{"id":67,"date":"2020-03-19T21:31:16","date_gmt":"2020-03-19T20:31:16","guid":{"rendered":"http:\/\/rue-de-seine.com\/?p=67"},"modified":"2023-07-19T17:27:32","modified_gmt":"2023-07-19T15:27:32","slug":"le-12","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/2020\/03\/19\/le-12\/","title":{"rendered":"Le 12 rue de Seine"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Le12W-e1584727485324.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-126\" width=\"263\" height=\"363\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Le 12 rue de Seine<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Comme beaucoup des immeubles des num\u00e9ros pairs de la rue de Seine, les lieux qui sont dans l&#8217;emprise du n\u00b012 connurent dans les temps tr\u00e8s anciens&nbsp;&nbsp;des personnages fort c\u00e9l\u00e8bres, comme&nbsp;&nbsp;Jean-Jacques de Mesmes, deux ducs de Levis-Ventadour puis au XVIII\u00e8 la famille Pellot de Tr\u00e9vi\u00e8res. L&rsquo;immeuble a&nbsp;&nbsp;subi de nombreuses modifications au XX\u00e9me si\u00e8cle, il fut m\u00eame reconstruit mais il cache, apr\u00e8s \u00eatre pass\u00e9 sous deux corps de b\u00e2timent, nich\u00e9 au fond d&rsquo;un jardin, un ravissant petit h\u00f4tel particulier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:22px\">Le premier propri\u00e9taire<strong> <\/strong>:<strong> <\/strong>Jean-Jacques de Mesmes<\/p>\n\n\n\n<p>Le 23 ao\u00fbt 1540, par devant les notaires Fran\u00e7ois Bastonneau et Vincent Maup\u00e9ou, Jean-Jacques de Mesmes fit l&rsquo;acquisition  d&rsquo;une pi\u00e8ce de terre de deux arpents dix perches (7200m2 environ) situ\u00e9e rue de Seine. Le terrain \u00e9tait pr\u00e8s du petit pr\u00e9 aux clercs et avait une forme de potence dont une partie (celle qui \u00e9tait en retour le long de l&rsquo;actuelle rue Bonaparte) fut par la suite revendue \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00eaque Nicole Dangu<sup id=\"rf1-67\"><a href=\"#fn1-67\" title=\"voir l&rsquo;histoire des\u00a0\u00a0et 18 rue de Seine\" rel=\"footnote\">1<\/a><\/sup>.Jean-Jacques de Mesmes ne garda qu&rsquo;une bande de terre allant de la rue de Seine \u00e0 la rue Bonaparte et y fit construire deux maisons qu&rsquo;il appela le<em>\u00a0Grand Limoges<\/em>\u00a0et le\u00a0<em>Petit Limoges<\/em>\u00a0<sup id=\"rf2-67\"><a href=\"#fn2-67\" title=\"A. N. ; Y 107 f\u00b0 153, testament de Jean-Jacques de Mesmes du 2 juin 1560\" rel=\"footnote\">2<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-media-text alignwide is-stacked-on-mobile\"><figure class=\"wp-block-media-text__media\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Parcelle-JJ-de-Mesmes1.gif\" alt=\"\" class=\"wp-image-912 size-full\"\/><\/figure><div class=\"wp-block-media-text__content\">\n<p>La parcelle acquise par Jean-Jacques de Mesmes en 1540 est figur\u00e9e \u00e0 gauche. Elle avait une superficie d&rsquo;environ 7200 m2 . La partie faisant potence fut revendue quelques jours apr\u00e8s Nicolas Dangu qui poss\u00e9dait une grande partie de ce qui sera l&rsquo;h\u00f4tel de Liancourt puis de La Rochefoucauld. <\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-media-text alignwide is-stacked-on-mobile\"><figure class=\"wp-block-media-text__media\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"680\" height=\"750\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/ParcelleJJ-de-Mesmes2.gif\" alt=\"\" class=\"wp-image-913 size-full\"\/><\/figure><div class=\"wp-block-media-text__content\">\n<p>Apr\u00e8s la revente \u00e0 monseigneur Dangu, Jean-Jacques de Mesmes garda le terrain figur\u00e9 \u00e0 gauche qui mesurait un arpent un quartier 10 perches soit environ 4600 m2. Il y fit construire deux h\u00f4tel qu&rsquo;il appela \u00ab\u00a0<em>le grand Limoges<\/em>\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0<em>le petit Limoges<\/em>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la mort de sa premi\u00e8re femme, il prit pour \u00e9pouse en secondes noces Jeanne Le P\u00e8re \u00e0 qui il fit don lors de son contrat de mariage de la jouissance du&nbsp;<em>Petit Limoges<\/em>, rue de Seine. Elle ne put en profiter longtemps puisqu&rsquo;elle mourut&nbsp;&nbsp;deux ans et un mois apr\u00e8s lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Jacques de Mesmes, chevalier et seigneur de Roissy-en-France,\u00a0\u00a0\u00e9tait un personnage du royaume fort estim\u00e9 par Fran\u00e7ois Ier. N\u00e9 en 1490 \u00e0 Mont-de-Marsan, il passa plusieurs ann\u00e9es \u00e0 \u00e9tudier \u00ab\u00a0les belles lettres\u00a0\u00bb ce qui l&rsquo;amena \u00e0 devenir un grand collectionneur de manuscrits grecs qui sont encore l&rsquo;objet de recherches de nos jours. Il fut ensuite un professeur des lois\u00a0\u00a0et de jurisprudence \u00e0 Toulouse si appr\u00e9ci\u00e9 que les plus grands savants venaient l&rsquo;\u00e9couter. Il s&rsquo;attacha au service de Catherine de Foix, reine de Navarre, comme conseil et intendant de ses affaires. Fran\u00e7ois Ier lui donna un poste de ma\u00eetre des requ\u00eates en son H\u00f4tel puis de premier pr\u00e9sident au Parlement de Normandie. Sous le r\u00e8gne d&rsquo;Henri II,\u00a0\u00a0ce fut lui qui n\u00e9gocia le mariage de Jeanne d&rsquo;Albret, fille du roi de Navarre et unique h\u00e9riti\u00e8re de ses \u00e9tats, avec Antoine de Bourbon, duc de Vend\u00f4me.\u00a0\u00a0Il \u00e9pousa en premi\u00e8res noces Nicole Hennequin qui avant de d\u00e9c\u00e9der en janvier 1554 (n.s.) lui donna de nombreux enfants : Henri, Jacques, Jean-Gabriel, Antoinette, Marguerite et Adrienne.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s sa mort l&rsquo;ensemble des maisons de la rue de Seine changea de propri\u00e9taire. Mais nous ne savons quand. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:22px\">De 1554  \u00e0 1602. Gilbert de Levis, comte puis duc de Ventadour<\/p>\n\n\n\n<p>Le nouveau propri\u00e9taire \u00e9tait chevalier de l&rsquo;ordre et gouverneur du Limousin. Issu d&rsquo;une tr\u00e8s vieille famille noble, il fut enfant d&rsquo;honneur de Fran\u00e7ois Ier et plus tard son panetier. Il s&rsquo;appelait Gilbert de Levis et \u00e9tait comte de Ventadour. Cet homme rendit les plus grands services au roi Henri III qui en r\u00e9compense \u00e9rigea en 1578 le comt\u00e9 de Ventadour en duch\u00e9 puis en 1589 en duch\u00e9-pairie. Gilbert de Levis mourut en mai 1591 en son ch\u00e2teau de La Voulte. Son fils Anne, duc de Ventadour, fut tout aussi glorieux que son p\u00e8re et combattit aux c\u00f4t\u00e9s d&rsquo;Henri IV . Ayant fait construire rue de Tournon un nouvel h\u00f4tel, celui de la rue de Seine ne lui servant plus \u00e0 rien, il le vendit&nbsp;&nbsp;devant le notaire Pierre de Briquet le 14 f\u00e9vrier 1602. Malheureusement, les minutes de ce notaire ont \u00e9t\u00e9 pill\u00e9es, il n&rsquo;y a donc aucun espoir de connaitre les conditions de la vente &#8230; \u00e0 moins que l&rsquo;inventaire apr\u00e8s d\u00e9c\u00e8s de l&rsquo;acqu\u00e9reur, s&rsquo;il existe encore, nous donne quelques pr\u00e9cisions.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"674\" height=\"441\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/duc-de-VentadourW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-47\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/duc-de-VentadourW.jpg 674w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/duc-de-VentadourW-300x196.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 674px) 100vw, 674px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:22px\">1602-1721 .La famille Lecocq<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;acqu\u00e9reur \u00e9tait un homme tr\u00e8s riche du nom de Fran\u00e7ois Le Cocq, Il \u00e9tait conseiller du roi en sa cour de Parlement depuis une petite dizaine d&rsquo;ann\u00e9es, seigneur de Germain, des Moulins Jousseran et autres lieux. Il professait la religion catholique mais vers 1614 il abjura pour entrer dans l&rsquo;\u00e9glise r\u00e9form\u00e9e, comme nous l&rsquo;apprend une lettre de f\u00e9licitation de Duplessis-Mornay de 1614. Sa conversion ne porta pas, du moins au d\u00e9but, pr\u00e9judice \u00e0 sa carri\u00e8re si ce n&rsquo;est qu&rsquo;il ne pouvait r\u00e9voquer sa charge qu&rsquo;en faveur d&rsquo;un catholique. Cependant en 1625, il devait selon son anciennet\u00e9 monter \u00e0 la Grand&rsquo;Chambre du Parlement. Ses coll\u00e8gues refus\u00e8rent. Il en appela alors \u00e0 la justice du roi qui reconnut \u00ab\u00a0ses bons et agr\u00e9ables services\u00a0\u00bb et l&rsquo;autorisa \u00e0 se pr\u00e9valoir du qualificatif de conseiller du roi en sa cour de Parlement sa vie durant. Il mourut quelques mois apr\u00e8s &#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Sa veuve Marie Marbault, aussi protestante, lui avait donn\u00e9 au moins trois enfants : Fran\u00e7ois, contr\u00f4leur g\u00e9n\u00e9ral des guerres, Aymar, avocat au Parlement, et Fran\u00e7oise qui avait \u00e9pous\u00e9 Jean H\u00e9rouard, contr\u00f4leur g\u00e9n\u00e9ral des fermes de France. Ils habitaient tous rue de Seine dans la maison qui est ainsi cit\u00e9e dans le cueilleret de l&rsquo;abbaye de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s, commenc\u00e9 en 1595<sup id=\"rf3-67\"><a href=\"#fn3-67\" title=\"A.N. ; S 3058\" rel=\"footnote\">3<\/a><\/sup> :<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"769\" height=\"500\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Dec_1595.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-70\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Dec_1595.jpg 769w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Dec_1595-300x195.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 769px) 100vw, 769px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>D\u00e9claration de monsieur Le Coq (Le Cocq) \u00e0 l&rsquo;abbaye de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s en 1595<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>La maison \u00e9tait grande, avec un jardin spacieux qui s&rsquo;\u00e9tendait jusqu&rsquo;\u00e0 la rue des Petits-Augustins (rue Bonaparte maintenant), elle avait toutes les aisances et appartenances en usage \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. Elle \u00e9tait encadr\u00e9e \u00e0 droite par le sieur Leclerc. et \u00e0 gauche le prince Dauphin c-\u00e0-d le duc de Montpensier. Beau voisinage !<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, la premi\u00e8re femme du roi Henri IV, la reine Marguerite, avait r\u00e9apparu \u00e0 la Cour et d\u00e8s 1606 commen\u00e7a \u00e0 acheter et faire construire son h\u00f4tel \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de celui du sieur Lecocq. Cet h\u00f4tel occupait l&#8217;emplacement des immeubles situ\u00e9s entre le quai Malaquais et le 10 rue de Seine et en 1610 elle proposa \u00e0 Fran\u00e7ois Lecocq de lui acheter une grande partie de son h\u00f4tel. Un acte fut sign\u00e9 qui stipulait que les \u00e9poux Le Cocq vendrait \u00e0 la reine Marguerite, duchesse de Valois, la grande porte coch\u00e8re pour servir d&rsquo;entr\u00e9e aux lieux vendus; la cour de devant; les deux corps de logis lat\u00e9raux, le premier en forme de galerie et qui \u00e9tait du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;h\u00f4tel Dauphin et l&rsquo;autre servant d&rsquo;\u00e9curie et office \u00ab\u00a0\u00e9tant du c\u00f4t\u00e9 de la dame reine\u00a0\u00bb avec en plus tout le grand corps de logis derri\u00e8re et ses appartenances et d\u00e9pendances, le jardin derri\u00e8re led corps d&rsquo;h\u00f4tel, les arbres et les treilles &#8230;. Mais le sieur Le Cocq \u00e9tait prudent et ne devait quitter les lieux qu&rsquo;une fois le prix de la vente vers\u00e9. La reine Marguerite demanda deux fois des d\u00e9lais de paiement qui d&rsquo;ailleurs lui furent accord\u00e9s. Elle mourut avant de n&rsquo;avoir vers\u00e9 aucun \u00e9cu ! La vente ne se r\u00e9alisa donc point.<\/p>\n\n\n\n<p>Fran\u00e7ois Le Cocq mourut vers 1625. Marie Marbault, sa veuve, soucieuse de pr\u00e9server paix et tranquillit\u00e9 parmi les siens, partagea ses biens tout en s&rsquo;en gardant l&rsquo;usufruit. Il fut attribu\u00e9 \u00e0 Aymar la seigneurie de Germain en Poitou, le fief B\u00e9rault et la moiti\u00e9 de la terre et seigneurie de la Pinaudi\u00e8re et le Moulin Petit&#8230; et la grande maison de la rue de Seine&nbsp;&nbsp;<sup id=\"rf4-67\"><a href=\"#fn4-67\" title=\"A.N. ; M.C. ; XLIX\/292, partage du 21 d\u00e9cembre 1627\" rel=\"footnote\">4<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Aymar Lecocq \u00e9pousa Marguerite de la Madelaine, fille d&rsquo;un conseiller au Parlement. Il en eut douze enfants dont beaucoup moururent tr\u00e8s jeunes. Toute la famille habitait la maison de la rue de Seine et Marie Marbault menait la maisonn\u00e9e d&rsquo;une main tr\u00e8s ferme.&nbsp;&nbsp;Elle en avait d&rsquo;ailleurs l&rsquo;usufruit. Elle louait les corps de b\u00e2timents sur la rue \u00e0 droite et \u00e0 gauche de la porte coch\u00e8re tant\u00f4t \u00e0 des secr\u00e9taires de la chambre du roi<sup id=\"rf5-67\"><a href=\"#fn5-67\" title=\"A.N. ; M.C. ; VI\/453; bail du 22 septembre 1636 moyennant 300L et VI\/454, bail du 10 f\u00e9vrier 1637 moyennant 400L\" rel=\"footnote\">5<\/a><\/sup>, tant\u00f4t \u00e0 un tailleur. C&rsquo;\u00e9tait une femme dure en affaire puisqu&rsquo;elle alla jusqu&rsquo;\u00e0 faire emprisonner \u00e0 la Conciergerie une certaine dame Marie de Viges, \u00e9pouse du notaire Nicolas Motelet qui lui devait 4500 livres. Elle ne consentit \u00e0 son \u00e9largissement qu&rsquo;au bout de plusieurs mois apr\u00e8s avoir eu l&rsquo;assurance du versement de la somme<sup id=\"rf6-67\"><a href=\"#fn6-67\" title=\"A.N.; M.C. ; VI\/454, acte du 6 mars 1637\" rel=\"footnote\">6<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>La dame Le Cocq mourut sans doute au mois de juin 1646 puisque Sa Majest\u00e9 accorda des lettres de b\u00e9n\u00e9fice d&rsquo;inventaire \u00e0 ses petits-enfants mineurs H\u00e9rouard le 2 juillet de cette ann\u00e9e-l\u00e0<sup id=\"rf7-67\"><a href=\"#fn7-67\" title=\"A.N. ; Y\/\/3218,&nbsp;&nbsp;acte du 24 juillet 1646\" rel=\"footnote\">7<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Aymar prit donc en main le destin de la maison&nbsp;&nbsp;mais sa gestion ne dura que 8 ans puisqu&rsquo;il mourut en 1654 en laissant deux enfants mineurs, Pascal et Anne et un fils majeur se pr\u00e9nommant Fran\u00e7ois, sieur de Germain, conseiller du roi en sa cour de Parlement. La veuve d&rsquo;Aymar, Marguerite de le Madelaine eut-elle des difficult\u00e9s financi\u00e8res ? Toujours est-il qu&rsquo;elle d\u00e9cida de vendre une partie du jardin qui se trouvait derri\u00e8re le second corps de logis Auguste Mac\u00e9 Le Boulanger, seigneur de Viarmes, conseiller du roi et ma\u00eetre des requ\u00eates en son H\u00f4tel<sup id=\"rf8-67\"><a href=\"#fn8-67\" title=\"A.N. ; M.C. ; . XCVII\/22 ; acte d&rsquo;\u00e9change du 3 octobre 1663\" rel=\"footnote\">8<\/a><\/sup>. La partie vendue faisait face \u00e0 la rue des Petits Augustins (maintenant rue Bonaparte)<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-media-text alignwide\"><figure class=\"wp-block-media-text__media\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"369\" height=\"367\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/MaisonLecocqW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-72\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/MaisonLecocqW.jpg 369w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/MaisonLecocqW-300x298.jpg 300w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/MaisonLecocqW-150x150.jpg 150w\" sizes=\"(max-width: 369px) 100vw, 369px\" \/><\/figure><div class=\"wp-block-media-text__content\">\n\n<p style=\"font-size:14px\"><em>La maison de M. Lecocq ne borde plus la rue des Petits Augustins (Bonaparte) \u00e0 cause de la vente \u00e0 Auguste Mac\u00e9 Le Boulanger<\/em><\/p>\n\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>Fran\u00e7ois Le Cocq, fils d&rsquo;Aymar, \u00e9tait aussi protestant. Il \u00e9pousa Marie de Beringhen. La r\u00e9vocation de l&rsquo;\u00e9dit de Nantes voulue par Louis XIV, intervint le 18 octobre 1685. Ce fut pour la famille Le Cocq le d\u00e9but d&rsquo;une p\u00e9riode tr\u00e8s difficile comme pour tous ceux de \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9glise r\u00e9form\u00e9e\u00a0\u00bb. Fran\u00e7ois Le Coq fut arr\u00eat\u00e9 en sa maison de la Barilli\u00e8re pr\u00e8s de Blois. On l&rsquo;envoya une semaine chez l&rsquo;\u00e9v\u00eaque de Meaux&nbsp;&nbsp;puis \u00e0 Paris chez les p\u00e8res de l&rsquo;Oratoire. Il ne voulut jamais abjurer sa religion. Finalement devant cette foi chevill\u00e9e au corps, \u00ab\u00a0on\u00a0\u00bb renon\u00e7a et \u00ab\u00a0on\u00a0\u00bb lui permit de rejoindre l&rsquo;Angleterre depuis Saint-Malo. Le roi accepta qu&rsquo;on lui vers\u00e2t une pension de 4 000 livres prise sur les revenus de ses propri\u00e9t\u00e9s. Quant \u00e0 sa femme, Marie, elle fut enferm\u00e9e aux Nouvelles Catholiques&nbsp;&nbsp;en janvier 1686 puis au couvent de la Visitation, ensuite \u00e0 la citadelle d&rsquo;Amiens. Elle montra la m\u00eame r\u00e9solution que son mari. Elle fut expuls\u00e9e et rejoignit son \u00e9poux \u00e0 Londres.<\/p>\n\n\n\n<p>S soeur Marguerite qui avait \u00e9t\u00e9 mari\u00e9e \u00e0 Olivier de Saint-Georges, ne montra pas la m\u00eame volont\u00e9 devant les dragonnades du roi. Ils finirent par abjurer leur religion et m\u00eame, dit-on, essayer d&rsquo;entrainer d&rsquo;autres anciens coreligionnaires \u00e0 abjurer. Ils avaient eu deux enfants : C\u00e9sar de Saint-Georges, marquis de V\u00e9rac, mar\u00e9chal de camps des arm\u00e9es du roi et lieutenant g\u00e9n\u00e9ral du Poitou et Olive qui avait \u00e9pous\u00e9 Benjamin Louis Frotier aussi chevalier et marquis de La Coste Messeli\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Fran\u00e7ois Lecocq d\u00e9c\u00e9da \u00e0 Londres en 1717 sans h\u00e9ritier issu de son sang. Sa succession revint donc \u00e0 son neveu, le marquis de V\u00e9rac,&nbsp;&nbsp;et \u00e0 sa ni\u00e8ce marquise de La Coste. Ils \u00e9taient catholiques. Le roi leur les autorisa \u00e0 vendre la maison du 12 rue de Seine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:22px\">1721-1726. Hyacinthe Guidy<\/p>\n\n\n\n<p>Hyacinthe Guidy \u00e9tait un bourgeois de Paris. Il d\u00e9pensa 200 000 livres pour devenir propri\u00e9taire de la maison ! L&rsquo;acte d&rsquo;acquisition<sup id=\"rf9-67\"><a href=\"#fn9-67\" title=\"A.N. ; M.C. ; XXIX\/346, acte du 3 f\u00e9vrier 1720\" rel=\"footnote\">9<\/a><\/sup> mentionne \u00ab\u00a0un\u00a0\u00bb grande maison\u00a0\u00bbcompos\u00e9e d&rsquo;un premier corps de logis sur la rue occup\u00e9 par un perruquier, avec une grande porte coch\u00e8re, puis un deuxi\u00e8me corps de logis aussi entre cour et jardin, et enfin une jardin derri\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Hyacinthe Guidy fut un propri\u00e9taire \u00e9ph\u00e9m\u00e8re puisqu&rsquo;il revendit la maison 6 ans plus tard dont la partie principale fut lou\u00e9e \u00e0 monseigneur Paul Sigismond de Montmorency-Luxembourg, duc de Chatillon pour un loyer de 5 500 livres. Ce locataire \u00e9tait&nbsp;le deuxi\u00e8me fils du mar\u00e9chal de Luxembourg. Il n&rsquo;avait plus son h\u00f4tel de la rue du Cherche-Midi car il l&rsquo;avait donn\u00e9 \u00e0 son fils. Il \u00e9tait un peu contrefait, comme son p\u00e8re, mais il en avait aussi l&rsquo;esprit et la bravoure. Depuis 1693 il ne pouvait plus se servir de son bras droit parce qu&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 gri\u00e8vement bless\u00e9 \u00e0 la bataille de Nerwinden&nbsp;&nbsp;<sup id=\"rf10-67\"><a href=\"#fn10-67\" title=\"&lt;em&gt;La rue du Cherche-Midi&nbsp;&lt;\/em&gt;P. Fromageot\" rel=\"footnote\">10<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:22px\">1726- An XII (1803). La famille Pellot de Tr\u00e9vi\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 13 octobre 1726, Claude Pellot, comte de Tr\u00e9vi\u00e8res et conseiller au Parlement acheta \u00e0 Hyacinthe Guidy la maison qui comportait un grand corps de logis entre cour et jardin.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-media-text alignwide\"><figure class=\"wp-block-media-text__media\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"410\" height=\"373\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Maison-Le-Cocq-TurgotW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-74\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Maison-Le-Cocq-TurgotW.jpg 410w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Maison-Le-Cocq-TurgotW-300x273.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 410px) 100vw, 410px\" \/><\/figure><div class=\"wp-block-media-text__content\">\n\n<p style=\"font-size:14px\"><em>La maison du 12 au temps de Turgot en rouge: on remarque qu&rsquo;il jouxtait l&rsquo;h\u00f4tel de Liancourt<\/em>. <\/p>\n\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>Claude Pellot de Tr\u00e9vi\u00e8res \u00e9tait un descendant de la famille milanaise Pelloti qui s&rsquo;\u00e9tait tout d&rsquo;abord \u00e9tablie \u00e0 Lyon au XVIe si\u00e8cle o\u00f9 elle faisait commerce de la soie. Le grand-p\u00e8re de Claude Pellot fut un c\u00e9l\u00e8bre premier pr\u00e9sident au Parlement de Paris. Son p\u00e8re, Claude Fran\u00e7ois, fut un temps ma\u00eetre des requ\u00eates mais il vendit assez vite sa charge car il devait rembourser des dettes de jeu. Son fils notre acheteur, entra jeune comme conseiller au Parlement de Paris. Il \u00e9pousa en 1726 Marguerite M\u00e9gret, fille de Nicolas M\u00e9gret, seigneur de Passy, qui lui donna un fils Claude-Anne-Fran\u00e7ois et mourut 10 ans apr\u00e8s ses \u00e9pousailles. Claude Pellot poursuivit alors&nbsp;&nbsp;doucement sa vie au Parlement et ne se remaria pas. Il mourut en 1763. Son faire-part \u00e9tait ainsi r\u00e9dig\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab\u00a0Vous \u00eates pri\u00e9 d&rsquo;assister au convoi et enterrement de haut et puissant seigneur Claude Pellot, chevalier, seigneur comte de Tr\u00e9vi\u00e8res, seigneur de Port-Davis, des grands et petits Deffands et autres lieux, conseiller du Roy en sa cour de Parlement et grande chambre d&rsquo;icelle, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en son hostel, rue de Seine, faux-bourg Saint-Germain&nbsp;&nbsp;qui se feront mardi 14 mars 1769, \u00e0 sept heures du soir en l&rsquo;\u00e9glise Saint-Sulpice, sa paroisse.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>De Profundis<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>De la part de Mr le comte de Tr\u00e9vi\u00e8res son fils \u00ab\u00a0<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le troisi\u00e8me comte de Tr\u00e9vi\u00e8res fut \u00ab\u00a0grand messager de l&rsquo;Universit\u00e9 de Paris\u00a0\u00bb c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il \u00e9tait tuteur et banquier d&rsquo;\u00e9tudiants provinciaux venant \u00e9tudier \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Paris. Il \u00e9pousa le 4 f\u00e9vrier 1759 une cousine, Claude Louise Elisabeth Sophie de Polignac. Il avait 34 ans, elle en avait 19. Le couple habita aussi son h\u00f4tel de la rue de Seine dont il avait lou\u00e9 une partie du b\u00e2timent sur la rue&nbsp;&nbsp;\u00e0 Philippe Durand \u00e9cuyer, conseiller du roi et tr\u00e9sorier g\u00e9n\u00e9ral des lignes suisses pour 900 livres par an. Il avait aussi lou\u00e9 un petit local qui attenait la porte coch\u00e8re \u00e0 un perruquier pour 500 livres par an.<\/p>\n\n\n\n<p>En pleine r\u00e9volution, alors que Louis XVI \u00e9tait mont\u00e9 sur l\u2019\u00e9chafaud, Claude Fran\u00e7ois Pellot de Trevi\u00e8res, lui,&nbsp;&nbsp;mourut le 5 f\u00e9vrier 1793, quelques jours apr\u00e8s son roi mais dans son lit et en sa demeure de la rue de Seine, privil\u00e8ge assez rare puisque nous \u00e9tions en pleine Terreur. Le notaire, Me Hua, entreprit l\u2019\u00e9norme t\u00e2che de faire l\u2019inventaire de ses biens<sup id=\"rf11-67\"><a href=\"#fn11-67\" title=\"A.N. ; M.C. XLIV\/642; inventaire du&nbsp;&nbsp;19\/02\/1793\" rel=\"footnote\">11<\/a><\/sup>.&nbsp;&nbsp;Le couple n\u2019ayant pas eu d\u2019enfants, les h\u00e9ritiers qui se pr\u00e9sent\u00e8rent \u00e9taient des parents les plus proches en degr\u00e9. On comptait parmi eux :<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li>Claude Antoine B\u00e9ziade, marquis d\u2019Avaray<strong>&nbsp;,&nbsp;<\/strong>d\u00e9put\u00e9 de la noblesse de l\u2019Orl\u00e9anais. Il vit en 1791 ses deux fils et ses deux gendres \u00e9migrer. Lui resta en France, en son ch\u00e2teau d\u2019Avaray \u00e0 cause d\u2019une maladie grave qui l\u2019emp\u00eacha de les suivre. Il \u00e9tait un cousin germain du d\u00e9funt par sa femme Elisabeth Megret.<\/li>\n\n\n\n<li>Antoine Jean Marie Megret d&rsquo;Etigny qui mourut sur l&rsquo;\u00e9chafaud<sup id=\"rf12-67\"><a href=\"#fn12-67\" title=\"sa femme fut elle-aussi condamn\u00e9e par Fouquier-Thinville,&nbsp;&nbsp;en m\u00eame temps que Madame Elisabeth, s\u0153ur de Louis XVI. S&rsquo;\u00e9tant d\u00e9clar\u00e9e enceinte elle \u00e9chappa l&rsquo;\u00e9chafaud. Mais ayant \u00e9t\u00e9 inscrite comme ex\u00e9cut\u00e9e en m\u00eame temps que ses 23 autres condamn\u00e9s, elle se pr\u00e9senta au proc\u00e8s de Fouquier-Thinville tenant entre ses mains son certificat mortuaire !\" rel=\"footnote\">12<\/a><\/sup><\/li>\n\n\n\n<li>Antoine Jean Fran\u00e7ois Megret de Serilly qui fut guillotin\u00e9,<\/li>\n\n\n\n<li>Anne Marguerite Leclerc de Lesseville,<strong>&nbsp;<\/strong>veuve de Pierre Jacques Rousseau de Chamoy<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Un inventaire fut entrepris mais la dame de Tr\u00e9vi\u00e8res \u00e9tait si malade qu&rsquo;elle fit son testament le 3 juin et mourut quelques jours plus tard.<\/p>\n\n\n\n<p>M. B\u00e9ziade d&rsquo;Avaray, par suite de l&rsquo;\u00e9migration de ses enfants, proc\u00e9da au partage de ses biens avec l&rsquo;\u00c9tat par acte pass\u00e9 devant le tribunal administratif de la Seine le 2 brumaire an VII. Par cet acte il abandonna \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat la maison de la rue de Seine dont un tiers lui appartenait en qualit\u00e9 d&rsquo;h\u00e9ritier de M. Pellot de Tr\u00e9vi\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"523\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Extrait-vente-B\u00e9ziadeW-1024x523.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-77\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Extrait-vente-B\u00e9ziadeW-1024x523.jpg 1024w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Extrait-vente-B\u00e9ziadeW-300x153.jpg 300w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Extrait-vente-B\u00e9ziadeW-768x392.jpg 768w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Extrait-vente-B\u00e9ziadeW-1536x784.jpg 1536w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Extrait-vente-B\u00e9ziadeW.jpg 1936w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Extrait de la vente du 12 trouv\u00e9e aux Archives de Paris<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>L&rsquo;immeuble&nbsp;&nbsp;portait alors les num\u00e9ros 1396 \u00e0 1398, il se composait du b\u00e2timent principal qui se trouvait entre cour et jardin et se composait au rez-de-chauss\u00e9e d&rsquo;un vestibule servant de salle \u00e0 manger, un salon avec vue sur la cour et le jardin, une chambre \u00e0 coucher, une garde-robe et un cabinet en galerie en retour sur le jardin. L&rsquo;escalier qui se trouvait en aile sur la cour \u00e9tait en pierre et ne montait qu&rsquo;au 1er \u00e9tage Au 1er \u00e9tage, il y avait la m\u00eame distribution qu&rsquo;au le rez-de-chauss\u00e9e plus un petit escalier de d\u00e9gagement montant \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage du dessus , led 1er \u00e9tage \u00e9tait parquet\u00e9 avec chambranle de marbre aux chemin\u00e9es. L&rsquo;\u00e9tage au dessus \u00e9tait en attique distribu\u00e9 en sept pi\u00e8ces dont cinq \u00e0 chemin\u00e9e et d\u00e9gag\u00e9 par un grand corridor et grenier au dessus.<\/p>\n\n\n\n<p>Le corps de logis en aile \u00e0 droite sur la cour \u00e9tait compos\u00e9 d&rsquo;un rez-de-chauss\u00e9e et trois \u00e9tages et un grand grenier au dessus. Au rez-de-chauss\u00e9e, on trouvait une grande cuisine et ses d\u00e9pendances, une grande chemin\u00e9e et un four, un fourneau potager et une pierre \u00e0 laver.&nbsp;&nbsp;Le premier comportait une autre cuisine et ses d\u00e9pendances et les autres \u00e9tages \u00e9taient distribu\u00e9s en chambre de domestiques, le tout d\u00e9gag\u00e9 par deux petits escaliers<\/p>\n\n\n\n<p>Le b\u00e2timent en aile \u00e0 gauche avait au rez-de-chauss\u00e9e plusieurs remises et au-dessus au premier une grande galerie qui joignait le grand escalier. Un grenier \u00e9tait au-dessus.<\/p>\n\n\n\n<p>Le b\u00e2timent sur la rue avait \u00e9t\u00e9 en partie d\u00e9moli et formait une petite maison qui \u00e9tait distribu\u00e9e \u00e0 un passage de porte coch\u00e8re, un logement de portier, une \u00e9curie et une porte particuli\u00e8re sur la rue et deux pi\u00e8ces dont l&rsquo;une servant de cuisine ; au premier cinq pi\u00e8ces dont trois \u00e0 chemin\u00e9e , au 2d il y avait deux pi\u00e8ces \u00e0 chemin\u00e9e et un grenier au dessus. Un puits \u00e9tait dans la cour<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;ensemble qui occupait une superficie de 1879,85 m2 fut mis en vente \u00e0 la pr\u00e9fecture de la Seine et un proc\u00e8s-verbal d&rsquo;ench\u00e8res du 18 frimaire an XII (10 d\u00e9cembre 1803) attribua moyennant 48 700 F cette maison \u00e0 M. Dubreuil qui en fit d\u00e9claration au profit de Jean Baptiste Larroque. Il \u00e9tait stipul\u00e9 que M. Larroque devrait se conformer aux r\u00e8gles d&rsquo;alignement de la rue et ne pourrait s&rsquo;attribuer les mat\u00e9riaux provenant de la d\u00e9molition d&rsquo;un petit corps de b\u00e2timent sur rue.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"510\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/extrait-ench\u00e8resW-1-1024x510.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-79\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/extrait-ench\u00e8resW-1-1024x510.jpg 1024w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/extrait-ench\u00e8resW-1-300x149.jpg 300w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/extrait-ench\u00e8resW-1-768x382.jpg 768w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/extrait-ench\u00e8resW-1.jpg 1362w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Deuxi\u00e8me extrait de la vente contenant une clause d&rsquo;alignement et la non-vente des mat\u00e9riaux provenant de la d\u00e9molition.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-background\" style=\"background-color:#fba26b;font-size:22px\">1803-1829. Jean Baptiste Larroque<\/p>\n\n\n\n<p>Nous ne savons rien sur ce monsieur Larroque malgr\u00e9 de nombreuses recherches. Par contre, nous pouvons deviner que c&rsquo;\u00e9tait un excellent homme d&rsquo;affaire puisqu&rsquo;il revendit le 22 d\u00e9cembre 1829, la maison qui portait alors le num\u00e9ro 10&nbsp;&nbsp;pour la somme \u00e9norme de 255 000 F sans y avoir fait de gros travaux puisque la description de la maison est exactement la m\u00eame sauf celle du b\u00e2timent sur rue qui a \u00e9t\u00e9 reconstruit : c&rsquo;est un b\u00e2timent qui ne comportait plus qu&rsquo;un rez-de-chauss\u00e9e avec une porte coch\u00e8re, une loge de portier avec une cuisine et \u00e0 droite une remise avec un magasin et \u00e0 gauche une \u00e9curie. L&rsquo;ensemble n&rsquo;occupait plus qu&rsquo;une superficie de 1860,1 m2,&nbsp;sans doute \u00e0 cause des mesures d&rsquo;alignement <sup id=\"rf13-67\"><a href=\"#fn13-67\" title=\"A.N. ; M.C. ; LXXVI\/685, vente du 22 d\u00e9cembre 1829 \u00e0 M. Tantillion\" rel=\"footnote\">13<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:27px\">1829- 1853. La Famille Tantillion-Pourrat<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;acqu\u00e9reur, Jean Tantillion, \u00e9tait m\u00e9decin. Il avait \u00e9pous\u00e9 Marthe Chanony en 1781 \u00e0 Chidrac en Auvergne mais il s&rsquo;en \u00e9tait s\u00e9par\u00e9 puisqu&rsquo;elle avait lou\u00e9 un appartement rue Cassette et habitait le plus souvent \u00e0 Clermont-Ferrand. Elle y mourut d&rsquo;ailleurs le 7 octobre 1838 et l&rsquo;inventaire de ses biens n&rsquo;eut lieu qu&rsquo;\u00e0 partir du 19 mars 1839! Les nouvelles ne vont pas vite entre l&rsquo;Auvergne et Paris !<\/p>\n\n\n\n<p>En 1837, Jean Tantillion transforma l&rsquo;immeuble du 12 rue de Seine en un immeuble de rapport, tout au moins sa fa\u00e7ade sur rue. Il fit construire par l&rsquo;architecte Henri Th\u00e9odore Bonneau \u00e0 la place du b\u00e2timent sur rue compos\u00e9 seulement d&rsquo;un rez-dc-chauss\u00e9e,&nbsp;&nbsp;un immeuble de 6 \u00e9tages dont nous avons pu retrouver les plans dans \u00ab\u00a0<em>Paris moderne ou choix de maisons construites dans les nouveaux quartiers de la capitale<\/em>\u00a0\u00bb par Normand fils que l&rsquo;on peut consulter sur Gallica<sup id=\"rf14-67\"><a href=\"#fn14-67\" title=\"Cet architecte est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 8 septembre 1856 et enterr\u00e9 au cimeti\u00e8re Montparnasse.\" rel=\"footnote\">14<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"624\" height=\"472\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/12SeineP202W.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-83\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/12SeineP202W.jpg 624w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/12SeineP202W-300x227.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 624px) 100vw, 624px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Plans de Bonneau, architecte.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"624\" height=\"462\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/12SeineP203W.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-84\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/12SeineP203W.jpg 624w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/12SeineP203W-300x222.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 624px) 100vw, 624px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Ensemble de la fa\u00e7ade sur rue<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"591\" height=\"797\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/12SeineP204W.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-85\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/12SeineP204W.jpg 591w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/12SeineP204W-222x300.jpg 222w\" sizes=\"(max-width: 591px) 100vw, 591px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>D\u00e9tails de la fa\u00e7ade &#8230;<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Le cadastre de Paris nous offre un relev\u00e9 des plans des maisons de Paris lev\u00e9s entre 1809 et 1855<sup id=\"rf15-67\"><a href=\"#fn15-67\" title=\"A.N. ; CP ; F31\/34 pour le 12\" rel=\"footnote\">15<\/a><\/sup>. Nous en avons trouv\u00e9 deux pour l&rsquo;immeuble qui nous int\u00e9resse, le premier sans date mais pr\u00e9sum\u00e9 au moment de la vente par Larroque puisqu&rsquo;il ne comporte pas d&rsquo;alignement et le second dat\u00e9 de 1840, donc apr\u00e8s les reconstructions et frapp\u00e9 d&rsquo;alignement o\u00f9 ne figura pas le b\u00e2timent entre cour et jardin, ce qui pourrait signifier que celui-ci n&rsquo;a pas subi de transformation.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"332\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Compar-cadas-du-12W-e1584713705685.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-40\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Plans du cadastre avant et apr\u00e8s alignement<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p>De son mariage avec Marthe Chanony, M. Tantillion avait eu une fille, Marie, qui \u00e9tait mari\u00e9e \u00e0 Paul Mathias Pourrat. Celui-ci avait achet\u00e9 un immeuble situ\u00e9 rue des Petits-Augustins n\u00b05 (depuis rue Bonaparte), dont une partie de l&rsquo;arri\u00e8re jouxtait l&rsquo;immeuble du 12 rue de Seine qui portait en ce temps l\u00e0 le num\u00e9ro 10 .<\/p>\n\n\n\n<p>Par un acte du 3 janvier 1840<sup id=\"rf16-67\"><a href=\"#fn16-67\" title=\"A.N. ; M.C. ; LXXVI\/739 convention Tantillion\/Pourrat du 3\/01\/1840\" rel=\"footnote\">16<\/a><\/sup> , M. Tantillion passait une convention avec M. Pourrat son gendre moyennant laquelle il acceptait de laisser \u00e0 son gendre la jouissance d&rsquo;un triangle de son jardin dont il resterait cependant propri\u00e9taire. Un plan \u00e9tait joint \u00e0 l&rsquo;acte dont voici une photo :<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"624\" height=\"783\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/PlanConvW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-89\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/PlanConvW.jpg 624w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/PlanConvW-239x300.jpg 239w\" sizes=\"(max-width: 624px) 100vw, 624px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Plan de la convention entre M.M. Tantillon et Pourrat<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>&nbsp;Malheureusement, M. Pourrat avait 600 000F de dettes \u00e0 la suite de son achat de la maison de la rue des Petits-Augustins et des constructions qu&rsquo;il y avait faites. Ses cr\u00e9anciers le poursuivaient. Il mit donc en vente par adjudication l&rsquo;immeuble pour une mise \u00e0 prix de 600 000F<sup id=\"rf17-67\"><a href=\"#fn17-67\" title=\"A.N. ; M.C. ; LXXVI\/739 Cahier d&rsquo;ench\u00e8res du 13\/01\/1840\" rel=\"footnote\">17<\/a><\/sup>. Qui s&rsquo;en rendit adjudicataire pour la somme de 630 000F ? M. Tantillion, son beau-p\u00e8re. Un v\u00e9ritable sauvetage !<\/p>\n\n\n\n<p>M. Tantillion mourut le 28 mai 1844 en son domicile de la rue des Francs-Bourgeois-Saint -Michel n\u00b08. Sa fille unique en \u00e9tait h\u00e9riti\u00e8re mais comme elle \u00e9tait s\u00e9par\u00e9e de biens de son mari, un inventaire fut fait<sup id=\"rf18-67\"><a href=\"#fn18-67\" title=\"A.N. ; M.C. ; LIV\/1431 , inventaire du 12\/06\/1844\" rel=\"footnote\">18<\/a><\/sup> qui nous en dit plus sur les relations financi\u00e8res qui existaient entre M. Tantillion et son gendre Pierre Mathias Pourrat : l&rsquo;immeuble que M. Tantillion poss\u00e9dait rue des&nbsp;&nbsp;Francs Bourgeois Saint Michel n\u00b014, lui venait de la vente que son gendre Pierre Mathias Pourrat lui avait faite en 1835 moyennant 70 000F, celui du 5 rue des Petits-Augustins lui avait \u00e9t\u00e9 vendu en 1840 pour 630 000F ! M. Tantillion lui avait aussi achet\u00e9 un domaine \u00e0 Orsay en 1839. Chaque vente faite \u00e0 son beau-p\u00e8re par M. Pourrat \u00e9tait compl\u00e8tement hypoth\u00e9qu\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>La fille de M. Tantillon, Madame Pourrat, ne resta point longtemps propri\u00e9taire de toutes ces maisons puisqu&rsquo;elle mourut le 1er d\u00e9cembre 1845. Elle avait eu de son mariage avec Pierre Mathias Pourrat deux gar\u00e7ons : Aleph et&nbsp;&nbsp;Camille qui h\u00e9rit\u00e8rent donc des biens de leur m\u00e8re. L&rsquo;inventaire apr\u00e8s d\u00e9c\u00e8s<sup id=\"rf19-67\"><a href=\"#fn19-67\" title=\" A.N. ; M.C. ; LIV\/1440 inventaire du 8\/12\/1845 puis le partage ((A.N. ; M.C. ; LXXVI\/777 partage du 23\/05\/1846\" rel=\"footnote\">19<\/a><\/sup> montr\u00e8rent une situation financi\u00e8re calamiteuse :<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li>sur l&rsquo;h\u00f4tel du 5 de la rue des Petits Augustins (Bonaparte) estim\u00e9 \u00e0 600 000F , il restait d\u00fb aux anciens propri\u00e9taires une somme de 330 000F. De plus par une obligation sign\u00e9e en 1840&nbsp;&nbsp;il \u00e9tait grev\u00e9 d&rsquo;une hypoth\u00e8que de 60 000F<\/li>\n\n\n\n<li>l&rsquo;immeuble du 10 rue de Seine supportait une hypoth\u00e8que de 200 000F<\/li>\n\n\n\n<li>les deux immeubles de la rue des Francs Bourgeois Saint Michel n&rsquo;\u00e9taient pas non plus&nbsp;&nbsp;en bonne posture&nbsp;&nbsp;(20 000F)<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Le partage qui eut lieu attribua \u00e0 Camille Pourrat la maison qui nous int\u00e9resse, l&rsquo;h\u00f4tel&nbsp;&nbsp;de la rue des Petits Augustins fut laiss\u00e9 en indivision pour \u00eatre vendue.<\/p>\n\n\n\n<p>Les dettes continu\u00e8rent \u00e0 s&rsquo;accumuler, Camille ayant achet\u00e9 une maison \u00e0 Neuilly-sur-Seine et entrepris des travaux. Les dettes augment\u00e8rent, Camille n&rsquo;y put faire face, les cr\u00e9anciers s&rsquo;unirent, accord\u00e8rent un d\u00e9lai de paiement et finirent par demander la saisie de tous les biens.<\/p>\n\n\n\n<p>Certes M. Tantillon avait eu le m\u00e9rite de r\u00e9habiliter le b\u00e2timent sur rue et sans doute les deux b\u00e2timents en aile mais ni lui, ni son gendre ne purent supporter le poids financier des travaux. Ce qui devait arriver, arriva.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-background\" style=\"background-color:#f5ba83;font-size:26px\">1853-1900 . Les Mulat<\/p>\n\n\n\n<p>Suivant un jugement rendu en l\u2019audience des cri\u00e9es du tribunal civil de 1ere instance de la Seine le 31\/12<strong>\/<\/strong>1853,&nbsp;&nbsp;M. M. Dufour et Mulat, des \u00e9diteurs, se rendirent conjointement et avec leurs \u00e9pouses adjudicataires de la maison rue de Seine n\u00b012 (anciennement n\u00b010) appartenant \u00e0 Pierre Camille Pourrat contre lequel la vente par expropriation forc\u00e9e \u00e9tait poursuivie. L&rsquo;adjudication fut faite moyennant 370 050F de prix principal.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9ditions Dufour &amp; Mulat commen\u00e7aient \u00e0 avoir une certaine notori\u00e9t\u00e9. Elles avaient sign\u00e9 ensemble en 1851 un contrat avec Alexandre Dumas pour l&rsquo;\u00e9dition de la totalit\u00e9 de son \u0153uvre pendant 10 ans<sup id=\"rf20-67\"><a href=\"#fn20-67\" title=\"A.N. ; M.C. ; LVI\/808, acte du 4\/02\/1851\" rel=\"footnote\">20<\/a><\/sup> .&nbsp;&nbsp;Ils avaient aussi acquis en 1852 un immeuble situ\u00e9 au 26 rue Jacob et donc d\u00e9cid\u00e8rent d&rsquo;un commun accord de partager leurs biens immobiliers. Devant Ma\u00eetre Lejeune, le 15 mai 1854, ils partag\u00e8rent les immeubles entre eux et le 12 rue de Seine fut attribu\u00e9 \u00e0 M. Mulat<sup id=\"rf21-67\"><a href=\"#fn21-67\" title=\"A.N. ; M.C. ; IX\/1318, partage entre les \u00e9diteurs Mulat et Dufour\" rel=\"footnote\">21<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est donc \u00e0 cette date qu&rsquo;Adolphe Mulat devint seul propri\u00e9taire de l&rsquo;immeuble avec sa femme Pauline Agla\u00e9 Fournier qu&rsquo;il avait \u00e9pous\u00e9 en 1853.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre 1854 et sa mort qui intervint en 1899, il fit construire un petit h\u00f4tel qui \u00e9tait habit\u00e9 par lui et dont la construction avait co\u00fbt\u00e9 87 000F. Malheureusement nous n&rsquo;avons pas pu d\u00e9terminer la date exacte o\u00f9 ce ravissant h\u00f4tel fut \u00e9lev\u00e9, cependant en 1865 le nom de Mulat apparait sur le bottin \u00e0 cette adresse.<sup id=\"rf22-67\"><a href=\"#fn22-67\" title=\"Arch. de Paris, DQ7 11718 ; d\u00e9claration de succession de M. Mulat du 27 mars 1899\" rel=\"footnote\">22<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"387\" height=\"353\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/hotelMulatW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-90\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/hotelMulatW.jpg 387w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/hotelMulatW-300x274.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 387px) 100vw, 387px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">H\u00f4tel de M. Mulat vu du ciel (Google Earth)<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Le 4 janvier 1899, Adolphe Mulat mourut. Sa veuve ne tarda point \u00e0 quitter l&rsquo;h\u00f4tel&nbsp;&nbsp;pour s&rsquo;installer 24 rue de Courcelles et mit en location l&rsquo;h\u00f4tel. Le preneur \u00e9tait la Soci\u00e9t\u00e9 nationale de chirurgie de Paris qui signa un bail pour 8000 F par an<sup id=\"rf23-67\"><a href=\"#fn23-67\" title=\"A.N. ; M. C. ; CVIII\/1491 bail du 10 novembre 1899\" rel=\"footnote\">23<\/a><\/sup> . Celui-ci contenait une condition particuli\u00e8re : le locataire pouvait, une surface prise sur le jardin&nbsp;&nbsp;devant l&rsquo;h\u00f4tel, \u00e9lever un b\u00e2timent sur une hauteur d&rsquo;un \u00e9tage selon le plan dessin\u00e9 par l&rsquo;architecte Derouet&nbsp;&nbsp;:<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"340\" height=\"557\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/PlandrouetW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-91\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/PlandrouetW.jpg 340w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/PlandrouetW-183x300.jpg 183w\" sizes=\"(max-width: 340px) 100vw, 340px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>L&rsquo;Acad\u00e9mie nationale de chirurgie fut abrit\u00e9e dans les locaux de l&rsquo;h\u00f4tel particulier et son annexe jusqu&rsquo;en 1974, ann\u00e9e o\u00f9 elle en fut expuls\u00e9e \u00ab\u00a0du fait d&rsquo;un bail non renouvel\u00e9\u00a0\u00bb<sup id=\"rf24-67\"><a href=\"#fn24-67\" title=\"Histoire de l&rsquo;Acad\u00e9mie nationale de chirurgie \" rel=\"footnote\">24<\/a><\/sup> .<\/p>\n\n\n\n<p>Sa veuve disparut le 13 f\u00e9vrier 1916 apr\u00e8s avoir l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 sa ni\u00e8ce Louise Dreux, veuve de Albert Dumez, sa fortune qui devint ainsi propri\u00e9taire de l&rsquo;immeuble.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"425\" height=\"628\" src=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/MMeMulatW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-94\" srcset=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/MMeMulatW.jpg 425w, https:\/\/rue-de-seine.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/MMeMulatW-203x300.jpg 203w\" sizes=\"(max-width: 425px) 100vw, 425px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Image mortuaire de Madame Mulat<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Monique Etivant<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n<hr class=\"footnotes\"><ol class=\"footnotes\" style=\"list-style-type:decimal\"><li id=\"fn1-67\"><p >voir l&rsquo;histoire des\u00a0\u00a0et 18 rue de Seine&nbsp;<a href=\"#rf1-67\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 1.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn2-67\"><p >A. N. ; Y 107 f\u00b0 153, testament de Jean-Jacques de Mesmes du 2 juin 1560&nbsp;<a href=\"#rf2-67\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 2.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn3-67\"><p >A.N. ; S 3058&nbsp;<a href=\"#rf3-67\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 3.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn4-67\"><p >A.N. ; M.C. ; XLIX\/292, partage du 21 d\u00e9cembre 1627&nbsp;<a href=\"#rf4-67\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 4.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn5-67\"><p >A.N. ; M.C. ; VI\/453; bail du 22 septembre 1636 moyennant 300L et VI\/454, bail du 10 f\u00e9vrier 1637 moyennant 400L&nbsp;<a href=\"#rf5-67\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 5.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn6-67\"><p >A.N.; M.C. ; VI\/454, acte du 6 mars 1637&nbsp;<a href=\"#rf6-67\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 6.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn7-67\"><p >A.N. ; Y\/\/3218,&nbsp;&nbsp;acte du 24 juillet 1646&nbsp;<a href=\"#rf7-67\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 7.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn8-67\"><p >A.N. ; M.C. ; . XCVII\/22 ; acte d&rsquo;\u00e9change du 3 octobre 1663&nbsp;<a href=\"#rf8-67\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 8.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn9-67\"><p >A.N. ; M.C. ; XXIX\/346, acte du 3 f\u00e9vrier 1720&nbsp;<a href=\"#rf9-67\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 9.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn10-67\"><p ><em>La rue du Cherche-Midi&nbsp;<\/em>P. Fromageot&nbsp;<a href=\"#rf10-67\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 10.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn11-67\"><p >A.N. ; M.C. XLIV\/642; inventaire du&nbsp;&nbsp;19\/02\/1793&nbsp;<a href=\"#rf11-67\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 11.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn12-67\"><p >sa femme fut elle-aussi condamn\u00e9e par Fouquier-Thinville,&nbsp;&nbsp;en m\u00eame temps que Madame Elisabeth, s\u0153ur de Louis XVI. S&rsquo;\u00e9tant d\u00e9clar\u00e9e enceinte elle \u00e9chappa l&rsquo;\u00e9chafaud. Mais ayant \u00e9t\u00e9 inscrite comme ex\u00e9cut\u00e9e en m\u00eame temps que ses 23 autres condamn\u00e9s, elle se pr\u00e9senta au proc\u00e8s de Fouquier-Thinville tenant entre ses mains son certificat mortuaire !&nbsp;<a href=\"#rf12-67\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 12.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn13-67\"><p >A.N. ; M.C. ; LXXVI\/685, vente du 22 d\u00e9cembre 1829 \u00e0 M. Tantillion&nbsp;<a href=\"#rf13-67\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 13.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn14-67\"><p >Cet architecte est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 8 septembre 1856 et enterr\u00e9 au cimeti\u00e8re Montparnasse.&nbsp;<a href=\"#rf14-67\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 14.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn15-67\"><p >A.N. ; CP ; F31\/34 pour le 12&nbsp;<a href=\"#rf15-67\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 15.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn16-67\"><p >A.N. ; M.C. ; LXXVI\/739 convention Tantillion\/Pourrat du 3\/01\/1840&nbsp;<a href=\"#rf16-67\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 16.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn17-67\"><p >A.N. ; M.C. ; LXXVI\/739 Cahier d&rsquo;ench\u00e8res du 13\/01\/1840&nbsp;<a href=\"#rf17-67\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 17.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn18-67\"><p >A.N. ; M.C. ; LIV\/1431 , inventaire du 12\/06\/1844&nbsp;<a href=\"#rf18-67\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 18.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn19-67\"><p > A.N. ; M.C. ; LIV\/1440 inventaire du 8\/12\/1845 puis le partage ((A.N. ; M.C. ; LXXVI\/777 partage du 23\/05\/1846&nbsp;<a href=\"#rf19-67\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 19.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn20-67\"><p >A.N. ; M.C. ; LVI\/808, acte du 4\/02\/1851&nbsp;<a href=\"#rf20-67\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 20.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn21-67\"><p >A.N. ; M.C. ; IX\/1318, partage entre les \u00e9diteurs Mulat et Dufour&nbsp;<a href=\"#rf21-67\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 21.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn22-67\"><p >Arch. de Paris, DQ7 11718 ; d\u00e9claration de succession de M. Mulat du 27 mars 1899&nbsp;<a href=\"#rf22-67\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 22.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn23-67\"><p >A.N. ; M. C. ; CVIII\/1491 bail du 10 novembre 1899&nbsp;<a href=\"#rf23-67\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 23.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><li id=\"fn24-67\"><p >Histoire de l&rsquo;Acad\u00e9mie nationale de chirurgie &nbsp;<a href=\"#rf24-67\" class=\"backlink\" title=\"Return to footnote 24.\">&#8617;<\/a><\/p><\/li><\/ol>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 12 rue de Seine Comme beaucoup des immeubles des num\u00e9ros pairs de la rue de Seine, les lieux qui sont dans l&#8217;emprise du n\u00b012 connurent dans les temps tr\u00e8s anciens&nbsp;&nbsp;des personnages fort c\u00e9l\u00e8bres, comme&nbsp;&nbsp;Jean-Jacques de Mesmes, deux ducs de &hellip; <a href=\"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/2020\/03\/19\/le-12\/\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/67"}],"collection":[{"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=67"}],"version-history":[{"count":21,"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/67\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":790,"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/67\/revisions\/790"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=67"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=67"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/rue-de-seine.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=67"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}