{"id":333,"date":"2020-08-29T15:24:16","date_gmt":"2020-08-29T13:24:16","guid":{"rendered":"http:\/\/rue-de-seine.com\/?p=333"},"modified":"2025-06-30T13:29:36","modified_gmt":"2025-06-30T11:29:36","slug":"le-23-rue-de-seine-et-24-rue-mazarine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/2020\/08\/29\/le-23-rue-de-seine-et-24-rue-mazarine\/","title":{"rendered":"Le 23 rue de Seine (et le 24 rue Mazarine)"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"656\" height=\"558\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Les-23-24W-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-782\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Les-23-24W-1.jpg 656w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Les-23-24W-1-300x255.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 656px) 100vw, 656px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">&nbsp;<\/h1>\n\n\n\n<p>L&rsquo;immeuble du 23 rue de Seine s\u2019\u00e9tend sur plusieurs b\u00e2timents joignant la rue de Seine \u00e0 la rue Mazarine. Du c\u00f4t\u00e9 de la rue de Seine, sa fa\u00e7ade est du XVIIe si\u00e8cle  remani\u00e9e au XIXe si\u00e8cle. L&rsquo;immeuble du 24 rue Mazarine est de construction r\u00e9cente (1898) et pr\u00e9sente un retrait sur la rue. Ces immeubles eurent de nombreux propri\u00e9taires fort int\u00e9ressants par les m\u00e9tiers qu\u2019ils exer\u00e7aient. Ainsi la famille Fournier comptait au XVIe si\u00e8cle des charpentiers et un jur\u00e9 ma\u00e7on&nbsp;; aux si\u00e8cles suivants se succ\u00e9d\u00e8rent un chirugien c\u00e9l\u00e8bre du nom de Gayant qui suivait le roi et ses arm\u00e9es&nbsp;; le sieur Jard \u00e9tait un accoucheur de la reine&nbsp;; les peintres Mouchy et Vestier habit\u00e8rent l&rsquo;immeuble de la rue de Seine et y sont morts.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:22px\">1542-1622. La famille Fournier<\/p>\n\n\n\n<p>Le 27 janvier 1542,  Gilles Le Maistre, qui deviendra plus tard premier pr\u00e9sident au Parlement de Paris et seigneur de Cincehour , vendit  \u00e0 Guillaume Fournier, charpentier de grande cogn\u00e9e, un grand terrain de 258 toises (980 m2 env.) moyennant une rente annuelle et perp\u00e9tuelle de 12 livres 18 sols de bail d\u2019h\u00e9ritage<sup id=\"rf1-333\"><a href=\"#fn1-333\" title=\"A.N.&nbsp;; M.C.&nbsp;; ET\/VIII\/288. Contrat de vente entre Gilles Le Maistre et Guillaume Fournier du 27 janvier 1542\" rel=\"footnote\">1<\/a><\/sup>. L\u2019acheteur s\u2019engageait \u00e0 y construire une maison dans les deux ans et \u00e0 verser chaque ann\u00e9e \u00e0 l\u2019abbaye de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s un cens qui s\u2019\u00e9levait \u00e0 2 sols 6 deniers .&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"567\" height=\"235\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/DecG_FournierW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-429\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/DecG_FournierW.jpg 567w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/DecG_FournierW-300x124.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 567px) 100vw, 567px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>D\u00e9claration de Guillaume Fournier <\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Philippe Beauffault, \u00e9pouse de Guillaume Fournier, lui donna au moins quatre enfants&nbsp;:&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li>Loys qui naquit aux environs de 1544 dont nous suivrens la carri\u00e8re plus loin,<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul>\n<li>Anne qui \u00e9pousa un ma\u00e7on-tailleur de pierre, puis un marchand pelletier et enfin un certain Violet Yndret<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul>\n<li> Jean qui fut ma\u00eetre charpentier comme son p\u00e8re,<\/li>\n\n\n\n<li>Paul dont on ne sait rien &nbsp;si ce n&rsquo;est qu&rsquo;il paricpa au partage des biens des \u00e9poux Fournier.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Alors qu\u2019entre-temps la France avait vu passer et tr\u00e9passer deux nouveaux rois et tandis que Charles IX r\u00e9gnait, Philippe Beauffault, devenue veuve, racheta en 1561 la moiti\u00e9 de la rente \u00e0 Gilles Le Maistre qu&rsquo;il leur avait vendue. Elle maria ensuite sa fille Anne, d\u00e9j\u00e0 veuve d\u2019un ma\u00e7on et tailleur de pierre, \u00e0 Jean Bourgeois, marchand pelletier. <\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la mort des \u00e9poux Fournier, il y eut partage entre les enfants qui les amena \u00e0 diviser le terrain de 258 toises ainsi :<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"223\" height=\"370\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/Plan-FournierW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-438\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/Plan-FournierW.jpg 223w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/Plan-FournierW-181x300.jpg 181w\" sizes=\"(max-width: 223px) 100vw, 223px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Partage entre les trois fr\u00e8res.<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p><strong>La deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nous retrouvons les Fournier en 1587. Les conflits entre catholiques et protestants \u00e9taient encore tr\u00e8s vifs. Malheureusement, le quatri\u00e8me mari d\u2019Anne Fournier, Violet Yndret, fut fait prisonnier des troupes du duc de Navarre, futur Henri IV.&nbsp;&nbsp;Il fallut \u00e0 la famille r\u00e9unir leurs efforts pour verser une ran\u00e7on afin de r\u00e9cup\u00e9rer le pauvre sequestr\u00e9. Ils n\u2019avaient pas assez d\u2019argent car les temps \u00e9taient durs. Anne et son fr\u00e8re Loys, ma\u00eetre ma\u00e7on, emprunt\u00e8rent donc \u00e0 un certain Marin Martin, marchand drapier, 100 \u00e9cus d\u2019or soleil moyennant une rente qu&rsquo;ils garantirent  sur leurs biens&nbsp; qui consistaient en la maison situ\u00e9e rue de Seine et les foss\u00e9s d\u2019entre les portes de Bussy et de Nesle (aujourd\u2019hui rue Mazarine), plus une grande maison avec quatre boutiques  rue de la Truanderie et enfin une vigne et des maisons \u00e0 Montrouge<sup id=\"rf2-333\"><a href=\"#fn2-333\" title=\"A.N. ; M.C. ; ET\/XVI\/169, constitution de rente du 6\/11\/1587\" rel=\"footnote\">2<\/a><\/sup>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Loys Fournier, le fils a\u00een\u00e9 de Guillaume, exer\u00e7ait la profession de jur\u00e9 ma\u00e7on du roi. Il avait \u00e9pous\u00e9 Genevi\u00e8ve Pinot  et en eut plusieurs enfants\u00a0:\u00a0<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li>Marie qui \u00e9pousa Pierre Pigrand, marchand mercier,<\/li>\n\n\n\n<li>&nbsp;Madeleine qui \u00e9pousa Claude de Maranguer, marchand drapier chaussetier&nbsp;;<\/li>\n\n\n\n<li>&nbsp;Jean qui fit des \u00e9tudes de droit et devint praticien au Palais &nbsp;<\/li>\n\n\n\n<li>Germaine qui s&rsquo;unit \u00e0 Louis Clanissant.&nbsp;&nbsp;<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>La vie continuait, pas si tranquille que cela puisque les guerres de religion faisaient rage. En cons\u00e9quence les maisons situ\u00e9es le long du foss\u00e9 de la ville, du c\u00f4t\u00e9 de la rue Mazarine, furent pour la plupart ruin\u00e9es.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Heureusement, leur reconstruction ne posait pas trop de probl\u00e8mes \u00e0 Loys Fournier \u00e0 cause de son m\u00e9tier.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1604, Loys Fournier travaillait encore beaucoup  avec Claude Vellefaux, jur\u00e9 es-\u0153uvre de ma\u00e7onnerie comme lui et Absalon\u00a0\u00a0Mansart, ma\u00eetre charpentier. Cette ann\u00e9e-l\u00e0, il loua pour 360 livres la maison dont il avait h\u00e9rit\u00e9 situ\u00e9e entre la rue de Seine et la rue du foss\u00e9 entre les portes de Bussy et de Nesle<sup id=\"rf3-333\"><a href=\"#fn3-333\" title=\"A.N.; M.C.; ET\/LXXIII\/255, bail du 21\/05\/1604\" rel=\"footnote\">3<\/a><\/sup> au sieur Lavernot, sieur de Feuqui\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1616, Loys Fournier avait environ 72 ans. Il habitait alors rue de La Harpe quand il loua sa maison de la rue de Seine dont le jardin et les d\u00e9pendances s\u2019\u00e9tendaient jusqu&rsquo;\u00e0 la rue Mazarine. Le locataire \u00e9tait Me Pierre Martineau qui \u00e9tait avocat au Parlement et devait verser au bailleur 400 livres par an \u00ab\u00a0aux quatre termes \u00e0 Paris accoutum\u00e9s\u00a0\u00ab\u00a0<sup id=\"rf4-333\"><a href=\"#fn4-333\" title=\"A.N.; M.C. ; ET\/LXXIII\/288 , bail du 25\/02\/1616\" rel=\"footnote\">4<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La troisi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Loys Fournier mourut la m\u00eame ann\u00e9e. Sa veuve vendit aussit\u00f4t sa charge de jur\u00e9 es-\u0153uvre de ma\u00e7onnerie pour payer le convoi, l\u2019enterrement du d\u00e9funt et les habits de deuil de toute la maisonn\u00e9e. La lecture de l\u2019inventaire apr\u00e8s d\u00e9c\u00e8s<sup id=\"rf5-333\"><a href=\"#fn5-333\" title=\"A.N. ; M.C. ; ET\/LXXIII\/288 , inventaire des biens de Loys Fournier du 30\/06\/1616\" rel=\"footnote\">5<\/a><\/sup> r\u00e9v\u00e8le que Loys Fournier avait \u00e9t\u00e9 un lecteur int\u00e9ress\u00e9 par l\u2019histoire de la France et de ses grands hommes et un passionn\u00e9 d\u2019architecture. Ayant travers\u00e9 les guerres de religion, il poss\u00e9dait une \u00e9p\u00e9e, une hallebarde et un fusil. Il aimait des beaux habits et aimait le confort.\u00a0\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Ses h\u00e9ritiers vendirent la maison des rues de Seine et celle des foss\u00e9s d\u2019entre les portes de Bussy et de Nesle \u00e0 Arnaud de Boisram\u00e9, secr\u00e9taire de M. du Tillet, seigneur de Gouix et conseiller du roi en ses conseils d\u2019\u00c9tat pour 9 000 livres tournois<sup id=\"rf6-333\"><a href=\"#fn6-333\" title=\"A.N. ; M.C. ; ET\/MC\/XXIII\/260, quittance des h\u00e9ritiers Fournier au S. de Boisram\u00e9\" rel=\"footnote\">6<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:22px\">1622-1656. La famille Boisram\u00e9&nbsp;: le d\u00e9but d\u2019une longue histoire<\/p>\n\n\n\n<p>La maison qui s\u2019\u00e9talait de la rue de Seine au foss\u00e9 d\u2019entre les portes de Bussy et de Nesle avait pour voisins d\u2019un c\u00f4t\u00e9 le sieur Cattier (voir l\u2019histoire du 21 rue de Seine) et de l\u2019autre la maison de l\u2019Huitre \u00e0 l\u2019Escaille appartenant \u00e0 Jean Lhuistre (voir l\u2019histoire du 25)<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\" style=\"font-size:15px\">&nbsp;Arnauld de Boisram\u00e9, nouveau propri\u00e9taire, \u00e9pousa dix ans plus tard, le 23 ao\u00fbt 1632, Jeanne Cappon qui \u00e9tait veuve de Claude Bezard, bourgeois de Paris&nbsp;&nbsp;dont elle avait un fils<sup id=\"rf7-333\"><a href=\"#fn7-333\" title=\"A.N. ; M.C. ; VI\/445, mariage d&rsquo;Arnauld de Boisram\u00e9 et de Jeanne Cappon du 23\/08\/1632\" rel=\"footnote\">7<\/a><\/sup>. Du c\u00f4t\u00e9 du sieur de Boisram\u00e9, des amis importants \u00e9taient venus assister \u00e0 la signature du trait\u00e9 de mariage puisqu\u2019on trouvait deux amis : Jean du Tillet, ma\u00eetre des requ\u00eates et Louis du Tillet chez lesquels il habitait. Aux c\u00f4t\u00e9s de Jeanne Cappon se trouvaient son fils qui \u00e9tait greffier au conseil priv\u00e9 du roi et quelques amis. Les futurs \u00e9poux promettaient tous deux qu\u2019une fois mari\u00e9s, chacun ferait signer \u00e0 l\u2019autre l\u2019inventaire de ses biens.<\/h1>\n\n\n\n<p>Nous ne retrouvons Jeanne Cappon qu\u2019en 1656 alors qu\u2019elle \u00e9tait veuve pour la deuxi\u00e8me fois et qu\u2019elle se sentait bien proche de la mort, paralys\u00e9e de la main \u00ab\u00a0senestre\u00a0\u00bb.\u00a0\u00a0Elle demanda donc \u00e0 Me Leroy, notaire, de r\u00e9diger son testament<sup id=\"rf8-333\"><a href=\"#fn8-333\" title=\"A.N. ; M.C. ; ET\/XXIX\/183, testament du 12\/05\/1646\" rel=\"footnote\">8<\/a><\/sup> . Elle n\u2019avait point d\u2019enfant et fit donc \u00e9norm\u00e9ment de dons\u00a0: de fortes sommes aux \u00e9glises Saint-Benoit et Saint-Sulpice, sans oublier celle de Montigny-sur-Loing pour assurer le repos de son \u00e2me, et les nombreux cadeaux  \u00e0 ses neveux et \u00e0 ses servantes. Bref le montant des dons  \u00e9tait si \u00e9lev\u00e9 que la succession ne permetta pas d\u2019en assurer totalement  le versement, d\u2019autant qu\u2019un certain Bouin, m\u00e9decin et ami, affirmait qu\u2019elle lui avait vendu sa maison de Montigny. Un proc\u00e8s fut mis en route mais avant d\u2019en conna\u00eetre l\u2019issue il fut d\u00e9cid\u00e9 par ses neveux et ni\u00e8ces h\u00e9ritiers et par les marguilliers des diff\u00e9rentes \u00e9glises de vendre la maison de la rue de Seine \u00e0 l\u2019amiable afin d\u2019\u00e9viter des frais.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>On proc\u00e9da \u00e0 cette vente le 6 novembre 1656<sup id=\"rf9-333\"><a href=\"#fn9-333\" title=\"A.N. ; M.C. ; ET\/XXIII\/297\" rel=\"footnote\">9<\/a><\/sup>. Toutes les personnes concern\u00e9es se retrouv\u00e8rent chez l\u2019une d\u2019elle. Honorable homme Fran\u00e7ois Guilloire, marchand \u00e9picier et veuf de Michelle Roydor, messire Nicolas Cappon, docteur r\u00e9gent de la facult\u00e9 de m\u00e9decine, messire Jean Cappon, avocat en parlement, Louis Gayant et son \u00e9pouse Madeleine Guilloire tous furent l\u00e0, ainsi que les marguilliers des diff\u00e9rentes \u00e9glises. C\u2019est Louis Gayant, marchand barbier et chirurgien qui fit l\u2019offre la plus forte. Il acquit donc pour 11 500 livres cette maison qui consistait en un corps de logis sur&nbsp;&nbsp;le foss\u00e9, cour, puits, une place et un jardin dont la sortie \u00e9tait rue de Seine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:22px\">1656-1755. O\u00f9 la famille Gayant, h\u00e9riti\u00e8re des Boisram\u00e9 prend possession des lieux pour un si\u00e8cle<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les Gayant de la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"719\" height=\"292\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/Dissection-par-Louis-Gayant.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-565\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/Dissection-par-Louis-Gayant.jpg 719w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/Dissection-par-Louis-Gayant-300x122.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 719px) 100vw, 719px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Dissection par Louis Gayant. Gravure dans M\u00e9moires pour servir l&rsquo;histoire naturelle des animaux, S\u00e9bastien Leclerc<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Louis Gayant, natif de Clermont dans le Beauvaisis, \u00e9tait un chirurgien des arm\u00e9es du roi et un anatomiste c\u00e9l\u00e8bre. Comme chirurgien consultant des arm\u00e9es du roi, il \u00e9tait bien souvent absent de Paris. Il fit partie de ceux qui furent pr\u00e9sent\u00e9 au roi par Colbert lors de l\u2019inauguration de l&rsquo;Acad\u00e9mie Royale de Sciences en 1666. Il \u00e9tait aussi professeur d\u2019anatomie et  sp\u00e9cialiste de la circulation du sang au sujet de laquelle il publia plusieurs ouvrages.&nbsp;<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"403\" height=\"251\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Presentation-au-roiW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-727\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Presentation-au-roiW.jpg 403w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Presentation-au-roiW-300x187.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 403px) 100vw, 403px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Pr\u00e9sentation au roi par Colbert des membres de l&rsquo;Acad\u00e9mie des Sciences<\/em><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Encore en 1666, il s\u2019ex\u00e9cuta aupr\u00e8s de l\u2019abbaye de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s de son obligation de d\u00e9clarer son acquisition et payer le cens qui s\u2019\u00e9levait \u00e0 2 sols parisis<sup id=\"rf10-333\"><a href=\"#fn10-333\" title=\"A.N. ; M.C.; ET\/VI\/406, d\u00e9claration de Gayant \u00e0 l&rsquo;abbaye de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s du 8\/04\/1666\" rel=\"footnote\">10<\/a><\/sup>. Il mourut le 18 octobre 1673 \u00e0 Maestricht. Le roi par une lettre dat\u00e9e de Marly du 17 juillet 1675 donna 10 000 livres \u00e0 la veuve Gayant \u00e0 cause de la charge qu\u2019il exer\u00e7ait aupr\u00e8s du roi.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les Gayant de la deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>De son mariage avec Madeleine Guilloire, le chirurgien eut un fils du nom de Louis qui naquit en 1647, fut re\u00e7u docteur en m\u00e9decine de la Facult\u00e9 de Paris en 1670,&nbsp;acheta sa charge de m\u00e9decin du roi pour 18 750 livres en 1675. Il devint un m\u00e9decin c\u00e9l\u00e8bre qui tint le haut du pav\u00e9. Il s\u2019installa dans la maison de la rue de Seine (et d\u2019ailleurs il y mourut) d\u00e8s le d\u00e9but de sa carri\u00e8re.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il en occupait avec sa famille les trois \u00e9tages sur rue et cour, les boutiques du rez-de-chauss\u00e9e \u00e9tant lou\u00e9es. Au premier \u00e9tage, son cabinet de travail \u00e9tait meubl\u00e9 d\u2019un bureau en merisier, six fauteuil et un canap\u00e9 couvert de tapisserie de points \u00e0 la turque. Une chemin\u00e9e avec sa glace en trumeau et une pendule sonnante. La fen\u00eatre garnie de deux grands rideaux de toile de coton s\u2019ouvrait sur la cour.  Au second \u00e9tage , l\u2019antichambre qui avait vue sur la cour \u00e9tait garnie d\u2019une tenture de tapisserie de verdure de 18 aunes ainsi que trois autres, une table plus une petite table ajour\u00e9e en merisier. Cet \u00e9tage contenait aussi la chambre du ma\u00eetre de maison qui abritait une petite couchette, un fauteuil de commodit\u00e9, une table de tric-trac en \u00e9b\u00e8ne, trois fauteuils garnis de tapisserie et un \u00e9cran de chemin\u00e9e. Au m\u00eame \u00e9tage, se trouvait la chambre de mademoiselle Gayant chauff\u00e9e par une belle chemin\u00e9e surmont\u00e9e d\u2019un grand miroir \u00e0 cadre dor\u00e9. Deux commodes en noyer lui permettait d\u2019y serrer ses affaires et une table de toilette avec une boite \u00e0 poudre et deux brosses en marqueterie lui permettait de prendre soin de son apparence. Deux petits fauteuils de noyer et deux petites chaises recouverts de serge verte offrait la possibilit\u00e9 de se reposer et une biblioth\u00e8que de se cultiver. Dans sa chambre \u00e9clair\u00e9e le soir venu par deux grands chandeliers de bronze tronait un lit \u00ab&nbsp;\u00e0 la duchesse&nbsp;\u00bb , cinq fauteuils, une table \u00e0 dessus de marbre noir en bois dor\u00e9, une pendule sonnante dans sa boite en marqu\u00e9terie.<\/p>\n\n\n\n<p>Louis Gayant fils \u00e9tait un homme riche qui mangeait avec des couverts en argent, buvait dans des gobelets du m\u00eame m\u00e9tal et s\u2019\u00e9clairait avec des chandeliers aussi en argent.<\/p>\n\n\n\n<p>Il avait \u00e9pous\u00e9 en 1691 Marie Marguerite Garnier qui \u00e9tait un beau parti puisqu\u2019elle amenait en dot 21 000 livres. Il en eut deux filles Marie-Genevi\u00e8ve et Louise. La premi\u00e8re \u00e9pousa Charles Paul Cadeau Dijonval qui \u00e9tait un descendant de Nicolas Cadeau, n\u00e9gociant \u00e0 Paris et fondateur de la manufacture de Dijonval, pr\u00e8s de Sedan qui fabriquait du drap \u00e0 la fa\u00e7on de Hollande gr\u00e2ce \u00e0 un privil\u00e8ge que lui avait octroy\u00e9 Louis XIV.&nbsp;&nbsp;Quant \u00e0 Louise, elle s\u2019unit \u00e0 Jean Baptiste Dureville qui \u00e9tait \u00e9cuyer et secr\u00e9taire du roi, veuf et de surcroit p\u00e8re de trois gar\u00e7ons .&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Louis Gayant mourut le 20 f\u00e9vrier 1719 et les fun\u00e9railles furent c\u00e9l\u00e9br\u00e9es le lendemain en l\u2019\u00e9glise Saint-Sulpice&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Ledit jour a \u00e9t\u00e9 fait le convoy et enterrement de Louis Gayant, conseiller du roi, m\u00e9decin ordinaire de S.M., docteur en m\u00e9decine de la Facult\u00e9 de Paris, \u00e2g\u00e9 d\u2019environ soixante et douze ans, mort d\u2019hier en sa maison rue de Seine. Et y ont assist\u00e9 Me Estienne Garnier, avocat&nbsp;&nbsp;en parlement,&nbsp;&nbsp;conseiller du roi, exp\u00e9ditionnaire en la Court de Rome, beau-fr\u00e8re, Me Antoine Copineau , procureur au Parlement, nepveu du d\u00e9funt, qui onr&nbsp;&nbsp;sign\u00e9.<\/em> \u00ab&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le partage des biens eut lieu le 1er janvier 1726 entre Marie Genevi\u00e8ve et Louise autoris\u00e9es et accompagn\u00e9es de leur mari. Elles abandonn\u00e8rent \u00e0 leur m\u00e8re l\u2019usufruit des maisons des rues des Boucheries et Mazarine sa vie durant et convinrent de se partager chacune la moiti\u00e9 des loyers de l\u2019immeuble de la rue de Seine \u00e0 partir du 1<sup>er<\/sup>&nbsp;janvier . Quant aux deux rentes sur les aides et gabelles, l\u2019une de 10 975 livres et l\u2019autre de 10 750 livres, elles en re\u00e7urent chacune une.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais trois ans apr\u00e8s, les affaires ne vont gu\u00e8re bien chez les Dureville. Les entreprises que Jean-Baptiste a faites dans les \u00eeles de Saint-Domingue et de Louisiane lui avaient co\u00fbt\u00e9 des sommes immenses qui caus\u00e8rent des emprunts consid\u00e9rables dont les cr\u00e9anciers lui r\u00e9clamaient le remboursement. Pour \u00e9viter la catastrophe, il proposa de leur abandonner tous ses biens meubles et immeubles, demandant seulement en \u00e9change une pension pour sa femme et ses enfants. Un \u00e9tat de ses biens qui fut fait  r\u00e9v\u00e9la que sa fortune s\u2019\u00e9levait \u00e0 la somme colossale de 1 091 032 livres. Les dettes montaient \u00e0 783 333 livres. Les cr\u00e9anciers, rassur\u00e9s, accept\u00e8rent le march\u00e9\u2026 et ne vendirent pas les maisons des rues de Seine et Mazarine.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1742, Louise Gayant, \u00e9pouse de Jean Baptiste Dureville, fut contrainte par sentence des requ\u00eates du Palais d\u2019abandonner \u00e0 ses beaux-fils les moiti\u00e9s des maisons qu\u2019elle poss\u00e9dait rue de Seine et rue Mazarine.&nbsp;&nbsp;Elles furent expertis\u00e9es par Henri Desboeufs et Ren\u00e9 Chauveau, architectes experts, qui nous ont laiss\u00e9 le r\u00e9sultat de leur visite.<\/p>\n\n\n\n<p>La maison de la rue de Seine avait son corps de logis sur rue double en profondeur \u00e9l\u00e9v\u00e9 de trois \u00e9tages et un grenier. Quand on y entrait par sa belle porte coch\u00e8re, on trouvait \u00e0 gauche un b\u00e2timent en aile un bel escalier \u00e0 rampe en fer forg\u00e9 pour le premier \u00e9tage et en bois sculpt\u00e9 ensuite qui desservait le corps d\u2019h\u00f4tel sur la rue. L\u2019aile comportait trois \u00e9tages dont le dernier \u00e9tait lambriss\u00e9 et contre son pignon orient\u00e9 vers la rue Mazarine on avait accol\u00e9 un appentis. Au fond de la cour, on avait un aure \u00e9difice donnant ausssi sur la cour de la maison rue Mazarine qui \u00e9tait prolong\u00e9 d\u2019un auvent pour en augmenter la profondeur. Il servait de remise de carrosses. Du c\u00f4t\u00e9 de la rue Mazarine, la maison \u00e9tait aussi double en profondeur avec deux \u00e9tages surmont\u00e9 d\u2019un troisi\u00e8me lambriss\u00e9&nbsp;et d\u2019un grenier. Il avait une petite cour pav\u00e9e avec un puits adoss\u00e9 au mur qui le s\u00e9parait  de la rue Mazarine. On entrait dans l\u2019immeuble par une all\u00e9e de passage qui comportait \u00e0 gauche et \u00e0 droite boutiques et arri\u00e8re-boutiques.<\/p>\n\n\n\n<p>La moiti\u00e9 de la maison de la rue de Seine fut \u00e9stim\u00e9e \u00e0 28 666 livres et la moiti\u00e9 de celle de la rue Mazarine \u00e0 7543 livres seulement.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cinq ans plus tard, les fr\u00e8res Dureville proc\u00e9d\u00e8rent au fameux partage. La moiti\u00e9 de la maison de la rue de Seine alla \u00e0 Jean Michel Dureville et celle de la rue Mazarine \u00e0 Louis Victoire Dureville de Sommerville (les autres moiti\u00e9s appartenaient \u00e0 Charles Paul Cadeau Dijonval, \u00e9poux de Marie Genevi\u00e8ve Gayant).<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques ann\u00e9es plus tard, la maison de la rue Mazarine fut lou\u00e9e pour 670 livres \u00e0 Vital Constant, un fournaliste c\u2019est-\u00e0-dire un&nbsp;&nbsp;potier de terre qui fabriquait des fourneaux et des creusets \u00e0 l\u2019usage des chimistes et des fondeurs. Dix ans apr\u00e8s il transporta son bail \u00e0 Louis Laffineur aussi&nbsp;&nbsp;potier de terre.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 l\u2019immeuble de la rue de Seine, il fut lou\u00e9 \u00e0 Joseph Jard qui exer\u00e7ait le beau m\u00e9tier de chirurgien accoucheur de la Dauphine.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le 27 janvier 1754, Jean Baptiste Dureville fit son testament, demandant&nbsp;que ses obs\u00e8ques<em>&nbsp;<\/em>soient aussi simples que possible, et qu\u2019on dise trente messes pour le repos de son \u00e2me. Il l\u00e9guait ses biens \u00e0 Silvain Dureville, son fr\u00e8re consanguin, \u00e0 la charge que Louise Gayant sa femme en jouisse en usufruit sa vie durant.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ann\u00e9e suivante, les maisons des rues de Seine et Mazarine furent vendues par les Dureville et les Cadeau-Dijonval \u00e0 Joseph Jard respectivement pour 36 000 livres et 12 000 livres.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:22px\">1755- 1805. La famille Jard<\/p>\n\n\n\n<p>Joseph Jard, le nouveau propri\u00e9taire, habitait donc rue de Seine. Il exer\u00e7ait ses talents&nbsp;&nbsp;aupr\u00e8s de la Dauphine comme accoucheur, ce qui n\u2019\u00e9tait pas une sin\u00e9cure car elle fut enceinte plusieurs fois, faisant souvent des fausses couches. Jugez-en plut\u00f4t&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>En ao\u00fbt 1750, la Dauphine \u00e9tait \u00e0 Versailles, enceinte. Le 26, elle commen\u00e7a \u00e0 ressentir de s\u00e9rieuses douleurs. Vite, on envoya des courriers aupr\u00e8s du pr\u00e9v\u00f4t des marchands pour qu\u2019il fasse jeter du sable depuis le Pont Neuf jusqu\u2019\u00e0 l\u2019H\u00f4tel de Ville, pour que le courrier qui apporterait la nouvelle de l\u2019accouchement ne se cassa point le cou. On d\u00e9p\u00e9cha un courrier \u00e0 Notre-Dame pour exposer le Saint-Sacrement. Princes, ministres, ambassadeurs et gens de Cour se pr\u00e9cipit\u00e8rent dans les appartements de la Dauphine. La nouvelle ne fut qu\u2019une explosion de p\u00e9tard mouill\u00e9&nbsp;: c\u2019\u00e9tait seulement une fille. Le canon des Invalises eut beau tirer, les illuminations de l\u2019H\u00f4tel de Ville s\u2019allumer, il n\u2019y eut aucun mouvement de plaisir chez le bon peuple&nbsp;: c\u2019\u00e9tait seulement une fille. On la pr\u00e9nomma tout de m\u00eame Marie-Z\u00e9phirine. On lui donna une nourrice et elle mourut discr\u00e9tement 5 ans apr\u00e8s.&nbsp;<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"397\" height=\"289\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Jard-W.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-722\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Jard-W.jpg 397w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Jard-W-300x218.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 397px) 100vw, 397px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>L&rsquo;accouchement de Madame La Dauphine <\/em><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Dans la nuit du 12 au 13 septembre 1751, Mme la Dauphine accoucha si vite  du duc de Bourgogne que Jard qu\u2019on avait envoy\u00e9 qu\u00e9rir arriva une fois de plus en pantoufle, juste \u00e0 temps pour recevoir le royal enfant sans d\u2019ailleurs avoir rien fait. Manquant de t\u00e9moins et n\u2019ayant pas de layette, il laissa le divin enfant sous la couverture tandis que le Dauphin alla prendre par la peau du cou quelques gardes suisses pour \u00eatre t\u00e9moins. On fit pr\u00e9venir le roi qui se pr\u00e9cipita dans le premier carrosse qu\u2019il trouva&nbsp;: c\u2019\u00e9tait celui du prince de Conti. La Cour se mit \u00e0 courir \u00e0 pied derri\u00e8re. Il y eut bient\u00f4t dans la chambre de la Dauphine plus de monde que sur la place de Gr\u00e8ve un jour d\u2019ex\u00e9cution. H\u00e9las&nbsp;! Le duc de Bourgogne mourut dans sa dixi\u00e8me ann\u00e9e.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En 1760, Jard qui avait assist\u00e9 \u00e0 la naissance de Louis XVI \u00e9tait devenu fort vieux. Il fut remplac\u00e9 aupr\u00e8s de la Dauphine par un certain Levret. En r\u00e9compense des services rendus \u00e0 la dauphine, le roi l\u2019annoblit en 1754 et lui alloua une pension de 3 000 livres.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019immeuble de la rue de Seine dont il habitait le premier \u00e9tage, il s\u2019entoura de locataires qu\u2019il avait sans doute connus \u00e0 la cour comme la comtesse du Tremblay, la marquise d\u2019Andrezel, la demoiselle du Portail.<\/p>\n\n\n\n<p>Il menait une vie un peu triste. Veuf depuis 1738, il ne s\u2019\u00e9tait jamais remari\u00e9 et termina son existence en n&rsquo;ayant aupr\u00e8s de lui qu\u2019un petit-fils. Il mourut 12 ans apr\u00e8s avoir pris sa retraite, \u00e0 Draveil, en sa maison de campagne, le 7 mai 1772.&nbsp;<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"567\" height=\"429\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Faire-part-de-Marie-Francoise-JardW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-642\" style=\"width:563px;height:426px\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Faire-part-de-Marie-Francoise-JardW.jpg 567w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Faire-part-de-Marie-Francoise-JardW-300x227.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 567px) 100vw, 567px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Faire-part de Marie-Fran\u00e7oise Jard, \u00e9pouse de Binet-Varennes (1751)<\/em><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Son petit-fils, Joseph Binet de Varenne, prit la succession de son grand-p\u00e8re comme propri\u00e9taire des maisons des rues de Seine et Mazarine. On ne sait \u00e0 peu pr\u00e8s rien sur lui si ce n\u2019est qu\u2019il \u00e9pousa  le 14 juin 1774 Madeleine Sophie F\u00e9licit\u00e9 Cousin et qu\u2019un enfant naquit de leur union un an plus tard. On le pr\u00e9nomma Pierre Joseph Marie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le p\u00e8re mourut \u00e0 Versailles en l\u2019an 12. Il avait 52 ans et \u00e9tait suppl\u00e9ant du juge de paix.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Son fils, qui \u00e9tait employ\u00e9 \u00e0 la banque territoriale, vendit le 11 octobre 1805 les deux maisons \u00e0 Elisabeth Rosalie Pigalle, veuve de Louis Philippe Mouchy et \u00e0 son fils Jean Baptiste Madeleine Mouchy.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:23px\">1805-1882. La famille Mouchy<\/p>\n\n\n\n<p>Avec cette nouvelle propri\u00e9taire, nous entrons dans le domaine des Arts. Elisabeth Rosalie Pigalle \u00e9tait la ni\u00e8ce du sculpteur Jean Baptiste Pigalle et fille du peintre du roi, Pierre Pigalle. Elle avait \u00e9pouse Louis Philippe Mouchy qui \u00e9tait fils d&rsquo;un boulanger et \u00e9tait entr\u00e9 tr\u00e8s jeune dans l\u2019atelier de Jean-Baptiste Pigalle qui le prit en affection et l\u2019envoya \u00e9tudier en Italie \u00e0 ses frais. \u00c0 son retour il \u00e9pousa sa ni\u00e8ce, fut re\u00e7u \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie royale&nbsp;&nbsp;puis acad\u00e9micien en 1768. Il devint un sculpteur c\u00e9l\u00e8bre, digne de son professeur, et laissa beaucoup d\u2019\u0153uvres importantes. Le couple eut deux enfants, une fille Marie Elisabeth Sophie qui \u00e9pousa un peintre du nom de Philibert Louis de Bucourt et Jean Baptiste Madeleine qui perdit son p\u00e8re le 10 d\u00e9cembre 1801.&nbsp;Marie Elisabeth pour sa part mourut \u00e0 20 ans, avant l&rsquo;acquisition des immeubles du 23 rue de Seine et 24 rue Mazarine.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Moins de six ans apr\u00e8s son acquisition, la veuve mourut laissant la maison \u00e0 son fils qui en occupait le premier \u00e9tage.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean Baptiste Madeleine Mouchy \u00e9tait mari\u00e9 \u00e0 Perrine Sophie Lef\u00e8vre, ils eurent deux enfants Edouard Joseph et \u00c9mile Edouard. L&rsquo;a\u00een\u00e9 d\u00e9c\u00e9da le 21 d\u00e9cembre 1852 \u00e0 Nice en Sardaigne o\u00f9 il \u00e9tait momentan\u00e9ment . Comme il \u00e9tait c\u00e9libataire, son fr\u00e8re h\u00e9rita.<\/p>\n\n\n\n<p>Emile-Edouard Mouchy \u00e9tait portraitiste et peintre d\u2019histoire, \u00e9l\u00e8ve de Gu\u00e9rin. &nbsp;Son \u0153uvre principale fut le tableau qu&rsquo;il fit de la vivisection d&rsquo;un chien mais il y en a d\u2019autres au Louvre. Il habita rue de Seine toute sa vie, occupant le 1er \u00e9tage sur la rue et sur la cour et exposa au Salon de 1822 \u00e0 1853..<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"554\" height=\"425\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Vivisection.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-603\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Vivisection.jpg 554w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Vivisection-300x230.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 554px) 100vw, 554px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>La vivisection d&rsquo;un chien par Emile Edouard Mouchy<\/em><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"535\" height=\"412\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Mort-de-BecketW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-598\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Mort-de-BecketW.jpg 535w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Mort-de-BecketW-300x231.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 535px) 100vw, 535px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>La mort de Thomas Becket par Emile Edouard Mouchy<\/em><br><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Il ne se maria pas et soucieux de mettre de l&rsquo;ordre dans ses affaires avant de mourir, il fit en 1852 son testament \u00e9tablissant pour l\u00e9gataire universel Louis Auguste Felix Bourbon, son cousin issu de germain qui \u00e9tait secr\u00e9taire de la Facult\u00e9 de M\u00e9decine. Il mourut le 17 novembre 1859<sup id=\"rf11-333\"><a href=\"#fn11-333\" title=\"A.N. ; M.C. XCVIII\/1098, testament de M. Mouchy d\u00e9pos\u00e9 le 19 novembre 1859\" rel=\"footnote\">11<\/a><\/sup><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"833\" height=\"474\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Testament-de-MouchyW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-645\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Testament-de-MouchyW.jpg 833w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Testament-de-MouchyW-300x171.jpg 300w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Testament-de-MouchyW-768x437.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 833px) 100vw, 833px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Enveloppe du testament d&rsquo;\u00c9douard \u00c9mile Mouchy<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-media-text alignwide is-stacked-on-mobile\"><figure class=\"wp-block-media-text__media\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"200\" height=\"303\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Plaque-du-23W-e1646415705227.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-736 size-full\"\/><\/figure><div class=\"wp-block-media-text__content\">\n<p style=\"font-size:16px\">Pendant plusieurs ann\u00e9es , M. Mouchy avait c\u00f4toy\u00e9 dans son immeuble un autre peintre c\u00e9l\u00e8bre : Antoine Vestier. N\u00e9 \u00e0 Avallon en 1740, cet artiste voyagea dans divers pays d&rsquo;Europe puis vint s&rsquo;installer Paris. Il \u00e9tait devenu un portraitiste et miniaturiste tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9 d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 \u00e9l\u00e9gante et aristocratique lorsque survint la R\u00e9volution qui causa sa ruine. quelques lettres de lui au ministre de la culture montre sa qu\u00eate d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment de logement et d&rsquo;aide financi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Il ne retrouva une certaine client\u00e8le qu&rsquo;au Directoire. On ne connait pas la date exacte de son installation au 23 rue de Seine mais il y mourut le 24 d\u00e9cembre 1824 \u00e0 onze heures trente du soir<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><a href=\"http:\/\/www.rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2012\/08\/Mouchy-Vivisection-dun-chien.png\"><\/a><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"454\" height=\"213\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Galerie-Vestier1W.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-742\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Galerie-Vestier1W.jpg 454w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Galerie-Vestier1W-300x141.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 454px) 100vw, 454px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"454\" height=\"218\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Galerie-Vestier2W.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-743\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Galerie-Vestier2W.jpg 454w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Galerie-Vestier2W-300x144.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 454px) 100vw, 454px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Galerie de portraits peints par Antoine Vestier<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><a href=\"http:\/\/www.rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2012\/08\/Testament-du-23.png\"><strong><\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Mais revenons \u00e0 nos propri\u00e9taires <\/p>\n\n\n\n<p> Louis Auguste Felix Bourbon \u00e9tait chevalier de la L\u00e9gion d&rsquo;Honneur et avait \u00e9pous\u00e9 en premi\u00e8res noces C\u00e9line Gendret qui d\u00e9c\u00e9da en 1845. Il s&rsquo;unit alors \u00e0 Henriette Gendret qui mourut sans lui avoir donn\u00e9 d&rsquo;enfant en 1877. Lui-m\u00eame la suivit dans la tombe le 14 septembre 1882 non sans avoir institu\u00e9 son l\u00e9gataire universel un cousin issu de germain, Alfred Michel, qui \u00e9tait commis au minist\u00e8re de la guerre. Les lieux se pr\u00e9sentaient alors ainsi&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-media-text alignwide is-stacked-on-mobile\" style=\"grid-template-columns:22% auto\"><figure class=\"wp-block-media-text__media\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"219\" height=\"300\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Photo-du-23W-219x300.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-732 size-medium\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Photo-du-23W-219x300.jpg 219w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Photo-du-23W.jpg 283w\" sizes=\"(max-width: 219px) 100vw, 219px\" \/><\/figure><div class=\"wp-block-media-text__content\">\n<p style=\"font-size:15px\">L\u2019immeuble qui donnait sur la rue de Seine comportait trois \u00e9tages de trois crois\u00e9es et un quatri\u00e8me lambriss\u00e9. On y entrait par une porte coch\u00e8re avec une boutique \u00e0 gauche. Au fond de la cour on trouvait un 2<sup>e<\/sup>&nbsp;b\u00e2timent \u00e9lev\u00e9 sur caves d\u2019un rez-de-chauss\u00e9e et quatre \u00e9tages carr\u00e9s et un cinqui\u00e8me lambriss\u00e9 tandis qu\u2019une aile de deux \u00e9tages faisait lien entre les b\u00e2timents. Suivait ensuite l\u2019immeuble sur la rue Mazarine tr\u00e8s profond mais seulement de deux \u00e9tages et un 3<sup>e<\/sup>&nbsp;en partie mansard\u00e9. La rampe de l\u2019escalier du 23 rue de Seine fut photographi\u00e9e par Atget.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Les deux immeubles rapportaient alors ensemble 13 800F car il y avait alors 15 locataires en la rue de Seine et 6 dans l&rsquo;immeuble de la rue Mazarine. D\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de M. Bourbon, M. Michel, l\u00e9gataire de M. Bourbon, vendit pour 181 200 F les deux immeubles par adjudication devant Me Dauchez&nbsp;&nbsp;<sup id=\"rf12-333\"><a href=\"#fn12-333\" title=\"A.N. ; M.C. XCVIII\/1228, vente des immeubles 21 et 22 novembre 1882\" rel=\"footnote\">12<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:23px\">1882- 1900. M. Delarue<\/p>\n\n\n\n<p>M. Auguste Gabriel Delarue \u00e9tait libraire-\u00e9diteur et, comme on disait \u00e0 cette \u00e9poque, propri\u00e9taire. Son premier soin fut d\u2019apporter des agrandissements et des embellissements \u00e0 l\u2019immeuble de la rue de Seine. Pour nous rendre compte en quoi consistait \u00ab&nbsp;cette r\u00e9habilitation&nbsp;\u00bb voyons ce qu\u2019en dit la Protection Patrimoniale de la Mairie de Paris&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-media-text is-stacked-on-mobile\"><figure class=\"wp-block-media-text__media\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"567\" height=\"644\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Escalier-du-23.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1008 size-full\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Escalier-du-23.jpg 567w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Escalier-du-23-264x300.jpg 264w\" sizes=\"(max-width: 567px) 100vw, 567px\" \/><\/figure><div class=\"wp-block-media-text__content\">\n<p>23 rue de Seine&nbsp;\u2013 b\u00e2timent prot\u00e9g\u00e9 : Maison ancienne. D\u00e9cor enti\u00e8rement repris au XIXe. La fa\u00e7ade est compos\u00e9e de trois trav\u00e9es. Les trois premiers niveaux sont trait\u00e9s en bossages continus. Beau portail. Sur cour : tr\u00e8s bel escalier Louis XV avec rampe en ferronnerie attest\u00e9 en 2003, inscrit dans un large corps de b\u00e2timent courbe, relie les corps de logis sur rue et sur cour. Fontaine dans la cour (Escalier ancien document\u00e9 \u00e0 cette adresse). La d\u00e9coration de l&rsquo;immeuble a \u00e9t\u00e9 en partie refaite au XIXe&nbsp;si\u00e8cle (sol de la cour, vestibule).<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>Delarue fit carr\u00e9ment d\u00e9truire et reconstruire l\u2019immeuble de la rue Mazarine qui \u00e0 cette occasion fut frapp\u00e9 d\u2019alignement. Il fit \u00e9lever en 1883 par M. Sorets, architecte, un immeuble en retrait sur la rue  de style haussmanien qui comportait 4 \u00e9tages et un 5e mansard\u00e9. \u00c0 l\u2019origine, la surface occup\u00e9 par le 24 de la rue Mazarine \u00e9tait de 372, 31 M2, elle passa \u00e0 343,02 M2<sup id=\"rf13-333\"><a href=\"#fn13-333\" title=\"A.P., VO 11\/ 2101\" rel=\"footnote\">13<\/a><\/sup>.&nbsp;<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"464\" height=\"400\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/RetranchementW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-600\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/RetranchementW.jpg 464w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/RetranchementW-300x259.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 464px) 100vw, 464px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Retranchement du 24 rue Mazarine<\/em><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p>L\u2019ensemble des immeubles \u00e9tait d\u2019un seul tenant. On pouvait donc encore \u00e0 cette \u00e9poque aller de la rue de Seine \u00e0 la rue Mazarine en traversant ces immeubles.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Les plans des immeubles&nbsp;: le 1<sup>er<\/sup>&nbsp;par Vasserot et le 2d du cadastre<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"655\" height=\"556\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Planscomparasdu23W.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-648\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Planscomparasdu23W.jpg 655w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Planscomparasdu23W-300x255.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 655px) 100vw, 655px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Plans comparatifs des 23 rue de Seine et 24 rue Mazarine, l&rsquo;un de 1829 et l&rsquo;autre du cadastre<\/em>. S<em>ur ce dernier notons l&rsquo;alignement de la rue Mazarine<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Accessoirement, signalons que M. Delarue \u00e9tait aussi propri\u00e9taire de l\u2019immeuble voisin, \u00e0  savoir le 26.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais voici que M. Delarue entreprit de vendre tous les immeubles qu\u2019il poss\u00e9dait en les rues de Seine et Mazarine. Pour ce faire, il fit appel aux services de Me Dauchez qui fit deux lots&nbsp;: le premier contenait les immeubles des 23 rue de Seine et 24 rue Mazarine tandis que le second se composait du 26 rue Mazarine. Apr\u00e8s avoir fait \u00e9tablir le cahier des charges le 29 d\u00e9cembre 1899, les immeubles furent vendus par adjudication le 30 janvier 1900 \u00e0 un certain Eug\u00e8ne Marie Denis  Lecoursonnois. Le premier lot fut adjug\u00e9 pour 221 000 F et le second 49 000 F<sup id=\"rf14-333\"><a href=\"#fn14-333\" title=\"A.N. ; M.C. ;ET\/XLVII\/1480, vente des immeubles du 29\/12\/1899\" rel=\"footnote\">14<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:23px\">De 1900 \u00e0 une date indetermin\u00e9e. M. Lecoursonnois<\/p>\n\n\n\n<p>M. Lecoursonnois exer\u00e7ait le m\u00e9tier de fabricant de papier dont l\u2019usine se trouvait boulevard Auguste Blanqui en 1904. La fabrique abritait alors deux b\u00e2timents. L&rsquo;un, sorte de hall couvert de vitres abritait les machines. L&rsquo;autre, \u00e9lev\u00e9 de deux \u00e9tages, comportait les bureaux et les meules qui servaient \u00e0 la trituration des p\u00e2tes \u00e0 papier. Les machines fonctionnaient normalement lorsque soudain une poulie en fer de 1m80 de diam\u00e8tre sur laquelle passait une courroie metttant en mouvement un \u00e9norme volant en fonte de 4m50 de diam\u00e8tre se rompit. Le volant fut arr\u00eat\u00e9 brutalement et ses trois ailes se d\u00e9tach\u00e8rent et furent proj\u00e9t\u00e9s, l\u2019une alla abattre la verri\u00e8re et les deux autres se fracass\u00e8rent sur la muraille qui s\u00e9parait le b\u00e2timent d\u2019une cordonnerie et y tu\u00e8rent deux ouvriers qui y travaillaient. Inutile de pr\u00e9ciser que ce drame causa beaucoup d\u2019ennuis \u00e0 M. Lecoursonnois. Il y eut proc\u00e8s qui reconnut que ce dernier n\u2019\u00e9tait pas responsable de ce malheureux accident.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cette p\u00e9riode noire n\u2019\u00e9tait pas termin\u00e9e&nbsp;:&nbsp;&nbsp;le malchanceux Lecoursonnois vit en d\u00e9cembre 1915 le feu prendre naissance dans un magasin de d\u00e9chets de papier. Les pompiers de Popincourt accoururent et eurent raison de l\u2019incendie apr\u00e8s bien des efforts . M. Lecoursonnois s\u2019en tira pour des d\u00e9gats mat\u00e9riels de 13 000 F. Ce n\u2019\u00e9tait pas la premi\u00e8re fois qu\u2019un tel malheur arrivait&nbsp;: en 1883, il y avait aussi eu le feu qui avait d\u00e9truit en grande partie la fabrique avec des d\u00e9gats s\u2019\u00e9levant cette fois-l\u00e0 \u00e0&nbsp;&nbsp;400 000 F.<\/p>\n\n\n\n<p>Les immeubles des rues de Seine et Mazarine ne connurent pas les m\u00eames inconv\u00e9nients. \u00c0 partir de la reconstruction&nbsp;&nbsp;c\u00f4t\u00e9 Mazarine et des \u00ab\u00a0am\u00e9liorations\u00a0\u00bb c\u00f4t\u00e9 rue de Seine, apparemment les \u00e9tats des lieux ne boug\u00e8rent plus jusqu&rsquo;\u00e0 la r\u00e9daction de cet article.&nbsp;&nbsp;La famille Lecoursonnois \u00e9tait encore propri\u00e9taire en 1920.<\/p>\n\n\n\n<p>La suite est tr\u00e8s difficile \u00e0 d\u00e9terminer puisque les documents ne sont pas encore accessibles aux lecteurs des Archives nationales et de Paris. Il faudra \u00eatre patient &#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Monique Etivant<\/p>\n<hr class=\"footnotes\"><ol class=\"footnotes\" style=\"list-style-type:decimal\"><li id=\"fn1-333\"><p >A.N.&nbsp;; M.C.&nbsp;; ET\/VIII\/288. Contrat de vente entre Gilles Le Maistre et Guillaume Fournier du 27 janvier 1542&nbsp;<a href=\"#rf1-333\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 1.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn2-333\"><p >A.N. ; M.C. ; ET\/XVI\/169, constitution de rente du 6\/11\/1587&nbsp;<a href=\"#rf2-333\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 2.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn3-333\"><p >A.N.; M.C.; ET\/LXXIII\/255, bail du 21\/05\/1604&nbsp;<a href=\"#rf3-333\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 3.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn4-333\"><p >A.N.; M.C. ; ET\/LXXIII\/288 , bail du 25\/02\/1616&nbsp;<a href=\"#rf4-333\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 4.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn5-333\"><p >A.N. ; M.C. ; ET\/LXXIII\/288 , inventaire des biens de Loys Fournier du 30\/06\/1616&nbsp;<a href=\"#rf5-333\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 5.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn6-333\"><p >A.N. ; M.C. ; ET\/MC\/XXIII\/260, quittance des h\u00e9ritiers Fournier au S. de Boisram\u00e9&nbsp;<a href=\"#rf6-333\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 6.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn7-333\"><p >A.N. ; M.C. ; VI\/445, mariage d&rsquo;Arnauld de Boisram\u00e9 et de Jeanne Cappon du 23\/08\/1632&nbsp;<a href=\"#rf7-333\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 7.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn8-333\"><p >A.N. ; M.C. ; ET\/XXIX\/183, testament du 12\/05\/1646&nbsp;<a href=\"#rf8-333\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 8.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn9-333\"><p >A.N. ; M.C. ; ET\/XXIII\/297&nbsp;<a href=\"#rf9-333\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 9.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn10-333\"><p >A.N. ; M.C.; ET\/VI\/406, d\u00e9claration de Gayant \u00e0 l&rsquo;abbaye de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s du 8\/04\/1666&nbsp;<a href=\"#rf10-333\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 10.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn11-333\"><p >A.N. ; M.C. XCVIII\/1098, testament de M. Mouchy d\u00e9pos\u00e9 le 19 novembre 1859&nbsp;<a href=\"#rf11-333\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 11.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn12-333\"><p >A.N. ; M.C. XCVIII\/1228, vente des immeubles 21 et 22 novembre 1882&nbsp;<a href=\"#rf12-333\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 12.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn13-333\"><p >A.P., VO 11\/ 2101&nbsp;<a href=\"#rf13-333\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 13.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn14-333\"><p >A.N. ; M.C. ;ET\/XLVII\/1480, vente des immeubles du 29\/12\/1899&nbsp;<a href=\"#rf14-333\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 14.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><\/ol>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; L&rsquo;immeuble du 23 rue de Seine s\u2019\u00e9tend sur plusieurs b\u00e2timents joignant la rue de Seine \u00e0 la rue Mazarine. Du c\u00f4t\u00e9 de la rue de Seine, sa fa\u00e7ade est du XVIIe si\u00e8cle remani\u00e9e au XIXe si\u00e8cle. 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