Le 67 rue de Seine

Le 67 rue de Seine

Cet immeuble n’a pas à mes yeux le charme de ceux de ses voisins car il est de construction récente. Mais les maisons, au fil du temps, furent construite sur l’emprise de cet immeuble et de celle des numéros 70 et 72 rue Mazarine eurent des propriétaires fort intéressants qui marquèrent leur époque. Partons ensemble à la reconstitution de l’histoire de cet immeuble qui a permis par ailleurs de conforter celle de ses voisins des 61-63-65 de la rue de Seine.

L’immeuble du 67 fut complétement reconstruit à la fin du XIXe siècle. Cependant, nous avons voulu écrire l’histoire des maisons qui se sont succédées sur l’emplacement de cet immeuble afin de compéter le portrait topographique de la rue.

1530-1544. Au temps de Philippe Le Noir, libraire.

Lorsque l’abbaye de Saint Germain des Prés décida de lotir les terrains que possédait son aumônier, un certain Philippe Le Noir, libraire se présenta pour en acquérir un quartier et demi dont l’empreinte se trouve au n°67 de la rue de Seine et aux n° 70 et 72 de la rue Mazarine. Il promettait d’y bâtir une maison dans l’année en y consacrant au moins 100 livres, de verser chaque année 75 sols parisis de rente à verser à l’abbaye au jour de la saint-Rémi.  Mais l’aumônier avait fait une erreur de mesure. Philippe Lenoir exigea alors qu’on refit le « mesurage » qui révéla que le terrain n’avait qu’un quartier 3 perches de superficie. En conséquence, la rente fut abaissée à 51 sols 6 deniers parisis. 

Philippe Le Noir 1 exerçait, comme son père Michel Le Noir, le métier de libraire-imprimeur dont la corporation rassemblait aussi bien les écrivains que les papetiers, les imprimeurs et les parcheminiers sous la surveillance et la protection de l’Université. Il imprima plusieurs livres importants comme par exemple L’art de la fauconnerie et de la chasse par Gaston de Foix ou encore Le Bocace en français2. Il avait hérité l’atelier de son père à l’enseigne de la Rose blanche couronnée rue Saint-Jacques après la mort de ce dernier qui survint en 1520. Il adopta en même temps la marque de son père qui est reproduite ci-dessous. C’était un homme riche et renommé qui savait gérer ses affaires.  Il bailla le 12 août 1540 la maison qu’il avait fait construire rue de Seine pour un loyer de 25 livres par an à Henri Gouyé, maître pignier et ensuite à Jean Martin, procureur en Parlement en 1544.


  1. Les renseignements qui suivent sont pour l’essentiel tirés du mémoire de Florine Stankiewicz intitulé Répertoire de l’imprimeur Michel Le Noir : http://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/document-48442 

  2. Histoire de l’imprimerie et de la librairie de Jean de La Caille 

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