{"id":315,"date":"2020-04-13T18:31:10","date_gmt":"2020-04-13T16:31:10","guid":{"rendered":"http:\/\/rue-de-seine.com\/?p=315"},"modified":"2021-10-30T12:01:50","modified_gmt":"2021-10-30T10:01:50","slug":"le-15-rue-de-seine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/2020\/04\/13\/le-15-rue-de-seine\/","title":{"rendered":"Le 15 rue de Seine"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"482\" height=\"366\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Photos-des-15-et-16W.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-317\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Photos-des-15-et-16W.jpg 482w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Photos-des-15-et-16W-300x228.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 482px) 100vw, 482px\" \/><figcaption>Les 15 rue de Seine et 16 rue Mazarine<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Le 15 de la rue de Seine est un petit immeuble sans pr\u00e9tention, probablement du XVII\u00e8 si\u00e8cle, disent les architectes de la protection patrimoniale, en tous les cas certainement ancien. Il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 reconstruit  m\u00eame s\u2019il a \u00e9t\u00e9 remani\u00e9. La maison du 16 rue Mazarine fut vraisemblablement reconstruite \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:26px\">1573-1576. Claude de Senneton<\/p>\n\n\n\n<p>Un certain premier avril 1573, Roland de Senneton se pr\u00e9senta devant Me Lusson et Me Legendre, notaires, pour acqu\u00e9rir une maison situ\u00e9e sur le foss\u00e9 d\u2019entre les portes de Bussy et de Nesle d\u2019une certaine Madeleine de Chefdeville qui \u00e9tait alors veuve de Michel Perret, vivant premier huissier au Parlement de Paris.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Roland de Senneton \u00e9tait \u00e9cuyer et seigneur de \u2026 Senneton. Il \u00e9tait aussi homme d\u2019armes du tr\u00e8s fameux mar\u00e9chal de Coss\u00e9.\u00a0\u00a0Mari\u00e9 \u00e0 Marguerite de Bellongne, il habitait \u00e0 Auneau-en-Beauce (Eure-et-Loire).<\/p>\n\n\n\n<p>La maison \u00e9tait alors \u00e0 l\u2019enseigne de\u00a0\u00a0<em>l\u2019Image Notre Dame,\u00a0<\/em>comportait un grand corps d\u2019h\u00f4tel qui avait son entr\u00e9e sur le foss\u00e9 d\u2019entre les portes de Buci et de Nesle, une \u00e9table et une cour avec un puits.\u00a0\u00a0Son jardin s\u2019\u00e9tendait jusqu\u2019\u00e0 la rue de Seine et ses voisins \u00e9taient\u00a0\u00a0d\u2019un c\u00f4t\u00e9 la maison qui portait l\u2019enseigne du\u00a0<em>Nom de J\u00e9sus<\/em>\u00a0et de l\u2019autre \u00e0 une maison dont le propri\u00e9taire \u00e9tait inconnu des notaires. La redevance due \u00e0 l\u2019abbaye de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s (le cens)\u00a0\u00a0\u00e9tait de 2 sols parisis, \u00e0 verser chaque ann\u00e9e au jour de la saint R\u00e9mi, \u00ab\u00a0chef d\u2019octobre\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Il ne garda pas longtemps sa maison puisque trois ans apr\u00e8s, le 11 avril 1576, il la vendit \u00e0 un certain Guillaume Pajot <sup id=\"rf1-315\"><a href=\"#fn1-315\" title=\"A.N. ; M.C. ; ET\/LXXXIV\/3, Vente de Roland de Senneton \u00e0 Guillaume Pajot\" rel=\"footnote\">1<\/a><\/sup> .\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:26px\">1576-1589 . La famille Pajot<\/p>\n\n\n\n<p>La transaction qu\u2019il fit avec Guillaume Pajot et Perrette du Hamel sa femme,\u00a0\u00a0fixait le prix de vente \u00e0 1800 livres dont 300 livres seraient vers\u00e9s au jour de la f\u00eate Saint Jean-Baptiste (elle fut vers\u00e9e le 20 juin 1576 devant les notaires Franquelin et Legendre). Le 2<sup>e<\/sup>\u00a0versement (1200 livres) \u00e9tait pr\u00e9vu pour 31 juillet 1576 mais Pajot avait alors des difficult\u00e9s financi\u00e8res et obtint de n\u2019en payer que 600 livres \u00e0 cette date et un d\u00e9lai de payement fix\u00e9 \u00e0 fin octobre pour les 600 livres restants.\u00a0La maison \u00e9tait construite du c\u00f4t\u00e9 de la rue Mazarine. Elle avait pour enseigne l&rsquo;Image Notre Dame et comportait un grand corps d&rsquo;h\u00f4tel , une \u00e9table un puits et un jardin du c\u00f4t\u00e9 de la rue de Seine.<\/p>\n\n\n\n<p>Le couple s\u2019installa dans la maison mais n\u2019eurent point d\u2019enfant puisqu\u2019\u00e0 la mort de Perrette qui arriva le 7 juillet 1582<sup id=\"rf2-315\"><a href=\"#fn2-315\" title=\" A.N., M.C. XXIII\/163, inventaire de Perrette du Hamel \u00e0 partir de 16 juillet 1582\" rel=\"footnote\">2<\/a><\/sup> , sa seule h\u00e9riti\u00e8re fut une ni\u00e8ce du nom de Marie Papillon qui habitait Meaux. Cependant Perrette du Hamel et son mari Guillaume Pajot s\u2019\u00e9taient fait donation mutuelle de tous leurs biens. Guillaume Pajot continua donc \u00e0 jouir de la maison, au grand dam de la ni\u00e8ce qui lui intenta un proc\u00e8s qu\u2019elle perdit\u00a0: les juges estim\u00e8rent que la donation mutuelle \u00e9tait sans ambiguit\u00e9. Quatre mois et demi apr\u00e8s, il se remaria avec Marie Boucher, fille d\u2019un bourgeois de Paris<sup id=\"rf3-315\"><a href=\"#fn3-315\" title=\"A.N., M.C., CXVII\/20, mariage de Guillaume Pajot avec Marie Boucher le 28\/11\/1582\" rel=\"footnote\">3<\/a><\/sup>. Il mourut en sa maison de la rue de Seine 7 ans plus tard, en 1589.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques ann\u00e9es plus tard, en 1610, les h\u00e9ritiers de Guillaume Pajot et de Perrette du Hamal, sa premi\u00e8re femme vendirent la maison \u00e0 Arnoul Mestayer qui \u00e9tait lieutenant de la compagnie de 100 arquebusiers et poss\u00e9dait la maison et le jeu de paume voisins. Les troubles dus aux guerres de religion avaient transform\u00e9 la maison en masure. La vente se fit moyennant 4400 livres et ce fut Arnoul Mestayer qui prit \u00e0 son compte les frais de la cl\u00f4ture s\u00e9parant son jeu de paume de la masure<sup id=\"rf4-315\"><a href=\"#fn4-315\" title=\"A.N. ; M.C. ; XCII\/9. Vente du 16 d\u00e9cembre 1610\" rel=\"footnote\">4<\/a><\/sup>. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:26px\">1610- 1637. La famille Mestayer<\/p>\n\n\n\n<p>Ce fut le 12 mars 1612 qu\u2019Arnould Mestayer, ma\u00eetre paumier, se fit adjuger aux Requ\u00eates du Palais une maison dont l\u2019entr\u00e9e \u00e9tait sur le foss\u00e9 d\u2019entre les portes de Bussy et de Nesle et qui s\u2019\u00e9tendait jusqu\u2019\u00e0 la rue de Seine<sup id=\"rf5-315\"><a href=\"#fn5-315\" title=\"A.N., M.C.\u00a0; XXXV\/234, inventaire apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de Arnoul Mestayer dat\u00e9 au commencement du 16\/05\/1621\" rel=\"footnote\">5<\/a><\/sup>. Il poss\u00e9dait d\u00e9j\u00e0 depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es le jeu de paume du Mestayer qui \u00e9tait situ\u00e9 juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Pour cette acquisition il versa la somme de 4400 livres.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Arnould Mestayer fit alors b\u00e2tir de neuf deux maisons \u00e0 la place de celles qui n\u2019\u00e9taient alors que des masures et mourut en 1617. Il laissait cinq enfants \u00e2g\u00e9s de huit ans \u00e0 treize mois. Sa veuve, Marie Raganel, ne tarda point \u00e0 se remarier avec Olivier Ducreux qui \u00e9tait aussi ma\u00eetre paumier, malheureusement elle perdit aussi son deuxi\u00e8me mari alors que ses enfants n\u2019\u00e9taient point encore majeurs<sup id=\"rf6-315\"><a href=\"#fn6-315\" title=\"&lt;em&gt;Ibid&lt;\/em&gt;.\" rel=\"footnote\">6<\/a><\/sup>\u00a0.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu\u2019elle vit que venait l\u2019heure de rendre des comptes de tutelle et qu\u2019elle n\u2019avait pas le premier sol pour payer ce qui en r\u00e9sulterait, elle prit les devants et vendit le 16 d\u00e9cembre 1637 la moiti\u00e9 qu\u2019elle poss\u00e9dait en les maisons qui occupaient l\u2019emplacement du 15 de la rue de Seine et de celle qui se trouvait derri\u00e8re sur les foss\u00e9s d&rsquo;entre les portes de  Bus et de Nesle (rue Mazarine) . La maison \u00e9tait maintenant compos\u00e9e de deux corps d\u2019h\u00f4tel\u00a0: le premier qui avait son entr\u00e9e rue de Seine \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;enseigne le\u00a0<em>Lyon d\u2019Argent<\/em>, une sage-femme du nom de Charles occupait les lieux. Le second qui donnait sur le foss\u00e9 d\u2019entre les portes de Bussy et de Nesle avait pour enseigne la\u00a0<em>Ville de Lyon<\/em>\u00a0qui \u00e9tait lou\u00e9e au sieur Saint-Georges, l\u2019un des chevaux-l\u00e9gers du roi. Chacun des deux corps d&rsquo;h\u00f4tel consistaient en salle et cuisine et \u00e9curie au rez-de-chauss\u00e9e. Au-dessus on trouvait  deux chambres \u00e0 chemin\u00e9e avec leur garde-robe, \u00e9curie, deux chambres avec leur garde-robes , un grenier et des caves. Un puits avait \u00e9t\u00e9 creus\u00e9 dans chacune des cours. La vente se fit moyennant 10 000 livres. L\u2019ensemble des deux\u00a0\u00a0maisons \u00e9tait charg\u00e9 de 12 deniers parisis de cens envers l\u2019abbaye de Saint-Gemain- des-Pr\u00e9s<sup id=\"rf7-315\"><a href=\"#fn7-315\" title=\"A.N., M.C.\u00a0; VI\/455, vente de Marie Raganel \u00e0 Jean Froment du 16\/12\/1637\" rel=\"footnote\">7<\/a><\/sup>. L&rsquo;autre moiti\u00e9 des deux maisons appartenaient aux cinq enfants d&rsquo;Arnoul Mestayer<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:26px\">1637-La famille Froment<\/p>\n\n\n\n<p>Les acheteurs \u00e9taient Jean Froment, ma\u00eetre tailleur d\u2019habits et Marguerite Bonjour, sa femme. Ils mirent longtemps et d\u00e9velopp\u00e8rent une forte t\u00e9nacit\u00e9 pour acqu\u00e9rir l\u2019autre moiti\u00e9 de leur bien&nbsp;:&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le 20 octobre 1639, Anne Mestayer et son mari Jean de La Fert\u00e9 qui \u00e9tait \u00e9cuyer et sieur de Champrobert, vendirent le 5e en la moiti\u00e9 qu\u2019ils poss\u00e9daient dans les deux corps d\u2019h\u00f4tel moyennant 2000 livres<sup id=\"rf8-315\"><a href=\"#fn8-315\" title=\"A.N., M.C.&nbsp;; VI\/460, vente au sieur Froment du 20\/10\/1639\" rel=\"footnote\">8<\/a><\/sup>. L\u2019ann\u00e9e suivante, ce fut au tour d\u2019Elisabeth Mestayer et son mari Poictevin de vendre 2\/5 e en la moiti\u00e9 \u00e0 Jean Fromant et sa femme&nbsp;&nbsp;<sup id=\"rf9-315\"><a href=\"#fn9-315\" title=\"A.N., M.C.&nbsp;; VI\/460, vente du&nbsp;15\/01\/1640 \u00e0 Froment\" rel=\"footnote\">9<\/a><\/sup><\/p>\n\n\n\n<p>Restait encore la m\u00eame portion \u00e0 arracher aux vendeurs r\u00e9calcitrants. Le couple mit quinze longues ann\u00e9es \u00e0 y parvenir. En 1655, les 2\/5<sup>e<\/sup>&nbsp;en la moiti\u00e9 restant en la possession de la famille Mestayer appartenaient \u00e0 Florent Luzurier,&nbsp;&nbsp;ma\u00eetre charron et \u00e9poux d\u2019Antoinette Mestayer, \u00e0 Claude Gouffier, marchand mercier mari d\u2019Anne Mestayer, et \u00e0 Nicolas Mestayer, Antoinette, Anne et Nicolas tous trois enfants et h\u00e9ritiers de Claude Mestayer et Marie Gouppy, les vendeurs r\u00e9calcitrants, qui avaient eu tout loisir de prendre le temps de mourir durant ces 15 longues ann\u00e9es. Le 30 novembre, cette portion, objet de tous les d\u00e9sirs de Jean Fromant et sa femme, tomba enfin dans leur escarcelle&nbsp;!&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Pour bien marquer leur sceau sur la maison du c\u00f4t\u00e9 de la rue de Seine, le couple lui donna l\u2019enseigne des&nbsp;<em>3 \u00c9pis de Froment<\/em>&nbsp;et la loua \u00e0 un chirurgien du nom de Charles Morangeau et \u00e0 sa femme Marie Moreau moyennant 400 livres par an. Le sieur Froment se r\u00e9serva tout de m\u00eame le petit caveau qui \u00e9tait \u00e0 main gauche en descendant dans la grande cave, sous le \u00ab&nbsp;grand&nbsp;\u00bb corps de logis donnant sur la rue de Seine<sup id=\"rf10-315\"><a href=\"#fn10-315\" title=\"A.N., M.C.&nbsp;;&nbsp;&nbsp;LXX\/167, bail du 17\/12\/1660 par Jean Froment \u00e0 Claude Morangeau\" rel=\"footnote\">10<\/a><\/sup>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Six mois plus tard sa femme Marguerite Bonjour mourut. Si son fils Jean \u00e9tait majeur et se pr\u00e9parait au m\u00e9tier de tailleur d\u2019habits comme son p\u00e8re, sa fille Antoinette \u00e9tait mineure. Il fallut donc proc\u00e9der \u00e0 l\u2019\u00e9lection d\u2019un tuteur et d\u2019un subrog\u00e9 tuteur. Le p\u00e8re fut \u00e9videmment tuteur et le subrog\u00e9-tuteur fut son beau-fr\u00e8re. Un avis de parents du 13 juin 1661 lui accorde de vendre la maison de la rue d\u2019entre les portes de Bussy et de Nesle qui \u00e9tait alors \u00e0 l\u2019enseigne du&nbsp;<em>Bon Semeur<\/em>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il aurait d\u00fb le faire tr\u00e8s vite car il \u00e9tait dans une position financi\u00e8re bien inconfortable puisqu\u2019un certain sieur Bellanger avait fait saisir l\u2019une des deux maisons et qu\u2019il avait des dettes ailleurs&nbsp;: 4 500 livres dues \u00e0 madame de Morfortame \u00e0 cause de 250 livres de rente que lui avait constitu\u00e9e Froment en 1660&nbsp;; 1800 livres \u00e0 M. de Pl\u00e9mont, grand tr\u00e9sorier de France pour le principal de 100 livres de rente&nbsp;; la dot promise de 8000 livres au sieur de Luzeaux, \u00e9poux de sa fille Madeleine&nbsp;; 3000 livres par obligation envers les sieurs Le Roux et le Roy. Il obtint mainlev\u00e9e&nbsp;&nbsp;de&nbsp;&nbsp;la saisie et fut contraint de vendre les deux maisons. L\u2019acheteur fut Me du Halloy, avocat en Parlement qui acquit ces deux maisons moyennant 2 000 livres de rente<sup id=\"rf11-315\"><a href=\"#fn11-315\" title=\"A.N., M.C.&nbsp;; XCVII\/22, vente du 23\/10\/1663 du sieur Froment \u00e0 Me du Halloy\" rel=\"footnote\">11<\/a><\/sup>. Mais, coup de th\u00e9\u00e2tre, le sieur Froment et son gendre, (sa fille Antoinette avait trouv\u00e9 un mari en la personne d\u2019un ma\u00eetre en fait d\u2019armes qui portait le d\u00e9licieux nom de Loup Minou) se d\u00e9men\u00e8rent si bien qu\u2019ils obtinrent de la part de Me du Halloy l\u2019annulation de la vente de la maison de la rue de Seine et en rentr\u00e8rent en possession,&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:26px\">O\u00f9 les maisons des rues de Seine et Mazarine sont s\u00e9par\u00e9es<\/p>\n\n\n\n<p>Le 30 octobre 1664, Me du Halloy fit un \u00e9change avec Claude Selon, sieur de Lonnes et ancien garde du corps du roi. Il lui c\u00e9da la maison du <em>Bon Semeur<\/em> situ\u00e9e sur le foss\u00e9 d\u2019entre les portes de Bussy et de Nesle o\u00f9 on commen\u00e7ait \u00e0 b\u00e2tir le Coll\u00e8ge des 4 Nations selon les v\u0153ux et derni\u00e8res volont\u00e9s de Mazarin. En \u00e9change, le sieur de Lonnes lui bailla 800 livres tournois de rente rachetable \u00e0 16 000 livres<sup id=\"rf12-315\"><a href=\"#fn12-315\" title=\"A.N., M.C.\u00a0; VI\/403, \u00e9change entre Me du Halloy et Claude Selon du 30\/10\/1664\" rel=\"footnote\">12<\/a><\/sup>.\u00a0\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:26px\">1665-1702. La veuve Foucault<\/p>\n\n\n\n<p>Le 24 d\u00e9cembre 1665, Jean Froment et son gendre vendirent cette maison \u00e0 Louise Le Picart, veuve de Claude Foucault, qui fut de son vivant conseiller du roi en ses conseils en la grande chambre du Parlement. La maison qui \u00e9tait \u00e0 l\u2019enseigne des&nbsp;<em>Trois \u00e9pis de froment<\/em>&nbsp;avait deux boutiques sur la rue dont l\u2019une \u00e9tait une simple transformation de la porte coch\u00e8re. Elle comportait quatre \u00e9tages et un grand grenier au-dessus. Au fond de la cour, on trouvait un deuxi\u00e8me b\u00e2timent de trois \u00e9tages avec une \u00e9curie et une salle en bas, le reste se pr\u00e9sentant sous forme de chambres, antichambres et cabinets. Ils re\u00e7urent pour cette vente livres repr\u00e9sentant&nbsp;&nbsp;20 600 livres sous forme de diverses rentes qu\u2019ils ne pouvaient vendre sans l\u2019agr\u00e9ment de la veuve Le Picart&nbsp;!&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s sa mort, la maison passa \u00e0 sa petite-fille, Marie Foucault. Celle-ci eut la tr\u00e8s mauvaise id\u00e9e de refuser de payer les arr\u00e9rages d\u2019une vieille rente due \u00e0 une dame Mongeron pour les cinq derni\u00e8res ann\u00e9es soit&nbsp;&nbsp;tout de m\u00eame 1000 livres. Menac\u00e9e de saisie, elle eut la b\u00eatise de maintenir son refus. Les huissiers se rendirent en sa maison de la rue de Vaugirard puis en celle de la rue de Seine (qui avait d\u2019ailleurs r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 sa porte coch\u00e8re et abandonn\u00e9 la boutique \u00e0 sa place). Par sentence des Requ\u00eates de l\u2019H\u00f4tel du 8 mai 1702, elle fut vendue \u00e0 Jean Glucq, bourgeois de Paris, et \u00e0 sa femme Marie-Charlotte Julienne.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:26px\">1702-1719. La famille Glucq<\/p>\n\n\n\n<p>Jean Glucq, dont le nom est li\u00e9 \u00e0 la manufacture des Gobelins, eut une vie passionnante&nbsp;: lorsque Colbert fonda la manufacture des Gobelins, Jean Glucq qui \u00e9tait d\u2019origine hollandaise, reprit l\u2019affaire de teinturerie de Jean Gobelin avec l\u2019aide de son beau-fr\u00e8re, Fran\u00e7ois de Julienne. Ils import\u00e8rent un nouveau proc\u00e9d\u00e9 dit de teinture \u00e9carlate dite&nbsp;\u00ab&nbsp;\u00e0 la hollandaise&nbsp;\u00bb tandis que son beau-fr\u00e8re d\u00e9tenait le secret de fabrication d\u2019un magnifique bleu. Ils firent fortune en s\u2019associant si \u00e9troitement que Jean Glucq \u00e9pousa en 1674 Marie Charlotte Julienne, s\u0153ur de Fran\u00e7ois. Il acheta en 1710 le ch\u00e2teau de Sainte-Assise et la seigneurie de Saint-Port ainsi qu\u2019un magnifique h\u00f4tel quai Malaquais. Il pla\u00e7a quelques deniers en la maison de la rue de Seine qu\u2019il loua pour 1000 livres par an \u00e0 Fran\u00e7ois Fabre et sa femme qui y tenaient un h\u00f4tel \u00e0 l\u2019enseigne de&nbsp;<em>l\u2019H\u00f4tel de Bretagne<\/em>&nbsp;.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean Glucq mourut en 1718. Il laissait pour h\u00e9ritiers ses deux fils, Jean Baptiste Glucq de Saint-Port, conseiller au Grand Conseil, et Claude Glucq, conseiller au Parlement ainsi que Maire Charlotte Glucq qui avait \u00e9pous\u00e9 Jacques de Chabannes, marquis de Curton, et Fran\u00e7oise Glucq qui \u00e9tait mari\u00e9e \u00e0 Jean Baptiste de Monthul\u00e9, conseiller au Parlement. Les \u00e9poux des filles Glucq renonc\u00e8rent \u00e0 la succession.&nbsp;<em>L&rsquo;H\u00f4tel de Bretagne<\/em>&nbsp;appartint alors pour moiti\u00e9 \u00e0 la veuve et pour l&rsquo;autre moiti\u00e9 \u00e0 ses deux fils qui la vendirent moyennant 20 000 livres \u00e0 un certain sieur Fabre, marchand de vin de son \u00e9tat<sup id=\"rf13-315\"><a href=\"#fn13-315\" title=\"A.N., M.C., CVI\/194, vente du 18 janvier 1719\" rel=\"footnote\">13<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:26px\">1719-1759. Le sieur Rigault-Fabre et sa femme<\/p>\n\n\n\n<p>Le sieur Rigault-Fabre \u00e9tait marchand de vin de son \u00e9tat et avait \u00e9pous\u00e9 Catherine Barbe Gautier. Il d\u00e9c\u00e8de la 14 avril 1742 dans sa maison de la rue des Marais en laissant de nombreux enfants :<\/p>\n\n\n\n<ul><li>Andr\u00e9 lui aussi marchand de vin qui demeurait en la paroisse Saint-Germain l&rsquo;Auxerrois <\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul><li>Pierre bourgeois de Paris qui habitait aussi rue des Marais (Visconti maintenant)<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul><li>Louis, tapissier<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul><li>Marguerite qui \u00e9tait veuve en premi\u00e8res noces de Charles Delaitre et s&rsquo;\u00e9tait remari\u00e9e avec le sieur Rodier marchand charron. Ils habitaient rue de Seine.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul><li>Elisabeth Catherine qui avait pour \u00e9poux Fran\u00e7ois Coupry-Dupr\u00e9 Me tapissier r\u00e9sidant tous les deux rue de Verneuil. <\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Dans les ann\u00e9es qui suivirent le d\u00e9c\u00e8s du sieur Fabre son gendre, Coupry-Dupr\u00e9,  fit deux acquisitions : <\/p>\n\n\n\n<ul><li>L&rsquo;office de conseiller du roi et de greffier des pr\u00e9sentations du Parlement pour lequel il versa  en mars 1748  la grosse somme de 97 000 livres  !<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul><li>La maison de la rue de Seine qu&rsquo;il acquit par licitation du 21 f\u00e9vrier 1759, moyennant 20 000 livres<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Cette maison, qui s&rsquo;appelait encore H\u00f4tel de Bretagne, comportait sur la rue de Seine un b\u00e2timent de 4 \u00e9tages carr\u00e9s et un 5\u00e8 en mansarde. Elle avait trois fen\u00eatres de face sur la rue et on y entrait par une porte coch\u00e8re. On arrivait alors dans une cour pav\u00e9e <\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>A SUIVRE<\/p>\n<hr class=\"footnotes\"><ol class=\"footnotes\" style=\"list-style-type:decimal\"><li id=\"fn1-315\"><p >A.N. ; M.C. ; ET\/LXXXIV\/3, Vente de Roland de Senneton \u00e0 Guillaume Pajot&nbsp;<a href=\"#rf1-315\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 1.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn2-315\"><p > A.N., M.C. XXIII\/163, inventaire de Perrette du Hamel \u00e0 partir de 16 juillet 1582&nbsp;<a href=\"#rf2-315\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 2.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn3-315\"><p >A.N., M.C., CXVII\/20, mariage de Guillaume Pajot avec Marie Boucher le 28\/11\/1582&nbsp;<a href=\"#rf3-315\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 3.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn4-315\"><p >A.N. ; M.C. ; XCII\/9. Vente du 16 d\u00e9cembre 1610&nbsp;<a href=\"#rf4-315\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 4.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn5-315\"><p >A.N., M.C.\u00a0; XXXV\/234, inventaire apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de Arnoul Mestayer dat\u00e9 au commencement du 16\/05\/1621&nbsp;<a href=\"#rf5-315\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 5.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn6-315\"><p ><em>Ibid<\/em>.&nbsp;<a href=\"#rf6-315\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 6.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn7-315\"><p >A.N., M.C.\u00a0; VI\/455, vente de Marie Raganel \u00e0 Jean Froment du 16\/12\/1637&nbsp;<a href=\"#rf7-315\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 7.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn8-315\"><p >A.N., M.C.&nbsp;; VI\/460, vente au sieur Froment du 20\/10\/1639&nbsp;<a href=\"#rf8-315\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 8.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn9-315\"><p >A.N., M.C.&nbsp;; VI\/460, vente du&nbsp;15\/01\/1640 \u00e0 Froment&nbsp;<a href=\"#rf9-315\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 9.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn10-315\"><p >A.N., M.C.&nbsp;;&nbsp;&nbsp;LXX\/167, bail du 17\/12\/1660 par Jean Froment \u00e0 Claude Morangeau&nbsp;<a href=\"#rf10-315\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 10.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn11-315\"><p >A.N., M.C.&nbsp;; XCVII\/22, vente du 23\/10\/1663 du sieur Froment \u00e0 Me du Halloy&nbsp;<a href=\"#rf11-315\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 11.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn12-315\"><p >A.N., M.C.\u00a0; VI\/403, \u00e9change entre Me du Halloy et Claude Selon du 30\/10\/1664&nbsp;<a href=\"#rf12-315\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 12.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn13-315\"><p >A.N., M.C., CVI\/194, vente du 18 janvier 1719&nbsp;<a href=\"#rf13-315\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 13.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><\/ol>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 15 de la rue de Seine est un petit immeuble sans pr\u00e9tention, probablement du XVII\u00e8 si\u00e8cle, disent les architectes de la protection patrimoniale, en tous les cas certainement ancien. Il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 reconstruit m\u00eame s\u2019il a \u00e9t\u00e9 remani\u00e9. &hellip; <a href=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/2020\/04\/13\/le-15-rue-de-seine\/\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[30],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/315"}],"collection":[{"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=315"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/315\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":684,"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/315\/revisions\/684"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=315"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=315"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=315"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}