.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le 51 rue de Seine en 1649<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Le corps de&nbsp;&nbsp;logis&nbsp;&nbsp;donnant sur la rue de Seine comportait trois trav\u00e9es de long et deux \u00e9tages en plus le rez-de-chauss\u00e9e dont un lambriss\u00e9 et un petit grenier au-dessus, le tout couvert d\u2019ardoise. Deux boutiques encadraient la porte coch\u00e8re qui servait d\u2019entr\u00e9e \u00e0 la grande maison entre cour et jardin. Sous les boutiques \u00e9taient deux berceaux de caves auxquels on acc\u00e9dait par une descente droite. Ayant franchi la porte coch\u00e8re, on arrivait dans une cour dont chaque c\u00f4t\u00e9 avait un escalier hors d\u2019\u0153uvre et deux \u00e9tages de galeries couvertes d\u2019ardoises qui desservaient \u00e0 la fois le grand logis de derri\u00e8re et le b\u00e2timent sur rue. Sous ces galeries, on trouvait un cabinet d\u2019aisance. Sous la galerie de droite on avait am\u00e9nag\u00e9 un hangar qui servait de remise de carrosse. La maison sur rue fut pris\u00e9e 8000 livres.<\/p>\n\n\n\n<p>Au fond de la cour, on trouvait le grand corps de logis entre cour et jardin qui comportait trois grandes trav\u00e9es de long sur un rez-de-chauss\u00e9e et deux \u00e9tages. Derri\u00e8re, le jardin \u00e9tait d\u00e9cor\u00e9 de parterre de buis (d\u00e9j\u00e0) et d\u2019arbres fruitiers. Au fond, un puits servait \u00e0 la fois au jardin et \u00e0 une des maisons situ\u00e9e sur le foss\u00e9 d\u2019entre les portes de Bussy et de Nesle (rue Mazarine). Le tout fut estim\u00e9 \u00e0&nbsp;&nbsp;24 000 livres.<\/p>\n\n\n\n<p>La maison situ\u00e9e \u00e0 main gauche (l&rsquo;actuel 50 de la rue Mazarine) avait trois trav\u00e9es de long avec, au rez-de-chauss\u00e9e, une cuisine sur la rue, une \u00ab sallette \u00bb sur la cour avec une all\u00e9e de passage \u00e0 c\u00f4t\u00e9 ainsi qu\u2019une porte coch\u00e8re qui servait de boutique. Au-dessus, deux \u00e9tages \u00e9taient desservis par un escalier hors d\u2019\u0153uvre. La maison \u00e9tait construite sur deux berceaux de caves vo\u00fbt\u00e9es. Derri\u00e8re, dans la cour, on avait b\u00e2ti un logis en aile de deux trav\u00e9es de long et d\u2019un \u00e9tage au-dessus du rez-de-chauss\u00e9e.&nbsp;&nbsp;Ce dernier comportait une \u00e9curie, une cuisine, une salle \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la porte de la cave.&nbsp;&nbsp;Un puits \u00e9tait dans la cour et une galerie conduisait au premier \u00e0 un si\u00e8ge d\u2019aisance. L\u2019expert estima cette maison \u00e0 10 000 livres.<\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me maison, donc l&rsquo;actuel 50 rue Mazarine, \u00e9tait \u00e0 l\u2019enseigne de&nbsp;<em>L\u2019Image Sainte-Barbe.<\/em>&nbsp;De deux trav\u00e9es de profondeur et couverte d\u2019ardoise, elle s\u2019\u00e9levait sur deux \u00e9tages au-dessus du rez-de-chauss\u00e9e qui ne comprenaient chacun une chambre et une petite garde-robe. Un&nbsp;&nbsp;appentis dans la cour cachait le si\u00e8ge d\u2019aisance et deux autres plus grands servaient d\u2019\u00e9curie. Un passage entre eux conduisait au puits du jardin de la grande maison de la rue de Seine. Le tout fut pris\u00e9 \u00e0 la modeste somme de 6 000 livres.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le partage de la succession fut sign\u00e9 le 27 juillet 1650. Il attribua \u00e0 Claude Peyrat, seigneur de la Boulaye, le corps de logis sur la rue de Seine, celui du jardin \u00e9chut \u00e0 sa s\u0153ur Magdeleine Peyrat, veuve de Jacques M\u00e9rieult, seigneur des Parquets.&nbsp;&nbsp;Le b\u00e2timent du 52 rue Mazarine alla \u00e0 Ang\u00e9lique Peyrat, petite-fille de Philippe Le Ragois qui \u00e9tait encore mineure. Jean Peyrat eut pour sa part l\u2019autre b\u00e2timent sur les foss\u00e9s de la ville. Quant \u00e0 Ren\u00e9 Peyrat, il renon\u00e7a \u00e0 la succession, se contentant de la maison situ\u00e9e plus loin dans la rue de Seine que lui avait donn\u00e9e sa m\u00e8re en avancement d\u2019hoirie.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1655, Jean Peyrat, baron de la Redorte, fit une v\u00e9ritable op\u00e9ration immobili\u00e8re. Il racheta \u00e0 son fr\u00e8re Claude, seigneur de La Boulaye&nbsp;&nbsp;la maison qui donnait directement sur la rue de Seine pour 8000 livres. Sa s\u0153ur, Madeleine Peyrat que sa m\u00e8re qualifiait \u00e0 juste titre dans son testament de \u00ab pauvre \u00bb, \u00e9tait \u00e9trangl\u00e9e de dettes et lui vendit le m\u00eame jour pour 24000 livres la grande maison entre cour et jardin. Les deux cessions furent sign\u00e9es le 5 octobre 1655. Le 11 du m\u00eame mois, il racheta pour 6000 livres \u00e0 Ang\u00e9lique, sa ni\u00e8ce, et \u00e0 son mari la maison \u00e0 l\u2019enseigne de&nbsp;<em>L\u2019Image Sainte Barbe<\/em>. Il se trouva ainsi propri\u00e9taire de la totalit\u00e9 des maisons situ\u00e9es sur les parcelles du 51 rue de Seine et des 50 et 52 rue Mazarine.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"334\" height=\"419\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Olier-locataire-du-51W.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-280\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Olier-locataire-du-51W.jpg 334w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Olier-locataire-du-51W-239x300.jpg 239w\" sizes=\"(max-width: 334px) 100vw, 334px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Louis Edouard Olier, locataire du 51 rue de Seine<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p>L&rsquo;ann\u00e9e suivante, il loua moyennant 1000 livres par an la maison entre cour et jardin y compris la cour, le jardin, le passage de la porte coch\u00e8re et toutes les appartenances et d\u00e9pendances \u00e0 un prestigieux personnage. Il s&rsquo;agissait de Edouard Nicolas Olier, conseiller du roi et grand audiencier de France, donc premier officier de la grande Chancellerie.<\/p>\n\n\n\n<p>Continuant et perfectionnant son op\u00e9ration immobili\u00e8re, il c\u00e9da \u00e0 un certain Louis Gervaise et \u00e0 son \u00e9pouse pour 33 0000 livres les deux b\u00e2timents de la rue de Seine<sup id=\"rf35-263\"><a href=\"#fn35-263\" title=\"Par un contrat pass\u00e9 devant ma\u00eetre De Saint Vaast, le 26 septembre 1658\" rel=\"footnote\">35<\/a><\/sup>&nbsp;&nbsp;Le 1eroctobre, il \u00e9changea la maison du 52 rue Mazarine contre 500 livres de rente annuelle rachetable 9000 livres. Le preneur \u00e9tait le sieur Colonia, seigneur du Cormier et gentilhomme de la chambre de la duchesse d\u2019Orl\u00e9ans, et \u00e0 sa femme Claude de Rhingrave. Le m\u00eame jour il c\u00e9dait la maison \u00e0&nbsp;<em>L\u2019Image Sainte Barbe&nbsp;<\/em>de la rue Mazarine \u00e0 Ren\u00e9 Lebret, sieur de La Fresnaye et \u00e0 Anne de La Motte sa femme. En \u00e9change il recevait 200L de rente annuelle et 2500 livres de soulte. Cette derni\u00e8re maison (50 rue Mazarine) ne fut jamais r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e par les propri\u00e9taires successifs du 51 rue de Seine, ce qui ne fut pas le cas du 52 rue Mazarine comme on le verra plus loin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#fba26b;font-size:26px\">1658-1741.&nbsp;&nbsp;La famille Gervaise<\/p>\n\n\n\n<p>Louis Gervaise \u00e9tait un bourgeois de Paris, marchand linger, huguenot de surcro\u00eet, situation qui se r\u00e9v\u00e8lera tr\u00e8s inconfortable au temps de R\u00e9vocation de l&rsquo;Edit de Nantes. Il avait pour \u00e9pouse Marguerite-Marie Desfresnes. Le couple vivait dans leur maison de la rue de Seine des jours heureux et bient\u00f4t on f\u00eata l&rsquo;arriv\u00e9e au foyer d&rsquo;un gar\u00e7on, Louis, puis d&rsquo;une fille, Marguerite-Marie qu&rsquo;ils eurent la satisfaction de marier&nbsp;&nbsp;\u00e0 Isaac Le Mosnier, secr\u00e9taire des finances du duc d\u2019Orl\u00e9ans.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Assez vite, le nouveau mari\u00e9 prit l\u2019habitude d\u2019emprunter \u00e0 son beau-p\u00e8re de l\u2019argent. Par exemple, 1000 livres pour investir dans la conversion du fer en acier l\u2019ann\u00e9e de son mariage puis sept ans apr\u00e8s, 1 800 livres pour s\u2019offrir un carrosse et des chevaux . Une fois son beau-p\u00e8re \u00e0 Londres, ce fut \u00e0 sa belle-m\u00e8re qu\u2019il s\u2019adressa pour lui demander 500&nbsp;&nbsp;livres. Enfin, un dernier pr\u00eat (de 500 livres) fut demand\u00e9 par sa femme en 1688\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9poux Gervaise, soucieux de mettre en ordre leurs affaires, vinrent chez leur notaire r\u00e9diger leur testament. Apr\u00e8s avoir recommand\u00e9 leur \u00e2me \u00e0 Dieu, ils revinrent rapidement aux biens terrestres en l\u00e9guant \u00e0 chacun de leurs dix filleuls 60 livres \u00abpour apprendre un mestier\u00bb ; 300 livres furent attribu\u00e9s \u00e0 leurs trois neveux et ni\u00e8ces, \u00e0 d\u00e9livrer le jour de leur mariage ; \u00e0 leur fils Louis, ils l\u00e9gu\u00e8rent 40 000 livres, sans doute pour compenser la dot donn\u00e9e \u00e0 leur fille.<\/p>\n\n\n\n<p>Les affaires marchaient bien chez les Gervaise puisque lorsqu\u2019il passa la main \u00e0 son fils, l\u2019inventaire des marchandises, fait en 1675, s\u2019\u00e9levait \u00e0 la somme confortable de 46 195 livres.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant le malheur ne tarda pas \u00e0 fondre sur eux. En 1685, Louis XIV r\u00e9voqua l\u2019\u00e9dit de Nantes. En tant que huguenots et comme tant d\u2019autres protestants, les \u00e9poux Gervaise subirent&nbsp;&nbsp;la vindicte du roi (leur fils Louis avait gagn\u00e9 l\u2019Angleterre avec sa femme Jacqueline Mariette d\u00e8s 1681). Le&nbsp;<em>Dictionnaire du Protestantisme<\/em>&nbsp;nous informe que \u00ab\u00a0Louis Gervaise, marchand linger \u00e9tait un ancien de l&rsquo;\u00e9glise de Paris. Son grand \u00e2ge (70 ans) ne le fit pas excepter de la mesure qui frappa ses coll\u00e8gues. Trois jours apr\u00e8s la r\u00e9vocation, il fut convoqu\u00e9 par La Reynie qui devant son refus d\u2019abjurer exila le p\u00e8re \u00e0 Gannat par une lettre de cachet&nbsp;&nbsp;le 10 novembre 1685. Annihil\u00e9 par tant de mauvais traitements, le pauvre vieillard abjura. Il fut alors transf\u00e9r\u00e9 au couvent de Saint-Magloire. D\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 d\u2019avoir c\u00e9d\u00e9, il se pr\u00e9para \u00e0 prendre la fuite mais il fut \u00e0 nouveau arr\u00eat\u00e9 et conduit \u00e0 l&rsquo;Oratoire de la rue Saint-Honor\u00e9 le 10 novembre 1686. L&rsquo;ann\u00e9e suivante, on l&rsquo;envoya dans le couvent de Lagny et comme il se montrait inflexible, il fut conduit au ch\u00e2teau d&rsquo;Angoul\u00eame et on saisit les loyers de la rue de Seine pour payer la pension. De guerre lasse devant tant d&rsquo;opini\u00e2tret\u00e9, on l&rsquo;expulsa du royaume en 1688. Il se retira \u00e0 Londres pr\u00e8s de son fils qui, non moins z\u00e9l\u00e9 pour la religion \u00e9vang\u00e9lique, s&rsquo;y \u00e9tait enfui avec son beau-p\u00e8re, Isaac Mariette, et toute sa famille. Louis XIV lui confisqua tous ses biens, au grand d\u00e9sespoir de sa femme.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"427\" height=\"573\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/GannatW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-349\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/GannatW.jpg 427w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/GannatW-224x300.jpg 224w\" sizes=\"(max-width: 427px) 100vw, 427px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le ch\u00e2teau de Gannat<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Marguerite-Marie, femme d&rsquo;Isaac Le Mosnier,&nbsp;&nbsp;ne donna pas le m\u00eame exemple de constance dans ses croyances religieuses. Elle abjura en m\u00eame temps que sa m\u00e8re. Son mari avait une bonne place aupr\u00e8s du duc d&rsquo;Orl\u00e9ans, il la pr\u00e9f\u00e9ra \u00e0 sa religion et suivit l\u2019exemple de sa femme et de sa belle-m\u00e8re. Louis XIV dans sa grande mansu\u00e9tude, leur restitua leurs biens par un brevet dat\u00e9 du 26 octobre 1688.<\/p>\n\n\n\n<p>La dame Gervaise mourut rue de Seine en mars 1694.<sup id=\"rf36-263\"><a href=\"#fn36-263\" title=\"Le notaire proc\u00e9da \u00e0 l\u2019inventaire qui montra que dame Gervaise vivait fort modestement.&nbsp;&nbsp;Son logis se composait d\u2019une salle, une cuisine et un cabinet avec une chambre au-dessus. Tout le reste des maisons sur rue et sur jardin \u00e9tait lou\u00e9 et lui procurait sans doute son unique revenu. Sur la rue, un tapissier et un coutelier occupaient les lieux et le reste&nbsp;&nbsp;\u00e9tait lou\u00e9 \u00e0 des particuliers pour 48 et 78 livres. Le corps de logis entre cour et jardin rapportait beaucoup plus : deux locataires versaient 300 livres par an, deux autres payaient un \u00e9cot de 285 et 200 livres, Mad. De Lisle et M. Fleury contribuaient aux revenus de dame Gervaise \u00e0 hauteur&nbsp;&nbsp;de 135 et 105 livres. Quatre personnes occupaient vraisemblablement de simples chambres puisqu\u2019ils louaient leur modeste logement pour 75, 60, 45 et 14 livres\" rel=\"footnote\">36<\/a><\/sup>. Des dispositions testamentaires prises par dame Gervaise firent de ses deux petites filles Marie-Marguerite et Anne Le Mosnier-Duquesne les propri\u00e9taires de cette maison. Selon l\u2019inventaire qui fut fait apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de leur m\u00e8re, celle-ci occupait alors avec ses filles un appartement au premier \u00e9tage du b\u00e2timent entre cour et jardin qui se composait d\u2019une antichambre et d\u2019une petite pi\u00e8ce attenante occup\u00e9e par la cadette, d\u2019une cuisine et d\u2019une petite pi\u00e8ce&nbsp;&nbsp;qui avaient vue sur cour, une salle donnant sur le jardin ainsi qu\u2019un cabinet qui servait de chambre \u00e0 l\u2019a\u00een\u00e9e avec une fen\u00eatre sur le jardin, enfin une chambre qui se situait, selon les termes exacts de l\u2019inventaire au rez-de-chauss\u00e9e du premier \u00e9tage&nbsp;&nbsp;<sup id=\"rf37-263\"><a href=\"#fn37-263\" title=\"Il existe encore actuellement un petit escalier qui joint directement le 1er \u00e9tage au \u00ab\u00a0demi-\u00e9tage\u00a0\u00bb sur jardin.&lt;\/p&gt;\n\n\n\n&lt;p&gt;Marie-Marguerite se maria l\u2019ann\u00e9e qui suivit la disparition de sa m\u00e8re avec noble et illustre seigneur messire Joseph Charles Hyacinthe, comte de Raxy, seigneur de Flassans&lt;\/p&gt;\n\n\n\n&lt;p&gt;Les d\u00e9clarations du 25 juin 1721 au terrier de l\u2019abbaye de Saint-Germain-des Pr\u00e9s par Anne et sa s\u0153ur Marie-Marguerite nous confirment qu\u2019elles avaient partag\u00e9 la maison un peu \u00e0 la fa\u00e7on des Peyrat : l\u2019une avait le corps de logis sur la rue et l\u2019autre celui qui est entre cour et jardin. Seule Anne y demeurait. Sa s\u0153ur habitait rue Taranne, tout pr\u00e8s de l\u00e0.&lt;\/p&gt;\n\n\n\n&lt;p&gt;Quand Anne mourut, la comtesse de Flassans, sa s\u0153ur, devint seule propri\u00e9taire.&lt;\/p&gt;\n\n\n\n&lt;p&gt;En 1741, la moiti\u00e9 du corps de logis sur la rue \u00e9tait occup\u00e9e par un aubergiste qui vraisemblablement n&rsquo;y exer\u00e7ait que sa profession puisqu\u2019il demeurait rue Champfleury. L\u2019autre moiti\u00e9 \u00e9tait baill\u00e9e \u00e0 un ma\u00eetre chaudronnier. Quant au rez-de-chauss\u00e9e \u00e0 droite du corps de logis entre cour et jardin il \u00e9tait lou\u00e9 par un ma\u00eetre \u00e0 danser ainsi qu\u2019une place dans l\u2019\u00e9curie pour un cheval et une autre dans la premi\u00e8re cour pour une chaise \u00e0 porteur ! C\u2019\u00e9tait, dit-on, les seuls locataires en 1741 mais le comte et la comtesse de Flassans qui demeuraient alors dans l\u2019immeuble occupaient le reste.&lt;\/p&gt;\n\n\n\n&lt;p&gt;H\u00e9las, le comte \u00e9tait tr\u00e8s endett\u00e9, \u00e0 tel point que le 3 d\u00e9cembre 1739, il faisait donation de sa maison au sieur de Breguet pour payer ses dettes. Quelques mois apr\u00e8s, le 10 mai 1741, le sieur Br\u00e9guet se d\u00e9sistait de la donation et finalement le 12 Mai 1741 ((A.N. ,M.C.,&nbsp;&nbsp;la totalit\u00e9 de la maison fut vendue au sieur Catherinet\" rel=\"footnote\">37<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme on le verra par la suite, malheur lui en prit car le sieur Catherinet \u00e9tait mauvais payeur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#fba26b;font-size:26px\">1741-1764. Le sieur Catherinet<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Baptiste Catherinet, seigneur de Vennevaux et substitut du procureur au Parlement de Paris, poss\u00e9dait et habitait la maison de la rue Mazarine qui \u00e9tait au bout du jardin et qui porte actuellement le num\u00e9ro 52. Il l&rsquo;avait h\u00e9rit\u00e9e de sa m\u00e8re, Jeanne Marie Van Mirt, veuve de Fran\u00e7ois Catherinet. C&rsquo;est le sieur de Colonia, son oncle, qui lui en avait fait donation \u00ab\u00a0\u00e0 cause des bons soins qu&rsquo;elle lui avait prodigu\u00e9s\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Pour le sieur Catherinet il \u00e9tait tentant de poss\u00e9der presque l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 de la propri\u00e9t\u00e9 telle qu\u2019elle \u00e9tait du temps des Peyrat.<\/p>\n\n\n\n<p>Lors de la vente, la propri\u00e9t\u00e9 de lu 51 rue de Seine \u00e9tait d\u00e9crite de la fa\u00e7on suivante : \u00e0 l\u2019enseigne de l\u2019<em>H\u00f4tel de N\u00eemes<\/em>, elle consistait en deux corps de logis, l&rsquo;un&nbsp;&nbsp;sur la rue de Seine avec cour derri\u00e8re et l&rsquo;autre entre cour et jardin. Une petite cour avait \u00e9t\u00e9 am\u00e9nag\u00e9e pour acc\u00e9der \u00e0 deux pavillons en aile de chaque c\u00f4t\u00e9. Le jardin&nbsp;&nbsp;aboutissait \u00e0 la maison du sieur Catherinet et \u00e0 celle de la veuve Pilot qui avaient toutes deux leur entr\u00e9e rue Mazarine. La dame Pilot avait la jouissance d\u2019un puits situ\u00e9 au fond du jardin de la rue de Seine (elle \u00e9tait donc au 50 rue Mazarine).<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Cette description est fort int\u00e9ressante, d\u2019une part parce qu\u2019elle fait allusion pour la premi\u00e8re fois \u00e0 des pavillons sur le jardin et d\u2019autre part parce qu\u2019elle co\u00efncide bien avec le plan de 1822 qu\u2019en a fait l\u2019architecte Bergevin, le propri\u00e9taire de l&rsquo;\u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p>H\u00e9las, le sieur Catherinet avait \u00e9t\u00e9 trop gourmand, il \u00e9tait endett\u00e9 jusqu\u2019au cou et n\u2019arrivait m\u00eame pas \u00e0 payer la maison. Pour parer le coup, il passa un accord avec le comte de Flassans selon lequel il rembourserait une partie de sa dette sous la forme d\u2019une rente. En outre il donnait au comte et \u00e0 la comtesse de Flassans un appartement au deuxi\u00e8me \u00e9tage de sa maison de la rue Mazarine et leur assurait nourriture, chauffage, le blanchissage et \u00ab tout besoin de la vie tant en sant\u00e9 que maladie, le tout pendant la vie et jusqu\u2019au d\u00e9c\u00e8s dudit seigneur de Flassans \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Apparemment les affaires de Catherinet ne s&rsquo;am\u00e9lior\u00e8rent gu\u00e8re dans les ann\u00e9es qui suivirent : apr\u00e8s sa mort, ses cr\u00e9anciers saisirent les maisons de la rue de Seine et de la rue Mazarine et le 10 f\u00e9vrier 1764 ses biens furent vendus par ses cr\u00e9anciers moyennant la confortable somme de 121 500 livres au sieur Anglekot et \u00e0 dame Chevry, sa femme en secondes noces.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#fba26b;font-size:26px\">1764-1822. La famille Anglekot-Dugast-Bergevin<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">A l\u2019occasion de cet achat, le sieur Anglekot, marchand tailleur, fit une d\u00e9claration au terrier de la censive de l\u2019abbaye de Saint Germain des Pr\u00e9s qui nous apporte quelques nouveaut\u00e9s. Ainsi, le b\u00e2timent entre la cour et le jardin comprenait alors une aile de chaque c\u00f4t\u00e9. Si le corps de logis entre la cour et le jardin \u00e9tait toujours double en profondeur, le b\u00e2timent sur rue \u00e9tait simple en profondeur, ce qui encore le cas aujourd&rsquo;hui. Les deux constructions avaient plusieurs \u00e9tages de chambres. Le grand jardin \u00e9tait maintenant s\u00e9par\u00e9 de l\u2019immeuble de la rue Mazarine par une grille.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"558\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Plan-1757W-558x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-281\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Plan-1757W-558x1024.jpg 558w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Plan-1757W-164x300.jpg 164w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Plan-1757W-768x1409.jpg 768w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Plan-1757W-837x1536.jpg 837w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Plan-1757W.jpg 1063w\" sizes=\"(max-width: 558px) 100vw, 558px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Plan de l&rsquo;immeuble de 1757<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>De son second mariage, le sieur Anglekot eut deux enfants : Albert-Henri et Fran\u00e7oise. Il ne v\u00e9cut pas longtemps avec sa famille au 51 rue de Seine puisqu\u2019il d\u00e9c\u00e9da quatre ans apr\u00e8s l&rsquo;avoir achet\u00e9e. Sa seconde femme, Fran\u00e7oise Chevry, devint alors propri\u00e9taire des maisons. Devenue veuve, elle demanda \u00e0 deux architectes experts de faire une visite et une estimation des maisons des rues de Seine et Mazarine. Le proc\u00e8s-verbal d\u2019expertise dat\u00e9 du 20 mars 1757<sup id=\"rf38-263\"><a href=\"#fn38-263\" title=\"A.N. : Z1j 908, 20 mars 1757\" rel=\"footnote\">38<\/a><\/sup> nous r\u00e9v\u00e8le plusieurs points fort int\u00e9ressants : la maison sur rue qui \u00e9tait simple en profondeur avait 5 fen\u00eatres sur la rue. Elle comportait 3 \u00e9tages carr\u00e9s et un quatri\u00e8me \u00ab en galetas \u00bb et une pointe de grenier au-dessus (comme maintenant). Au derri\u00e8re, \u00e0 gauche, se trouvait un \u00e9difice de m\u00eame \u00e9l\u00e9vation avec en continuit\u00e9 une remise surmont\u00e9e d\u2019une terrasse et 5 \u00e9tages de cabinets moins saillants. Dans l\u2019angle \u00e0 droite de la cour, un autre \u00e9difice contenait une cage d\u2019escalier qui desservait le b\u00e2timent sur rue (c&rsquo;est le cas actuellement). Dans son prolongement, on trouvait un \u00e9difice en aile d\u2019un \u00e9tage au-dessus du rez-de-chauss\u00e9e et au-dessus deux \u00e9tages de cabinets moins saillants. Au fond de cette cour, le second corps de b\u00e2timent \u00e9tait double en profondeur et \u00e9lev\u00e9 d\u2019un rez-de-chauss\u00e9e, de trois \u00e9tages carr\u00e9s et d\u2019un 4e en attique. Derri\u00e8re cet \u00e9difice ils avait une deuxi\u00e8me cour et un jardin dans lesquels, \u00e0 droite et \u00e0 gauche il y avait deux ailes de m\u00eame \u00e9l\u00e9vation.<\/p>\n\n\n\n<p>Le troisi\u00e8me et dernier corps de logis se situait rue Mazarine. Il \u00e9tait s\u00e9par\u00e9 du jardin par une grille en fer et compos\u00e9 d\u2019une cour avec \u00e0 droite et \u00e0 gauche deux \u00e9difices en aile, \u00e9lev\u00e9s de 3 \u00e9tages et d\u2019un 4e en mansarde. Au fond de cette cour se trouvait le b\u00e2timent sur la rue Mazarine \u00e0 quatre crois\u00e9es sur la rue. Lorsqu&rsquo;elle d\u00e9c\u00e9da, son fils fut l\u2019unique h\u00e9ritier puisque la fille avait disparu avant sa m\u00e8re. \u00c0 la mort d\u2019Albert-Henri en 1783, il ne restait plus qu\u2019une h\u00e9riti\u00e8re, sa ni\u00e8ce, Marie. Un magnifique plan comment\u00e9 accompagnait le proc\u00e8s- verbal. Nous l\u2019avons reproduit ci-dessus.<\/p>\n\n\n\n<p>Fran\u00e7oise Dugast qui \u00e9tait fille de Thibault Dugast, \u00ab\u00a0ma\u00eetre en l\u2019art de peindre\u00a0\u00bb \u00e0 Laval. Cette demoiselle vint s\u2019installer en la maison de la rue de Seine et \u00e9pousa en 1784 le sieur Bergevin, un des locataires de l&rsquo;immeuble.<\/p>\n\n\n\n<p>Louis Catherine Bergevin \u00e9tait fils d\u2019un marchand de drap de Blois. C\u2019\u00e9tait un architecte de talent puisqu&rsquo;il construisit l&rsquo;h\u00f4tel du vicomte et la vicomtesse de Faudoas, rue Bailleul qui est encore qualifi\u00e9 \u00ab\u00a0du plus bel h\u00f4tel de style Louis XVI\u00bb. De m\u00eame, il eut pour cliente la marquise de Cr\u00e9quy \u00e0 qui il pr\u00eata 7350 livres repr\u00e9sentant le co\u00fbt des travaux et de ses honoraires d\u2019architecte. C\u2019\u00e9tait en 1790 \u00e0 l\u2019aube de la r\u00e9volution. Le remboursement ne devait intervenir que 5 ans apr\u00e8s. On peut se demander s\u2019il r\u00e9cup\u00e9ra son argent &#8230; Mais revenons au mariage de Fran\u00e7oise Dugast avec Louis Catherine Bergevin. Le contrat&nbsp;&nbsp;fut pass\u00e9 devant ma\u00eetre Bancal-Desissards&nbsp;&nbsp;<sup id=\"rf39-263\"><a href=\"#fn39-263\" title=\"A.N., M.C. : LVII\/571 contrat de mariage du&nbsp;&nbsp;24\/11\/1784\" rel=\"footnote\">39<\/a><\/sup>, il stipulait une donation entre vifs . Dans un autre article, l\u2019immeuble de la rue de Seine y est \u00e9voqu\u00e9 dans des termes peu rassurants sur son \u00e9tat, comme on peut en juger :\u00ab La demoiselle future \u00e9pouse consid\u00e9rant que l\u2019anciennet\u00e9 de la construction de \u00abladite maison rue de Seine [&#8230;] et que les r\u00e9parations, augmentation et changemens (sic) qu\u2019il&nbsp;&nbsp;pourra \u00eatre n\u00e9cessaire d\u2019y faire pendant son mariage, exigeront de la d\u00e9pense et en outre&nbsp;&nbsp;des soins extraordinaires qui regarderont seul ledit sieur son mari \u00bb. Si son \u00e9poux lui survivait sans enfant, le mari aurait la maison pour la somme de 80000 livres \u00ab et en cas contraire pour la somme de 160 000 livres. Madame Bergevin mourut le 7 juin 1786 sans laisser d\u2019enfant. Sa m\u00e8re recueillit la totalit\u00e9 de la succession puisqu\u2019il n\u2019y avait aucun autre h\u00e9ritier. Mais il en surgit un quelques ann\u00e9es apr\u00e8s ! C\u2019\u00e9tait Claude Etienne Pasquier, marchand tanneur au Mans. Entre-temps, M. Bergevin r\u00e9clama de conserver les maisons moyennant la somme de 80 000 F (comme l&rsquo;y autorisait son contrat de mariage).&nbsp;&nbsp;Il dut s\u2019en acquitter aupr\u00e8s de ce lointain parent et devint propri\u00e9taire \u00e0 part enti\u00e8re des deux maisons.<\/p>\n\n\n\n<p>Il entreprit alors un autre combat concernant les droits \u00e0 payer. Puisqu&rsquo;il avait l\u2019usufruit, il n&rsquo;\u00e9tait redevable, disait-il, que de la moiti\u00e9 des droits alors qu\u2019on les lui r\u00e9clamait sur la totalit\u00e9. Il se battit comme un beau diable et l&rsquo;affaire fit grand bruit. Mais il n\u2019obtint pas gain de cause<sup id=\"rf40-263\"><a href=\"#fn40-263\" title=\"A.N. : S2863\" rel=\"footnote\">40<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier thermidor de l\u2019an VI (19 juillet 1798), il vendit la maison du 52 de la rue Mazarine (qui portait alors le n\u00b0 1556) \u00e0 un certain sieur Aumond ainsi qu\u2019une langue de terrain, prise sur le jardin, mesurant 1 m 95 de profondeur sur toute la longueur de la maison<sup id=\"rf41-263\"><a href=\"#fn41-263\" title=\"A.N., M.C. : Me de Faucompret, 19 Flor\u00e9al an X\" rel=\"footnote\">41<\/a><\/sup>. La vente de ce minuscule bout de terrain sera bien pr\u00e9judiciable aux futurs propri\u00e9taires de la rue de Seine puisque le b\u00e2timent qui se construira plus tard au fond du jardin, sera profond de 2 m\u00e8tres au lieu des 3m95 qu&rsquo;il aurait pu avoir.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 19 flor\u00e9al an X, il loua \u00e0 un certain Pierre Gaillard,&nbsp;pharmacien de son \u00e9tat,&nbsp;&nbsp;la totalit\u00e9 des b\u00e2timents sur rue du 51 rue de Seine qui portait alors le num\u00e9ro 1464. Le preneur disait bien la conna\u00eetre puisqu\u2019il jouissait depuis le premier niv\u00f4se an VIII \u00abd\u2019une boutique et autres lieux en d\u00e9pendant\u00bb moyennant un loyer annuel de 600 F. De ce fait, le loyer monta brutalement \u00e0 la somme de 3450F. Cette extension consid\u00e9rable du bail laisse \u00e0 penser que le pharmacien pr\u00e9voyait une augmentation de ses activit\u00e9s. Peut-\u00eatre la fabrication du m\u00e9dicament Le Roy. Cependant, M.Bergevin continua \u00e0 r\u00e9sider dans les lieux puis d\u00e9cida de les vendre \u00e0 un certain Louis Le Roy, chirurgien consultant, demeurant aussi dans la maison.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#fba26b;font-size:26px\">1822 \u00e0 nos jours. La famille Le Roy-Cottin-Marin<\/p>\n\n\n\n<p>La vente se fit le 8 f\u00e9vrier 1822 par devant Me Boulard pour 110 000F<sup id=\"rf42-263\"><a href=\"#fn42-263\" title=\"A.N., M.C. : LXXIII\/1281 le 8\/02\/1822\" rel=\"footnote\">42<\/a><\/sup>. La&nbsp;&nbsp;maison et ses d\u00e9pendances situ\u00e9es rue de Seine portaient alors le n\u00b049 au lieu du 51 actuel.&nbsp;&nbsp;Elle consistait en&nbsp;&nbsp;corps de logis sur la rue, simple en profondeur, cour derri\u00e8re \u00e0 droite et \u00e0 gauche de laquelle il y avait plusieurs petits corps de b\u00e2timents ; \u00e0 la suite de cette cour, on trouvait un autre grand corps de logis double en profondeur et plusieurs petits b\u00e2timents faisant aile \u00e0 droite et \u00e0 gauche, petite cour derri\u00e8re ce grand deuxi\u00e8me corps de logis s\u00e9par\u00e9e du jardin par une grille en fer, et jardin clos de mur. Le tout contenant en superficie huit cent soixante-treize m\u00e8tres soixante onze centim\u00e8tres carr\u00e9s (deux cents trente toises carr\u00e9es) environ.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"398\" height=\"443\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/PortraitLeroyW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-285\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/PortraitLeroyW.jpg 398w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/PortraitLeroyW-270x300.jpg 270w\" sizes=\"(max-width: 398px) 100vw, 398px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Portrait de M. Le Roy (collection particuli\u00e8re)<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Louis Le Roy \u00e9tait n\u00e9 en 1766 \u00e0 La Fert\u00e9-Saint-Samson (Seine-Maritime). Une tradition rapport\u00e9e par la famille des propri\u00e9taires actuels veut que jeune homme, il soit venu \u00e0 pied \u00e0 Paris et qu&rsquo;il rassembla quelques \u00e9conomies pour assister \u00e0 une repr\u00e9sentation \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra. Un homme, beaucoup plus \u00e2g\u00e9 et pharmacien de surcroit&nbsp;&nbsp;y \u00e9tait aussi. Il s&rsquo;appelait Jean Pelgas. Ils se rencontr\u00e8rent. Pelgas fut frapp\u00e9 par l\u2019intelligence et la distinction du m\u00e9lomane. Ils sympathis\u00e8rent d&rsquo;autant que Pelgas disait avoir invent\u00e9&nbsp;&nbsp;la formule d&rsquo;un m\u00e9dicament souverain contre toutes les maladies et Louis Le Roy \u00e9tait m\u00e9decin &#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Tr\u00e8s vite, Louis Le Roy eut l\u2019id\u00e9e g\u00e9niale de fabriquer en s\u00e9rie les m\u00e9dicaments que Pelgas produisait \u00e0 l&rsquo;unit\u00e9 et de les vendre \u00e0 un fort modeste prix. Il leur donna le nom de&nbsp;&nbsp;\u00ab\u00a0M\u00e9decine Le Roy\u00a0\u00bb. C\u2019\u00e9tait une premi\u00e8re dans le monde pharmaceutique et une innovation qui lui valut bien des jalousies et des ennuis de la part de ses confr\u00e8res.<sup id=\"rf43-263\"><a href=\"#fn43-263\" title=\"Le Roy d\u00e9crit en d\u00e9tail les \u00ab\u00a0pers\u00e9cutions \u00a0\u00bb dont il fut l&rsquo;objet dans un imposant ouvrage dat\u00e9 de 1827. Il y pr\u00e9sente \u00e9galement sa m\u00e9thode : \u00ab\u00a0La m\u00e9decine curative, m\u00e9thode m\u00e9dicale du chirurgien Le Roy\u00a0\u00bb. C\u2019est un ouvrage \u00e9tonnant puisqu\u2019il fournit de multiples attestations de la parfaite gu\u00e9rison de personnes atteintes des maladies les plus diverses comme la gravelle ou les \u00e9crouelles en passant par la folie, l\u2019\u00e9pilepsie ou la tuberculose !\" rel=\"footnote\">43<\/a><\/sup><\/p>\n\n\n\n<p>Les relations entre Pelgas et le fort bel homme Louis Le Roy devinrent si confiantes et affectueuses que ce dernier \u00e9pousa sa fille Madeleine Pelgas. Nous \u00e9tions alors en 1798. La fille du chirurgien n&rsquo;\u00e9tait point une beaut\u00e9 mais elle avait d&rsquo;autre attraits &#8230; Le m\u00e9dicament Le Roy eut tant de succ\u00e8s qu&rsquo;il se r\u00e9pandit en France, en Europe et m\u00eame en Am\u00e9rique&#8230; <\/p>\n\n\n\n<p>Le Roy qui avait install\u00e9 ses laboratoires dans l&rsquo;immeuble en&nbsp;&nbsp;acquit la totalit\u00e9&nbsp;&nbsp;de M. Bergevin . La vente se fit le 8 f\u00e9vrier 1822 par devant Me Boulard pour le prix de 110 000F<sup id=\"rf44-263\"><a href=\"#fn44-263\" title=\"A.N., M.C. : LXXIII\/1281 le 8\/02\/1822\" rel=\"footnote\">44<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00a0\u00bb\u00e9pouse du chirurgien d\u00e9c\u00e9da la m\u00eame ann\u00e9e en laissant pour h\u00e9riti\u00e8re une fille mineure, D\u00e9sir\u00e9e&nbsp;&nbsp;Le Roy. Et l&rsquo;histoire se r\u00e9p\u00e9ta : un certain Jean-Baptiste Cottin n\u00e9 en 1790 en Bourgogne au ch\u00e2teau de la Berch\u00e8re, vint \u00e0 Paris pour y faire ses \u00e9tudes de m\u00e9decine, il \u00e9tait locataire de Louis Le Roy et fit ainsi la connaissance de sa fille &#8230; et l&rsquo;\u00e9pousa.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;De son mariage naqu\u00eet en 1817 D\u00e9sir\u00e9 Cottin qui ne suivit pas la tradition puisqu&rsquo;il fut secr\u00e9taire particulier du mar\u00e9chal Soult. Il habitait le ch\u00e2teau de Cossigny et menait grand train. Lorsque son p\u00e8re mourut en 1837, la fabrication de la M\u00e9decine Le Roy fut confi\u00e9e \u00e0 un pharmacien du nom de Signoret.<\/p>\n\n\n\n<p>Le bail d&rsquo;une grande partie des locaux de l&rsquo;immeuble fut renouvel\u00e9 en 1869&nbsp;&nbsp;&nbsp;<sup id=\"rf45-263\"><a href=\"#fn45-263\" title=\"A.N., M.C. : LXXVI\/843 Bail \u00e0 Signoret\" rel=\"footnote\">45<\/a><\/sup>. Les lieux comprenaient alors la boutique sur rue \u00e0 gauche, l&rsquo;arri\u00e8re-boutique, deux pi\u00e8ces au fond servant de cabinet de consultation et un logement au premier sur rue (le tout est actuellement occup\u00e9 par une galerie d&rsquo;art). Le bail englobait aussi le rez-de-chauss\u00e9e \u00e0 droite dans l&rsquo;immeuble entre cour et jardin qui servait de laboratoire plus un b\u00e2timent en aile \u00e0 droite sur le jardin contenant un rez-de-chauss\u00e9e et un \u00e9tage qui&nbsp;&nbsp;servait d&rsquo;atelier (l&rsquo;ensemble est lou\u00e9 actuellement par un cabinet d&rsquo;architecte)). En outre un b\u00e2timent d&rsquo;un rez-de-chauss\u00e9e et 2 \u00e9tage fut construit au fond pour servir de magasin.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"387\" height=\"485\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/FactureLeroyW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-271\" style=\"width:387px;height:485px\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/FactureLeroyW.jpg 387w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/FactureLeroyW-239x300.jpg 239w\" sizes=\"(max-width: 387px) 100vw, 387px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Facture concernant le m\u00e9dicament Le roy<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p>D\u00e9sir\u00e9 Cottin \u00e9pousa en 1843 Henriette Angar. Lorsque sa femme d\u00e9c\u00e9da le 12 octobre 1882 en leur ch\u00e2teau de Cossigny, il proc\u00e9da \u00e0 une donation-partage entre ses deux enfants. Le fils, Henri Cottin-Angar, e\u00fbt l\u2019immeuble de la rue de Seine estim\u00e9 alors \u00e0 320 000F.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"340\" height=\"412\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/PortraitPelgasW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-286\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/PortraitPelgasW.jpg 340w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/PortraitPelgasW-248x300.jpg 248w\" sizes=\"(max-width: 340px) 100vw, 340px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Portrait de Pelgas<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#fba26b;font-size:17px\">La famille Le Roy-Cottin<\/p>\n\n\n\n<p>Henry Cottin-Angar, qui \u00e9tait mari\u00e9 avec Antoinette Dyer, avait eu deux filles. Berthe Cottin-Angar, n\u00e9e de cette union en 1874, \u00e9pousa Charles Marin, qui \u00e9tait veuf et p\u00e8re de cinq enfants. Elle les adopta.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu&rsquo;elle d\u00e9c\u00e9da le 23 ao\u00fbt 1952, la maison devint alors la propri\u00e9t\u00e9 indivise des quatre enfants encore vivants et d&rsquo;un petit-fils : Denise Jourde, Bernadette Lebrun, Edmond Marin, Herv\u00e9 Marin, fils de Xavier Marin mort&nbsp;&nbsp;pendant la guerre de 1940 aux commandes de son avion, et Christian Marin .<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;immeuble resta longtemps en indivision mais en mars 2003 il fut proc\u00e9d\u00e9 au partage de l&rsquo;immeuble entre les indivisaires qui \u00e9taient au nombre de 17 ! Il \u00e9tait temps &#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Le passant curieux qui entre dans la premi\u00e8re cour de l&rsquo;immeuble peut voir une grande plaque de marbre noir sur laquelle on lit en lettres d&rsquo;or :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>V\u00e9ritables m\u00e9dicaments LE ROY<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Seule maison fond\u00e9e \u00e0 Paris<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>1745- 1798- AN X<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Elle intrigue et chacun aimerait percer son myst\u00e8re. \u00c0 notre connaissance, personne ne sait pourquoi la date de 1745 est inscrite sur cette plaque. Par contre les r\u00e9f\u00e9rences des autres dates sont peut-\u00eatre \u00e9claircies : 1798 pourrait signer la date de la premi\u00e8re location que fit Louis Le Roy du 51 rue de Seine. En effet, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de son mariage, Le Roy loua une partie des locaux du 51 et y commen\u00e7a la fabrication de son m\u00e9dicament tout en demeurant dans l&rsquo;immeuble sur le jardin. L\u2019an X pourrait nous dire que c\u2019est l\u2019ann\u00e9e o\u00f9 Le Roy et Pelgas ont remis au Corps L\u00e9gislatif leur doctrine.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, la fabrication de la \u00ab\u00a0M\u00e9decine Le Roy\u00a0\u00bb \u00e9migra \u00e0 Tournan-en-Brie bien avant la guerre de 1940.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#fba26b;font-size:18px\">Des locataires marquants au XXe si\u00e8cle<\/p>\n\n\n\n<p>Divers locataires c\u00e9l\u00e8bres occup\u00e8rent l&rsquo;immeuble au XXe si\u00e8cle : \u00e0 partir d&rsquo;une date ind\u00e9termin\u00e9e mais ant\u00e9rieure \u00e0 1963 et jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort, le peintre Serge Poliakoff habita le premier \u00e9tage du b\u00e2timent qui donne sur le jardin et fit son atelier de la pi\u00e8ce du fond de l&rsquo;aile gauche. Ses voisins le voyaient de temps en temps sur son balcon pr\u00e9parer les fonds de ses tableaux. Son fils habitait \u00e9galement le m\u00eame b\u00e2timent&nbsp;&nbsp;au 3e \u00e9tage avec sa famille.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"928\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/PoliakoffW-928x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-284\" style=\"width:464px;height:512px\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/PoliakoffW-928x1024.jpg 928w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/PoliakoffW-272x300.jpg 272w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/PoliakoffW-768x848.jpg 768w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/PoliakoffW-1392x1536.jpg 1392w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/PoliakoffW.jpg 1417w\" sizes=\"(max-width: 928px) 100vw, 928px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Serge Poliakoff\n<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Pendant des dizaines d&rsquo;ann\u00e9es, le local \u00e0 gauche du porche d&rsquo;entr\u00e9e \u00e9tait la galerie des fr\u00e8res Stadler. Leur exposition des bijoux de Braque en avril et mai 68 eut un grand retentissement <\/p>\n\n\n\n<p>Ils confi\u00e8rent en \u00e9t\u00e9 1971 leur galerie \u00e0 Michel Jaffrenou qui y installa une sc\u00e9nographie hallucinante mettant en sc\u00e8ne une jungle&nbsp;&nbsp;de sculptures florales et cannibales. On entendait des sons des cris d\u00e9chir\u00e9s et d\u00e9chirants et les lumi\u00e8res pouvaient faire peur \u00e0 un vampire.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"297\" height=\"413\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Stadler-JaffrennouW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-288\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Stadler-JaffrennouW.jpg 297w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Stadler-JaffrennouW-216x300.jpg 216w\" sizes=\"(max-width: 297px) 100vw, 297px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Avant de terminer notre long voyage au fil du temps, nous avons voulu illustrer l\u2019\u00e9volution topographique des lieux. Vous trouverez ci-dessous quatre plans :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;Le premier est celui de 1767 de la s\u00e9rie Z1j des Archives Nationales (1727).<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;Le second, dress\u00e9 par M. Bergevin, \u00e9mane de la s\u00e9rie F 31 (Cadastre) des Archives Nationales (1822).<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;Le troisi\u00e8me est un plan de la s\u00e9rie 2482 W21 des Archives de Paris intitul\u00e9 cadastre 1900.<\/p>\n\n\n\n<p>-La quatri\u00e8me est tir\u00e9 du cadastre de 1950 des Archives de Paris<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;Le dernier est un plan dress\u00e9 par l\u2019Institut nationale g\u00e9ographique qui a servi au partage de 2003.<\/p>\n\n\n\n<p>Les constructions successives sont marqu\u00e9es en orange.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"663\" height=\"500\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Plans1W.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-282\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Plans1W.jpg 663w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Plans1W-300x226.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 663px) 100vw, 663px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"572\" height=\"482\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Plans2W.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-283\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Plans2W.jpg 572w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Plans2W-300x253.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 572px) 100vw, 572px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Ainsi s&rsquo;ach\u00e8ve notre p\u00e9riple qui&nbsp;&nbsp;fut long mais fructueux et passionnant. En essayant de redonner vie \u00e0 ces quelques m\u00e8tres carr\u00e9s parisiens, nous esp\u00e9rons que comme Ulysse vous avez fait  un beau voyage.<\/p>\n\n\n\n<p>MONIQUE ETIVANT<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"355\" height=\"458\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Dessin51-rue-de-seineW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-270\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Dessin51-rue-de-seineW.jpg 355w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Dessin51-rue-de-seineW-233x300.jpg 233w\" sizes=\"(max-width: 355px) 100vw, 355px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Dessin du jardin du 51 dress\u00e9 par Luc Etivant<\/figcaption><\/figure><\/div><hr class=\"footnotes\"><ol class=\"footnotes\" style=\"list-style-type:decimal\"><li id=\"fn1-263\"><p > La future rue Mazarine, aussi appelle \u00ab\u00a0chemin des buttes\u00a0\u00bb&nbsp;<a href=\"#rf1-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 1.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn2-263\"><p >\u00a0A.N.\u00a0: S 2974&nbsp;<a href=\"#rf2-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 2.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn3-263\"><p >A.N. ; M.C.\u00a0: VIII\/290 25\/09\/1543&nbsp;<a href=\"#rf3-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 3.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn4-263\"><p >alias Trepigne ou Terpigne&nbsp;<a href=\"#rf4-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 4.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn5-263\"><p >La corporation des bonnetiers faisait partie d\u2019une sorte d\u2019aristocratie industrielle et d\u00e9filait en 5e position depuis l\u2019entr\u00e9e de la reine Marie d\u2019Angleterre \u00e0 Paris en 1514&nbsp;<a href=\"#rf5-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 5.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn6-263\"><p >A.N. ; LL1125&nbsp;<a href=\"#rf6-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 6.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn7-263\"><p >A.N. ; M.C. ; VIII\/213&nbsp;<a href=\"#rf7-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 7.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn8-263\"><p >Les renseignements biographiques sur Jean Milles sont largement tir\u00e9s du Bulletin de la Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019\u00e9mulation du d\u00e9partement de l\u2019Allier (5) &nbsp;<a href=\"#rf8-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 8.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn9-263\"><p >A.N.\u00a0: Z\/1e\/323 fol.213&nbsp;<a href=\"#rf9-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 9.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn10-263\"><p ><a><sup> <\/sup><\/a>A.N.&nbsp;: Y 98 fol. 207. Insinuation du mariage&nbsp;<a href=\"#rf10-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 10.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn11-263\"><p >&nbsp;A.N., M.C.&nbsp;:VIII\/213 , 21\/09\/1551&nbsp;<a href=\"#rf11-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 11.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn12-263\"><p >A.N., M.C.&nbsp;: XLIX\/280 18\/10\/1557&nbsp;<a href=\"#rf12-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 12.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn13-263\"><p >, il rencontra \u00e0 nouveau Me Lenain et Scipion de Frontig\u00e8res, marguillier de cette \u00e9glise et signa l\u2019acte qui reconnaissait qu\u2019il avait vers\u00e9 285 livres 5 sols&nbsp;&nbsp;pour le rachat des 2\/3 de la rente de 21L, \u00e0 savoir 280 livres tournois<a><sup>[2]<\/sup><\/a>&nbsp;pour le \u00ab&nbsp;sort principal&nbsp;\u00bb de la rente et le reste pour les frais. Il \u00e9tait pr\u00e9cis\u00e9 que la fabrique de l\u2019\u00e9glise devait remployer la somme vers\u00e9e afin de continuer la fondation qu\u2019avait faite Gilles Le Maistre et sa femme.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous savons peu de choses sur ce banquier en cour de Rome qui habita rue de La Harpe puis rue de Seine comme en t\u00e9moigne un acte qu\u2019il signe en 1580&nbsp;:<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"422\" height=\"140\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/LhuillierW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-300\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/LhuillierW.jpg 422w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/LhuillierW-300x100.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 422px) 100vw, 422px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>et dont voici la transcription&nbsp;: <em>Fut pr\u00e9sent en sa personne noble homme Me Jehan Lhuillier, banquier, bourgeois de Paris demeurant \u00e0 St Germain des Pr\u00e9s en la rue de Seyne .<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Lorsqu\u2019il mourut le 5 juin 1580, il fit de son neveu Gabriel Lhuillier son l\u00e9gataire universel.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Gabriel Lhuillier \u00e9tait avocat au Parlement et banquier exp\u00e9ditionnaire en cour de Rome. Il s\u2019aper\u00e7ut assez vite que les marguilliers de Saint-C\u00f4me et Saint-Damien n\u2019avaient pas fait de remploi de la somme vers\u00e9e par son oncle pour le rachat de la rente. Il leur demanda une indemnit\u00e9 qui lui fut vers\u00e9e sous la forme de 80 \u00e9cus d\u2019or soleil.<\/p>\n\n\n\n<p>Gabriel Lhuillier mourut le 14 juin 1611. Par son testament qu\u2019il avait r\u00e9dig\u00e9 le 2 avril 1611, il demandait \u00ab&nbsp;qu\u2019en raison de la d\u00e9votion et la bonne affection&nbsp;&nbsp;envers l\u2019abbaye de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s&nbsp;\u00bb, il voulait y \u00eatre inhum\u00e9. Dans ce but, il lui l\u00e9guait 50 livres tournois de rente annuelle et perp\u00e9tuelle&nbsp;\u00e0 la charge de dire et c\u00e9l\u00e9brer par les religieux et leurs successeurs trois services par an, le premier le jour du d\u00e9c\u00e8s de feu Me Jean Lhuillier son oncle mort le 5 juin 1580, l\u2019autre le jour du d\u00e9c\u00e8s de son propre d\u00e9c\u00e8s et le 3<sup>e<\/sup>&nbsp;le lendemain ou autre jours suivants apr\u00e8s le jour des morts, le tout \u00e0 l\u2019intention de prier Dieu pour son \u00e2me , celle de ses p\u00e8re et m\u00e8re , son oncle et tous ses autres parents.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La clause du testament fut ex\u00e9cut\u00e9e par Claude Lhuillier, banquier exp\u00e9ditionnaire en cour de Rome et Gaspard Lhuillier qui \u00e9tait \u00e9tudiant en droit \u00e0 l\u2019universit\u00e9 d\u2019Orl\u00e9ans<a><sup>[3]<\/sup><\/a>. Cette rente \u00e9tait \u00e0 prendre sur une maison une maison situ\u00e9e rue de La Harpe dans laquelle avait habit\u00e9 Gabriel Lhuillier.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>On vit d\u2019ann\u00e9e en ann\u00e9e Claude Lhuillier s\u2019acquitter de cette somme. Par son testament, il donna \u00e0 l\u2019abbaye 6000 livres, \u00e0 charge qu\u2019on ferait c\u00e9l\u00e9brer tous les jours et \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 une messe. Il fit de plus faire un caveau pour lui, son oncle et son grand-oncle \u00ab&nbsp;en la troisi\u00e8me chapelle \u00e0 main droite \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du ch\u0153ur joignant celle du comte Douglas<a><sup>[4]<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb Les clauses du contrat furent sign\u00e9es devant Le Gay et Saint Leu, mais il ne put signer \u00ab&nbsp;\u00e0 cause d\u2019une indisposition qu\u2019il avait au bras et \u00e0 la main&nbsp;\u00bb\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>O\u00f9 une rente revient sur la sc\u00e8ne :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est probablement vers 1580, \u00e0 la mort de Jean Lhuillier, que la maison changea \u00e0 nouveau de propri\u00e9taire. La France connaissait alors une p\u00e9riode fort troubl\u00e9e puisque nous \u00e9tions en pleine lutte entre les protestants et catholiques. Le quartier de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s abritait de nombreux habitants de la religion r\u00e9form\u00e9e<a><sup> <\/sup><\/a>&nbsp;((On disait de ce quartier que c\u2019\u00e9tait la petite Gen\u00e8ve.&nbsp;<a href=\"#rf13-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 13.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn14-263\"><p >&nbsp;Pierre de L\u2019Estoile, M\u00e9moires-Journaux TomeVII page 65&nbsp;<a href=\"#rf14-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 14.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn15-263\"><p >&nbsp;Ibid. TomeVII page 164. \u00ab&nbsp;Le 29 juin 1604, M. le Dauphin passa par Paris pour aller \u00e0 Fontainebleau, o\u00f9 le roy l\u2019avoit mand\u00e9. Il estoit dans une liti\u00e8re d\u00e9couverte, o\u00f9&nbsp;Madame de Malissis, sa Gouvernante, le tenoit, et il y eut force vivat cri\u00e9s par la peuple \u00e0 son arriv\u00e9e&nbsp;\u00bb.&nbsp;<a href=\"#rf15-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 15.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn16-263\"><p >A.N., M.C.&nbsp;: CV\/79&nbsp;&nbsp;le 26\/11\/1598&nbsp;<a href=\"#rf16-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 16.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn17-263\"><p >On est frapp\u00e9s par la similitude de la topographie des lieux avec celle qui existe actuellement : un b\u00e2timent sur rue, un b\u00e2timent derri\u00e8re avec une cour au milieu et un jardin derri\u00e8re&nbsp;<a href=\"#rf17-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 17.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn18-263\"><p >Lui-m\u00eame h\u00e9ritier de Claude Andr\u00e9&nbsp;<a href=\"#rf18-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 18.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn19-263\"><p >&nbsp;A.N. (Archives nationales), S 3059&nbsp;<a href=\"#rf19-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 19.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn20-263\"><p >A.N.&nbsp;: S3058, terrier de 1628.&nbsp;<a href=\"#rf20-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 20.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn21-263\"><p >alias Fran\u00e7ois de Peyrat&nbsp;<a href=\"#rf21-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 21.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn22-263\"><p >Le contrat de mariage fut sign\u00e9 devant le notaire Claude de Troyes le 22 juillet 1595. Malheureusement son \u00e9tat de conservation ne permet pas sa consultation.&nbsp;<a href=\"#rf22-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 22.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn23-263\"><p >A.N., M.C. I\/60 Contrat de constitution \u00e0 Nicolas Vedeau par Fran\u00e7ois Peyrat du 10 juin 1604.&nbsp;<a href=\"#rf23-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 23.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn24-263\"><p >L\u2019acte n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9. Ces assertions sont bas\u00e9es sur le contrat de revente.&nbsp;<a href=\"#rf24-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 24.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn25-263\"><p >A.N.&nbsp;: K998&nbsp;<a href=\"#rf25-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 25.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn26-263\"><p >Genevi\u00e8ve Le Maistre, fille de Gilles Le Maistre et Marie Sapin avait \u00e9pous\u00e9 Jacques de et eurent pour fille Marie de Lavergne qui \u00e9pousa Jean du Tilllet. C\u2019\u00e9tait donc la petite-fille de Gilles Le Maistre.&nbsp;<a href=\"#rf26-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 26.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn27-263\"><p >Le r\u00e9cit de ce passage est tir\u00e9 des registres paroissiaux de Saint-Martin-la -Place. Le cur\u00e9 ne dit pas quelles sont les raisons donn\u00e9es par las m\u00e9decins de Tours.&nbsp;<a href=\"#rf27-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 27.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn28-263\"><p >A.N.&nbsp;: M.C.  CXXII\/1581. Bail du 9 septembre 1613&nbsp;<a href=\"#rf28-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 28.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn29-263\"><p >Marguerite de Lorraine avait \u00e9pous\u00e9 en premi\u00e8res noces Anne de Joyeuse, favori d\u2019Henri III, mort en 1587, lors d\u2019un combat contre Henri de Navarre, futur Henri IV,&nbsp;&nbsp;\u00e0 Coultras. Elle s\u2019unit en secondes noces \u00e0 Fran\u00e7ois de Luxembourg, sa s\u0153ur avait \u00e9pous\u00e9 Henri III&nbsp;<a href=\"#rf29-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 29.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn30-263\"><p >B\u00e2timent B actuel&nbsp;<a href=\"#rf30-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 30.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn31-263\"><p >Voir l&rsquo;histoire des 14, 16 et 18 rue de Seine&nbsp;<a href=\"#rf31-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 31.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn32-263\"><p >A.N., M.C., CXXII\/1622, Partage du 27\/07\/1631&nbsp;<a href=\"#rf32-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 32.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn33-263\"><p >A.N., M.C.,&nbsp;&nbsp;XCI\/281. Testament de Philippe Le Ragois r\u00e9dig\u00e9 le 23 avril 1648 et d\u00e9pos\u00e9 chez le notaire le 29 mai 1649&nbsp;<a href=\"#rf33-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 33.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn34-263\"><p >A.N., Z1j\/270, expertise des immeubles de Philippe Le Ragois&nbsp;<a href=\"#rf34-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 34.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn35-263\"><p >Par un contrat pass\u00e9 devant ma\u00eetre De Saint Vaast, le 26 septembre 1658&nbsp;<a href=\"#rf35-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 35.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn36-263\"><p >Le notaire proc\u00e9da \u00e0 l\u2019inventaire qui montra que dame Gervaise vivait fort modestement.&nbsp;&nbsp;Son logis se composait d\u2019une salle, une cuisine et un cabinet avec une chambre au-dessus. Tout le reste des maisons sur rue et sur jardin \u00e9tait lou\u00e9 et lui procurait sans doute son unique revenu. Sur la rue, un tapissier et un coutelier occupaient les lieux et le reste&nbsp;&nbsp;\u00e9tait lou\u00e9 \u00e0 des particuliers pour 48 et 78 livres. Le corps de logis entre cour et jardin rapportait beaucoup plus : deux locataires versaient 300 livres par an, deux autres payaient un \u00e9cot de 285 et 200 livres, Mad. De Lisle et M. Fleury contribuaient aux revenus de dame Gervaise \u00e0 hauteur&nbsp;&nbsp;de 135 et 105 livres. Quatre personnes occupaient vraisemblablement de simples chambres puisqu\u2019ils louaient leur modeste logement pour 75, 60, 45 et 14 livres&nbsp;<a href=\"#rf36-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 36.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn37-263\"><p >Il existe encore actuellement un petit escalier qui joint directement le 1er \u00e9tage au \u00ab\u00a0demi-\u00e9tage\u00a0\u00bb sur jardin.<\/p>\n\n\n\n<p>Marie-Marguerite se maria l\u2019ann\u00e9e qui suivit la disparition de sa m\u00e8re avec noble et illustre seigneur messire Joseph Charles Hyacinthe, comte de Raxy, seigneur de Flassans<\/p>\n\n\n\n<p>Les d\u00e9clarations du 25 juin 1721 au terrier de l\u2019abbaye de Saint-Germain-des Pr\u00e9s par Anne et sa s\u0153ur Marie-Marguerite nous confirment qu\u2019elles avaient partag\u00e9 la maison un peu \u00e0 la fa\u00e7on des Peyrat : l\u2019une avait le corps de logis sur la rue et l\u2019autre celui qui est entre cour et jardin. Seule Anne y demeurait. Sa s\u0153ur habitait rue Taranne, tout pr\u00e8s de l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand Anne mourut, la comtesse de Flassans, sa s\u0153ur, devint seule propri\u00e9taire.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1741, la moiti\u00e9 du corps de logis sur la rue \u00e9tait occup\u00e9e par un aubergiste qui vraisemblablement n&rsquo;y exer\u00e7ait que sa profession puisqu\u2019il demeurait rue Champfleury. L\u2019autre moiti\u00e9 \u00e9tait baill\u00e9e \u00e0 un ma\u00eetre chaudronnier. Quant au rez-de-chauss\u00e9e \u00e0 droite du corps de logis entre cour et jardin il \u00e9tait lou\u00e9 par un ma\u00eetre \u00e0 danser ainsi qu\u2019une place dans l\u2019\u00e9curie pour un cheval et une autre dans la premi\u00e8re cour pour une chaise \u00e0 porteur ! C\u2019\u00e9tait, dit-on, les seuls locataires en 1741 mais le comte et la comtesse de Flassans qui demeuraient alors dans l\u2019immeuble occupaient le reste.<\/p>\n\n\n\n<p>H\u00e9las, le comte \u00e9tait tr\u00e8s endett\u00e9, \u00e0 tel point que le 3 d\u00e9cembre 1739, il faisait donation de sa maison au sieur de Breguet pour payer ses dettes. Quelques mois apr\u00e8s, le 10 mai 1741, le sieur Br\u00e9guet se d\u00e9sistait de la donation et finalement le 12 Mai 1741 ((A.N. ,M.C.,&nbsp;&nbsp;la totalit\u00e9 de la maison fut vendue au sieur Catherinet&nbsp;<a href=\"#rf37-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 37.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn38-263\"><p >A.N. : Z1j 908, 20 mars 1757&nbsp;<a href=\"#rf38-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 38.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn39-263\"><p >A.N., M.C. : LVII\/571 contrat de mariage du&nbsp;&nbsp;24\/11\/1784&nbsp;<a href=\"#rf39-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 39.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn40-263\"><p >A.N. : S2863&nbsp;<a href=\"#rf40-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 40.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn41-263\"><p >A.N., M.C. : Me de Faucompret, 19 Flor\u00e9al an X&nbsp;<a href=\"#rf41-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 41.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn42-263\"><p >A.N., M.C. : LXXIII\/1281 le 8\/02\/1822&nbsp;<a href=\"#rf42-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 42.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn43-263\"><p >Le Roy d\u00e9crit en d\u00e9tail les \u00ab\u00a0pers\u00e9cutions \u00a0\u00bb dont il fut l&rsquo;objet dans un imposant ouvrage dat\u00e9 de 1827. Il y pr\u00e9sente \u00e9galement sa m\u00e9thode : \u00ab\u00a0La m\u00e9decine curative, m\u00e9thode m\u00e9dicale du chirurgien Le Roy\u00a0\u00bb. C\u2019est un ouvrage \u00e9tonnant puisqu\u2019il fournit de multiples attestations de la parfaite gu\u00e9rison de personnes atteintes des maladies les plus diverses comme la gravelle ou les \u00e9crouelles en passant par la folie, l\u2019\u00e9pilepsie ou la tuberculose !&nbsp;<a href=\"#rf43-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 43.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn44-263\"><p >A.N., M.C. : LXXIII\/1281 le 8\/02\/1822&nbsp;<a href=\"#rf44-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 44.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn45-263\"><p >A.N., M.C. : LXXVI\/843 Bail \u00e0 Signoret&nbsp;<a href=\"#rf45-263\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 45.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><\/ol>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au temps des Valois Depuis des temps imm\u00e9moriaux, les terres situ\u00e9es entre la rue de Seine et&nbsp;&nbsp;l\u2019actuelle rue Mazarine d\u2019une part, la rue de Buci&nbsp;&nbsp;et les quais de Seine d\u2019autre part, \u00e9taient dans la censive de l\u2019abbaye de Saint Germain &hellip; <a href=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/2020\/04\/08\/le-51-rue-de-seine\/\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[29],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/263"}],"collection":[{"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=263"}],"version-history":[{"count":19,"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/263\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":998,"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/263\/revisions\/998"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=263"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=263"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=263"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}