{"id":321,"date":"2020-04-14T15:33:33","date_gmt":"2020-04-14T13:33:33","guid":{"rendered":"http:\/\/rue-de-seine.com\/?p=321"},"modified":"2021-10-11T14:00:44","modified_gmt":"2021-10-11T12:00:44","slug":"321","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/2020\/04\/14\/321\/","title":{"rendered":"Le 47 rue de Seine, la maison des peintres"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-medium\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"178\" height=\"300\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-47W-2-178x300.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-326\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-47W-2-178x300.jpg 178w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-47W-2.jpg 345w\" sizes=\"(max-width: 178px) 100vw, 178px\" \/><figcaption>Le 47 rue de Seine<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>En fl\u00e2nant rue de Seine et en arrivant au coin de la rue Jacques Callot, on peut contempler un petit immeuble dont la fa\u00e7ade sur la rue est en pierre de taille qui fut vraisemblablement reconstruite sous la monarchie de Juillet. Deux figurines, l\u2019une d\u2019un homme et l\u2019autre d\u2019une femme, en surgissent \u00e0 la hauteur du second \u00e9tage. Elles se regardent et semblent nous d\u00e9fier de trouver qui elles cachent. Sont-ce des descendants de la fameuse famille de peintres du nom de Elle dit Ferdinand qui en ont \u00e9t\u00e9 propri\u00e9taires pendant plusieurs g\u00e9n\u00e9rations&nbsp;?&nbsp;&nbsp;Ou des anonymes&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Sa fa\u00e7ade sur la rue de Seine fut tronqu\u00e9e lors du percement de la rue Jacques Callot&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Tant de personnes se sont succ\u00e9d\u00e9es au cours des si\u00e8cles depuis 1540&nbsp;: procureur au Parlement, avocat, apothicaires, peintre, encore et toujours des peintres puisque les derniers connus furent Desbrosses et Chintreuil&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:26px\">1531-1543- Gilles Le Maistre<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est vers 1530 que l&rsquo;abb\u00e9 de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s d\u00e9cida de lotir et bailler \u00e0 cens (c&rsquo;est-\u00e0-dire moyennant une redevance fonci\u00e8re) et rente fonci\u00e8re les terres comprise entre le 53 de la rue de Seine et les quais afin d&rsquo;am\u00e9liorer ses finances. <\/p>\n\n\n\n<p>La candidature d\u2019un certain Gilles Le Maistre remporta les suffrages de l\u2019abb\u00e9  parce qu\u2019il avait une excellente r\u00e9putation. Mari\u00e9 depuis 1525 \u00e0 Marie Sapin, fille d\u2019un receveur g\u00e9n\u00e9ral des finances en Languedoc, il avait cinq enfants et \u00e9tait \u00e0 cette \u00e9poque simple conseiller au Parlement mais \u00e9tait promis \u00e0 un brillant avenir puisque Fran\u00e7ois Ier le fit son avocat g\u00e9n\u00e9ral en 1540. Dix ans apr\u00e8s Henri II le pourvut de l\u2019office de quatri\u00e8me pr\u00e9sident puis en 1551 de premier pr\u00e9sident. Sa r\u00e9putation de bon catholique, en ces temps o\u00f9 la R\u00e9forme progressait, fut aussi un excellent atout aux yeux de l\u2019abb\u00e9 de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019achat fut donc conclu entre l\u2019abbaye et Gilles Le Maistre moyennant une redevance annuelle de 4 sols parisis de cens.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"567\" height=\"221\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Terre-Le-MaistreW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-327\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Terre-Le-MaistreW.jpg 567w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Terre-Le-MaistreW-300x117.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 567px) 100vw, 567px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Cependant quand il constata que sur ses 5 arpents et un quartier de terre, le cardinal de Tournon, abb\u00e9 de Saint-Germain avait fait \u00e9largir \u00e0 son d\u00e9triment le chemin des foss\u00e9s de la ville<a><sup>[1]<\/sup><\/a>, qu\u2019il avait aussi baill\u00e9 une portion de sa terre \u00e0 un certain Nicolas Grandval, il fut tr\u00e8s en col\u00e8re et porta l\u2019affaire aux Requ\u00eates du Palais o\u00f9 il obtint une juste compensation. Le cardinal finit par lui donner, \u00e0 regret, un arpent et demi de terrain en bordure de la rue de Seine et le long du petit Pr\u00e9 aux Clercs, c\u2019est-\u00e0-dire du c\u00f4t\u00e9 ouest de la rue. L\u2019accord fut sign\u00e9 le 25 septembre 1538 devant les notaires Bastonneau et Maup\u00e9ou<a><sup>[2]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019affaire enfin r\u00e9gl\u00e9e, Gilles Le Maistre se mit \u00e0 l\u2019ouvrage, un ouvrage tr\u00e8s fructueux puisqu\u2019il lotit son terrain en bandes parall\u00e8les et les bailla \u00e0 des particuliers moyennant rente annuelle et perp\u00e9tuelle.&nbsp;Celle qui nous int\u00e9resse fut baill\u00e9e \u00e0 rente par Gilles Le Maistre \u00e0 Me Claude Andr\u00e9, procureur en Parlement. Le contrat fut sign\u00e9 le premier ao\u00fbt 1541 devant Me Bastonneau et Maup\u00e9ou, notaires habituels du&nbsp;&nbsp;futur premier pr\u00e9sident.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1016\" height=\"353\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/bail_andre_W.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-377\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/bail_andre_W.jpg 1016w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/bail_andre_W-300x104.jpg 300w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/bail_andre_W-768x267.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1016px) 100vw, 1016px\" \/><figcaption>Bail par G. Le Maistre \u00e0 C.Andr\u00e9<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:26px\">&nbsp;1541-1579 . La famille Andr\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>La pi\u00e8ce de terre baill\u00e9e par Gilles Le Maistre s\u2019\u00e9tendait sur 8 toises de large et 32 toises et demie de long&nbsp;<sup id=\"rf1-321\"><a href=\"#fn1-321\" title=\"&nbsp;16m sur 63m environ soit environ 1000M2\" rel=\"footnote\">1<\/a><\/sup> et occupait alors les emplacements des actuels 47 et 49 rue de Seine. Me Claude Andr\u00e9 devait verser \u00e0 Gilles Le Maistre une rente fonci\u00e8re de 12 livres 10 sols dont la moiti\u00e9 en \u00e9tait rachetable et l\u2019autre moiti\u00e9 annuelle et perp\u00e9tuelle. Le preneur s\u2019engageait \u00e0 clore de murailles le terrain, y b\u00e2tir une maison \u00ab&nbsp;manable\u00bb (habitable) dans les deux ans. En cas de non-paiement pendant deux ans, Gilles Le Maistre reprenait son bien sans autre forme de proc\u00e8s. Il devait en outre payer \u00e0 l\u2019abb\u00e9 de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s le cens. Il ne pouvait renoncer \u00e0 son bail d\u2019h\u00e9ritages tant qu\u2019il n\u2019avait pas b\u00e2ti et rachet\u00e9 la moiti\u00e9 de la rente. On le voit, les conditions \u00e9taient tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8res<\/p>\n\n\n\n<p>Sept mois plus tard, Claude Andr\u00e9 commandait \u00e0 Jean Tessus, ma\u00e7on, les murailles exig\u00e9es. Elles \u00e9taient fort hautes puisqu\u2019elles mesuraient 9 pieds de hauteur sur une vingtaine de pouces d\u2019\u00e9paisseur<a><sup> <\/sup><\/a><sup id=\"rf2-321\"><a href=\"#fn2-321\" title=\"Soit environ 2m50 de hauteur et 50cm d\u2019\u00e9paisseur&nbsp;\" rel=\"footnote\">2<\/a><\/sup>, en moellons ma\u00e7onn\u00e9s. Un voisin venait de s\u2019installer \u00e0 gauche et avait fait construire un jeu de paume. Il s\u2019agissait de Jean Lescailler. L\u2019autre c\u00f4t\u00e9 n\u2019\u00e9tait pas encore baill\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1016\" height=\"499\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/extrait_tessusW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-386\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/extrait_tessusW.jpg 1016w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/extrait_tessusW-300x147.jpg 300w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/extrait_tessusW-768x377.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1016px) 100vw, 1016px\" \/><figcaption>Extrait de l&rsquo;acte Andr\u00e9\/Tessus<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>En 1557, il loua la maison qu\u2019il avait fait construire \u00e0 Nicole Mallot qui \u00e9tait avocat au Parlement pour 120 livres par an, ce qui \u00e9tait peu<sup id=\"rf3-321\"><a href=\"#fn3-321\" title=\"M.C.&nbsp;: VIII\/227, bail du 20 mars 1557\" rel=\"footnote\">3<\/a><\/sup>. Les lieux contenaient maison, jardin, aisances et appartenances. Il \u00e9tait convenu entre les parties que si Claude Andr\u00e9 \u00e9tait d\u00e9log\u00e9 de l\u2019h\u00f4tel de Nesle qu\u2019il habitait encore avec sa famille, le preneur serait tenu \u00ab&nbsp;de vuider&nbsp;\u00bb la maison.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Claude Andr\u00e9 \u00e9tait mari\u00e9 \u00e0 Marguerite Marteau dont il avait eu Claude le jeune en 1540, Jean en 1545, Louis en 1547, Marie en 1549, Philippe en 1551 et enfin Fran\u00e7ois en 1552. H\u00e9las, alors qu\u2019ils habitaient encore l\u2019h\u00f4tel du Grand Nesle, il perdit sa femme le 4 f\u00e9vrier 1555. Sa nombreuse famille dont l\u2019a\u00een\u00e9 avait 15 ans et le plus jeune 3 ans n\u00e9cessitait des soins attentifs. Il se remaria sans attendre avec Catherine Charmolue qui \u00e9tait veuve.<\/p>\n\n\n\n<p>Claude Andr\u00e9 \u00e9tait un homme tr\u00e8s riche comme en t\u00e9moigne l\u2019inventaire qui fut fait apr\u00e8s son d\u00e9c\u00e8s qui indique qu\u2019il avait plusieurs serviteurs et chambri\u00e8res, une argenterie fort cons\u00e9quente, de nombreux&nbsp;&nbsp;biens \u00e0 Aulnay, Ch\u00e2tenay, Monfort, de nombreuses rentes et cr\u00e9ances.&nbsp;Il mourut le 7 mars 1567 en son h\u00f4tel de la rue de Seine. Le 13 mars, Me Lamyral proc\u00e9da \u00e0 l\u2019inventaire de ses biens&nbsp;&nbsp;et le 16 avril, il fut proc\u00e9d\u00e9 au partage des biens de cet homme riche par le commissaire R\u00e9gnier. Curieusement, ce dernier partagea en deux la maison et ses appartenances dans le sens de longueur, ce qui donna deux bandes de terrain longues et fort \u00e9troites (7 \u00e0 8 m\u00e8tres de fa\u00e7ade sur la rue).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/partage47-49W.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-389\" width=\"132\" height=\"254\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/partage47-49W.jpg 527w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/partage47-49W-156x300.jpg 156w\" sizes=\"(max-width: 132px) 100vw, 132px\" \/><figcaption>Partage du domaine de C.Andr\u00e9 (parties violette et verte)<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Les deux lots s\u2019\u00e9tendaient jusqu\u2019au chemin des buttes, le premier lot contenait la maison de droite (l\u2019actuel 49 rue de Seine) et le second \u00e9tait \u00e0 l\u2019emplacement du 47 de la rue, il contenait un corps d\u2019h\u00f4tel \u00e0 \u00e9gouts sur la rue et sur la cour avec au rez-de-chauss\u00e9e une grande porte d\u2019entr\u00e9e suivie d\u2019une all\u00e9e et au premier chambres et \u00e9tudes. Puis venait la cour avec une galerie et des \u00ab&nbsp;retraits&nbsp;\u00bb dont la fosse \u00e9tait sous le premier lot, un bucher, une \u00e9table. Par contre, la cuisine faisait partie du premier lot. Derri\u00e8re l\u2019\u00e9table, un grand jardin avec une treille \u00e9tait clos de murs. Les choses, on le voit, n\u2019avaient pas \u00e9t\u00e9 faite dans la simplicit\u00e9&nbsp;! Ce second \u00e9chut \u00e0 Loys Andr\u00e9 qui prenait l\u2019engagement de faire \u00e0 frais communs avec le premier lot un mur de s\u00e9paration de 9 pieds de haut qui devait partir du mur s\u00e9parant la cuisine du premier du second lot, longer la galerie et aller jusqu\u2019au bout du jardin, du c\u00f4t\u00e9 du foss\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Par partage, le lot bleu \u00e9chut \u00e0 Loys Andr\u00e9 qui le revendit \u00e0 Claude Andr\u00e9, son fr\u00e8re le 27 novembre 1570 pour 50 \u00e9cus soleil de rente.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Neuf ans plus tard, Claude Andr\u00e9 revendit la maison \u00e0 un certain Jean de Saint-Germain<sup id=\"rf4-321\"><a href=\"#fn4-321\" title=\"A.N., M.C., ET\/LXI\/87, vente par C. Andr\u00e9 \u00e0 J. de Saint-Germain du 17 juin 1579\" rel=\"footnote\">4<\/a><\/sup>. Alors qu\u2019ils \u00e9taient en pourparlers pour la vente, une attaque eut lieu pr\u00e8s de la porte de Buci&nbsp;: un gentilhomme du Berri nomm\u00e9 Beaupr\u00e9 se disant&nbsp;&nbsp;offens\u00e9 par le sieur d\u2019Aumont arriva \u00e0 cheval avec cinq&nbsp;&nbsp;comp\u00e8res et assaillit le seigneur d\u2019Aumont qui \u00e9tait en carrosse avec le seigneur de Bouchemont, la mar\u00e9chale de Retz et madame de La Bourdaisi\u00e8re. Au grand \u00e9moi des spectateurs , le sieur d\u2019Aumont fut s\u00e9v\u00e8rement touch\u00e9 au bras. Quant au sieur de Bouchemont, il fut tu\u00e9 d\u2019une balle en pleine t\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:26px\">1579-1624 . La famille Saint-Germain&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Jean de Saint-Germain \u00e9tait un talentueux ma\u00eetre apothicaire-\u00e9picier<a><sup> <\/sup><\/a><sup id=\"rf5-321\"><a href=\"#fn5-321\" title=\"Les \u00e9piciers, au sens actuel du terme, vendaient des \u00e9pices alimentaires tandis que les apothicaires-\u00e9piciers utilisaient des \u00e9pices m\u00e9dicinales qui devenaient des drogues.\" rel=\"footnote\">5<\/a><\/sup>. Ses rem\u00e8des \u00e9taient appr\u00e9ci\u00e9s des plus grands puisqu\u2019il comptait dans sa pratique le duc de Montpensier, M. de Barban\u00e7on, Fran\u00e7oise de La Rochefoucault, marquise d\u2019Espinay, la famille Spifame, vraisemblabement Pierre de L\u2019Estoile qui le cite \u00e0 plusieurs reprises dans ses M\u00e9moires-Journaux<sup id=\"rf6-321\"><a href=\"#fn6-321\" title=\"A.N., M.C., ET\/LXXXIII\/231, inventaire apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de Jean de Saint-Germain\" rel=\"footnote\">6<\/a><\/sup> .&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir pass\u00e9 quatre ann\u00e9es d\u2019apprentissage compl\u00e9t\u00e9es par six ann\u00e9es de compagnonnage et subi, rue des Lombards, ses examens d\u2019accession \u00e0 la ma\u00eetrise, il \u00e9pousa Catherine Berrier dont il eut au moins sept enfants. L\u2019a\u00een\u00e9, Jean, devint aussi apothicaire-\u00e9picier, le second Pierre embrassa la professsion de m\u00e9decin et s\u2019installe \u00e0 Saint-Jean-d\u2019Ang\u00e9ly, un autre gar\u00e7on mourut jeune dans des tragiques circonstances comme on le verra plus loin. Marie et Cl\u00e9mence qui \u00e9pous\u00e8rent respectivement Marc Le Tellier et Jean Pijault en 1573 et en 1579, tous deux procureurs en Parlement, Philippe unie \u00e0 Nicolas Gillot, marchand drapier et enfin Jeanne mari\u00e9e \u00e0 Jacques Sauvat qui \u00e9tait&nbsp;valet de chambre du roi et tenait la poste pour Sa Majest\u00e9 en la ville de&nbsp;Paris.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean de Saint-Germain \u00e9tait un homme riche qui savait mener ses affaires. Il s\u2019installa rue Saint-Andr\u00e9-des-Arts en la maison du&nbsp;<em>Cheval Rouge&nbsp;<\/em>qui contenait deux corps d\u2019h\u00f4tel avec cour entre deux. Elle \u00e9tait situ\u00e9e sur la paroissse Saint-S\u00e9verin, c\u2019est-\u00e0-dire dans la partie r\u00e9cemment d\u00e9molie, aujourd\u2019hui place Saint-Michel. Il l\u2019avait achet\u00e9e en 1572, ann\u00e9e du massacre de la Saint-Barth\u00e9l\u00e9my, pour moiti\u00e9 \u00e0 la veuve de Me S\u00e9gur, pr\u00e9sident au Ch\u00e2telet et \u00e0 Antoine Barbier pour l\u2019autre moiti\u00e9, le tout pour une somme d\u2019environ 10 000L qu\u2019il versa sous forme de rente.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ann\u00e9e suivante fut celle de son mariage avec Catherine de Vivrier.<\/p>\n\n\n\n<p>En septembre 1579, alors que le faubourg Saint-Marcel \u00e9tait envahi par les eaux de la Bi\u00e8vre qui se transforma en torrent abattant murs, moulins et maisons \u00e0 la grande frayeurs des Parisiens venus voir les d\u00e9gats et que le mar\u00e9chal de Montmorency se mourrait d\u2019une attaque d\u2019apoplexie, Jean de Saint-Germain maria sa fille Cl\u00e9mence \u00e0 Jean Pijault, procureur en la cour de Parlement. En faveur de cette union, il leur versa la somme de 1000 \u00e9cus sol.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le 15 juillet 1585, le roi r\u00e9voquait les \u00e9dits de pacification faits avec les Huguenots etces derniers devaient se convertir sous peine de biens saisis et de bannissement, Jean de Saint Germain maria sa fille \u00e0 Jaques Sauvat, valet de chambre du roi et ma\u00eetre de la poste \u00e0 Paris auquel il fut donn\u00e9 tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9reusement 2666 \u00e9cus 2\/3 d\u2019\u00e9cus. La femme fut tr\u00e8s vite veuve mais eut tout de m\u00eame une fille, Madeleine. Elle \u00e9pousa en secondes noces Jacques de Bourges qui \u00e9tait avocat au Parlement mais qui lui-m\u00eame d\u00e9c\u00e9da le 9 juillet 1612. Tr\u00e8s amie avec le cardinal de Richelieu, ils s\u2019\u00e9crivaient tr\u00e8s souvent, au moins \u00e0 partir de 1609. Dans ses lettres, le cardinal se pr\u00e9occupe du mariage d\u2019une certaine Madeleine. C\u2019\u00e9tait sa fille qui \u00e9pousa Jean de Fenis et d\u00e9c\u00e9da le 20 d\u00e9cembre 1666 \u00e2g\u00e9e de 78 ans. Elle \u00e9tait donc n\u00e9e en 1586. Ils furent tous enterr\u00e9s au couvent des Chartreux<sup id=\"rf7-321\"><a href=\"#fn7-321\" title=\"&lt;a&gt;&lt;sup&gt; &lt;\/sup&gt;&lt;\/a&gt;&nbsp;\u00c9pitaphier du vieux Paris Tome 3\" rel=\"footnote\">7<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 1587 fut marqu\u00e9 par un froid particuli\u00e8rement glacial qui se prolongea jusqu\u2019en mai. Les vignes de notre apothicaire gel\u00e8rent, mais cela ne l\u2019emp\u00eacha pas d\u2019agrandir ses possessions \u00e0 S\u00e8vres en achetant 75 perches de terre et une masure pour un total de 300 L environ.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le jour de la Toussaint 1589, le roi qui assi\u00e9geait Paris eut envie de contempler sa Ville. Il monta au clocher de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s avec un moine et en redescendit sans rien dire car il lui \u00e9tait venu \u00e0 son souvenir le moine Clement. Le lendemain, les Parisiens et en particulier ceux du quartier de la porte Saint-Germain furent en \u00e9moi \u00e0 cause d\u2019un p\u00e9tard accroch\u00e9 \u00e0 la porte mais il ne fit pas feu et le lendemain Henri IV abandonna le si\u00e8ge.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le 27 juillet 1590, Jean de Saint-Germain \u00e9tait dans son apothicairerie lorsqu\u2019un boulet y entra importun\u00e9ment de la part du roi et blessa \u00e0 la jambe M. de Gland, beau-fr\u00e8re de Pierre de L\u2019Estoile. Ce boulet, tir\u00e9 par les troupes de Henri IV qui assi\u00e9geaient et affamaient Paris ne fit pas grand d\u00e9gat et il en gu\u00e9rit.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 1<sup>er<\/sup>&nbsp;&nbsp;avril 1591, un fils de Jean de Saint-Germain dont nous ne connaissons pas le pr\u00e9nom \u00e9tait all\u00e9 voir les troupes napolitaines qui d\u00e9filaient. Il fut atteint d\u2019une balle de fusil du parti des Ligueurs&nbsp;&nbsp;et en perdit la vie, au grand desespoir de tous.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le quartier Saint-Andr\u00e9-des-Arts \u00e9tait tenu en bride par le cur\u00e9 de la paroisse du m\u00eame nom qui \u00e9tait un v\u00e9ritable enrag\u00e9. Il pr\u00eachait le meurtre et avait concouru \u00e0 dresser la liste rouge que les Seize avaient dress\u00e9. Jean de Saint-Germain apprit qu\u2019il y figurait en tant que \u00ab&nbsp;Politique&nbsp;\u00bb. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 de son nom, \u00e9tait trac\u00e9 un D qui voulait dire dagu\u00e9. En effet, tous ceux de la liste \u00e9taient distingu\u00e9s par trois lettres&nbsp;: P.D.B. qui voulaient dire Pendu, Dagu\u00e9, Banni. Dieu merci, les commanditaires de ces crimes ne trouv\u00e8rent personne pour les ex\u00e9cuter.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019atmosph\u00e8re changea compl\u00e9tement en 1593. Il y eut une r\u00e9action contre les Seize qui furent conspu\u00e9s et honni. On raconte qu\u2019un bourgeois tua sa&nbsp;<em>seizi\u00e8me<\/em>&nbsp;poule, un autre demanda \u00e0 un marchand de chandelles celle qu\u2019il voudra pourvu qu\u2019elle ne fut pas des&nbsp;<em>seize<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean de Saint-Germain mourut en juillet 1597. Me Bontemps fut requis pour faire l\u2019inventaire qui montra qu\u2019il \u00e9tait tr\u00e8s riche <sup id=\"rf8-321\"><a href=\"#fn8-321\" title=\"A.N., M.C., LXXIII\/231, inventaire des biens de Jean de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s\" rel=\"footnote\">8<\/a><\/sup>. Pas autant que le laissait entendre Pierre de L\u2019Estoile mais il avait tout de m\u00eame une fortune confortable, constitu\u00e9e par 3 maisons \u00e0 Paris, 3 maisons \u00e0 Saint-Germain-des-Pr\u00e9s, des maisons et h\u00e9ritages \u00e0 Garches et S\u00e8ve (S\u00e8vres) et beaucoup de rentes. Le partage qui suivit entre les six h\u00e9ritiers attribua \u00e0 Jean, son fils, la maison qui nous occupe.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ils proc\u00e9d\u00e8rent entre eux au partage des immeubles et des rentes et les firent acter par Me Bontemps qui pour cela se rendit dans la maison de la rue de Seine o\u00f9 habitaient Jean Pijault et sa femme. Chaque part se montait \u00e0 un peu plus de 3100 \u00e9cus. Mais n\u2019\u00e9taient point compt\u00e9 les cr\u00e9ances, les ustensiles d&rsquo;apothicairerie, les \u00e9pices\u2026.<\/p>\n\n\n\n<p>La maison qui nous occupe fit partie de 5<sup>e<\/sup>&nbsp;lot pour une pris\u00e9e de 1500 \u00e9cus. C\u2019est Jean de Saint-Germain, l\u2019apothicaire,&nbsp;&nbsp;qui l\u2019eut dans son lot.<\/p>\n\n\n\n<p>Il avait \u00e9pous\u00e9 Marie de Roussillon en 1589 qui \u00e9tait alors veuve d\u2019un apothicaire nomm\u00e9 Sainte-Beuve et fut nomm\u00e9 tuteur des enfants Jacques et Pierre. Il avait alors 25 ans. Ils eurent ensemble plusieurs enfants&nbsp;: Charlotte qui \u00e9pousa Pantal\u00e9on Cornuat, marchand drapier en \u2026..&nbsp;; Marguerite, femme de Charles Le Prestre, greffier au baillage de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s puis apr\u00e8s son d\u00e9c\u00e8s femme de Jean Naudin,&nbsp;&nbsp;et un fils Jehan, mineur en 1612 qui sera commis aux finances.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Jean II de Saint-Germain sut, aussi bien que son p\u00e8re, g\u00e9rer ses affaires puisqu\u2019au d\u00e9c\u00e8s de sa femme on trouva un cahier o\u00f9 il avait not\u00e9 les dettes de sa pratique. Pour la seule ann\u00e9e 1612, les malades devaient pour plus de 30 000 L de potions et m\u00e9dicaments&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Ils mari\u00e8rent leur fille Charlotte en d\u00e9cembre 1607 avec un marchand drapier du nom de Pantal\u00e9on Cornuat et re\u00e7urent 6 000L en faveur deu mariage. Leur seconde fille, Marguerite, s\u2019unit \u00e0 Me Charles Le Prestre en 1609 avec 9 000L de dot. Malheureusement Marguerite perdit tr\u00e8s vite ce mari qui lui donna tout de m\u00eame une fille qu\u2019ils pr\u00e9nom\u00e8rent Marthe.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Vraisemblablement, Marie de Roussillon se sentait bien malade en 1608 et fit appel au notaire Bontemps pour faire son testament. Il vint rue Saint-Andr\u00e9-des-Arts et la trouva au lit malade. Elle recommanda son \u00e2me \u00e0 Dieu et invoqua la Vierge Marie et tous ses saints. Elle demanda \u00e0 \u00eatre enterr\u00e9e pr\u00e8s de son beau-p\u00e8re en l\u2019\u00e9glise des Augustins, nomma son mari comme ex\u00e9cuteur testamentaire.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Elle mourut en janvier 1609 et fut inhum\u00e9e comme elle l\u2019avait demand\u00e9,  aux Grands-Augustins le 12 de ce mois. Son mari la suivit de peu dans le tombeau des Grands-Augustins puisqu\u2019il rendit l\u2019\u00e2me le&nbsp;&nbsp;&nbsp;1612. Ils eurent trois h\u00e9ritiers&nbsp;: un fils, Jean mineur \u00e0 l\u2019\u00e9poque, Jacques qui avait pris la succession de son p\u00e8re, Charlotte, d\u00e9j\u00e0 veuve de Pantal\u00e9on Cornuat et Marguerite, veuve de Charles Le Prestre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Un partage suivit (dont nous n\u2019avons pas retrouv\u00e9 les minutes) qui attribua \u00e0 Charlotte de Saint-Germain la maison de la rue de Seine. Celle-ci la vendit le 6 novembre 1624 \u00e0 un peintre flamand du nom de Ferdinand Elle.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:26px\">1624- 1725 . Une famille de grands peintres : la famille ELLE<\/p>\n\n\n\n<p>Ferdinand Elle ou Van Heelen \u00e9tait un peintre flamand qui serait n\u00e9 \u00e0 Malines vers 1580<sup id=\"rf9-321\"><a href=\"#fn9-321\" title=\"Selon la Gazette des Beaux-Arts d\u2019octobre 1954.\" rel=\"footnote\">9<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut penser qu\u2019il n\u2019arriva pas seul \u00e0 Paris puiqu\u2019il existe aux Archives Naionales un inventaire apr\u00e8s d\u00e9c\u00e8s d\u2019un autre peintre flamand du nom Charles Helle qui habitait pr\u00e8s la porte de Bussy donc \u00e0 proximit\u00e9 de la rue de Seine.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Ferdinand Elle \u00e9tait huguenot, c\u2019est sans doute la raison pour laquelle il choisit de s\u2019installer \u00e0 Saint-Germain-des-Pr\u00e9s, rue de Seine, tout&nbsp;&nbsp;pr\u00e8s de la rue des Marais<a><sup> <\/sup><\/a>&nbsp;<sup id=\"rf10-321\"><a href=\"#fn10-321\" title=\"Aujourd&rsquo;hui rue Visconti\" rel=\"footnote\">10<\/a><\/sup> qu\u2019on appelait la&nbsp;<em>Petite Gen\u00e8ve<\/em>. De ses premi\u00e8res ann\u00e9es en France, on sait peu de choses.&nbsp;&nbsp;Cependant, il est certain qu\u2019il arriva \u00e0 Paris avant 1602 puisque le 26 novembre de cette ann\u00e9e-l\u00e0, il assista \u00e0 la signature du contrat de mariage<a><sup>  <\/sup><\/a><sup id=\"rf11-321\"><a href=\"#fn11-321\" title=\"A.N.&nbsp; Y140, f\u00b0374\" rel=\"footnote\">11<\/a><\/sup>&nbsp;entre Daniel Daubry, \u00e9cuyer, qui \u00e9tait alors log\u00e9 rue de Seine, dans la maison \u00e0 l\u2019enseigne du&nbsp;<em>Heaume,&nbsp;<\/em>et Anne de Bellot.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ferdinand Elle avait une double attirance, pour la peinture et pour les femmes. La premi\u00e8re lui valut succ\u00e8s et notori\u00e9t\u00e9, comme on le verra plus loin. La seconde lui causa les d\u00e9sagr\u00e9ments d&rsquo;un proc\u00e8s. Voici en quelques mots l&rsquo;affaire. En 1607, une certaine Isabelle Gu\u00e9rard d\u00e9posa une plainte aupr\u00e8s du bailli de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s. Il s&rsquo;ensuivit un proc\u00e8s qui, au bonheur de notre peintre, tourna court. La damoiselle n\u2019avait sans doute pas bonne r\u00e9putation ou la paternit\u00e9 du trop imp\u00e9tueux peintre \u00e9tait peut-\u00eatre douteuse puisque l\u2019affaire se conclut devant notaire par un compromis qui n\u2019accordait rien \u00e0 la g\u00e9nitrice&nbsp;: elle renon\u00e7ait \u00e0 toute poursuite et s\u2019engageait \u00e0 \u00e9lever seule l\u2019enfant<sup id=\"rf12-321\"><a href=\"#fn12-321\" title=\"A.N., M.C. ET\/XLIX\/195&nbsp;, 29\/01\/1607\" rel=\"footnote\">12<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce fut sans doute un an apr\u00e8s qu\u2019il prit pour femme Marie Ferdinand car leur premier enfant, Salomon, naquit le 5 mai 1609<\/p>\n\n\n\n<p>Beaucoup d\u2019autres enfants suivirent&nbsp;Salomon&nbsp;: Louis n\u00e9 le 19 juillet 1612, ann\u00e9e o\u00f9 il eut pour \u00e9l\u00e8ve Nicolas Poussin, puis Marie dont on ne connait pas la date exacte de naissance. Il y eut Suzanne, baptis\u00e9e le 20 janvier 1616 qui eut pour parrain le c\u00e9l\u00e8bre G\u00e9d\u00e9on Tallement et pour marraine Suzanne de Laval, Catherine dont on parlera plus loin, Pierre n\u00e9 le 20 mars 1617 dont le parrain fut Pierre Naudin, et la marraine madame Aersens, et enfin un dernier fils pr\u00e9sent\u00e9 au bapt\u00eame le 2 d\u00e9cembre 1618 par Jacques de Mornay et madame Falaiseau alors veuve de Verdavaine&nbsp;<sup id=\"rf13-321\"><a href=\"#fn13-321\" title=\"Marie Falaiseau, veuve de Verdavaine,&nbsp;&nbsp;poss\u00e9dait une maison sur la rive ouest de la rue de Seine qu\u2019elle a vendu en 1624 (A.N.&nbsp;:, S3061\" rel=\"footnote\">13<\/a><\/sup> mais qui dut mourir jeune.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la&nbsp;&nbsp;naisssance de son a\u00een\u00e9, il avait d\u00e9j\u00e0 acquis une certaine notori\u00e9t\u00e9 et l\u2019H\u00f4tel de Ville&nbsp;&nbsp;lui commanda un tableau o\u00f9 devaient figurer ensemble pr\u00e9v\u00f4t des marchands et \u00e9chevins, procureurs du roi et greffiers de la ville. L&rsquo; \u0153uvre termin\u00e9e, il re\u00e7ut 400 livres tournois le 12 ao\u00fbt 1609<sup id=\"rf14-321\"><a href=\"#fn14-321\" title=\"&nbsp;A.N. , M.C., Legay 19 ao\u00fbt 1609\" rel=\"footnote\">14<\/a><\/sup>.&nbsp;&nbsp;Tallemant des R\u00e9aux nous raconte \u00e0 son sujet ceci<a><sup> <\/sup><\/a>&nbsp;<sup id=\"rf15-321\"><a href=\"#fn15-321\" title=\"&lt;em&gt;Les Historiettes de Tallement des R\u00e9aux&nbsp;&lt;\/em&gt;\u00bb par MM. De Monmerqu\u00e9 et Paulin . Tome Ier\" rel=\"footnote\">15<\/a><\/sup> : \u00e0 l\u2019automne de sa vie, Henri IV connut la toute jeune et s\u00e9duisante Mademoiselle de Montmorency. Il en tomba fort amoureux et lui fit \u00e9pouser Henri de Bourbon-Cond\u00e9, comptant que la r\u00e9putation du prince \u00ab&nbsp;d\u2019homme \u00e0 homme&nbsp;\u00bb lui laisserait le champ libre. Il fit faire en cachette le portrait de sa belle par Ferdinand Elle et l&rsquo;envoya chercher par son ami Bassompierre. L&rsquo;oeuvre \u00e9tait encore si fraiche que ce dernier le fit frotter de beurre frais pour l\u2019enrouler, ceci afin qu\u2019on ne le vit pas, et l\u2019emporta vite. Quelques ann\u00e9es apr\u00e8s, la princesse, croyant que le peintre avait oubli\u00e9 cela, lui demanda un jour quel portrait de tous ceux qu\u2019il avait fait \u00e9tait le plus beau. \u00ab&nbsp;C\u2019est, dit-il, un qu\u2019il avait fallu frotter de beurre frais&nbsp;\u00bb. Ne doutons point que cette belle r\u00e9ponse fit rougir la princesse.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous n&rsquo;avons pas beaucoup de renseignements sur les diff\u00e9rents logis du peintre et de sa famille. Nous savons seulement que Pierre Sainfray, ma\u00eetre paumier qui poss\u00e9dait une maison et un jeu de paume \u00e0 l\u2019emplacement du 57 rue de Seine, lui fit un bail \u00e0 loyer<sup id=\"rf16-321\"><a href=\"#fn16-321\" title=\"A.N., M.C., ET\/XXXV\/191&nbsp;: Bail par Pierre Sainfray \u00e0 Ferdinand Elle du 15 janvier 1614. Document malheureusement incommunicable.\" rel=\"footnote\">16<\/a><\/sup>&nbsp;en 1614. Cependant le 6 novembre 1624 fut un jour capital pour lui qui se pr\u00e9senta devant les notaires Ogier et de Beauvais pour acqu\u00e9rir la maison du 47 rue de Seine.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019\u00e9tait alors une construction modeste compos\u00e9e d\u2019un corps d\u2019h\u00f4tel sur la rue avec cave, cuisine, salle, chambre haute, garde-robe, cabinets et grenier au-dessus. Un second \u00e9difice se trouvait derri\u00e8re avec \u00e9table, cabinet, chambre et grenier au-dessus. La cour qui s\u00e9parait les deux b\u00e2timents avait un puits et un petit appentis servait de cuisine. L\u2019escalier \u00e9tait hors d\u2019\u0153uvre et servait \u00e0 aller au premier \u00e9tage des deux corps d\u2019h\u00f4tel. Un jardin clos de mur&nbsp;&nbsp;avec une treille se trouvait derri\u00e8re comme au temps de Claude Andr\u00e9.&nbsp;&nbsp;Le tout \u00e9tait lou\u00e9 par le sieur Jean Naudin, ma\u00eetre chirurgien. Quels arrangements Ferdinand Elle trouva-t-il avec le chirurgien pour s\u2019installer dans la maison ?  Nous n&rsquo;avons pu le d\u00e9terminer, cependant quand il versa en octobre 1625 les 10 800 livres \u00e0 Charlotte de Saint-Germain pour son acquisition plus 619 livres pour les int\u00e9r\u00eats, il semblait bien habiter dans la maison.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 18 ao\u00fbt 1627, un drame \u00e9clata dans la famille du peintre&nbsp;: sa fille Catherine s\u2019\u00e9tait laiss\u00e9 conter fleurette par un de ses \u00e9l\u00e8ves du nom de Jean Caspin. Elle \u00e9tait enceinte de ses oeuvres. Horrifi\u00e9, le malheureux p\u00e8re alla porter une supplique au bailli de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s afin de faire enfermer l\u2019auteur de ce forfait qui m\u00e9ritait, disait-il, \u00ab&nbsp;une punition extraordinaire, m\u00eame le dernier supplice&nbsp;\u00bb. Ce dernier reconnut tous les faits y compris celui \u00ab&nbsp;d\u2019avoir eu la compagnie charnelle&nbsp;\u00bb&nbsp;de Catherine. Reprenant ses esprits, Ferdinand Elle demanda qu\u2019on \u00e9largisse le prisonnier afin de \u00ab&nbsp;solempniser&nbsp;\u00bb le mariage le jour m\u00eame. Voici donc Jean Caspin qui partit en compagnie d\u2019un sergent jusqu\u2019\u00e0 Charenton afin de prendre pour \u00e9pouse devant le ministre de l\u2019\u00e9glise r\u00e9form\u00e9e la fille de la maison. Cependant prompt \u00e0 prendre ses d\u00e9cisions, Ferdinand Elle \u00e9tait peu rancunier&nbsp;: le 21 ao\u00fbt suivant , le trait\u00e9 de mariage fut&nbsp;&nbsp;sign\u00e9 devant Perlin<a><sup> <\/sup><\/a><sup id=\"rf17-321\"><a href=\"#fn17-321\" title=\"A.N., M.C., CV\/576, contrat de mariage de Catherine ELLE avec Jean Caspin du 21 ao\u00fbt 1627\" rel=\"footnote\">17<\/a><\/sup>. Il stipulait que les jeunes \u00e9poux recevraient 1600 livres, 400 livres en deniers comptants, 400 livres pour la nourriture et le logement de la famille et 800 livres sous la forme de 50 livres de rente annuelle et perp\u00e9tuelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Bizarement, moins de 3 ans apr\u00e8s, Jean Caspin devint Jean Cassiopin dans les actes notari\u00e9s. Le bailli de Saint-Germain avait-il mal entendu le nom&nbsp;? Jean Cassiopin a-t-il voulu effacer toute trace de sa faute&nbsp;? Ce charmant forfait ne porta pas, \u00e0 notre connaissance, ses fruits&nbsp;: nous n\u2019avons trouv\u00e9 nulle trace d\u2019enfant n\u00e9 au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 1625&nbsp;, leur premier enfant, figurant dans les registres du temple de Charenton, est n\u00e9 en 1635.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1628, le locataire de la maison du nom de Naudin avait \u00ab&nbsp;d\u00e9guerpi&nbsp;\u00bb, la famille de Ferdinand Elle put prendre possession des lieux.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ann\u00e9e 1630 fut celle du mariage Marie, fille de la maison,&nbsp;&nbsp;avec Pierre Barbot, sieur du Jard, un protestant natif de La Rochelle et secr\u00e9taire de Pierre Bizet, seigneur de La Barou\u00e8re,&nbsp;&nbsp;conseiller en la cour du Parlement chez qui d\u2019ailleurs habitait le futur \u00e9poux,&nbsp;&nbsp;rue Gilles Le C\u0153ur. Le contrat fut sign\u00e9 le 22 janvier 1630 devant Me Perlin chez Ferdinand Elle et r\u00e9unissait du c\u00f4t\u00e9 du futur Pierre Bizet et sa femme et du c\u00f4t\u00e9 de la future de son fr\u00e8re Louis et son beau-fr\u00e8re Jean Caspin qui avait donc gard\u00e9 son nom et un ami joallier. L\u2019acte stipulait que Ferdinand Elle verserait une dot \u00e9quivalente \u00e0 celle de sa s\u0153ur Catherine, c\u2019est-\u00e0-dire 1600 livres. De son c\u00f4t\u00e9 le futur douait sa fianc\u00e9e d\u2019une rente de 100 livres. Le mariage fut c\u00e9l\u00e9br\u00e9 au temple de Charenton en f\u00e9vrier de la m\u00eame ann\u00e9e Parlement<sup id=\"rf18-321\"><a href=\"#fn18-321\" title=\"A.N., M.C., CV\/579, contrat de mariage Marie Elle avec Pierre Barbot du 22\/01\/1630\" rel=\"footnote\">18<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous ne savons pas grand chose des ann\u00e9es qui suivirent&nbsp;&nbsp;jusqu\u2019\u00e0 la mort du peintre qui arriva vraisemblablement en 1637-1638. Nous avons cependant pu apprendre que c\u2019est \u00e0 Michel van Lochem que Ferdinand Elle s\u2019adressait pour faire graver ses portraits. Ce dernier habitait avec son fr\u00e8re rue Saint Jacques, \u00e0 la&nbsp;<em>Rose Blanche<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"579\" height=\"580\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/portraits_f.elleW_.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-382\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/portraits_f.elleW_.jpg 579w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/portraits_f.elleW_-300x300.jpg 300w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/portraits_f.elleW_-150x150.jpg 150w\" sizes=\"(max-width: 579px) 100vw, 579px\" \/><figcaption>Quelques oeuvres de Ferdinand ELLE<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Selon M. Le Roux de Lincy, Ferdinand Elle mourut en ayant le titre de peintre ordinaire du roi et la charge de valet de chambre de Sa Majest\u00e9. Nous n\u2019avons plus grand chose de ses \u0153uvres. Il reste cependant un portrait de Henri IV qui d\u2019apr\u00e8s le costume, date des environs de 1600&nbsp;; un portrait d\u2019Auguste de Thou grav\u00e9 par Jean Morin qui le date de 1617, un portrait d\u2019Anne d\u2019Autriche et un du comte de Soissons qui furent grav\u00e9s par Charles David ainsi que celui du chirurgien Jacques de Marques, \u00e9x\u00e9cut\u00e9 en 1616 , un Antoine de Lom\u00e9nie peint en 1622, d\u2019apr\u00e8s la lettre de gravure de Michel Lasne ex\u00e9cut\u00e9e en 1637, plus une Ste Jeanne de Chantal (vers 1610-1622).<\/p>\n\n\n\n<p>Devenue veuve, Marie Ferdinand prit le destin de sa famille en main. Pour augmenter ses revenus, maintenant qu\u2019elle n\u2019avait plus son mari pour subvenir \u00e0 ses besoins, elle entreprit avec ses enfants majeurs, de faire r\u00e9cup\u00e9rer en Hollande&nbsp;les int\u00e9r\u00eats d\u2019une somme qui avaient \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e Antoine Goeteris, premier huissier du haut conseil des Etats de Hollande.<\/p>\n\n\n\n<p>Sa seconde action fut de distribuer une partie de la succession \u00e0 ses enfants. \u00c0 sa fille Marie et \u00e0 son gendre Pierre Barbot, elle donna 5400 livres \u00e0 valoir sur la part de la succession de son d\u00e9funt mari. \u00c0 sa fille Catherine et \u00e0 son gendre Jean Cassiopin (qui \u00e9tait devenu ma\u00eetre peintre) elle leur attribua 6200 livres (5400 livres comme \u00e0 sa s\u0153ur et 800 livres pour le rachat de la rente de 50 livres&nbsp;&nbsp;qui leur avaient \u00e9t\u00e9 octroy\u00e9s lors de leur contrat de mariage).<\/p>\n\n\n\n<p>Elle fit aussi construire un corps d&rsquo;h\u00f4tel du c\u00f4t\u00e9 du foss\u00e9 entre les portes de Bussy et de Nesle sur ce qui \u00e9tait jusqu\u2019alors un jardin, derri\u00e8re la maison que ses enfants et elle occupaient rue de Seine.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le b\u00e2timent \u00e9tait double en profondeur et de deux trav\u00e9es en longueur. On y entrait par une porte coch\u00e8re qui s\u2019ouvrait sur un large passage qui pouvait servir de remise de carosse. Au bout de l\u2019all\u00e9e, un escalier dans \u0153uvre desservait la construction qui comportait quatre \u00e9tages dont un en galetas, au haut duquel \u00e9tait un donjon couvert d\u2019ardoise construit au-dessus de la couverture qui, elle, \u00e9tait en tuile. On arrivait ensuite dans une cour avec un puits avec au fond un petit \u00e9difice qui servait d\u2019\u00e9curie. Afin de compl\u00e9ter la construction, Marie Fredinand avait fait \u00e9lever dans la cour un b\u00e2timent en aile de trois trav\u00e9es de long et de trois \u00e9tages, plus un grenier. Il y avait une cave sous le corps de logis de devant et une autre sous l\u2019\u00e9curie.&nbsp;<br><\/p>\n\n\n\n<p>Marie Elle ne tarda point \u00e0 louer les lieux. Ses premi\u00e8res locataires furent deux veuves<sup id=\"rf19-321\"><a href=\"#fn19-321\" title=\"A.N., M.C., ET\/VI\/457 Bail du 18 d\u00e9cembre 1638.\" rel=\"footnote\">19<\/a><\/sup>. <\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agissait d\u2019H\u00e9l\u00e8ne de Saint-Vertunien, veuve d\u2019Isaac Guesdon, conseiller secr\u00e9taire du roi et de Marie Lecocq qui avait aussi eu le malheur de perdre son mari, Jacques Menous, de son vivant conseiller du roi et commissaire des geurres et intendant des jardins du roi. Elles louaient le b\u00e2timent sur rue et l\u2019\u00e9curie, le tout pour 1 100 livres par an. Bizarement, elles avaient aussi pris \u00e0 bail la maison du sieur Naudin, voisine de droite et demandaient aux deux propri\u00e9taires l\u2019autorisation d\u2019ouvrir une porte entre les deux b\u00e2timents \u00e0 la hauteur du premier \u00e9tage. La permission leur fut accord\u00e9e \u00e0 condition qu\u2019elle remettent les lieux en \u00e9tat et d\u2019en assumer la d\u00e9pense.<\/p>\n\n\n\n<p>Le cort\u00e8ge des mariages rythmait la vie familiale. On commenca par son fils Louis qui \u00e9tait \u00e0 cette \u00e9poque peintre ordinaire du roi qui \u00e9pousa Isabelle Dallemagne, fille de Raymond Dallemagne, marchand orf\u00e8vre. Parmi les signataires du trait\u00e9 de mariage,<a><sup> <\/sup><\/a>&nbsp;<sup id=\"rf20-321\"><a href=\"#fn20-321\" title=\"A.N., M.C.&nbsp;: ET\/II\/156, 8 novembre 1637\" rel=\"footnote\">20<\/a><\/sup> on pouvait remarquer Jean Mestrezat, ministre de la parole de Dieu \u00e0 Charenton et Charles Martin, peintre et valet de chambre du roi, parrain de la fianc\u00e9e.&nbsp;Vint ensuite le tour de Louise qui prit pour \u00e9poux Jacques Barbot, \u00e9cuyer et membre d\u2019une famille fort connue de La Rochelle<sup id=\"rf21-321\"><a href=\"#fn21-321\" title=\"A.N., M.C., ET\/VI\/459, 16 ao\u00fbt 1639.\" rel=\"footnote\">21<\/a><\/sup>. Sa m\u00e8re lui donna en dot 7000 livres. La famille du futur ne fut pas en reste&nbsp;: Marie Ogier sa m\u00e8re promit de lui donner la somme rondelette de 12 000 livres .<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ann\u00e9e suivante en 1640, la petite derni\u00e8re, Suzanne, fit ce que l\u2019on appelle un beau mariage. Elle \u00e9pousa Paul Pineau qui \u00e9tait fils d\u2019un avocat au Parlement et d\u2019une famille qui poss\u00e9dait des terres et de seigneuries en Vendomois. Il re\u00e7ut \u00e0 cette occasion la part qui lui revenait dans la succession de son p\u00e8re \u00e0 savoir la terre et seigneurie de Cunaille et celle de Montravail. En faveur du mariage, Marie Ferdinand donna la somme de 7 000 livres en dot sur la successsion de son p\u00e8re et avancement d\u2019hoirie<sup id=\"rf22-321\"><a href=\"#fn22-321\" title=\"A.N., M.C., ET\/XLVI\/19, mariage du 2 d\u00e9cembre 1640.\" rel=\"footnote\">22<\/a><\/sup>. Les invit\u00e9s \u00e0 la signature du contrat de mariage t\u00e9moignaient de la belle promotion que la famille Elle faisait par ce mariage.&nbsp;Les Pineau s\u2019install\u00e8rent, eux aussi, rue de Seine.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, le petit dernier, Pierre,&nbsp;&nbsp;qui se destinait lui aussi \u00e0 la peinture prit aussi femme en la personne d\u2019Anne Cattier qu\u2019il n\u2019avait point \u00e9t\u00e9 chercher bien loin puisqu\u2019elle habitait sur le foss\u00e9 d\u2019entre les portes de Bussy et de Nesle, un peu plus haut en allant vers la Seine et qu\u2019elle \u00e9tait une parente de sa belle-s\u0153ur Elisabeth Dallemagne. Elle \u00e9tait fille de Daniel Cattier, \u00e9mailleur de terre, et de Marie Greban dont le p\u00e8re \u00e9tait horloger. Malheureusement, le contrat de maraige qui figure sur les r\u00e9pertoires du notaire Marreau \u00e0 la date du 23 avril 1643 n&rsquo;existe plus. <\/p>\n\n\n\n<p>La derni\u00e8re joie de sa vie de Marie Ferdinand fut certainement celle qu&rsquo;elle \u00e9prouva quand son fils Louis entra \u00e0 l&rsquo;Acad\u00e9mie de peinture et de sculpture. En effet,&nbsp;plusieurs peintres, sculpteurs et graveurs des plus connus avaient eu l&rsquo;id\u00e9e de former entre eux une Acad\u00e9mie. Louis XIV qui vit tout de suite les avantages qu&rsquo;une assembl\u00e9e aussi c\u00e9l\u00e8bre pouvait produire, favorisa son \u00e9tablissement par un arr\u00eat du conseil du 20 janvier 1648. Elle eut pour chef M. de Charmois et regroupait 25 membres : 12 officiers (les Anciens), 11 Acad\u00e9miciens et 2 syndics. Louis Ferdinand-Elle fut d\u00e8s le d\u00e9but de la deuxi\u00e8me cat\u00e9gorie, en compagnie de Testelin et de Samuel Bernard qui lui \u00e9taient proches, l&rsquo;un parce qu&rsquo;il gravait nombre de ses oeuvres et l&rsquo;autre parce qu&rsquo;il \u00e9tait le parrain de son fils.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque Marie Ferdinand mourut le 15 f\u00e9vrier 1649, elle laissa six h\u00e9ritiers, quatre filles, Catherine, Marie, Suzanne et Louise et deux fils, Louis et Pierre. Ils d\u00e9cid\u00e8rent de faire appel \u00e0 Mathurin Duruy, architecte du roi, pour proc\u00e9der \u00e0 l\u2019estimation des deux maisons. Suivons-le dans sa visite<sup id=\"rf23-321\"><a href=\"#fn23-321\" title=\"A.N., Z1j\/268,&nbsp;&nbsp;visite et estimation des maisons de la succession ELLE du 28 mai 1649.\" rel=\"footnote\">23<\/a><\/sup>. <\/p>\n\n\n\n<p>Se pla\u00e7ant tout d&rsquo;abord sur la voie publique, en face de la maison, celui-ci vit une construction peu large&nbsp;(deux trav\u00e9es), de deux \u00e9tages au-dessus du rez-de-chauss\u00e9e dont un en galetas, couverte de tuile, \u00e9troitement enserr\u00e9e entre deux maisons. Il y p\u00e9n\u00e9tra ensuite par une all\u00e9e de passage et trouva d\u2019abord la cuisine qui donnait sur la rue puis une salle qui avait vue sur la cour avec un petit cabinet en avanc\u00e9e. Au bout de l\u2019all\u00e9e, il emprunta un escalier qui \u00e9tait hors d\u2019\u0153uvre et desservait aussi bien le premier \u00e9tage du b\u00e2timent sur rue que celui en aile sur la cour. Cet \u00e9tage se composait d\u2019une chambre avec une garde-robe et un cabinet. Il visita ensuite le second qui \u00e9tait en galetas et agenc\u00e9 en une chambre avec sa garde-robes sur la rue et une autre chambre avec cabinet et vestibule sur la cour. La mont\u00e9e pour atteindre le grenier \u00e9tait raide mais les efforts de l\u2019architecte furent r\u00e9compens\u00e9s&nbsp;: la pi\u00e8ce avait de beaux lambris et se payait le luxe d\u2019une chemin\u00e9e. Il redescendit ensuite et inspecta les deux berceaux de caves vo\u00fbt\u00e9es auxquelles on acc\u00e9dait par une descente droite abrupte. On pouvait aussi y aller par une sorte d\u2019\u00e9chelle qui partait du sol de la cuisine. Reprenant le couloir, il atteignit la cour et son puits. Un b\u00e2timent en aile, long de trois trav\u00e9es, \u00e9tait port\u00e9 par deux colonnes de pierre de taille et s\u2019\u00e9levait sur deux \u00e9tages et un grenier.&nbsp;&nbsp;En face, un petit \u00e9difice servait d\u2019\u00e9curie puis un autre de garde-manger avec au-dessus une chambre lambriss\u00e9e et ensuite un \u00e9difice en appentis qui servait de cuisine avec un petit escalier qui desservait \u00e0 la fois la chambre et une soupente. Au fond de la cour, Marie Ferdinand avait fait construire un corps de logis de 3 \u00e9tages au-dessus du rez-de-chauss\u00e9e qui comportait une all\u00e9e de passage pour aller dans une autre cour qui se trouvait derri\u00e8re et une salle.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pour acc\u00e9der aux \u00e9tages qui avaient chacun une chambre et deux petits cabinets avan\u00e7ant sur la cour de derri\u00e8re,&nbsp;&nbsp;il fallait emprunter un escalier hors d\u2019\u0153uvre. Dans ce b\u00e2timent comme dans celui donnant sur la rue, on trouvait deux caves vo\u00fbt\u00e9es.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019architecte estima l\u2019ensemble des corps de logis de la rue de Seine \u00e0 25 000 livres.<\/p>\n\n\n\n<p>Il passa ensuite \u00e0 la visite de la maison&nbsp;sur le foss\u00e9 d\u2019entre les portes Dauphine et de Nesle, de construction r\u00e9cente, o\u00f9 \u00e9tait pour enseigne&nbsp;<em>La Ville de Strasbourg&nbsp;<\/em>&nbsp;dont nous avons donn\u00e9 la description plus&nbsp;&nbsp;haut. L\u2019expert la prisa \u00e0 19 000 livres. Il y avait donc une soulte de 3000 livres \u00e0 verser aux propri\u00e9taires de la maison de la rue des foss\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Trois jours plus tard, il fut proc\u00e9d\u00e9 au partage par tirage au sort<sup id=\"rf24-321\"><a href=\"#fn24-321\" title=\"A.N. ; M.C. ; VI\/281, partage ELLE du 1er juin 1649\" rel=\"footnote\">24<\/a><\/sup>.<em>&nbsp;<\/em>On alla chercher un jeune gar\u00e7on qui passait rue de Seine, et ayant fait six billets en six morceaux de papier, sur trois fut marqu\u00e9 \u00ab&nbsp;rue de Seine&nbsp;\u00bb et sur les trois autres \u00ab&nbsp;rue du foss\u00e9&nbsp;\u00bb. Les trois billets marqu\u00e9s rue de Seine (estim\u00e9e \u00e0 22 000 livres) \u00e9churent \u00e0 Catherine, Marie et Louise ELLE \u00e0 la charge de payer 3 000 L de soulte \u00e0 leurs coh\u00e9ritiers. La maison sur le foss\u00e9 de la ville (pris\u00e9e 19 000 livres) \u00e9chut en commun \u00e0 Louis, Pierre et Suzanne ELLE, femme de Paul Pineau, sieur de Champfort<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83\"><strong>La deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de leur p\u00e8re, les enfants prirent le patronyme de FERDINAND-ELLE, sans doute pour honorer leur p\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"199\" height=\"247\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Portrait-par-Louis-Ferdinand.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-393\"\/><figcaption>Portrait d&rsquo;une dame de la cour par Louis Ferdinand ELLE le p\u00e8re (galerie Bordes)<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>L\u2019a\u00een\u00e9, Louis qui \u00e9tait n\u00e9 le 19 juillet 1612, avait embrass\u00e9 comme son p\u00e8re, la profession de peintre du roi et fut un remarquable portraitiste. Mariette disait de lui qu\u2019il fut un des plus excellents peintres de portraits qui aient paru en France. Il peignait des personnages aux poses \u00e9l\u00e9gantes&nbsp;ou transformait ses mod\u00e8les en divinit\u00e9s. Il trouva en la personne de Fouquet un protecteur dont on retrouve un portrait dans l&rsquo;inventaire fait apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de peintre. Sa production fut abondante comme en t\u00e9moigne l&rsquo;inventaire qui fut fait apr\u00e8s son d\u00e9c\u00e8s qui d\u00e9nombre 80 portraits et plus de 1200&nbsp;estampes. Il devint membre de l\u2019Acad\u00e9mie lorsqu\u2019elle fut cr\u00e9\u00e9e en 1648 dont il fut expuls\u00e9 \u00e0 son grand chagrin lorsque, en 1681, Louis XIV entreprit de convertir tous ceux de la RPR<sup id=\"rf25-321\"><a href=\"#fn25-321\" title=\"Religion Pr\u00e9tendue R\u00e9form\u00e9e c\u2019est-\u00e0-dire protestant\" rel=\"footnote\">25<\/a><\/sup>. Il n\u2019y rentrera \u00e0 nouveau qu\u2019apr\u00e8s avoir abjur\u00e9, en 1686.<\/p>\n\n\n\n<p>Il avait \u00e9pous\u00e9 en 1637 Isabelle Dallemagne qui \u00e9tait la fille de Raymond Dallemagne<a><sup> <\/sup><\/a><sup id=\"rf26-321\"><a href=\"#fn26-321\" title=\"Les propri\u00e9taires de la maison qui occupait l&#8217;emplacement du 20 rue Mazarine \u00e9tait Aag\u00e9 Cattier et sa femme Louise Dallemagne. Pierre, le fr\u00e8re de Louis Elle \u00e9pousera quelques ann\u00e9es plus tard Anne Cattier, vraisemblablement parente de Aag\u00e9.\" rel=\"footnote\">26<\/a><\/sup> marchand orf\u00e8vre et de Marie Barquette. Assistaient \u00e0 la signature du contrat son voisin et ami Pierre Naudin, Jean Mestrezat, ministre de la parole de Dieu \u00e0 Charenton, Charles Martin peintre et valet de chambre du roi, parrain de la future&nbsp;\u00e9pouse qui amenait 3 600 livres dans sa corbeille. Louis Ferdinand recevra de sa m\u00e8re quelques mois apr\u00e8s 7000 livres sur la succession de son p\u00e8re et en avancement d&rsquo;hoirie sur la succession de sa m\u00e8re.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En mars 1639, il loua \u00e0 sa m\u00e8re une partie de la maison rue de Seine qui se composait du corps d&rsquo;h\u00f4tel sur la rue et de la galerie du second \u00e9tage avec deux chambres. La cour et le puits \u00e9taient en commun avec le reste de la maison.&nbsp;&nbsp;Il payait \u00e0 sa m\u00e8re 400 livres par an pour le tout.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il eut plusieurs enfants dont beaucoup moururent tr\u00e8s jeunes : Louis en 1639 qui d\u00e9c\u00e9da \u00e0 4 mois, Paul en 1646 qui disparut 3 semaines apr\u00e8s sa naissance, Louis n\u00e9 en 1649 et mort en 1653. Les seuls enfants qui surv\u00e9curent furent un autre Louis dont nous parlerons plus loin, Judith qui naquit en 1664 et Marie qui \u00e9pousera Simon Le Juge, peintre en miniature.&nbsp;Le logement de la rue de Seine continua \u00e0 abriter Louis Elle et sa famille, ainsi d&rsquo;ailleurs que son fr\u00e8re Pierre, jusqu&rsquo;en 1652-1653. La maison de la rue Mazarine ayant \u00e9t\u00e9 sans doute lib\u00e9r\u00e9e, ils d\u00e9m\u00e9nag\u00e8rent et s&rsquo;y install\u00e8rent.<\/p>\n\n\n\n<p> Le 13 mars 1677, Isabelle Dallemagne, sa femme, alors \u00e2g\u00e9e de 55 ans<a><sup> <\/sup><\/a>,<sup id=\"rf27-321\"><a href=\"#fn27-321\" title=\"Mari\u00e9e en 1637, d\u00e9c\u00e9d\u00e9e en 1677 \u00e0 55 ans : elle avait donc 15 ans lors de son mariage\" rel=\"footnote\">27<\/a><\/sup>,&nbsp;mourut et fut inhum\u00e9e deux jours apr\u00e8s au cimeti\u00e8re protestant des Saints-P\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Louis Elle Ferdinand le p\u00e8re mourut le 12 d\u00e9cembre 1689, \u00e2g\u00e9 de 77 ans et inhum\u00e9 deux jours apr\u00e8s \u00e0 Saint-Sulpice, ce qui laisse penser qu&rsquo;il abjura sa religion entre 1677 et 1687. <\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;inventaire de ses biens ne comptait pas moins de 80 tableaux et un millier d&rsquo;estampes !<sup id=\"rf28-321\"><a href=\"#fn28-321\" title=\"A.N. ; M.C. ; XLV\/288, inventaire des biens de Louis Ferdinand-Elle commenc\u00e9 le 10 janvier 1690\" rel=\"footnote\">28<\/a><\/sup><\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 Jean Cassiopin, peintre ordinaire du roi, \u00e9poux de Catherine Elle, il loua en 1649 \u00e0 ses deux copropri\u00e9taires une partie de la maison sur la rue de Seine, l\u2019autre \u00e9tant occup\u00e9e par Paul Pineau et sa femme Suzanne Elle. Il transforma la cuisine sur la rue en boutique qui servira, semble-t-il, \u00e0 la vente des gravures. Mais h\u00e9las, il mourut le 29 septembre 1651 laissant trois enfants mineurs : Thomas (23 ans), Louise (15 ans), Ferdinand (9 ans) et Catherine (8 ans) ainsi que Anne, \u00e9pouse de Paul Greban, ma\u00eetre horloger. La famille vivait fort pauvrement et Jean ne poss\u00e9dait comme v\u00eatements que ceux qui servirent \u00e0 l\u2019ensevelir. Il laissait 112 portraits de diverses personnes en demi-corps, sans main, et imparfaites qui furent estim\u00e9s 64 livres, une descente de Croix estim\u00e9e 16 livres et 921 livres de dettes envers ses beaux-fr\u00e8res&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Pierre Ferdinand-Elle, le cadet&nbsp;&nbsp;avait 20 ans en 1637, lorsque son p\u00e8re mourut.&nbsp;&nbsp;Il \u00e9tait lui aussi peintre ordinaire du roi mais il n\u2019entra pas \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie. L\u2019ann\u00e9e 1649 fut pour lui une ann\u00e9e noire entre toute : en f\u00e9vrier, il vit partir sa m\u00e8re, puis en d\u00e9cembre la petite Marie \u00e2g\u00e9e de 5 ans, puis Paul puis Uranie qui n\u2019avait que 10 jours. Malgr\u00e9 tout il peignait tout ce qui l\u2019entoure : la rue du Pont Neuf, une cuisine, des fruits avec un globe, un corps de garde (peut-\u00eatre celui de la porte de Bussy), un embrasement, beaucoup de paysages et comme son fr\u00e8re des portraits. Mais son activit\u00e9 de pr\u00e9dilection \u00e9tait les estampes. Il en a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 quelques-unes que l\u2019on peut voir sur le site de la BNF et dont le trait est admirable. Il mourut le 5 septembre 1665 laissant sa femme Anne Cattier sous tutelle car \u00ab\u00a0elle \u00e9tait tomb\u00e9e en d\u00e9mence\u00a0\u00bb. (A.N. ; M.C. ; VI\/405, inventaire des biens de Pierre Elle commenc\u00e9 le 7 octobre 1665)).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83\"><strong>La troisi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La personne la plus importante de la troisi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration fut Louis, fils de Louis. Pour le distinguer de son p\u00e8re, il prit le nom de Louis Ferdinand-Elle le fils.<\/p>\n\n\n\n<p>Il fut pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Acad\u00e9mie Saint-Luc le 28 mars 1676 par Samuel Bernard . La Compagnie agr\u00e9a la pr\u00e9sentation et ordonna qu&rsquo;il fasse les portraits de Samuel Bernard et de Thomas Regnaudin. Il les pr\u00e9senta \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e plus de 5 ans apr\u00e8s, le 5 juillet 1681, et fut agr\u00e9\u00e9 Acad\u00e9micien le premier du mois suivant. La grande voie royale s&rsquo;ouvrait \u00e0 lui. H\u00e9las, elle se referma imm\u00e9diatement par un ordre du roi qui, ayant appris que plusieurs peintres acad\u00e9miciens \u00e9taient de la religion \u00ab\u00a0pr\u00e9tendue r\u00e9form\u00e9e\u00a0\u00bb, les frappa d&rsquo;exclusion. Louis Ferdinand -Elle p\u00e8re et fils faisaient partie de la charrette en compagnie notamment de Testelin et de Samuel Bernard. <\/p>\n\n\n\n<p>Marguerite Barbot, petite-fille de Ferdinand-Elle et fille de Marie, \u00e9pousa Josu\u00e9 Gargoulleau, seigneur des Loges<sup id=\"rf29-321\"><a href=\"#fn29-321\" title=\"Les Loges sont dans la paroisse de Pirmil dans la Sarthe\" rel=\"footnote\">29<\/a><\/sup> protestant et d\u2019une tr\u00e8s vieille famille de La Rochelle qui donna \u00e0 cette ville plusieurs g\u00e9n\u00e9rations d\u2019\u00e9chevins. Il \u00e9tait un petit-fils d\u2019une Bizet de La Barrou\u00e8re, ce qui peut expliquer comment ces jeunes gens se connurent puisque le p\u00e8re de la future avait \u00e9t\u00e9 secr\u00e9taire de Pierre Bizet pendant de longues ann\u00e9es. Le contrat de mariage fut sign\u00e9 le 19 janvier 1667 devant Me Muret et Me Huart et r\u00e9unit essentiellement des cousins des deux c\u00f4t\u00e9s. Il dut, avec sa femme, abjurer la religion protestante le 7 janvier 1686 et s\u2019install\u00e8rent rue de Seine dans un appartement du 1er \u00e9tage qui se composait d&rsquo;une cuisine, une antichambre, un petit cabinet attenant et une chambre o\u00f9 il tr\u00e9passa en 1701. Apr\u00e8s son d\u00e9c\u00e8s, elle partagea son appartement avec la veuve du peintre Gabriel Barbot et Anne Barbot, sa belle-s\u0153ur.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle mourut en 1720 sans laisser d\u2019enfant. Ce furent donc ses neveux et ni\u00e8ces qui h\u00e9rit\u00e8rent sa part indivise dans l\u2019immeuble. Ils \u00e9taient au nombre de sept et tous avaient pour grands-parents Marie Elle et Pierre Barbot : Anne, Jean-Baptiste, Jeanne et Jacqueline Barbot, enfants de Gabriel Barbot , sieur du Bouzet et Marie-Suzanne Pierre Barbot, Gabrielle-Suzanne et Charlotte-Ester Barbot, enfants de Jean Barbot, conseiller honoraire du roi au pr\u00e9sidial de La Rochelle<sup id=\"rf30-321\"><a href=\"#fn30-321\" title=\" Anne, Jeanne et Jacqueline \u00e9taient filles, Jean-Baptiste \u00e9tait receveur des gabelles \u00e0 Boutteville pr\u00e8s de Cognac , Marie-Suzanne \u00e9tait veuve de Jacques Dugoust, \u00e9cuyer, baron de Bouzet et gouverneur du fort de Lapr\u00e9 en l&rsquo;\u00eele de R\u00e9. Quant \u00e0 Gabrielle-Suzanne elle \u00e9tait veuve de Jean Baptiste Gallon, seigneur de Villeneuve. Charlotte-Ester Barbot, elle, avait \u00e9pous\u00e9 Pierre du Pontou, \u00e9uyer et capitaine d&rsquo;infanterie.\" rel=\"footnote\">30<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Les h\u00e9ritiers \u00e9taient si nombreux (presque tous issus des familles Barbot) qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait plus possible de garder la maison de la rue de Seine . Ils d\u00e9cid\u00e8rent de la vendre par adjudication. Celle-ci eut lieu le 5 mai 1725, apr\u00e8s une folle ench\u00e8re, elle fut licit\u00e9 \u00e0 Jean Gromaire pour la somme de&nbsp;&nbsp;18 150 livres.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83\">Les ELLE et la r\u00e9vocation de l\u2019\u00e9dit de Nantes<br><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>&nbsp;Avant m\u00eame la r\u00e9vocation de l\u2019\u00e9dit de Nantes d&rsquo;octobre 1685, la famille ELLE entama une p\u00e9riode fort difficile.<\/p>\n\n\n\n<p>Louis Ferdinand-Elle&nbsp;<strong>le p\u00e8re<\/strong>&nbsp;qui \u00e9tait membre de l\u2019Acad\u00e9mie de peinture en fut exclu d\u00e8s 1681 alors qu\u2019il avait 74 ans. Il refusa d\u2019abjurer pendant 4 ans mais les pressions \u00e9taient tr\u00e8s fortes et il \u00e9tait \u00e2g\u00e9. Il finit par c\u00e9der le 30 d\u00e9cembre 1685. Marie sa s\u0153ur, veuve de Pierre Barbot et Jacqueline sa bru en firent de m\u00eame, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9es par Jean Laurent, son gendre.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autres habitants se montr\u00e8rent plus coriaces : Simon Le Juge qui n\u2019avait toujours pas abjur\u00e9 au d\u00e9but de janvier 1686 r\u00e9pondait au commissaire Gazon qu\u2019il ne d\u00e9sirait point changer de religion. Louis Ferdinand-Elle<strong>&nbsp;le fils<\/strong>&nbsp;fut arr\u00eat\u00e9 le 2 mars 1686 et conduit \u00e0 la Bastille. Un ordre d\u2019incarc\u00e9ration fut \u00e9mis contre Marie, sa s\u0153ur et son \u00e9poux Simon Le Juge mais ils \u00e9taient cach\u00e9s on ne sait o\u00f9, et ce n\u2019est que le 23 novembre que le c\u00e9l\u00e8bre Desgrez les d\u00e9busqu\u00e8rent. Marie fut conduite chez les Cordeli\u00e8res de Saint-Marcel puis envoy\u00e9e au ch\u00e2teau de Nantes. Elle n\u2019avait toujours pas c\u00e9d\u00e9 le 25 novembre 1687 et Seignelay \u00e9crivait \u00e0 M. de La Reynie :<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab Ferdinand peintre du Roy, ayant demand\u00e9 \u00e0 se charger de sa fille afflig\u00e9e d\u2019un cancer, laquelle a est\u00e9 conduitte au ch\u00e2teau de Nantes \u00e0 cause de son opiniatret\u00e9 dans la R.P. , je vous envoye l\u2019ordre du roy pour la luy faire remettre apr\u00e8s qu\u2019il vous aura donn\u00e9 sur cela les seuret\u00e9s que vous estimerez n\u00e9cessaires de prendre de luy. \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;<\/em>Anne Cassiopin avait, on le sait, \u00e9pous\u00e9 Jean Beck. Ils habitaient tous deux rue Mazarine , en face de la rue Gu\u00e9n\u00e9gaud et leur appartement servait de refuge aux candidats \u00e0 l\u2019\u00e9migration. Leur fille, Constance-Emile, avait r\u00e9ussi d\u00e8s 1686 \u00e0 fuir la France pour aller \u00e0 Amsterdam puis s\u2019installer en Angleterre avec son mari Jacques Barbot. D\u00e9nonc\u00e9 par une voisine au commissaire Gazon, celui-ci le signalait \u00e0 M. Seignelay qui donna le 4 novembre l\u2019ordre de l\u2019expulser puis de l\u2019enfermer \u00e0 la Bastille le 15. Elle y resta jusqu\u2019au 29&nbsp;&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;<em>\u00ab Je vous ai donn\u00e9 il y a quelques jours l\u2019ordre du Roy pour faire sortir de Paris un certain nomm\u00e9 Becq, et comme Sa Majest\u00e9 a depuis apris de plus grandes particularitez de la mauvaise conduite de cet homme , Elle m\u2019a ordonn\u00e9 de vous en envoyer un autre pour le faire mettre \u00e0 la Bastille , et il est n\u00e9cessaire que vous le fassiez ex\u00e9cuter aussi tost que vous l\u2019aurez receu en cas qu\u2019il soit encore \u00e0 Paris , mais s\u2019il estoit sorty, il faudra s\u2019il vous plaist que vous preniez la peine de vous informer de la route qu\u2019il aura prise et que vous me le fassiez scavoir afin que je puisse envoyer apr\u00e8s. J\u2019attendray vostre r\u00e9ponse pour en rendre compte \u00e0 Sa Majest\u00e9. Je suis \u2026 \u00bb&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Comme M. Beck \u00e9tait souffrant, il n\u2019avait point quitt\u00e9 Paris et fut arr\u00eat\u00e9 avec sa femme le 17 et sa femme conduite \u00e0 la Bastille. Quant \u00e0 lui, il resta rue Mazarine sous bonne garde jusqu\u2019au 26. Sur les instances de l\u2019Electeur ils furent expuls\u00e9s du royaume. Beck malade et sa femme descendirent la Seine \u00e0 petites journ\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 Rouen et regagn\u00e8rent Berlin o\u00f9 Beck mourut le 2 f\u00e9vrier 1695 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 80 ans. Quant \u00e0 ses petites-filles fort jeunes, elles furent aussi conduites aux Ursulines .<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:23px\">Les ELLE et les maisons rue de Seine et Mazarine<\/p>\n\n\n\n<p>Des descendants de Ferdinand le p\u00e8re, ce furent les filles qui poss\u00e9d\u00e8rent les maisons de la rue de Seine et de la rue Mazarine. Catherine (\u00e9pouse de Jean Cassiopin), Marie femme de Pierre Barbot et Louise ELLE  (\u00e9pouse de Jacques Barbot) \u00e9taient propri\u00e9taires chacune pour 1\/3. Louise ELLE vendit son tiers \u00e0 sa soeur Marie. <\/p>\n\n\n\n<p>Deux g\u00e9n\u00e9rations apr\u00e8s il y avaient 14 propri\u00e9taires ! L&rsquo;une d&rsquo;entre elle, Jeanne Barbot, demanda \u00e0 proc\u00e9der \u00e0 la vente de la maison de la rue de Seine par licitation qui eut lieu le 5 mai 1725. <\/p>\n\n\n\n<p>Les Membres de la famille ELLE qui ont poss\u00e9d\u00e9 la rue de Seine :<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"664\" height=\"476\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Tableau-ELLE-W.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-615\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Tableau-ELLE-W.jpg 664w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Tableau-ELLE-W-300x215.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 664px) 100vw, 664px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:26px\">1725-1783. La famille Gromaire<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;acheteur \u00e9tait Jean Gromaire,  bourgeois de Paris et premier commis au bureau des \u00e9curies du roi. Il \u00e9tait veuf depuis mai 1721. Sa femme, Anne Parisot, fille d&rsquo;un marchand \u00e9picier en gros de Paris, lui avait donn\u00e9 cinq enfants :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Anne-Jeanne qui avait \u00e9pous\u00e9 en 1722 Joseph-Fran\u00e7ois Gu\u00e9nard, greffier au Parlement,<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Colombe-\u00c9lisabeth avait \u00e9pous\u00e9 Jacques Mercier, conseiller du roi et receveur des tailles aux Sables d&rsquo;Olonne,<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Jean, qui se faisait appeler Gromaire de La Bapomerie, avocat au Parlement,<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Jean-Baptiste-Joseph, pr\u00eatre docteur en droit et chantre et cur\u00e9 \u00e0 Cosne-sur-Loire,<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Marie-Louise qui \u00e9tait encore fille lors du d\u00e9c\u00e8s de son p\u00e8re en 1750.<\/p>\n\n\n\n<p>La maison qu&rsquo;il venait d&rsquo;acheter n&rsquo;avait subi aucune modification notable depuis 1638 mais elle avait troqu\u00e9 l&rsquo;enseigne de la&nbsp;<em>C\u00f4te d&rsquo;Andresy<\/em>&nbsp;contre celle des&nbsp;<em>Ciseaux d&rsquo;or.<\/em>&nbsp;La famille n&rsquo;habita pas rue de Seine. Ils avaient pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 la paroisse Saint-Roch \u00e0 celle de Saint-Sulpice et firent de l&rsquo;immeuble une maison de rapport qui leur permettait de toucher 2200 livres par an.<\/p>\n\n\n\n<p>Les affaires marchaient bien pour Jean Gromaire puisque \u00e0 son d\u00e9c\u00e8s qui survint le 25 juillet 1750, il se trouvait \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;une belle fortune qui s&rsquo;\u00e9levait \u00e0 161 900 livres<sup id=\"rf31-321\"><a href=\"#fn31-321\" title=\"A.N. ; M.C. ; CXXII\/782, inventaire des biens de jean Gromaire commenc\u00e9 le 26 ao\u00fbt 1750 et&nbsp;&nbsp;CXVII\/783 partage du 19 septembre 1750\" rel=\"footnote\">31<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce partage attribua la maison de la rue de Seine \u00e0 Joseph-Fran\u00e7ois Gu\u00e9nard et \u00e0 sa femme Anne-Jeanne Gromaire, moyennant une soulte de 29 620 livres envers Marie-Louise Gromaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce dernier \u00e9tait un personnage assez na\u00eff. Voyez plut\u00f4t. Un jour il fit connaissance du sieur Leli\u00e8vre, un apothicaire distillateur install\u00e9 tout pr\u00e8s dans l&rsquo;immeuble qui porte maintenant le num\u00e9ro 36. Celui-ci avait cr\u00e9\u00e9 et vendait \u00ab\u00a0Le Baume de Vie\u00a0\u00bb, potion magique qui gu\u00e9rissait tous les maux de la terre. Du moins, c&rsquo;est ce qu\u2019il assurait&nbsp;&nbsp;dans un savoureux opuscule recueillant tous les t\u00e9moignages de ses fid\u00e8les utilisateurs. Lui, Joseph-Fran\u00e7ois Gu\u00e9nard fut sauv\u00e9 d&rsquo;un rhume, d&rsquo;une extinction de voix et d&rsquo;une diarrh\u00e9e. Son fils qui avait la coqueluche ressuscita et quant \u00e0 sa voisine , elle vit dispara\u00eetre par enchantement ses dartres.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sieur Gu\u00e9nard \u00e9tait premier commis de la chambre aux deniers du roi et ainsi, sous les ordres d&rsquo;un grand ma\u00eetre de cette chambre il assurait toutes les d\u00e9penses de bouche du roi et le paiement des gages de tous les officiers charg\u00e9s de ce service. Il recevait pour cette charge 1200 livres par an.<\/p>\n\n\n\n<p>Sa femme, Anne-Jeanne ne lui donna qu&rsquo;un seul enfant qu&rsquo;ils pr\u00e9nomm\u00e8rent Jean-Joseph et qui \u00e9pousa, en novembre 1751, Jeanne-Ang\u00e9lique Haincque de Saint-Senoch , fille d&rsquo;Alexandre Haincque de Saint-Senoch, int\u00e9ress\u00e9 dans les fermes du roi.<\/p>\n\n\n\n<p>La dame Gu\u00e9nard mourut le 30 mai 1773. Comme il ne fut point fait d&rsquo;inventaire, le p\u00e8re et le fils continu\u00e8rent de poss\u00e9der en commun la maison de la rue de Seine.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, l&rsquo;immeuble \u00e9tait un bien propre d&rsquo;Anne-Jeanne Gromaire dont Jean-Joseph \u00e9tait l&rsquo;unique h\u00e9ritier. Ayant besoin d&rsquo;argent, le fils d\u00e9cida de vendre la maison et mit, avec l&rsquo;accord de son p\u00e8re, son projet \u00e0 ex\u00e9cution le 27 f\u00e9vrier 1783. Les acheteurs \u00e9taient Louis Bourgain, ma\u00eetre chandelier et Henriette-M\u00e9lanie Vicard de Chantigny qui prirent possession de la maison . <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:26px\">1783-1839 . La famille Bourgain<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>Les nouveaux propri\u00e9taires \u00e9taient donc Louis Bourgain et sa femme Henriette-M\u00e9lanie Vicart de Plantigny. Il \u00e9tait Me chandelier .<\/p>\n\n\n\n<p>Ils eurent une vie sans histoire mais aussi sans cris d&rsquo;enfants pour \u00e9gailler leur foyer .&nbsp;&nbsp;Lorsque la R\u00e9volution \u00e9clata, plusieurs membres de leur famille se signal\u00e8rent par leurs activit\u00e9s. Son fr\u00e8re, Denis-Guillaume, qui se disait artiste-peintre et qui&nbsp;&nbsp;habitait rue de Seine, fut \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 suppl\u00e9ant \u00e0 la Convention le 27 brumaire an II en remplacement de &#8230; Louis-Philippe \u00c9galit\u00e9 guillotin\u00e9 et entra le 4 brumaire an IV au conseil&nbsp;&nbsp;des Cinq-Cents<\/p>\n\n\n\n<p>Son beau-fr\u00e8re, Jacques Louis Auguste Paffe, \u00e9tait bonnetier de son \u00e9tat et membre du conseil g\u00e9n\u00e9ral de la Commune et jur\u00e9 du tribunal criminel du 17 ao\u00fbt (dont il d\u00e9missionna le 20 septembre 1792). Il fut l&rsquo;un de ceux qui fouill\u00e8rent&nbsp;&nbsp;le secr\u00e9taire du citoyen Capet et y d\u00e9couvrirent un paquet libell\u00e9 au nom de M. de Malesherbes contenant 3000 livres et 125 louis d&rsquo;or. Il fit partie des membres qui soutinrent Robespierre et le recueillirent \u00e0 l&rsquo;H\u00f4tel de Ville. Il fut arr\u00eat\u00e9 le 11 thermidor, jug\u00e9 sommairement par le tribunal r\u00e9volutionnaire et jug\u00e9 sommairement par le tribunal r\u00e9volutionnaire, condamn\u00e9 comme tra\u00eetre \u00e0 la Nation&nbsp;&nbsp;et guillotin\u00e9 le 12 thermidor an II (30 juillet 1794), le lendemain de l&rsquo;ex\u00e9cution de Robespierre. Il laissa une fille, Aspasie Antoinette Olympe<strong>&nbsp;<\/strong>qui s&rsquo;unit en 1804 avec Pierre Marie Honor\u00e9, m\u00e9decin.<\/p>\n\n\n\n<p>Louis Bourgain \u00e9tait, on le sait, chandelier. \u00c0 ce titre, il fournit, lors des massacres de l&rsquo;abbaye de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s, les chandelles qui \u00e9clair\u00e8rent les cadavres entass\u00e9s dans la cour lors des massacres des&nbsp;&nbsp;2, 3 et 4 septembre 1792. Il d\u00e9posa un m\u00e9moire au comit\u00e9 de la section des 4 Nations pour fourniture de terrines de suif qui s&rsquo;\u00e9levait \u00e0 127 livres 14 sols<sup id=\"rf32-321\"><a href=\"#fn32-321\" title=\"&lt;em&gt;Histoire des Girondins et des massacres de septembre&nbsp;&lt;\/em&gt;Tome 2 page 201 par M. Granier de Cassagnac Paris 1860\" rel=\"footnote\">32<\/a><\/sup>. L&rsquo;histoire ne dit pas s&rsquo;il en fut pay\u00e9 !<\/p>\n\n\n\n<p>Lors de son d\u00e9c\u00e8s advenu le 28 septembre 1837, ce monsieur avait pour h\u00e9ritiers six neveux et petits-neveux.&nbsp;&nbsp;Trois \u00e9taient ses petites-ni\u00e8ces issues du citoyen Paffe guillotin\u00e9 en 1792 et de sa soeur Fran\u00e7oise Catherine Bourgain et les trois autres issus de Denis Guillaume Bourgain, aussi chandelier. Ils avaient pour nom Denis Th\u00e9odore, Euryale Dion et \u00c9milie Bourgain, cette derni\u00e8re \u00e9pouse Cadot.<\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;un commun accord avec sa veuve, ils d\u00e9cid\u00e8rent de vendre la maison par adjudication devant le tribunal de 1ere instance de la Seine. Le 6 avril 1839, elle fut adjug\u00e9e \u00e0 Julien Chamon pour la somme de 85 300 F. Ses cr\u00e9anciers la saisirent et la vendirent pour le prix \u00e9tonnant de 181 500 F le 12 juin 1841.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:26px\">1841-&nbsp;&nbsp;1862. Hippolyte Vulfrand Duceux<\/p>\n\n\n\n<p>Hippolyte Vulfrand Duceux \u00e9tait mari\u00e9 \u00e0 Denise Sophie Blanchard&nbsp;&nbsp;et avaient eu cinq enfants. Les \u00e9poux vinrent s&rsquo;installer rue de Seine avec leur dernier fils, Lucien. M. Duceux mourut en avril 1855 et son fils Lucien en juin 1861. Apr\u00e8s la mort de son mari sa veuve continua le n\u00e9goce de tissu fabriqu\u00e9 en France que faisait son mari avec la Guadeloupe. Mais en 1862, ses quatre enfants et elle d\u00e9cid\u00e8rent de vendre l&rsquo;immeuble du 47 rue de Seine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:26px\">1862-1926&nbsp;. La famille Grousteau<\/p>\n\n\n\n<p>Hippolyte Constant Grousteau et sa femme C\u00e9cile Jenny Vilain acquirent ensemble le 28 juin 1862 l&rsquo;immeuble du 47 rue de Seine qui se d\u00e9coupait en quatre corps de b\u00e2timent. L&rsquo;\u00e9difice sur rue \u00e9tait double en profondeur et \u00e9lev\u00e9 de six \u00e9tages avec trois crois\u00e9es de face sur la rue, il avait aussi quelques fen\u00eatres sur les 11 m2 de la cour de derri\u00e8re ainsi que sur une minuscule cour de 4m2 situ\u00e9e au Nord.&nbsp;&nbsp;Le corps de b\u00e2timent en aile \u00e0 gauche lui succ\u00e9dait et contenait l&rsquo;escalier qui le desservait ainsi que celui sur rue. Il \u00e9tait de m\u00eame hauteur. Ensuite venait un grand b\u00e2timent de sept \u00e9tages qui s&rsquo;enroulait autour d&rsquo;une cour de moins de 10m2. Enfin un quatri\u00e8me b\u00e2timent aussi de sept \u00e9tages \u00e9tait \u00e9clair\u00e9 sur une cour de 11m2. Les locataires s&rsquo;\u00e9clairaient au gaz.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Cette vente se faisait moyennant le prix de 190 000F moins les 900F de loyers pay\u00e9s d&rsquo;avance. Le premier versement de 89 100F devait s&rsquo;effectuer le 5 novembre suivant. Les Grousteau s&rsquo;engageaient \u00e0 verser les 100 000F restant dans les cinq ans par tranche de 20 000F tous les premiers juillet avec int\u00e9r\u00eats au taux de 5%.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sieur Grousteau \u00e9tait associ\u00e9 depuis 1853 avec M.M. Thibault p\u00e8re et fils dans une soci\u00e9t\u00e9 de fabrication et de commerce de lampes \u00e0 mod\u00e9rateur. Ces sortes de lampes qui fonctionnaient \u00e0 l&rsquo;huile avaient un grand talent : le mod\u00e9rateur, une sorte d&rsquo;aiguille, permettait de r\u00e9gulariser la mont\u00e9e de l&rsquo;huile dans la lampe. L&rsquo;Acad\u00e9mie des sciences avait attribu\u00e9 en 1854 un prix \u00e0 un certain M. Franchot \u00ab\u00a0pour sa d\u00e9couverte de la lampe \u00e0 mod\u00e9rateur et pour ses travaux sur les machines \u00e0 air chaud\u00a0\u00bb. L&rsquo;invention, simple et fort \u00e9conomique, dont il avait d\u00e9pos\u00e9 le brevet en 1836, eut un tr\u00e8s grand succ\u00e8s et les lampes \u00e0 mod\u00e9rateur envahirent les foyers comme une tra\u00een\u00e9e de poudre et Grousteau fit ainsi rapidement fortune.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"180\" height=\"273\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Lampes-a-moderateurW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-673\"\/><figcaption>Lampes \u00e0 mod\u00e9rateur<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le 16 janvier 1854, il avait \u00e9pous\u00e9, sans doute pour ses beaux yeux car elle n&rsquo;amenait rien dans la corbeille de mariage, C\u00e9cile Jenny Vilain. Le contrat de mariage qu&rsquo;ils sign\u00e8rent le 9 janvier 1854 stipulait la communaut\u00e9 de biens. Il apportait ses droits&nbsp;&nbsp;dans la soci\u00e9t\u00e9 fond\u00e9e l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente (65 000 F),&nbsp;&nbsp;plus 1\/3 par indivis dans un caf\u00e9-auberge situ\u00e9 sur la place du march\u00e9 de Gracey dans le Cher. Au cas o\u00f9 il mourait avant sa m\u00e8re, sa femme \u00e9tait tenue de servir \u00e0 Madame Grousteau m\u00e8re une rente annuelle de 1000 F. Ils eurent trois enfants : Georges Louis n\u00e9 en 1855 Lucien Charles qui vint au monde en 1857 et Eug\u00e9nie C\u00e9cile un an apr\u00e8s jour pour jour. Malheureusement, Lucien Charles mourut \u00e0 18 mois.<\/p>\n\n\n\n<p>Grousteau et son associ\u00e9 firent prosp\u00e9rer la soci\u00e9t\u00e9 de fabrication de lampes et d\u00e9pos\u00e8rent nombre de brevets d&rsquo;am\u00e9lioration (en 1855, 1861, 1862, 1863) de leurs lampes \u00e0 mod\u00e9rateur. Petit d\u00e9tail amusant : la soci\u00e9t\u00e9 Thibault et Grousteau prit comme employ\u00e9 le fameux chanteur Paulus lorsqu&rsquo;il d\u00e9barqua \u00e0 Paris pour y chanter dans les caf\u00e9-concert.<\/p>\n\n\n\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tait tr\u00e8s prosp\u00e8re et Grousteau prit soin de placer ses rentr\u00e9es d&rsquo;argent dans un immeuble de rapport. Son choix se porta sur le 47 rue de Seine: il y voyait plusieurs avantages : l&rsquo;immeuble \u00e9tait de construction r\u00e9cente (entre 1839 et 1841) et les revenus fort substantiels (13 000F par an environ).<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9poux Grousteau se donn\u00e8rent un univers tr\u00e8s confortable en achetant en 1866 pour 120 000 F un h\u00f4tel particulier entre cour et jardin, rue de La Tour n\u00b0139. Le rez-de-chauss\u00e9e se composait d&rsquo;un large vestibule, un grand et d&rsquo;un petit salon, une salle de billard, une grande salle \u00e0 manger. Des grands rideaux de tapisserie de Neuilly&nbsp;&nbsp;donnaient une atmosph\u00e8re douillette \u00e0 l&rsquo;ensemble. Un petit salon \u00e0 c\u00f4t\u00e9 qui avait aussi vue sur le jardin servait au d\u00e9lassement musical. Un piano droit avec des partitions \u00e9parpill\u00e9es montrait que le ma\u00eetre de maison devait appr\u00e9cier que ses enfants lui donnent quelques concerts par les chaudes soir\u00e9es de l&rsquo;\u00e9t\u00e9. Un gu\u00e9ridon, une table de jeu deux fauteuils, quelques chaises et des poufs invitaient \u00e0 se d\u00e9tendre au retour du travail en jouant aux cartes tout en \u00e9coutant les arp\u00e8ges. Le premier \u00e9tage se r\u00e9partissaient en deux chambres \u00e0 coucher \u00e9clair\u00e9es par deux fen\u00eatres sur le jardin. Celle du couple&nbsp;&nbsp;\u00e9tait plut\u00f4t une suite \u00e0 cause d&rsquo;un petit salon de lecture, toujours sur le jardin et d&rsquo;une salle de bains avec une baignoire en zinc. Un cabinet de toilettes faisait suite \u00e0 la deuxi\u00e8me chambre. Trois chambres de moindre importance se trouvaient au second \u00e9tage. Le b\u00e2timent au fond du jardin contenait une remise et trois chambres de domestiques au premier \u00e9tage. Le tout \u00e9tait meubl\u00e9 dans le style, un peu lourd mais cossu, Louis-Philippe avec beaucoup de soie et de velours rouge.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant , M. Grousteau mourut jeune (il n&rsquo;avait pas encore 60 ans) et sa femme le suivit un an apr\u00e8s. Elle n&rsquo;avait que 42 ans.<sup id=\"rf33-321\"><a href=\"#fn33-321\" title=\"&nbsp;&nbsp;M. Grousteau d\u00e9c\u00e9da le 6\/08\/1874 et&nbsp;&nbsp;Mad. Grousteau le 26\/05\/1875.\" rel=\"footnote\">33<\/a><\/sup> M. Vilain, grand-p\u00e8re maternel, fut nomm\u00e9 tuteur des enfants.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le fils, Georges Louis Grousteau, eut une bien triste vie. D\u00e9boussol\u00e9, il ne passa pas son bac et persuad\u00e9 que sa vocation \u00e9tait le sport, il entra dans la vie active par la porte la plus mauvaise qui soit : le turf.&nbsp;&nbsp;D&rsquo;abord, il connut la vie \u00e9l\u00e9gante et les camaraderies dor\u00e9es. Il voulut sa propre \u00e9curie de course : il y perdit l&rsquo;argent de son h\u00e9ritage. Pour se renflouer, il vendit sa part en indivis sur la maison de la rue de Seine d\u00e8s 1877. L&rsquo;argent flamba en ses mains. D\u00e9sargent\u00e9, il parvint tant bien que mal \u00e0 trouver une place de r\u00e9dacteur au journal&nbsp;<em>le Jockey&nbsp;<\/em>et eut le malheur de retrouver sur les champs de courses un ancien ami. C&rsquo;\u00e9tait Marin Fenayrou, un pharmacien que sa femme trompait avec un employ\u00e9 de son officine, puis avec Grousteau. Le mari, mis au courant, tua avec la complicit\u00e9 de sa femme ( !)&nbsp;&nbsp;l&rsquo;ancien amant dans des circonstances affreuses. Cette affaire fit grand bruit en son temps , Grousteau eut \u00e0&nbsp;&nbsp;subir des interrogatoires peu plaisants et \u00e0 t\u00e9moigner \u00e0 la barre. Abandonn\u00e9 par ses amis du journal, ruin\u00e9 et malade des poumons, il finit par mourir dans une maison de sant\u00e9 de Saint-Mand\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 31 ans.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sa s\u0153ur, Eug\u00e9nie C\u00e9cile, eut un destin un peu plus heureux. Elle \u00e9pousa tr\u00e8s jeune Louis Demarie et mit au monde, \u00e0 19 ans, une petite fille qu&rsquo;ils pr\u00e9nomm\u00e8rent Marthe Marie Georgette. En 1877, devant Me Thomas, le 28 septembre, Eug\u00e9nie C\u00e9cile acheta \u00e0 son fr\u00e8re l\u2019autre moiti\u00e9 de cette maison et s\u2019installa \u00e0 P\u00e9rigueux avec son mari. Sa fille, Marthe Marie Georgette, \u00e9pousa un certain M. Gandilhon puis d\u00e9c\u00e9da \u00e0 Neuilly le 13 janvier 1908 o\u00f9 elle r\u00e9sidait momentan\u00e9ment. Mais elle avait d\u00e9pos\u00e9 un testament d\u00e8s 1906 chez un notaire de P\u00e9rigueux&nbsp;. Son mari obtint l\u2019usufruit de l&rsquo;immeuble tandis que leur fille en eut la nue-propri\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>En 1926, le 26 mars la maison fut vendue \u00e0 Alexis Lallemand  qui lui-m\u00eame vendit un morceau de terrain de 8 m2 \u00e0 la Ville de Paris \u00e0 l&rsquo;occasion du percement de la rue Jacques Callot.<\/p>\n<hr class=\"footnotes\"><ol class=\"footnotes\" style=\"list-style-type:decimal\"><li id=\"fn1-321\"><p >&nbsp;16m sur 63m environ soit environ 1000M2&nbsp;<a href=\"#rf1-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 1.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn2-321\"><p >Soit environ 2m50 de hauteur et 50cm d\u2019\u00e9paisseur&nbsp;&nbsp;<a href=\"#rf2-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 2.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn3-321\"><p >M.C.&nbsp;: VIII\/227, bail du 20 mars 1557&nbsp;<a href=\"#rf3-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 3.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn4-321\"><p >A.N., M.C., ET\/LXI\/87, vente par C. Andr\u00e9 \u00e0 J. de Saint-Germain du 17 juin 1579&nbsp;<a href=\"#rf4-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 4.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn5-321\"><p >Les \u00e9piciers, au sens actuel du terme, vendaient des \u00e9pices alimentaires tandis que les apothicaires-\u00e9piciers utilisaient des \u00e9pices m\u00e9dicinales qui devenaient des drogues.&nbsp;<a href=\"#rf5-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 5.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn6-321\"><p >A.N., M.C., ET\/LXXXIII\/231, inventaire apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de Jean de Saint-Germain&nbsp;<a href=\"#rf6-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 6.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn7-321\"><p ><a><sup> <\/sup><\/a>&nbsp;\u00c9pitaphier du vieux Paris Tome 3&nbsp;<a href=\"#rf7-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 7.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn8-321\"><p >A.N., M.C., LXXIII\/231, inventaire des biens de Jean de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s&nbsp;<a href=\"#rf8-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 8.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn9-321\"><p >Selon la Gazette des Beaux-Arts d\u2019octobre 1954.&nbsp;<a href=\"#rf9-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 9.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn10-321\"><p >Aujourd&rsquo;hui rue Visconti&nbsp;<a href=\"#rf10-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 10.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn11-321\"><p >A.N.&nbsp; Y140, f\u00b0374&nbsp;<a href=\"#rf11-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 11.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn12-321\"><p >A.N., M.C. ET\/XLIX\/195&nbsp;, 29\/01\/1607&nbsp;<a href=\"#rf12-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 12.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn13-321\"><p >Marie Falaiseau, veuve de Verdavaine,&nbsp;&nbsp;poss\u00e9dait une maison sur la rive ouest de la rue de Seine qu\u2019elle a vendu en 1624 (A.N.&nbsp;:, S3061&nbsp;<a href=\"#rf13-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 13.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn14-321\"><p >&nbsp;A.N. , M.C., Legay 19 ao\u00fbt 1609&nbsp;<a href=\"#rf14-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 14.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn15-321\"><p ><em>Les Historiettes de Tallement des R\u00e9aux&nbsp;<\/em>\u00bb par MM. De Monmerqu\u00e9 et Paulin . Tome Ier&nbsp;<a href=\"#rf15-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 15.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn16-321\"><p >A.N., M.C., ET\/XXXV\/191&nbsp;: Bail par Pierre Sainfray \u00e0 Ferdinand Elle du 15 janvier 1614. Document malheureusement incommunicable.&nbsp;<a href=\"#rf16-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 16.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn17-321\"><p >A.N., M.C., CV\/576, contrat de mariage de Catherine ELLE avec Jean Caspin du 21 ao\u00fbt 1627&nbsp;<a href=\"#rf17-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 17.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn18-321\"><p >A.N., M.C., CV\/579, contrat de mariage Marie Elle avec Pierre Barbot du 22\/01\/1630&nbsp;<a href=\"#rf18-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 18.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn19-321\"><p >A.N., M.C., ET\/VI\/457 Bail du 18 d\u00e9cembre 1638.&nbsp;<a href=\"#rf19-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 19.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn20-321\"><p >A.N., M.C.&nbsp;: ET\/II\/156, 8 novembre 1637&nbsp;<a href=\"#rf20-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 20.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn21-321\"><p >A.N., M.C., ET\/VI\/459, 16 ao\u00fbt 1639.&nbsp;<a href=\"#rf21-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 21.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn22-321\"><p >A.N., M.C., ET\/XLVI\/19, mariage du 2 d\u00e9cembre 1640.&nbsp;<a href=\"#rf22-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 22.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn23-321\"><p >A.N., Z1j\/268,&nbsp;&nbsp;visite et estimation des maisons de la succession ELLE du 28 mai 1649.&nbsp;<a href=\"#rf23-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 23.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn24-321\"><p >A.N. ; M.C. ; VI\/281, partage ELLE du 1er juin 1649&nbsp;<a href=\"#rf24-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 24.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn25-321\"><p >Religion Pr\u00e9tendue R\u00e9form\u00e9e c\u2019est-\u00e0-dire protestant&nbsp;<a href=\"#rf25-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 25.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn26-321\"><p >Les propri\u00e9taires de la maison qui occupait l&#8217;emplacement du 20 rue Mazarine \u00e9tait Aag\u00e9 Cattier et sa femme Louise Dallemagne. Pierre, le fr\u00e8re de Louis Elle \u00e9pousera quelques ann\u00e9es plus tard Anne Cattier, vraisemblablement parente de Aag\u00e9.&nbsp;<a href=\"#rf26-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 26.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn27-321\"><p >Mari\u00e9e en 1637, d\u00e9c\u00e9d\u00e9e en 1677 \u00e0 55 ans : elle avait donc 15 ans lors de son mariage&nbsp;<a href=\"#rf27-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 27.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn28-321\"><p >A.N. ; M.C. ; XLV\/288, inventaire des biens de Louis Ferdinand-Elle commenc\u00e9 le 10 janvier 1690&nbsp;<a href=\"#rf28-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 28.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn29-321\"><p >Les Loges sont dans la paroisse de Pirmil dans la Sarthe&nbsp;<a href=\"#rf29-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 29.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn30-321\"><p > Anne, Jeanne et Jacqueline \u00e9taient filles, Jean-Baptiste \u00e9tait receveur des gabelles \u00e0 Boutteville pr\u00e8s de Cognac , Marie-Suzanne \u00e9tait veuve de Jacques Dugoust, \u00e9cuyer, baron de Bouzet et gouverneur du fort de Lapr\u00e9 en l&rsquo;\u00eele de R\u00e9. Quant \u00e0 Gabrielle-Suzanne elle \u00e9tait veuve de Jean Baptiste Gallon, seigneur de Villeneuve. Charlotte-Ester Barbot, elle, avait \u00e9pous\u00e9 Pierre du Pontou, \u00e9uyer et capitaine d&rsquo;infanterie.&nbsp;<a href=\"#rf30-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 30.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn31-321\"><p >A.N. ; M.C. ; CXXII\/782, inventaire des biens de jean Gromaire commenc\u00e9 le 26 ao\u00fbt 1750 et&nbsp;&nbsp;CXVII\/783 partage du 19 septembre 1750&nbsp;<a href=\"#rf31-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 31.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn32-321\"><p ><em>Histoire des Girondins et des massacres de septembre&nbsp;<\/em>Tome 2 page 201 par M. Granier de Cassagnac Paris 1860&nbsp;<a href=\"#rf32-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 32.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn33-321\"><p >&nbsp;&nbsp;M. Grousteau d\u00e9c\u00e9da le 6\/08\/1874 et&nbsp;&nbsp;Mad. Grousteau le 26\/05\/1875.&nbsp;<a href=\"#rf33-321\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 33.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><\/ol>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En fl\u00e2nant rue de Seine et en arrivant au coin de la rue Jacques Callot, on peut contempler un petit immeuble dont la fa\u00e7ade sur la rue est en pierre de taille qui fut vraisemblablement reconstruite sous la monarchie de &hellip; <a href=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/2020\/04\/14\/321\/\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/321"}],"collection":[{"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=321"}],"version-history":[{"count":21,"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/321\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":705,"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/321\/revisions\/705"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=321"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=321"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=321"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}